Bonjour avionna, Peut-etre n'es-tu pas au courant du conflit ACTUEL qui se deroule a l'est de la RD Congo, au Kivu précisement : des forces armées s'opposent en provoquant des déplacements massifs de refugiés et des morts... 1- Es-tu sure que les enfants du Kivu savent lire? Selon des proches originaires de cette région, une très très petite minorité d'enfants ont appris a lire, et connaissent le swahili et le francais. 2- Peut-etre n'est-ce pas le moment d'encombrer les circuits d'aide humanitaire d'urgence (alimentation, medicaments, tentes et couvertures) avec tes livres? Ne peux-tu pas différer l'envoi de livres pour un peu plus tard, quand la paix sera revenue? Ou pour une région moins boulversée. 3- Quels sujets sont abordés dans ces livres? Si je t'envoie un livre de mécanique quantique, l'histoire de Colbert, ou un Code du Travail francais périmé, je doute que cela soit utile a un enfant du Kivu. 4- Est-tu sure de la fiabilité de tes interlocuteurs locaux, étant donné le manque de sérieux de cette démarche pour les raisons évidentes évoquées ci-dessus? 5- N'est-ce pas décourrager les auteurs, éditeurs et imprimeurs congolais que de faire venir des livres gratuits et en grande quantité? C'est conduire ces frèles entreprises a la faillite et leur employés au chomage, tout comme les importations gratuites/a bas prix et massives de riz et de poissons qui ont definitivement ruiné les producteurs locaux de riz de l'Equateur (province du nord de la RDC), et les pecheurs du fleuve autour de Kinshasa. Il y a surement d'autres régions de ce pays, la RDC, grand comme 4 fois la France (et 60 millions d'habitants) qui ont également besoin de livres. A commencer par la capitale Kinshasa. Le mieux est de contacter des "professionnels" de l'humanitaire, car par des privés, les risques sont ceux que tu decris. En fait les envois risquent d'etre perdus purement et simplement, d'autant plus que si la valeur marchande est gratuite, la douane va vouloir récupérer son "petit quelque chose", et comme le x% de gratuit c'est zéro, les livres vont probablement terminer a la décharge (poubelle) des douanes. De mon point de vue, l'idée est généreuse, mais a fort peu de chance d'aboutir a un but (ce but est-il défini par ce groupe de "benevoles"?), du fait de son incohérence avec la réalité politique et culturelle, meme en supposant que cela réponde a un besoin. Enfin, l'éducation est avant tout la tache des parents, puis de l'école lorsqu'elle existe. Un livre ne remplacera jamais les parents ou l'école.
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