 |
 |
 |
Bienvenue sur VoyageForum.com!

|
 |
 |
Avec ses 369 888 membres, la communauté de VoyageForum.com est la plus grande et la plus active communauté de voyageurs francophones au monde. Son forum contient 2,5 millions de messages répartis dans 300 000 discussions sur tous les thèmes en lien avec les voyages. Pour participer aux discussions du forum et échanger avec les membres, vous devez être membre de la communauté. Cliquez ici pour devenir membre de la communauté (rapide, facile et gratuit).

478 membres et 6 615 visiteurs sont présentement en ligne sur le site!
4 391 membres se sont connectés au site lors des 24 dernières heures!

Note: Cet encadré n'apparaît pas aux membres de la communauté. Cliquez ici pour devenir membre.

| |
|

|
|
 |
 |
Bon, je ne vais pas refaire les présentations... Enfin, si, un peu quand même... Il y a 2 ans, j'ai fait une rencontre qui a bouleversé ma façon de voyager, avec un pêcheur de l'île Lombok, qui est mon p'tit frère maintenant. J'ai pu raconter tout ça, les anciens de VF s'en souviendront, dans mon premier carnet "Sasak story". Même tempérament, même passion pour la géographie, même rêves de voyages (sauf que moi j'ai la chance de pouvoir en réaliser pas mal!), même goûts pour les endroits isolés, même signe astrologique (j'y crois pas mais là quand même...), même philosophie de la vie permettant de se détacher pas mal du matériel pour se consacrer à l'Essentiel, évidemment deux têtes-en-l'air comme c'est pas permis, enfin plein de mêmes et j'en oublie ! Par contre pas du tout les mêmes vies. Lui, son bureau comme il dit, c'est la mer. Il est éleveur de langoustes et cultivateur d'algues.
Tour à tour, on se prête mutuellement à un jeu qu'on aime bien, une sorte de "Vis ma Vie" pour reprendre l'émission de télé... En 2007, je lui ai fait découvrir un peu son île, Lombok, car il n'avait jamais pu sortir de son village, faute de moyens de transport dans cette région isolée du sud de Lombok. Faute de moyens tout court aussi... La vie de touriste: il a trouvé ça pas mal ! C'était toujours très rigolo: des regards curieux du genre "qu'est ce qu'ils foutent ensemble ces 2 là?", et moi qui répondais à chaque fois, histoire de mettre un peu plus le trouble: "bah, touriste français, touriste sasak"! Et ça finissait immanquablement en éclats de rire, en "viens boire le café", "viens manger à la maison", etc... Et puis ça a un petit peu démystifié ses idées sur les touristes, puisqu'il pensait jusque là que nous étions tous comme les milliardaires des séries B Indonésiennes qui passent à longueur de temps... Il a l'esprit naturellement grand ouvert, mais ces petites échappées l'ont certainement ouvert un peu plus. Les mois ont passé... Je suis revenu dans son village en février 2008, où là j'ai fait le "vis ma vie" dans l'autre sens: 2 semaines au village, embourbé dans la saison des pluies, pour vivre avec les villageois, à leur rythme. Un voyage sans programme, sans réellement grand chose à visiter, je n'y allais pas pour ça. Mais juste pour vivre une vie qui m'est si lointaine... j'ai raconté ça dans mon autre carnet "hello Mister Loïc", puisque bien sûr maintenant on ne dit plus "Hello Mister", ou "Hello tourist", ou "Hello Bule"... je suis le français le plus connu du village Alors ben depuis, les liens se forcément tissés avec les habitants, particulièrement avec mon p'tit frère bien sûr, puisqu'on peut dire qu'on a gardé les vaches langoustes ensemble ! Ah, au fait, pour ceux qui connaissent pas, il s'appelle Rumaji mon petit frère. De longs mois ont passé... et je suis revenu l'été 2008 tenir la promesse que j'avais faite un an avant: je lui avais proposé cette idée folle de voyager ensemble pendant 1 mois, de réaliser son rêve, ou plutôt notre rêve. Car moi aussi je rêve, c’est une nouvelle forme de Voyage pour moi : voyager avec un local, mais pas un guide professionnel, un simple pêcheur, un touriste Sasak qui baroude avec un touriste Français, comme 2 frères… voyager avec un Indonésien, c’est voyager comme je n’ai jamais voyagé auparavant, une découverte d’un pays qui va m’ouvrir ses portes encore plus facilement. Le rêve du pêcheur. Pendant un an, je lui ai téléphoné régulièrement, en lui posant à chaque fois la question : « Tu es toujours partant pour partir 1 mois ensemble en juin prochain ? » « Oui, bien sûr » me répondait-il à chaque fois Mais j’avais toujours l’appréhension qu’il finisse par me dire non, car ce n’est pas facile de stopper son travail, de vivre sans sa famille, de changer de vie, pendant 1 mois. A plusieurs reprises, je lui ai dit de bien anticiper son absence, notamment confier la gestion des langoustes et des algues à son frère et à son père. Je craignais qu’il finisse par se rendre à l’évidence qu’il lui est impossible de partir si loin et si longtemps. Lorsque je suis arrivé dans son village, oui, il était prêt, fin prêt, encore plus prêt que je ne pouvais l’espérer : dans sa maison, je retrouve mes photos accrochées au mur, le planisphère que je lui ai offert et j’ai même droit à un message de bienvenue :
Il a également pris soin de vendre toutes ses langoustes et toutes ses algues avant que j’arrive… « Ainsi nous pouvons partir l’esprit libre. Je n’ai pas besoin de payer quelqu’un pour s’occuper de mes langoustes ! » Tout vendre… Je n’y avais même pas pensé. Il ira loin ce petit. Alors justement nous allons partir loin. En scooter de location, nous allons parcourir 3000km pendant 5 semaines, nous menant, à travers les routes défoncées et au gré des ferrys schedules, vers les îles de Sumbawa, Komodo, Florès et Sumba. A suivre.... | |
|  |
|  |
|
|

|
|
 |
 |
SUMBAWA Le ferry qui part de Labuhan Lombok nous amène rapidement à Sumbawa, dans le port de Poto Tano. Nous avons une bonne soixantaine de kilomètres à faire en scooter pour rejoindre le village de Maluk, ou « se baigner est un délice » d’après le Lonelyplanet. La route est en bon état, parfaitement goudronnée et parfois bordée de jolies maisons. Ici, l’immense usine minière Newmount a considérablement fait monter le niveau de vie. Oui la plage de Maluk est une belle plage de sable blond :
Plus au Sud, une autre belle plage fréquentée par quelques enfants :
Plus au Nord, sur la plage de Scar Reef, un spot de surf connu, on cultive les algues destinées à être exportées pour l’industrie cosmétique. Rumaji découvre qu’il a des concurrents ! Mince alors, je ne vais pas réussir à le faire décrocher du boulot
En tout cas, sur un autre sujet, il ne craint pas la concurrence des surfeurs… nombreux dans ce coin (ça n'a pas l'air comme ça, mais c'est une photo très osée en pays musulman...)
Une bien belle journée qui se termine par un joli coucher de soleil.
Continuons notre route vers l’Est. La route est toujours excellente, elle est bordée de cocotiers et offre de jolis panoramas
mais d’une façon générale les plages noires de la côte Nord sont sans charme. En chemin, nous croisons une bande de jeunes en train de faire du ski nautique :
Certains scooters sont très très chargés…
On roule, on roule... Rumaji n'a pas l'habitude des longues distances et le casque lui pèse sur les épaules. C'est dingue ça, si je pouvais conduire sans casque j'adorerais, mais dès que lui, il l'enlève, je flippe Nous voici arrivés sur la plage de Huu, très prisée des surfeurs, mais elle n’offre guère d’intérêt je trouve, pour les non-surfeurs
Nous logeons chez Rachel, un français sympa et passionné de surf, qui a quitté Bali pour s’installer ici, loin de la foule et des tumultes balinais. Pour 90000 roupies (6€), la chambre est superbe et Rumaji me demande de le prendre en photo pour pouvoir la montrer ensuite à sa famille :
Il faut dire que pour le moment Rumaji réussit parfaitement son épreuve digne de « vie ma vie », et mon relooking n’est plutôt pas mal, qui devinerait qu'on a à faire avec un pêcheur - éleveur de langoustes?
Vu que la plage n’est pas top et qu’on a pas envie de faire faux-bond à Rachel, on en profite pour faire la lessive. Rumaji n’avait pas lavé du linge depuis son mariage, ça lui fait bizzare. Au passage, admirez notre beau scooter, c'est lui qui va nous transporter jusqu'à Sumba... nous lui devons bien cet hommage !
Le lendemain, la route continue, au gré des rizières
Des singes qui fréquentent les bordures des routes
Des rencontres avec les locaux
Les routes sont bonnes à Sumbawa, avec une circulation peu intense, souvent on arrive à faire du 80-90km/h... Arrivés à peu près au centre de l'île, j'ai un moment d'hésitation. L'envie d'aller sur la côte sud me titille... D'après les photos satellites, le coin a l'air sympa... Mais la pompiste à qui j'achète de l'essence me dit que la route pour y aller est très mauvaise et que le scooter risque de ne tenir le coup... J'essaye de lui tirer les vers du nez pour savoir si vraiment l'endroit est chouette, mais elle reste évasive, manifestement elle n'y a jamais mis les pieds. Et puis pas d'hébergement dans le coin, rien à au moins 100km à la ronde. Je suggère à Rumaji qu'on tente de squatter chez des gens, mais il est moyen chaud... Zut alors, mais avec toi je croyais que je pouvais aller VRAIMENT n'importe où! Bon, tant pis... s'il nous reste quelques jours à perdre au retour, on ira ! Nous rejoignons rapidement une baie au cœur de laquelle se trouve la ville de Bima
Enfin nous voici maintenant arrivés, et nous montons dans le ferry qui, au bout de 8 heures de traversée, nous fera arriver à Labuanbajo, sur Florès.
Comme avez pu le lire dans mes précédentes "Story", Rumaji, peu habitué aux touristes la où il vit, se précipite dessus dès qu’il en voit un. Il fait donc la connaissance de Jacub, un routard Polonais qui a déjà bien bourlingué dans le monde, et qui fait rêver le pêcheur qui lui pose des tas de questions sur les pays qu’il a visités…
Rumaji a rapidement appris à utiliser ma caméra et montre à Jacub des films de son village, que j’avais tournés en février, que vous pouvez retrouver d’ailleurs sur http://www.lombok.tripod.com/videos Nous débarquons en soirée à Labuanbajo. Ça y est, Rumaji est heureux, pour la première fois de sa vie, il change de province, nous passons de Nusa Tenggara Ouest à Nusa Tenggara Est ! Apparemment ça ne doit pas être courant de venir à Florès en scooter, car les locaux nous regardent avec des yeux ronds et étonnés à la sortie du ferry. Hi hi, Rumaji et moi nous ne sommes pas peu fiers avec notre plaque d’immatriculation DR (= Lombok). Nous passons la nuit dans un petit hôtel trouvé par Rumaji, le propriétaire n’ayant pas cru bon écrire HOTEL sur son immense enseigne annonçant PENGINAPAN (chambres)… Je lui signale qu’il devrait écrire HOTEL pour les touristes, mais il m’affirme qu’ainsi il n’a pas de taxe à payer… Dommage car son hôtel n’est pas cher, propre et neuf, il occupe le 1er étage d’un restaurant. C’est le premier hôtel qu’on trouve en débarquant du ferry. Nous restons en compagnie de Jacub, je vais pouvoir ainsi partager avec lui les frais d’une petite croisière de 3 jours dans l’archipel de Komodo. Et puis ça tombe bien, Jacub a du temps devant lui, voyage un peu comme moi et il a super bien accroché avec MON petit frère (qui a dit que j'étais possessif? ) | |
|  |
|  |
|
|

|
|
 |
 |
KOMODO Dans le port de Labuanbajo, nous avons trouvé un bateau qui va nous promener 3 jours dans le Parc National de Komodo. Un un peu cher et difficile de négocier les prix… Comme je n’aime pas sortir trop d’argent devant Rumaji, je fais mine de négocier pendant une bonne heure une remise de quelques euros, histoire de bien montrer à Rumaji que "un sou c'est un sou", même pour un touriste. Mais bon c’est formule grand confort, on a un cuisinier qui a été formé à la cuisine Thailandaise, un délice dans un pays où la gastronomie ne se trouve guère au fond de l’assiette ! Nous naviguons à travers l’archipel sur des eaux qui parait-il sont dangereuses par mauvais temps, Rumaji est enthousiaste et explique que vu le prix que j'ai payé (+ d'un mois de son salaire), on a intérêt à en profiter...
Nous débarquons d’abord sur une petite île dont j’ai oublié le nom
La plage est dominée par une petite colline escarpée et vu la couleur de l’eau je me dis que ça doit bien valoir le coup de la grimper ! Pas évident, il faut faire un peu d’escalade avec des sandales, mais en haut je suis récompensé.
Peu après, un autre bateau accoste et un groupe de collégiens débarquent. Ils sont venus fêter le passage des examens avec leur prof
Après cette petite baignade sympathique, nous nous dirigeons vers l’île de Rinca, réputée pour ses dragons de Komodo. Dès l’entrée, ils nous accueillent
Mais bon, celui la il est quasiment apprivoisé, il roupille à moitié, ce n’est guère spectaculaire
Nous partons avec un ranger du Park faire une petite randonnée dans l’île. Il nous conduit jusqu’à un point où ce matin il a vu un buffle se faire attaquer par un dragon. En effet, le buffle git sur le sol.
Il est bien en vie, et le restera certainement pendant 1 à 3 semaines, le temps que la bave du dragon chargée de bactéries fasse son travail… (ça fait très "sorcière" non? de la bave de dragon ) Soudain, on entend un bruit dans les fougères ! C’est le dragon qui vient surveiller sa proie ! Quelle chance de pouvoir approcher de si près un dragon de Komodo !
Le dragon attend patiemment que sa proie agonise…
Le temps passe et le ranger, payé pour nous promener 1 heure, souhaite rentrer. Devant un tel spectacle, je n’ai pas envie et je suis prêt à payer en plus pour rester, car côté photo et film je me régale… Mais Rumaji et Jacub veulent aller faire du snorkeling… Aaah ces touristes j’vous jure ;-) Sur le chemin du retour, un autre dragon a pitié de moi et surgit à quelques mètres de nous (en fait il est attiré par l’odeur du sang du buffle).
Retour sur le bateau. Quelle belle journée ! Rumaji prend goût au voyage et lit le Lonelyplanet pour savoir nos prochaines destinations.
Tandis que je filme le beau paysage qui nous entoure.
Nous arrivons sur Red Beach, trop tard pour le snorkeling et pour la photo. Je suis furieux car ce genre d’activité se pratique en milieu de journée (pour une meilleure lumière) et donc on aurait pu rester à Rinca 1h de plus avec mon pote le dragon. Grrr… Et puis de toute façon les Loïc ont toujours raison ;-) Après une nuit à bord du bateau, sous le ciel étoilé, nous nous réveillons devant la plage de Red Beach qui est magnifique et moi je VEUX la voir à MIDI, pas le matin. Na. Le capitaine du bateau dit qu’on a pas le temps, qu’il faut aller ce matin sur Komodo et ensuite naviguer tout l’après midi vers Pulau Seraya, car c’est loin... « Pas le temps » c’est le mot qui m’énerve quand je voyage, car en voyage je suis tout sauf pressé. D’après la carte pour aller sur Seraya il faut repasser non loin de Red Beach, donc on passe la matinée sur Komodo, ensuite on revient sur Red Beach à midi faire du snorkeling, puis on navigue vers Seraya l’après-midi, et je m’en fous de l’heure à laquelle on arrive à Seraya, et je veux mes photos de Red Beach à midi et pas à 7h du matin, et c’est comme ça et pas autrement ! Et puis je les connais ces capitaines de bateau, ils te vendent 3 jours mais ils font tout leur possible pour rentrer tôt le 3ème jour. Donc on n’est pas pressés et on a le temps. Aah mais ! Nous nous dirigeons donc vers l’embarcadère de l’île de Komodo.
Sur Komodo comme sur Rinca, les dragons sont présents. Celui la aimerait bien se taper un sanglier, mais sans succès.
"Ce n’est pas un bon jour la chasse, se dit-il, autant aller à la plage" (disons que le ranger l'a un peu aidé quand même )
Et puis aussi d’ailleurs, allons à la plage, il est l’heure d’aller snorkler à Red Beach !
La plage est bien rouge, mais comme il a fallu nager pour s’y rendre, la photo pourrait être mieux car prise avec mon appareil étanche, qui pâlit énormément les couleurs des photos (n’achetez pas le Sealife DC500 !) Voici une des rares photos pas trop mal malgré un mitraillage en règle (les autres sont sur http://komodo.tripod.com/komodo )
Celle du Rumaji des mers n’est pas mal non plus
La séance de snorkling passée, cap vers le Nord
En soirée, le capitaine du bateau décide de s’échouer dans le port d’un petit village, car la nuit d’avant nous avons été secoués par les vagues et le sommeil ne fut pas très facile… Nous avons le temps d’aller rendre visite aux villageois
Sur la jetée, ça capte bien, Rumaji en profite pour appeler la famille
Le paysage est grandiose
Ma caméra attire les enfants comme des mouches. Observez bien la vidéo, vous remarquerez un enfant qui tombe et se blesse.
A cet instant je ne me doute pas de ce qui se passe et je continue à jouer avec les enfants
J’éteins la caméra et je m’approche de l’enfant qui pleure. Il a probablement une écharde bois qui est rentrée dans le pied. En effet, il y a une petite tige qui dépasse et, ça tombe bien j’ai les ongles longs, donc je saisis le petit bout qui dépasse. Mes ongles glissent, ça ne sort pas. Je regarde le pied de plus près et j’aperçois avec horreur… l’autre extrémité du bout de bois, qui effleure sous la peau de la plante du pied, à peu près au milieu du pied. Putain ce truc fait au moins 10 cm de long ! J’essaye encore de le sortir en tirant dessus très fort mais rien n’y fait, et je fais souffrir encore plus le gamin. Pris de panique, je saisis le gamin et courre rejoindre Rumaji et Jacub qui sont partis devant. « Jacub ! Jacub ! Aide moi STP ! ce gamin a gros bout de bois dans le pied ! » « C’est rien, je le vois qui dépasse, je l’enlève ! » Et il tire à nouveau sur le bout de bois, et l’enfant qui crie de plus en plus fort. « Non !! non !! regarde la taille du truc ! » « Oh, la vache ! Ne bouge pas, garde l’enfant, Rumaji et moi on retourne au bateau, j’ai une trousse à pharmacie » Il revient et sort une pince à épiler, et essaye à plusieurs reprises de sortir le truc mais en vain… c’est d’autant plus stressant que la foule de villageois se masse autour, empêchant Jacub de se concentrer. Il finit par pousser une gueulante pour le cercle s’agrandisse, mais les gamins, trop curieux, ont vite fait de se rapprocher pour assister à la séance de chirurgie gratuite en plein air... Jacub persiste et sort une paire de ciseaux médicaux. En découpant quelques millimètres de la peau du pied, ça devait libérer un peu le bout de bois, ce qu’il fait délicatement pour ne pas charcuter le pied du gamin… Il tire à nouveau, mais cette saleté de bout de bois semble vraiment inscrustée dans le pied. Les hurlements de l’enfant sont insupportables. Jacub, les larmes aux yeux, dit qu’il faut rentrer immédiatement à Labuanbajo pour amener cet enfant à l’hôpital. Mais c’est pas la porte à côté… Il souffle un bon coup, je serre l’enfant jusqu’au quasi-étouffement, et miracle le bout de bois sort d’un coup, sans casser ! Une bonne dose de désinfectant par-dessus tout ça. Ouf, l’enfant est sauvé ! Inutile de vous dire que je n’ai aucune photo ni film de cette « séquence émotions »… Le papa, heureux, nous invite à prendre le café chez lui. Après 1/2heure, le gamin boite un peu mais il est déjà sur pieds ! Jacub fait cadeau de sa bouteille de désinfectant. Quand même, un jour, il va falloir que je me décide à voyager avec une trousse à pharmacie…. Oulalaaa que d’émotions ! Reposons-nous devant ce coucher de soleil
Puis nous passerons la soirée en musique, le capitaine du bateau est un bon musicien
Le lendemain matin, au lever du soleil et à marée haute, nous sommes réveillés par les habitants du village qui partent faire le marché
Nous continuons notre remontée vers Pulau Seraya Petite pause en chemin
Rumaji joue encore au journaliste et improvise un des ces commentaires dont je suis totalement incapable d'improviser moi-même. C'est en Indonésien car il veut montrer le film à la famille et aux voisins à notre retour !
Nous accostons enfin à Pulau Seraya
Chouette, c’est la bonne heure pour la photo ! Alors, hein qu’on a bien fait d’être en retard les amis !
Dès lors on ne saurait se priver d’une petite séance de snorkeling…
Et voila! Ils étaient super ces 3 jours dans le Parc National de Komodo !  | |
|  |
|  |
|
|
|
|
 |
|
|
 |
 |
FLORES Fini la rigolade. Après ces 3 jours de croisière de luxe (ou presque !), Rumaji, moi, le sac et le scooter devons affronter les routes de Florès… De longues distances, des routes en très mauvais état, des centaines de virages hyper-serrés qui se succèdent l’un après l’autre, de fortes pentes et de gros dénivelés, passages du chaud au froid…. Bref on va déguster ! Mais dans l’esprit de Rumaji, l’île de Florès évoque un rêve lointain, l’aventure… et dans mon esprit aussi. Alors motivés qu’ils sont les deux frérots ! Au départ de Labuhanbajo, notre première étape sera la ville de Ruteng. 120 bornes, d’emblée… presque 2 fois la traversée de Rumaji-Island (Lombok) d’est ou en ouest, en kilomètres…. mais 3 fois en temps… Heureusement j’ai équipé le scooter avec des sacoches ramenées de France, elles permettent de stocker un tas de choses lourdes si bien que Rumaji n’a pas grand-chose à porter dans le sac à dos. Et puis, avec des tendeurs, on a fini par trouver une combine pour attacher le sac à dos au scooter, car même s’il est léger, ça finissait par peser sur les épaules du petit. Notre système n’est pas génial car on est obligés de mettre le sac en équilibre à l’arrière (car la selle n’offre pas assez de place pour 3: moi, Rumaji + le sac), et le sac, sous la pression exercée par les tendeurs, finit par prendre la place de Rumaji en le poussant vers moi, et moi je me retrouve quasiment sur le guidon, du coup on s’arrête régulièrement pour remettre le sac et le Sasak à leur juste place… Vous suivez toujours? Nous nous sommes donnés rendez-vous avec Jacub à Ruteng, histoire de continuer quelques jours ensemble vu qu’on avance dans la même direction. Jacub voyage en bus, ralliant en 2 mois Jakarta à l’archipel d’Alor. Si le bus public de Labuhanbajo part à 7 heures, Rumaji a vite abandonné son rythme de vie de pêcheur (lever à 5h), pour adopter le mien (lever à 7h30 voire 8h pour un départ tranquilou à 9h sans stresser de peur de louper un bus ou je ne sais quoi d'autre)… La route traverse quelques villages, et, gros avantage sur le bus, on peut s’arrêter prendre des photos dans les bleds
Dans les champs aussi
On a le temps de rendre visite aux agriculteurs
De regarder les enfants jouer au foot
De se goinfrer d’oranges sur le bord de la route
Les vacances quoi… cool
Bon oui d’accord on a mal au cul mais, après 2h de route, nous retrouvons notre ami Jacub en train d’attendre dans un bled miteux que le bus soit plein…. Mais oui, mais oui, vive les transports en commun bien sûr Finalement Jacub nous rejoint à Ruteng en début d’après-midi. Nous avons le temps d’aller voir Sawalawanlaba (j’écris phonétiquement), ce qui signifie « rizières en forme de toiles d’araignées ». Manque de chance, le temps est très couvert et la lumière pourrie. Je rentre à Ruteng pas content.... Le lendemain, il fait un temps magnifique, et tandis que Jacub court... après son bus pour Bajawa  , je retourne avec Rumaji à Sawalawanlaba car quand même je veux réussir mes photos moua ! Aaah
na ! pfff... y'a des fois j'en ai marre d'avoir toujours raison
Et puis j’ai aussi un film, avec commentaire improvisé par mon p’tit frère (oui, improvisé comme toujours, je vous ai dit qu'il est doué !)
Nous prenons donc la route pour Bajawa. A la sortie de Ruteng, de belles rizières en terrasse.
La route serpente en zig-zag. Je passe le guidon à Rumaji pour filmer. Super bonne idée, ça me permet de filmer cette séquence
La route grimpe sur les hauteurs. Rumaji commence à affronter des températures qu’il n’a jamais connu vu qu’il habite au bord d’une plage tropicale (le chanceux…) et pour la première fois de sa vie il pénètre dans un nuage… Vite, une petite vidéo pour montrer à la famille !
5km avant Bajawa… ils sont en train de réparer la route… Adoh! Crevaison ! Il fait nuit, heureusement un gars du chantier nous emmène sur son camion, mais comme il s’agit d’un camion-citerne, on hisse le scooter (+Rumaji) sur la roue de secours, Rumaji étant censé retenir le scooter dans les virages....
Le camion est un vrai tracteur, on dépasse pas le 15km/h, et son éclairage lâche au bout du 1er km et évidemment la route n’est pas éclairée alors le conducteur éclaire la route avec ses feux de détresse… le tout dans la joie et la bonne humeur bien sûr !
Il nous dépose jusqu’à l’hôtel de mon choix, royal. C’est son jour de chance, je n’ai sur moi qu’un billet de 100.000 R (7 euros) : lorsque que je lui tends le billet il hallucine, alors pour me justifier (j’aime pas passer pour un gros riche Américain), je lui réponds « tidak ada wang kecil » (j’ai pas de petite coupure). Il nous quitte, triomphant... Nous retrouvons Jacub à l’hôtel puisque nous nous étions donné ce lieu de rendez-vous. Le lendemain il a loué une moto avec guide, alors tant qu’à faire Rumaji et moi on va les suivre pour squatter son guide et donc passer une nouvelle journée avec Jacub. Cette fois on part en rando voir des lacs d’un volcan qui a eu une éruption récente. Là honnêtement, sans guide, on aurait jamais trouvé ! Toujours égal à lui-même, Rumaji fait la bande son:
Ensuite, le guide nous emmène dans un village où, une fois par an, les autochtones se livrent à un combat rituel. L’originalité du combat réside dans le fait que les combattants ont… des morceaux de verre en guise de gants de boxe ! Et vous savez quoi, ben ça tombe pile aujourd’hui ! Je ne suis pas très chaud pour y aller mais Jacub et Rumaji le sont. Bon, d’accord… Finalement le spectacle est plus bon-enfant qu’autre chose et ce n’est pas l’effusion de sang que je redoutais :
Bon allez Rumaji maintenant il faut qu’on aille à Riung… Nous faisons nos adieux à Jacub qui lui, doit continuer sur Ende, pas le temps d’aller à Riung (il aurait bien aimé). Oh non, le scooter est encore crevé… et évidemment tous les habitants sont en train de regarder le spectacle donc pas un PRES-BAN (réparateur de pneus crevés) d’ouvert… Heureusement en Indonésie on trouve toujours un gars prêt à rendre service moyennant 2-3 sous... En route pour Riung. C’est la fin de l’après-midi et… j’avais pas prévu que la route soit dans un état aussi pitoyable… ça ne m’empêche pas de prendre le coucher de soleil sur les rizières
Mais il faudra finir de nuit. Ornières, trous, virages, pentes raides, phares qui éclairent pas, je flippe une 3ème crevaison mais non, on finit par arriver à Riung…. Le scooter n’a pas crevé mais nous on l’est ! Si on s’est donnés la peine de monter spécialement jusqu’à Riung (va donc falloir refaire cette horrible route au retour), c’est parce qu’il y a au large de ce bled un petit archipel avec des petites îles prometteuses qu’on appelle le Parc National des 17 Iles. Vous me connaissez moi, quand on me parle d’îles Pendant le dîner, un gars vient nous accoster et nous nous mettons d’accord pour nous retrouver le lendemain matin au port pour partir une journée en bateau dans l’archipel. Le lendemain, au moment de partir, il rajoute 2 jeunes Indos dans le bateau. Je sens la patate : « -z’ allez où ? Ben, dans les îles ! Chouette, on va pouvoir partager les frais alors (hé hé…) Gloups…. » Bien sûr je m’attendais à cette réponse et me retourne vers le guide avec un air étonné..... ...... « - Oula heu bon arf, si ça te gène, je leur dis partir, hein ? Grmpf… bah non, maintenant qu’ils sont là… mais pourquoi tu m’as pas demandé avant ? Pardon pardon Hum, ça ira pour cette fois » On va d’abord voir une île bourrée de chauves-souris
Puis notre guide achète du poisson, directement du producteur au consommateur... c'est si simple...
Trop sympa le barbecue, avec l’océan bleu turquoise en toile de fond, avec en plus des petites paillottes aménagées exprès pour ça
Dommage que notre guide ait oublié la flotte, on a ½ bouteille pour 6… grrr... Enfin bon, carpe diem… la salle de resto est plutôt pas mal
Sur cette île y'a encore une colline à grimper, cette fois Rumaji vient avec moi
Hein que ça valait le coup ?
Faut s’occuper alors je prends mon farceur de guide en train de faire la vaisselle
Le conducteur du bateau a eu la bonne idée d’aller chercher de l’eau dans une île voisine
Il revient avec une espèce d’eau toute marron… beurk… Tant pis pour la soif.... Olalalolo faut pas stresser...
Mouais. Changeons d’île....
Mister Tourist Sasak a encore faim (il mange comme 4, je ne sais pas comment il fait )
Moi je préfère grimper encore une colline
Il est 14h… Notre super guide vient me voir en me disant qu’il faudrait rentrer à Riung.... « - Ouais mais alors moitié journée = moitié prix ? Le conducteur du bateau a perdu sa mère… pour moi c’est la banqueroute » Trop convaincant Nan, j'veux rester, comme ça t’évitera la banqueroute justement ! Finalement, les Dieux lui viendront en aide car le vent va se mettre à souffler de plus en plus fort dès 15h et en plus on crève de soif.... Bon, à part ces quelques déboires nous empêchant de boire et ne méritant pas de pourboire... ce fut une belle journée à Riung, même si j’aurai bien aimé visiter davantage d’îles... Retour à Bajawa. Cette fois on s’arrête aux sources d’eau chaude qu’on avait du zapper à l’aller à cause du temps perdu avec la crevaison de l’autre jour.... Belles sources d’eaux chaudes et froides qui se mélangent, le tout dans un joli décor de forêt tropicale. Je sors le pied pour avoir une photo de nous deux… raté ! Bon Rumaji noir sur la photo c'est normal, mais moi quand même... bonjour le contre-jour…
Arrivés à Bajawa, j’hésite…Soit on reste sur Florès, soit y’a un ferry demain pour Sumba, qu’est ce qu’on fait ? Rumaji n’a pas trop envie d’aller jusqu’au Volcan Kelimutu, il en a un peu marre de rouler. Bon, c’est vrai, 150 bornes juste pour un volcan… Je finis finalement par me décider pour descendre jusqu’au port d’Aimere et passer la nuit là, on prendra donc le ferry pour Sumba. Mais le lendemain matin, je ne suis pas chaud. On aura passé qu’une seule semaine à Florès, c’est trop peu. Et puis quand même, on voit pas le Kelimutu… Hein Rumaji ? On n'est pas des Japonais ! Je finis par le convaincre, ou du moins il finit par céder. Apparemment y’a un autre ferry dans 4 jours depuis Ende, pas loin du Kelimutu, ça nous laisse donc le temps, sans se presser. Comme on a le temps, on va mieux explorer les villages traditionnels autour de Bajawa. On va donc aller jusqu’au petit village de pêcheurs Waebela, et remonter ensuite sur Bajawa en passant par Bena, y’a une route d’indiquée sur le Lonelyplanet. Nous voici arrivés à Waebela. Bon rien d’extraordinaire (olala le touriste blasé!), si ce n’est un village de pêcheurs traditionnel
Et un p’tit gars gentil qui va nous cueillir 2 noix de coco avec une agilité déconcertante
On nous promet une plage de sable blanc 2km plus loin. Ah ah, allons voir ça ! Il faut savoir que les Indonésiens (surtout ici) n’ont absolument AUCUNE notion des distances et qu’en fait 2km ça peut être 1, 5, 10 ou 20 bornes… Et là, ben… c’est plutôt près des 10 bornes quand même ! Et la route qui se dégrade encore et encore jusqu’à devenir un véritable parcours de trial avec des rochers… stop je vais casser le scooter, on fait demi-tour ! Tant pis, on abandonne, on va prendre la route de Bena qu’on avait dit. J’aperçois un embranchement avec une espèce de sentier pierreux qui s’élève dans la montagne. Non, ça doit pas être ça… On croise une dame qui nous confirme que c’est bien là et que le scooter sera mort avant qu’on arrive. Bon, le Lonelyplanet a été un peu optimiste sur la « route »… Obligés de retourner à Bajawa via Aimere, de refaire les 60 bornes dans l’autre sens, puis encore encore 20 pour aller à Bena, alors qu’à l’embranchement où on se trouve maintenant, on doit être à 10-15km de Bena à vol d’oiseau… mais bon il faut aussi se méfier du « vol d’oiseau » en Indonésie, vu comment les « routes » sont tordues… Heureusement la route pour Bajawa offre de beaux panoramas, Rumaji n’a jamais admiré des montagnes de si près (de chez lui, il voit juste le Volcan Rinjani au loin... soit dit en passant c'est pas plus mal d'ailleurs que le Volcan soit loin...)
Nouvelle nuit à Bajawa, ville d’altitude. Ça caille, même dans la chambre. La polaire Quechua que j’ai acheté à mon éleveur de langoustes préféré est déjà bien amortie. Bon, aujourd’hui on va à Bena cette fois. La région, c’est le royaume du café
Du riz aussi
Rumaji, pas habitué au froid, montre des signes de fatigue, c’est pas la forme aujourd’hui…
Nous voici malgré tout à Bena, beau village perché dans la montagne (assez touristique quand même)
Dans cette région, les habitants (les Ngadas) vivent avec les tombes de leurs ancêtres dans leur jardin... ici les Morts restent avec les vivants
Sauf que Rumaji n’en peut plus. On ne peut pas aller jusqu’à Ende comme prévu, il faut que nous fassions une étape à Boawae, un charmant village au pied d’un volcan qui fume
L’hôtel est super, isolé dans un petit écrin de verdure, loin de tout et pas cher. Je laisse mon pauvre Rumaji faire la sieste jusqu’au soir, on ira juste manger un bout au village puis re-dodo. C’est qu’il n’est pas habitué à avoir une vie à 100 à l’heure comme la mienne… et encore, 100 à l’heure, c’est vite dit, car je voyage bien plus lentement que la plupart d’entre vous, chers VFistes Le lendemain, ça va mieux, mais la température montagnarde, c’est pas encore ça… Nous nous arrêtons dans un marché, les prix des fruits et légumes sont 2 fois plus chers qu’à Lombok !
Enfin, la route redescend, et nous voilà à longer le littoral, avec des températures largement plus acceptables. Ici, les plages sont couvertes de pierres bleues que les habitants et classent par qualité et couleur de pierre
Passage à Ende où on nous confirme que le ferry pour Sumba est bien mardi. On a donc le temps de monter au Kelimutu ! A Moni, village au pied du Volcan Kelimutu, nous avons quelques difficultés à trouver un hébergement car il y a un congrès de fonctionnaires du Ministère de l’Environnement, qui sont venus en 4x4 bien sûr. Seule solution, se retrancher sur un homestay miteux et cher, payable d’avance, avec un « si t’es pas content tu te casses » en prime… Nous faisons la connaissance de Tobias, un étudiant Suédois parti voyager 6 mois en Asie. Sympa comme voyage de fin d’études… Il s’est mis d’accord avec un ojek (moto-taxi) qui l’emmènera demain aux aurores au Kelimutu. Méthode Jacub de guide-squatting: on va les suivre avec le scooter, comme ça on ne se perdra pas. En attendant on va manger un bout tous ensemble. On parle de notre voyage bien sûr, et on est tous d’accord pour dire que ce n’est pas facile de voyager à Florès, difficile de se repérer, rien n’est indiqué, peu d’offre d’hébergements, etc… et mon Rumaji qui fait (comme à chaque rencontre de touriste) la promotion de Lombok. Le con qui nous a loué la chambre n’est pas loin et entend la conversation. Avec un verre dans le nez, il se met à agresser Rumaji en fin de repas : « - Ouais, tu ferais mieux de te taire. D'abord, j’aime pas les mecs de Bali et Lombok, ils font tout pour dissuader les touristes de venir ici, ils disent qu’il y a la malaria… tu ferais mieux de te taire Attends mon ami j’ai pas dit ça moi, et jamais à Lombok on a dit du mal de Florès. D’abord, on connait pas Florès, comment on peut dire du mal ? Et puis nous aussi on souffre de la réputation d’île dangereuse que les Balinais nous font, nous aussi ! Tais toi. D’abord j’aime pas les Sasak, tu ferais mieux de partir » Bon je sens que la tension monte, alors mieux vaut en effet partir… J’ai bien envie de lui dire qu’à Lombok on ne loue pas des chambres immondes et chères avec son super accueil en prime, mais bon ça à rien de causer il est sous l’emprise de l’alcool. Rumaji est tout tremblant, c’est un pacifiste comme moi, il n’a pas l’habitude de se fritter avec les gens… On rentre se coucher, je vois bien qu’il n’est pas loin de verser une larme. Je le rassure comme je peux, sachant que je flippe que l’autre alcolo, qui sait où on dort, vienne crever les pneus du scooter ou nous chercher des noises… On aura donc un peu de mal à s’endormir… 4h du matin le réveil sonne. Ca va le scooter est entier, Tobias est prêt lui aussi, en route ! Il faut être au sommet du Kelimutu à 5h pour assister au lever du soleil et éviter les nuages qui arrivent en général dès 7h. Nous y sommes. Pauvre Rumaji, il est encore mort aujourd’hui…
Mais petit à petit, il reprend de l’énergie devant le spectacle qui se découvre progressivement devant nos yeux, à la lumière du jour naissante. Allez, un Suédois tout blond, un Sasak tout noir, et des lacs tout colorés, ça m’inspire…
On se dépêche de faire le tour avant que le cratère soit recouvert de nuages
Finalement, le Kelimutu valait bien ces petites mésaventures Retour à Moni pour le petit déjeuner, tandis que les enfants sont déjà au travail dans les champs
Ensuite, on décide d’aller tous ensemble avec Tobias dans les environs, visiter des villages traditionnels. Oui, tous ensemble, donc à 3 sur le scooter… Je prends soin de le prendre en stop AVANT Moni car sinon les motos-taxis du coin vont me taxer de concurrence déloyale, surtout accompagné de mon "guide" Sasak...
Après cette petite virée, on reprend la route pour Ende, et comme Tobias voyage en bus et que c’est quand même pas évident de conduire un scooter avec 2 passagers, on applique la méthode Jacub, qui consiste à se donner RDV dans l’hôtel qui nous inspire le plus dans le Lonelyplanet. Rien de spécial à voir à Ende, si ce n’est la piste de l’aéroport qui sert de terrain de jeu (les gamins nous diront qu’ils savent à quelle heure les avions atterrissent…)
Sans oublier le perroquet-parleur de l’hôtel Safari qui a lui seul vaut le détour ! (Rumaji, très amusé par le prénom de notre ami Jacub, a appris le prénom au perroquet...)
Bref, où en étais-je? Ah oui donc, aujourd’hui, c’est mardi, le jour du ferry pour Sumba, vous vous souvenez? Nous arrivons au port d’Ende, vide. Là, un écriteau : ferry samedi. J’y crois pas. Faut donc encore attendre jusqu’à samedi ou bien retourner à Aimere (100 bornes !) pour avoir un autre ferry un jour avant. Quelle guigne, surtout pour Rumaji qui n’aime pas rouler… Et puis, on va faire quoi ? J’ai bien envie de monter sur la côte nord, dans le village de M’Bay. Ça rallonge encore (pauvre Rumaji) mais 1/ on va pas glander 4 jours à Ende à exciter le perroquet du matin au soir 2/ il parait qu’il y a des belles plages à M’Bay nous a t'on dit 3/ il parait qu’il y a un hôtel à M'Bay. C’est tout des « il parait » parce que le Lonely ne parle pas de M’Bay… Et puis à Florès les locaux ne sont pas une source d’informations super fiable. On verra bien… Nous voila partis sur une route curieusement en excellent état. Déjà, ça roule bien, mon Sasak n’est pas trop sollicité derrière, alors il apprécie le beau paysage qui nous entoure
Je ne sais pas pourquoi M’Bay n’est pas traité dans le Lonelyplanet. Bon d’accord la plage n’a aucun intérêt (bien qu'on ait dit plein de fois le contraire), le seul hôtel du coin abuse un peu de son monopole, mais les paysages de rizières avec en toile de fond les volcans, c’est vraiment superbe
Regardez moi ces couchers de soleil
Tout est y est : l’eau, les cocotiers, le volcan…
J’ai beaucoup mitraillé à M’Bay, je ne peux pas tout mettre ici, allez faire un tour sur www.flores.tripod.com/mbay Même le Beach-Boy a retrouvé ses repères
Après ces 2 jours réparateurs pour les 2 cavaliers et leur monture (on fera faire la vidange d’huile), route pour Aimere (100km quand même, mais la route est bonne, 2h30 suffiront), dodo à Aimere, le lendemain le ferry qui était prévu le matin partira le soir, nous faisant arriver à Sumba à 1h du matin, super pour trouver un hôtel mais bon on s’en est sorti. Au passage, j’ai filmé quelques VIP dans le ferry
Et la nuit... ambiance
 | |
|  |
|  |
|
|

|
|
 |
 |
SUMBA Je voulais absolument aller à Sumba : très peu d’infos sur internet donc peu visitée, apparemment de belles plages et une culture très préservée, et puis ça nous permet de faire une boucle sans avoir à retraverser Florès dans l’autre sens… N’empêche que pour le moment, le ferry vient de nous lâcher au port à 1h du matin et que je ne sais pas où aller… Bon tous les scooters ont l’air d’aller par là, suivons les… Nous finissons en effet par arriver à Waingapu, la ville du coin… les rues sont désertes, et bien sûr pas un panneau indicateur. On tourne, on tourne, on se fait courser par des chiens, et puis on finit par tomber sur un vigil (oui oui y’a des vigils la nuit, comme chez Rumaji, sauf que chez lui c’est pour surveiller les éventuels voleurs de langoustes, ici je ne sais pas pourquoi…). Sympa, le gars démarre sa moto et on le suit, il nous amène à un hôtel, réveille le proprio. Nous sommes crevés, surtout Rumaji qui a son horloge biologique quelque peu décalée, lui qui se lève toute l'année à 5h du matin au son du muezzin de son village… nous nous jetons chacun sur un des lits pour s’endormir illico, morts comme on est… Le matin, je regarde la carte du Lonelyplanet. Les distances à Sumba n’ont pas l’air trop grandes, et je commence par rassurer Rumaji qu’on va beaucoup moins rouler qu’à Florès. Pas grand-chose à voir à Waingapu, en route pour Waikabubak ! La route est comme à Sumbawa, en bon état, assez droite, peu de trafic… on aura vite fait les 60km qui nous séparent de Waikabubak. Mais… rapidement, au vu des kilomètres qui défilent, je dois me rendre à l’évidence : l’échelle donnée par Lonelyplanet est fausse, 2cm = 40 kms, pas 20 !! Il faut donc multiplier les distances par 2… heu... désolé Rumaji ! En route, petit arrêt dans le petit village de Kabonduk joliment perché sur un promontoire, qu’on a eu un peu de mal à trouver d’ailleurs…
L’architecture des maisons est encore différente de celle de Florès, sachant qu’un Rumaji (qui arbore fièrement ses nouvelles chaussures que je viens d'acheter… oui je sais je le gâte trop…) fait à peu près 1.60m/1.70m, ça donne une idée de la hauteur (en premier plan les tombes des ancêtres)
C’est déjà la fin de l’après-midi, il nous reste à finir la route pour Waikabubak, où j’aurai un peu de mal à trouver un hôtel car tout est complet, comme à Moni, car des fonctionnaires sont en congrès et ils ont pris toutes les chambres… C’est au sud de Waikabubak qu’apparemment se trouvent les villages traditionnels et les belles plages. A peine sortis de la ville, j’aperçois tout à fait par hasard des huttes traditionnelles perchées en hauteur, allons voir ce qui s’y passe…
Quel heureux hasard ! Une fête ! Ils sont en train de cuisinier du babi, non non pas d'affolement "babi" c'est du porc en Indonésien. Mon petit frère, musulman, est impressionné, c’est la première fois qu’il voit des gens manger du porc… c’est donc une cérémonie chrétienne ici. J’accepte l’assiette qu’on me propose, pfou c’est hyper gras, ils ont tout laissé, même la couenne, mais bon, avec du riz ça passe à peu près… Ils nous disent qu'il faut rester, que la cérémonie ne fait que commencer et qu’ils attendent plein de monde, qui doivent arriver des villages voisins. En effet, voilà un village qui arrive. Chaque village doit apporter un animal (qui ne sera pas sacrifié, malgré les apparences…), tantôt un porc, tantôt un buffle. Bon, mais où vont-ils ? Suivons-les…
Nous arrivons sur une sorte de place centrale remplie de monde
Les hommes sont en tenue traditionnelle, et ils se baladent tout le temps avec un long couteau autour de la taille (un peu comme les habitants de Sanaa, la capitale du Yemen)
Rumaji est impressionné car à Lombok, les Sasak qui se trimbalent avec un couteau sur eux sont des « very very bad people »… Heu… Oulla on se calme !!
Sur la place centrale, on amène un porc, la pauvre bête est entourée d’une foule en liesse, et de dangereux couteaux sont brandis en l’air, je me dis que son heure est arrivée mais non semble t’il…
Puis un autre village arrive avec un buffle et un porc cette fois
Et hop à leur tour ils sortent les couteaux et le cri de guerre
Et hop moi je sors l’appareil photo… vous remarquerez le nombre de crânes de buffle qui ornent cette maison… ben, z'ont pas l’air d’être végétariens ici… Admirez également le rouge intense des lèvres de ces femmes qui mâchouillent à longueur de journée des noix de Bethel.
Justement, on me propose d’essayer. Bah, ça peut être pas mal de me faire prendre en photo avec la bouche rouge, en train de mâchouiller des Bethel ! Mais c’est vraiment trop amer ce truc, je suis obligé de tout recracher, dans la rigolade générale… Certains ont déjà commencé à déjeuner (pourtant il ne doit être guère plus de 10h)
Encore un autre village qui arrive
On resterait bien mais c’est pas tout ça, le ferry qui nous ramène à Sumbawa est dans 4 jours, il nous faut continuer si on veut visiter Sumba un minimum. (Edit 2009: alors figurez-vous que par un extraordinaire hasard, un habitant de ce village a vu les vidéos sur youtube et m'a contacté! Il vit expatrié en Hollande et il a reconnu avec joie sa maison et ses voisins ! Alors je lui ai envoyé toutes les photos que j'avais prises du village et des villageois et il leur a amenées lors de son dernier voyage au pays en avril dernier. Une belle histoire non? ) Allez, c'est pas tout ça, en route mauvaise troupe !
Nous voici arrivés sur la plage de Rua.
Jolie plage mais bon, rien d’exceptionnel (mais non, mais non, je ne pas un touriste blasé... ), et comme la carte du Lonelyplanet montre une route qui longe la côte, nous décidons de la suivre en scooter pour voir s’il y en a de plus belles. Passage par un petit village où il semblerait que ce soit l’heure de passer à table… ( à noter qu'une fois rentré en France j'ai trouvé plein de vidéos de porcs prises par Rumaji, ben oui pour lui c'est un animal exotique! )
Tandis que les plus jeunes nous indiquent le chemin de la plage
Pas un hôtel dans le coin, à part un complexe de luxe que nous n’irons même pas voir… nous continuons donc en direction de Pero, où il est indiqué dans mon bouquin un hébergement chez l’habitant. La route se dégrade rapidement, pour se transformer d’abord en chemin pierreux... puis en un parcours de trial infernal ! Le scooter ne va pas tenir le coup c’est sûr, et je crains la crevaison, dans un endroit très peu habité en plus… La région que nous traversons est très pauvre, les habitants nous regardent avec des yeux tout ronds, pas facile de demander son chemin quand ils ne parlent même pas le Bahasa Indonesia (ils n’arrivent pas à comprendre Rumaji…), voire même certains qui semblent avoir peur de nous et s’enfuient (y compris des adultes !). Ah là, c’est clair, le coin n'est pas touristique du tout ! Mais le parcours est tellement hard que dans le flipp, je n’ai pas pensé à prendre de photos. Encore une fois, le Lonelyplanet a été plus qu’optimiste sur l’existence de cette « route »… Nous arrivons à Pero à la nuit tombée. Nous finissons par trouver le logement chez l’habitant (comme d’habitude rien n’est indiqué), et surprise je tombe nez à nez avec un touriste Français, le premier Français du voyage. Ça me fait drôle de reparler le Français, mais le plus étonné sera Rumaji, à qui j’ai eu le temps d’apprendre 2-3 mots de Français pendant le voyage, et qui sera tout heureux d’entendre un « Cédric! » lorsqu’il lui demandera « comment tu t’appelles ? ». Cédric connait bien l’Indonésie, parle très bien l’Indonésien (à Sumba y’a intérêt…) et parcourt le pays à la recherche d'éventuels spots de surf. Pendant les 2 jours que nous passerons ici, nous causerons pas mal avec Cédric (en Français avec moi, en Indo avec Rumaji) et il nous racontera ses mésaventures en Inde (il a vraiment pas aimé... moi non plus mais lui vraiment pire que moi ) et son gros coup de cœur pour l’Indonésie. Il m’indiquera aussi les coins sympas où aller dans les environs. Justement le lendemain, sur les conseils de Cédric, nous nous rendons à Tosi, le village voisin.
Comme le veut la tradition depuis la nuit des temps, pour pouvoir entrer dans le village, il faut s’asseoir un instant avec le chef du village et échanger quelques mots. Ensuite, (mais ça, ça doit moins remonter à la nuit des temps ) il faut écrire son nom dans un cahier et donner... un p’tit billet bien sûr. Je tourne les pages du cahier : il n’est pas très rempli, en 8 ans ils ont recevoir 500 visiteurs grand maximum, et les précédents touristes sont passés là il y a une semaine… Bon je laisse mon attaché de presse vous expliquer tout ça !
Entre nous, je vous avouerais que j’ai de plus en plus de mal à filmer, Rumaji s’est trouvé un nouveau jouet qu’il me prête de plus en plus rarement…
Le chef du village revient nous voir. Il n’a pas l’air content, je comprends pas trop, il me dit « merokok », je lui réponds que je ne fume pas, ensuite je comprends « dilarang », et je demande à Rumaji ce que j’ai fait « d’interdit » Rumaji me dit qu’il faut absolument que je fasse une distribution de cigarettes, c’est écrit dans les lois du village. Ah bon… j’ai bien l’impression d’être la vache à lait du jour mais Rumaji traduit les explications du chef qui me dit que non, tout visiteur doit offrir quelque chose, même les gens des villages voisins, quand ils se rendent visite entre eux, ils doivent amener quelque chose, c'est la tradition. En fait, c'est comme chez nous, ça se fait pas de venir les mains vides quoi Donc, si j’ai bien compris je suis hors-la-loi… Pas d’autre choix que d’aller dans l’épicerie la plus proche car le chef ne veut pas me lâcher la grappe. Pas de chance je n’ai qu’un gros billet de 50000 sur moi (4€) et l’épicier n’arrive pas à me rendre la monnaie sur la recette du jour. Rumaji me propose de faire sa propre provision de clopes pour la semaine, et l’épicier me fera l’appoint en bonbons. Il faut savoir que le bonbon, en Indonésie, constitue une monnaie comme une autre, et c’est bien pratique, car on manque souvent de pièces pour faire l’appoint. Ce sont bien sûr les enfants qui encaisseront cette « monnaie ». Les enfants nous amènent sur leur belle plage
Rumaji discute avec les autochtones… Il apprendra qu’ici, pour se marier, il faut donner en guise de dot 5 buffles, une dizaine de chevaux, des porcs… Sachant que mariage rime avant tout avec argent en Indonésie, ça coûte une fortune de se marier ici, avec une somme pareille Rumaji pense qu’il pourrait avoir 10 femmes à Lombok (sachant que la polygamie est autorisée... heureusement je n'aurai pas trop de mal, pendant le voyage, à le convaincre qu'il y a mieux à faire dans la vie que d'avoir plusieurs femmes...)
Plus tard, de retour à l’hôtel, je lirai dans le guide qu’on reporte de très nombreuses agressions à Tosi et qu’il vaut mieux passer son chemin. Je pense que de nombreux touristes ont du faire mon erreur, à savoir refuser de faire la distribution de cigarettes (ou de noix de Bethel) et, n’ayant pas de Rumaji sous la main pour traduire, ils se sont fait agresser car ici c'est apparemment hors-la-loi… N’oublions pas que ces charmants habitants portent sur eux des couteaux qui ne servent pas uniquement à la décoration !
Retour à Pero. Le port de Pero est formé par une langue de sable naturelle qu’on ne peut traverser qu’à marée basse
Il y a du vent ces jours-ci, la mer est forte
Nous partons cette fois du côté de Wainyapu (ne pas confondre avec Waingapu), sur les conseils de Cédric. Nous longeons l’Avenue des Champs Elysées
Avenue fréquentée par des jeunes voyous Sasak en scooter…
Nous voici arrivés dans une belle crique
Et les tombes du village de Rattenggaro nous dominent
Rumaji a filmé mais il faut vraiment que je lui apprenne à moins bouger quand il filme... ça fait mal à la tête Le village de Rattenggaro
Pareil, on s’asseoit avec le chef, on remplit le livre d’or, on donne un billet… tiens ils ne demandent pas de cigarettes eux ! Juste en face, le village de Wanyapu dont vous apercevez les toits qui dépassent des arbres
Au loin, j’aperçois des habitants qui viennent laver leur véhicule…
Enfin, nous retournons à Péro, et, pendant que Rumaji fait la sieste dans la chambre d’hôtes, je passerai une partie de l’après-midi avec les habitants, exerçant ainsi mon Bahasa Indonesia sans mon traducteur Sasak à portée de main…
Bon, mon hôte, qui connait bien les schedules des ferries, me confirme que le bateau qui nous ramène à Sumbawa c’est bien demain. Il reste encore une bonne semaine avant que je rentre en France, mais je sens que Rumaji en a sa claque, et il me parle sans arrêt du programme barbecue-plage-guitare-traditionnelle qu’il m’a concocté lorsqu'on rentre chez nous à Lombok… et puis il a raison après ce périple en scooter, ça ne nous fera pas de mal de nous ressourcer avant que je rentre en France. Nous montons donc à Waikelo, le port à l’Ouest de Sumba. Arrivés au port, nous apprenons que le bateau du mardi est annulé, car la mer est trop forte, et que, peut-être, il y aura un autre ferry… samedi ! Ouah, j’ai bien fait de prévoir une semaine de mou, par contre le programme Sasak prévu par Rumaji c'est mort, donc pour notre barbecue c'est heu... grillé… En plus, j’ai plus un rond… L’ATM le plus proche est à Waikabubak, à 60km d’ici, pas le choix… Nous passerons la nuit à Waikabubak. Et vlan encore 60 km Ce soir, Rumaji est vraiment fatigué. Je l’emmène chez le docteur, qui me dit que nous devrions quand même aller demain à l’hôpital pour faire le test de la malaria… Je rétorque que quand même on n’a pas croisé un moustique, et mes tablettes de Savarine sont restées au fond du sac pendant tout le voyage… Non, pas de fièvre, c’est juste une grosse fatigue, mais ce soir mon petit Rumaji est vraiment frigorifié. Le lendemain matin, ça ne va pas mieux, il est complètement dans le coltar… Bon, ben on va aller à l’hosto alors… Nous arrivons à l’hôpital de Waikabukak, mon pauvre petit frère tient à peine debout, il fait peine à voir. Il y a pas mal de monde et nous attendons assez longtemps. Enfin, le résultat du test…. POSITIF Quoi ?? positif ??? Rumaji a la malaria !! Je suis désespéré et peut-être encore plus inquiet que lui, même s'il m’explique qu’à Lombok c’est assez fréquent aussi (comme quoi…). Inutile de vous dire combien je culpabilise à cet instant.... Dans quel état vais-je ramener? Nous rencontrons un docteur qui enfin va me rassurer un peu : c’est la forme bénigne de la malaria, ça se soigne bien. Ouf… Elle me demande où nous sommes allés à Sumba, et elle me dit que c’est certainement à Tosi que Rumaji a chopé la malaria. Dans ce village, les cas sont très fréquents et les personnes fatiguées ou affaiblies peuvent avoir la malaria sans même se faire piquer par un moustique… Elle nous envoie à la pharmacie où nous achetons le traitement, environ 130 000R (10€), ça aurait coûté 10 fois ce prix que j’aurai bien sûr payé sans hésiter mais quand même, ça doit représenter une sacré somme pour les habitants de ces villages isolés qui vivent avec pas grand-chose. Dans notre malheur, nous avons de la chance d’être bloqués à Sumba jusqu’à samedi. Et le destin qui nous a obligés à revenir à Waikabukak, juste pour retirer de l’argent… Quand je pense, si Rumaji avait sa crise de malaria sur le ferry… Le traitement va durer 3 jours : des pilules à prendre 3 fois par jour et surtout une bonne piquouse dans les fesses matin et soir ! On peut dire qu'on le connait l'hôpital de Waikabubak !! Rumaji va passer cette première journée au lit, dans la chambre d’hôtel, mais il sera à peu près sur pieds dès le lendemain pour accepter d'aller à la plage. Nous retournons donc du côté de Rua, mais cette fois sur une autre plage que nous ne connaissons pas. Bonne pioche, la plage est superbe.
Bon, ça va moyen en fait, c’est quand même pas la grande forme…
Laissons le petit se reposer et partons à la chasse… aux photos !
Un petit troupeau de buffles à l’ombre des cocotiers…
Des pêcheurs…
Aaah, Rumaji a fini sa sieste, ça va nettement mieux, aurait-il adopté le port du couteau lui aussi ?
Et il finit enfin par quitter sa polaire…
La plage n’est pas très fréquentée…
Ah si, on croise une fille avec son frère, bien le look !
Elle nous a bien plu cette plage, et elle n’est pas trop loin de Waikabubak, alors ma foi on y retournera le lendemain… après l’habituelle séance de piqûre que Rumaji adore… Mais le traitement est efficace, et mon Tintin Reporter a retrouvé sa langue ! (même s'il parle un peu trop loin de la caméra...)
Hourra il est guéri ! Et aujourd’hui la mer est encore plus belle qu’hier
Non loin de là, dans les champs, un enfant et son père surveillent le troupeau
Tandis qu'un autre enfant est occupé à pêcher
Et finalement tous les gamins du village voisin finiront par rappliquer… après de nombreux demi-tours car ils avaient peur de moi
Après cette belle journée, il faut retourner à Waikelo pour prendre le ferry tant attendu… Mais en arrivant au port, nous avons droit une fois de plus à un « besok mungkin » (vous savez, le fameux « demain peut-être » ) Aie… demain, ça fait dimanche ça, et moi j’ai mon avion pour la France mercredi… ça commence à devenir chaud, il n’y a plus le choix, il va falloir traverser Sumbawa en un jour… et espérer que le bateau soit bien là demain, car 1 jour de plus et je peux dire adieu à mon vol retour… (c’est pas que j’ai envie de rentrer mais le devoir m'appelle ). Le ferry étant annoncé demain à 7h, nous restons donc à Waikelo. Nous allons occuper cette dernière journée à nous reposer (encore !) sur la plage de Waikelo. Là, juste à côté du port, des pêcheurs se sont installés temporairement et vivent dans des grottes naturelles creusées par la mer.
De loin, ils vont nous observer pendant quelques temps, puis, timidement, viendront s’asseoir à côté de moi… Rumaji, caméra au poing, se découvre ethnologue.
Décidément, le Sasak pacifiste a fini par adopter les coutumes locales ! (z'ont pas perdu le Nord, les pêcheurs ont quand même cherché à me vendre un couteau atrocement cher...)
Nous disons au revoir à nos amis qui vont passer la nuit en mer
Sans oublier d’admirer le coucher du soleil.
Ce matin, c’est dimanche. Alors, ferry ou pas ferry ? Je suis un peu anxieux… Il est 7h et pas de ferry en vue, mais on nous assure qu’il va arriver. 3 heures passent… enfin le voici ! Ouf ! Mais il faut encore le décharger… 2 heures… Mais surtout, après, il faut le remplir… Et comme mardi le ferry a été annulé, il y a monde qui comme nous attend le ferry de samedi (enfin, de dimanche…) depuis plusieurs jours… Donc ça fait du monde tout ça ! Il faudra… 6 heures pour remplir le ferry. Tout ça parce qu’il faudra charger, à la main, des tonnes et des tonnes de bananes… Pendant ce temps, des enfants nous vendent des trucs à grignoter dans le bateau
On finit par démarrer vers 18h, le ferry est blindé, nous ne sommes pas rassurés…
En plus, le vent s’est levé à nouveau… Après 30 minutes de voyage, le capitaine annonce au micro que le voyage mettra plus de temps que d’habitude, car la mer est forte et il doit redoubler de prudence… super rassurant non ? Je vous l'avais dit, Sumba est une île qui se mérite !  | |
|  |
|  |
|
|

|
|
 |
 |
RETOUR A LOMBOK Traversée interminable, à serrer les fesses à chaque grosse vague qui vient soulever le ferry… Nous débarquons enfin à Sape, il est… 3h du matin ! Vu qu’ici les mosquées se mettent à gueuler dès 5h et que les habitants font du boucan dès 6h, j’hésite à faire comme ces chauffeurs de camions qu'on a vus dans le ferry, à savoir m’enquiller d’un trait deux bouteilles de boisson énergétique pour ne pas m’endormir et prendre la route dans la foulée… et puis non, ce n’est pas raisonnable, allons dormir. Le lendemain matin, nous savons que la journée va être longue… nous DEVONS traverser Sumbawa en une journée ! Soit entre 300 et 400km… Heureusement la route est bonne et partis de Sape à 9h, nous serons à Sumbawa Besar à 17h. Le temps de manger le meilleur eis campur du voyage (le eis campur, ou glace mélangée en français, c’est un dessert avec de la glace pilée, mélangée avec divers fruits un peu gluants, c'est spécial mais j’ai fini par y prendre goût…) Enfin nous arrivons dans la ville d’Alas vers 19h30. Oui, 2h30 pour faire Sumbawa Besar – Alas car (contrairement à l’aller), ces messieurs des routes ont décidés de tout casser sur 50km pour réparer la route. J’ai du mal à comprendre la logique, il devrait la casser sur 2-3 km, réparer, puis casser 2-3 km, etc… mais non ils ont ruiné la route sur 50 kms, histoire de finir de nous achever ! Enfin, lorsque nous nous levons le lendemain, il ne reste que 22km pour arriver au port de Poto Tano. Le Mont Rinjani est une vue, « Rumaji nous sommes bientôt arrivés chez toi ! »
Il ne reste plus qu’une petite heure à passer dans le ferry… quand même la vie est plus facile qu’à Sumba ici ! Et voici Rumaji-Island qui s’offre à nous
Reste encore à faire une soixantaine de kilomètres pour rentrer à la maison. Bah, une bagatelle quoi… Même Rumaji, qui avant le voyage classait comme « très loin » toute distance supérieure à 20km, tombe d’accord avec moi. Enfin, nous arrivons à la maison dans l’après-midi. Nous sommes un peu fatigués, mais il faut encore se préparer toutes les questions des voisins qui ne se doutent pas que voyager c’est fatiguant... Néanmoins le pêcheur reprend vite ses marques... en fait son bureau lui manquait
Pas besoin de prendre la pirogue, il suffit de s’y prendre à deux (avec Rumawe, son frère) et de tendre un filet à marée basse, et comme Rumaji l'explique dans la séquence ci-dessus, les poissons viendront se coincer dedans avec le courant naturel de la marée montante
Et le lendemain matin à l’aube, il suffira de relever le filet
Non sans avoir au préalable aidé Papa Rumaji à préparer les algues du jour
Mon Rumaji a accompli son rêve du pêcheur mais il a retrouvé avec joie sa réalité quotidienne, je dois moi aussi retrouver la mienne... mais avec moins de joie que lui Et ma vie s'accélère malgré moi tout d'un coup. Un peu comme quelqu'un qui prend un train et qui dit au revoir à celui qui est resté sur le quai. J’ai calculé mon timing retour au plus juste : mon avion pour Bali ce soir à Mataram à 18h, me laissant encore la possibilité de rester quelques heures de plus dans mon village adoré (je raconterai pas la séparation, c'est trop triste), puis retour en France le jour même à 23h30 depuis Denpasar, arrivée à Paris le lendemain à 19h30 pour un atterrissage à Lyon à 22h40 et… une reprise du boulot dès le lendemain matin! Soit moins de 48h entre le bureau de Rumaji... et le mien. Mes retours sont toujours aussi violents, mais si je veux rester un maximum avec eux, je me dois de calculer mes congés à l’heure près… Oui, je sais, eux, ils ignorent tout cela, ils vivent libérés des contraintes du temps. La voisine de Rumaji a même eu du mal à comprendre pourquoi je ne repoussais pas ma date de retour pour rester plus longtemps parmi eux... Aujourd’hui, je suis de retour en France, mais mon esprit et mon cœur ont souhaité, comme l'année d'avant, rester là-bas une année de plus. Dans quelques mois, mon corps et mon cœur se rejoindront à nouveau, au gré des futurs congés que j'arriverai à négocier, du prix des billets d’avion et de l’état de porte-monnaie… c'est bien matériel tout ça... Rumaji, lui, dirait plus simplement « Inch’Allah ». Et je crois qu’il a bien raison, le pêcheur de rêves...
 | |
|  |
|  |
|
|
|
|
 |
|
|
 |
|

|
|
 |
|

|
|
 |
|
|
|
 |
|
|
 |
 |
Re: [lolodesiles] "Touriste Français, Touriste Sasak" - ou 3000km en scooter en Indonésie (Sumbawa, Florès, Sumba)
(en réponse à...)

11 mai 2009 à 5:29
 |
 |
Répondre
 |
|  |
|
|

|
|
 |
 |
Re: [lolodesiles] "Touriste Français, Touriste Sasak" - ou 3000km en scooter en Indonésie (Sumbawa, Florès, Sumba)
(en réponse à...)

11 mai 2009 à 8:09
 |
 |
Répondre
 |
|  |
|
|

|
|
 |
|
|
|
 |
|
|
 |
|

|
|
 |
|

|
|
 |
|
|
|
 |

|
|
 |
 |
Re: [Knukette] "Touriste Français, Touriste Sasak" - ou 3000km en scooter en Indonésie (Sumbawa, Florès, Sumba)
(en réponse à...)

26 mai 2009 à 4:14
 |
 |
Répondre
 |
|  |
|
|

|
|
 |
|
|
|
 |
|
|
 |
 |
Re: [Ulysse13] "Touriste Français, Touriste Sasak" - ou 3000km en scooter en Indonésie (Sumbawa, Florès, Sumba)
(en réponse à...)

26 mai 2009 à 17:38
 |
 |
Répondre
 |
Salut Ulysse Bah je crois que le mieux pour rencontrer les gens du pays est de ne pas trop se presser, pour avoir le temps... d'en perdre J'ai beau réfléchir, je n'ai pas spécialement d'infos pour rencontrer les locaux, à chaque fois ça a été comme ça au hasard. Comme tout le monde en fait, sauf que je suis grandement aidé par Rumaji qui établit toujours le 1er contact. Mais en général, il faut bien admettre qu'on a la plupart du temps cotoyé des personnes qui travaillent plus ou moins dans le tourisme, c'est logique. Le "circuit de l'hôtel", c'est en général pas mon truc, j'ai tendance à organiser les choses en direct et surtout comme je veux, mais sans pour autant me passer des services des locaux dont c'est le job, lorsque que celà le nécessite. De toutes façons, rien d'hyper touristique dans la région, hormis Komodo et le Kelimutu. Pour le reste, même les "créneaux touristes" ne sont pas si touristes que ça en fait Après, les vraies rencontres (comme par exemple cette cérémonie de village à Sumba), c'est une dose de hasard dans un grand verre de temps En tout cas, c'est sûr que tu vas faire une belle boucle. On va peut-être se croiser à Alor, j'y serai en principe dans un bon mois... Bon voyage ! | |
|  |
|  |
|
|

|
|
 |
|

|
|
 |
|
|
|
 |
|
|
 |
|

|
|
 |
 |
Re: [AnhDou] "Touriste Français, Touriste Sasak" - ou 3000km en scooter en Indonésie (Sumbawa, Florè
(en réponse à...)

10 juin 2009 à 12:23
 |
 |
Répondre
 |
hello Anhdou ! Oui c'est bien comme tu as fait: commencer "sagement" par Bali-Gili histoire de s'habituer un peu à l'Indo version soft Des guides à conseiller, non pas trop, car je voyage toujours sans guide local... sur Lombok je ne suis pas sûr que ce soit bien utile, et on en trouve facilement de toutes façons. Florès est nettement moins facile à explorer. Autour de Labuanbajo Komodo, suffit de se payer une petite croisière en allant dans une des agences de voyage établies sur place, ou bien directement au port. Moi je conseille 3 jours et 2 nuits sur le bateau... les pressés pourront toujours faire moins long mais bon si on aime la plage et le snorkeling faut bien ça. Pareil Bajawa et Ruteng pas évident de tout trouver, mais là encore les ojeks (moto-taxis) ça ne manque pas et ils connaissent forcément là où il faut t'amener. Très bonne option pour les personnes qui n'ont pas beaucoup de temps à perdre. Tu vas également passer par l'incontournable Kelimutu en arrivant de Maumere... pareil, plein de motos-taxis vont te sauter dessus, pas besoin de chercher longtemps. NB: Maumere-Labuanbajo en 6 jours faut pas trainer !! Prévoir beaucoup de temps dans les transports... Je déconseille de conduire soi-même son scooter à Florès si on n'a pas l'habitude de conduire en Asie, les routes sont vraiment dangereuses. A Lombok, les routes sont moins dangereuses (quoique... + de trafic) mais les Indos roulent avec une logique peu occidentale, alors il faut faire très très gaffe (rouler lentement comme eux, en général ils se trainent). Les prix à Florès sont nettement plus chers qu'à Lombok, quasiment pas d'hotel en dessous de 100.000 R pour 2, en prenant du bas de gamme, mais tu ne vas exploser ton budget pour autant (par contre ne t'attends vraiment pas au rapport qualité-prix balinais !!). Ah, j'ai oublié, Lombok en 5-6 jours, hors Gili puisque tu connais déjà: - 2 jours Tetabatu, sachant que la croisière Labuanbajo Lombok te dépose à Labuanlombok sur la côte Est. Perama inclut dans son tarif le retour sur la côte ouest, l'astuce est donc de leur demander de vous arrêter en chemin, Masbajik par exemple, et de là prendre un taxi ou bémo jusqu'à Tetebatu (15 bornes à vue de nez). - ensuite redescendre (via les villages sasak traditionnels) sur Kuta, de préférence en voiture avec chauffeur, les gars connaissent les meilleurs coins à visiter. Prévoir 2 jours à Kuta, c'est une bonne base pour visiter la côte Sud. - puis finir par 2 jours sud ouest (Sekotong, Gili Nanggu), sachant que le départ du ferry pour Bali est tout près à Lembar donc même pas besoin de remonter à Mataram... ça le fait !! - pour info le Rinjani je crois que ça bouffe 3 jours... - les endroits qui sont pas dans les guides? Laisse tomber t'auras pas le temps Petits indices pour cipika: la "photo magnifique" n'a pas été prise par moi et pas en Indonésie...  | |
|  |
|  |
|
|

|
|
 |
 |
Re: [lolodesiles] "Touriste Français, Touriste Sasak" - ou 3000km en scooter en Indonésie (Sumbawa,
(en réponse à...)

10 juin 2009 à 18:14
 |
 |
Répondre
 |
|  |
|
|

 Discussions récentes sur l'Indonésie: |
Ajouter VoyageForum.com à mes favoris · Haut de la page
VoyageForum.com, pour ceux qui ont le coeur aux voyages!
Aide - faq · Vie privée · Conditions d'utilisation · Contacts · Annoncer sur VoyageForum.com
VoyageForum.com est partenaire de l'association ABM.
Tous droits réservés © 2002-2009 Voyage Réseau Inc.

|
  |
Sur VoyageForum: |
 | 6 615 visiteurs en ligne!

|
 | 6 347 nouveaux membres inscrits lors des 30 derniers jours

|
 | 2,5 millions de messages publics

|
 | 300 000 discussions publiques

|
 | 3,2 millions de visites par mois*

|
 | 2,2 millions de visiteurs uniques par mois*

|
*Source: Google Analytics
|
|
|
|
 |
|