Bon après vos messages, je suis rassuré et je pense que je vais partir avec Allibert. Par contre, comme tu connais bien les Lofoten, je voulais savoir ce qu tu penses des lieux visiter. Sont-ils bien représentatifs des paysages des Lofoten, et est-ce que le voyage te semble assez complet pour découvrir les Lofoten ? Ci-dessous, leur programme : A noter à propos de l’île de Værøy : La desserte maritime de l’île de Værøy varie selon le moment de l’été, et change immanquablement d’une année sur l’autre. Les habitants de l’île font depuis longtemps pression pour obtenir une fréquence de rotations plus élevée et bénéficier ainsi un peu plus de l’apport touristique. Avec le temps, ils ont obtenu un début de satisfaction. L’enchaînement des étapes des cinq premiers jours ci-dessous est donc donné à titre d’exemple. L’étape de Værøy y sera insérée, selon les rotations effectives. En fonction des départs, vous pourrez donc passer une ou deux nuits sur l’île. J 1/ Paris - Oslo - Bodø Vol Paris-Oslo-Bodø. Hébergement en chalet, au camping de Bodø. J 2/ Bodømarka, la “campagne arctique” Randonnée : marka de Bødø. Randonnée dans la marka de Bødø, la nature sauvage et ses rares paysans. Marka signifie “champ” ou “pâturage” en norvégien ; “campagne arctique” en est une traduction imagée assez appropriée. Elle arrive aux portes de la ville, avec ses lacs, ses tourbières, ses airelles et myrtilles, mais aussi ses refuges de montagne, ses sentiers plus ou moins bien balisés et ses pistes de ski de fond bordées de lampadaires pour l’hiver. C’est le stade de neige, de jeu et de plein air des Bodinois. Départ du ferry pour les îles en milieu d’après-midi. Hébergement : Å. 3 h 30 de marche. 12 kilomètres. M = D : 200 à 300 mètres. J 3/ Stokkvikåret Randonnée : col de Stokkvikåret. Å se prononce comme le son “o” dans le mot français “eau”. Il en est de même chaque fois que dans un mot norvégien. la lettre “a” porte un accent en forme de petit anneau, å et Å, ou lorsque deux voyelles “a” se suivent, aa ou Aa. Ainsi, Å peut s’écrire aussi Aa... Å est un village de quelques dizaines d’habitants. C’est le dernier que l’on peut atteindre par la route grâce au ferry de Melbu (projet de tunnel) et au chapelet de ponts routiers et de tunnels sous-marins reliant les îles entre elles et au continent. On peut le visiter comme un musée, quelques-unes des maisons où s’exerçaient les activités traditionnelles ayant été gardées en l’état. Stokkvikåret, col à un peu plus de 400 mètres d’altitude, est une “petite” promenade de 6 kilomètres aller-retour, mais qui nécessite en général plus de 5 heures de marche effective. Le sentier longe le lac d’Ågvatnet, inépuisable réservoir d’eau potable du village. Hébergement : Å. 5 h 30 de marche. 7 kilomètres. M = D : 450 mètres. J 4/ Munkebu Randonnée : refuge de Munkebu. Journée consacrée à la montée au petit refuge de Munkebu, construit en 1992. Le chemin domine une guirlande de lacs profondément encaissés. L’érosion glaciaire a raboté le vieux socle hercynien d’entonnoirs profonds dominés par des pics élancés dans un festival de verticalité. Un opéra de cimes ! Hébergement : Å. 6 h 30 de marche. 14 kilomètres. M = D : 500 mètres. J 5/ L’île de Værøy. Håen Randonnée : sommet de Håen (438 m). L’île montagneuse de Værøy ne fait que quelques kilomètres carrés. Ses habitants, 800 environ, y vivent de la pêche. De janvier à avril, la morue sèche en plein air jusqu’au début de l’été sur des séchoirs de bois, puis est entreposée en attendant les commandes. La morue séchée (stokkfisk, littéralement le “poisson que l’on fait sécher sur des échelles en bois”) est vendue dans le sud de l’Europe, aux Portugais surtout, mais aussi en France. Ainsi le Rouergue, où le stokkfisk a donné son nom à un plat local réputé, l’estofinado. Nous faisons aujourd’hui la découverte de l'île, entre 300 et 438 mètres d’altitude, par les crêtes tombant à la verticale sur notre sentier de demain. Au passage, visite d’une cache qui servait autrefois à la capture de l’aigle pêcheur. L’aigle de mer (pygargue à queue blanche) est un prédateur qui ne se contente pas de poissons ou de charognes ; il s’intéresse aussi aux moutons, et était donc considéré comme un nuisible par les populations locales. Sa capture était encouragée par une prime. Elle est aujourd’hui interdite. Devant la cachette de pierre, votre guide vous décrira la technique. Autre curiosité locale, le lundehund, chien un peu dégénéré par la consanguinité insulaire, dressé pour la capture des macareux, les perroquets de mer (pour les plus curieux, lien (en anglais) : http://www.lundehund.com/the%20lundehund.htm). Le sommet de Håen est coiffé d’un bâtiment militaire au bout d’une route stratégique (qui facilite notre retour). C’est un radar de l’Otan chargé de surveiller les nombreuses incursions dans les eaux norvégiennes de sous-marins russes, qui, depuis 1945, viennent ici tester les systèmes de surveillance et de détection des Occidentaux. Ce n’est pas ce que nous sommes venus voir ici, mais le paysage. Hébergement : Værøy. 4 heures de marche. 9 kilomètres. M = D : 438 mètres. J 6/ Måstad. La colonie d’oiseaux de mer, les phoques Randonnée (en aller-retour) : Måstad. Après avoir fait hier les crêtes de Værøy, nous découvrons aujourd'hui la côte nord de l’île par le bord de mer. Randonnée jusqu’à Måstad, le village un peu fantôme des premiers habitants de l’île. On pourra observer les oiseaux marins, dont l’île est riche (macareux jusqu’à fin juillet), voir le pygargue à queue blanche (aigle de mer), surprendre les phoques dans leur élément, visiter la colonie d’oiseaux de mer (Eidvika) ou les dauphins dans la baie de Måstad... Le ferry nous ramène le soir à Moskenes, et de là à Å que nous connaissons bien maintenant. Hébergement : Å. 6 à 7 heures de marche. 15 kilomètres. M = D : 300 mètres. J 7/ Taxi pour Fredvang Randonnée : de Kirkefjorden à Selfjorden Les montagnes des Lofoten sont tellement raides qu’elles ne sont parcourues que par quelques itinéraires “faciles” et qu’il est impossible d’y bâtir un trek “en ligne” s’appuyant sur des hébergements confortables. Il faudrait bivouaquer ou camper, donc porter. Voici l’un des rares itinéraires permettant d’arriver ailleurs qu’au point de départ. Nous embarquons à Reine sur un bateau privé ou sur la petite vedette qui dessert les hameaux disséminés sur le bord des fjords dont ce village garde l’entrée. La navigation dans ce fjord est un régal ! Nous débarquons au hameau de Kirkefjorden (le fjord de l’Eglise) pour découvrir une nature sauvage, la toundra, les bouleaux, les tourbières, deux cols, des pentes raides et des clapiers à chausse-trappes. Un taxi nous attend en fin de randonnée de l’autre côté de la montagne, à Selfjorden, pour nous éviter quelques kilomètres de piste et de bitume. Installation dans un sjøhus (prononcer “cheuhusse”), littéralement “maison de mer”, habitat collectif où pêcheurs et ouvriers des usines de poisson vivent de janvier à avril, durant la haute saison de pêche à la morue. Hébergement : sjøhus de Fredvang. 5 h 30 de marche. 7, 5 kilomètres. M = D : 400 mètres. J 8/ Un petit coin de Polynésie Randonnée : Kvalvika (la baie de la Baleine). De fjords en lacs jusqu’à Kvalvika et ses belles plages de sable blond, qui sous ses montagnes déchiquetées a un petit air des Marquises chères à Brel. Mer émeraude avec, rejetés et abandonnés par la mer, flotteurs de filets de pêche, bois flottés de Sibérie et autres témoins moins exotiques de notre civilisation. Les bois flottés, ou bois de dérive, sont ces troncs d’arbres jetés à la mer par les fleuves sibériens et déposés, entre autres, sur les côtes norvégiennes après un voyage long et compliqué orchestré par les courants marins et les vents. Jusqu’au siècle dernier, ils étaient la principale, voire la seule source de bois d’œuvre et de chauffage. Ils servaient à bâtir les maisons et à fabriquer mobilier et bateaux. Variante : on peut allonger la randonnée de deux heures en faisant le tour du Måltinden (651 m). Hébergement : sjøhus de Fredvang 4 à 6 heures de marche. 9 ou 16 kilomètres. M = D : 500 mètres. J 9/ Mulstøa Randonnée : Mulstøa et Mulstøtinden Jusqu’au milieu de ce siècle, des Norvégiens vivaient sur le moindre lopin de terre plus ou moins exploitable, et à l’accès difficile, par terre comme par mer. Mulstøa illustre bien cette forme d’établissement humain où il fallait lutter avec acharnement pour assurer sa subsistance. Un lieu qui dit tout de la farouche discrétion, du goût pour l’isolement et du besoin d’indépendance du descendant de ces pionniers, le Norvégien d’aujourd’hui. Promenade le long de la mer pour aller visiter ce site à la pointe nord de la presqu’île. En cours de chemin, visite à un piège à aigle de mer. Mulstøtinden, le sommet qui domine les restes du hameau, ne peut s’atteindre aisément qu’en revenant sur nos pas jusqu’au fond de la baie de Sandbotnen, la baie des Sables. Après la randonnée, un taxi nous amène à Nusfjord, village de pêcheurs classé au patrimoine mondial de l’humanité. Hébergement : Nusfjord. 5 à 6 heures de marche. 8 kilomètres. M = D : 250 mètres. J 10/ La montagne de Moïse Randonnée : Tønsåsheia (769 m). Beau parcours raide au-dessus de Nusfjord, avec un tout petit passage nécessitant toute votre attention. Vue imprenable sur tout le sud de l’archipel depuis Tønsåsheia, le sommet du Mosestind, la montagne de Moïse, en quelque sorte le mont Sinaï des Lofoten. Mosestind peut se traduire aussi bien par “montagne de mousse” que par “montagne de Moïse”, bien que l’origine botanique de l’appellation soit plus probable. L’après-midi, transfert et première des trois nuits consécutives en rorbu à Ballstad. Hébergement : Ballstad. 6 heures de marche. 8 kilomètres. M = D : 800 mètres. J 11/ La Nonne et le Moine Randonnée : Nonstind et Munkan. Ballstad, village et port actifs : chantier naval décoré par un artiste peintre et usine réputée de fabrication d’huile de foie de morue (en norvégien, tran). Nous avons encore changé d’île : nous sommes maintenant sur Vestvågøy (après les îles de Moskenesøya et de Flakstad). Montée sur le plateau de Ballstadheia, pelouse arctique où paissent quelques moutons. Belle vue sur le jardin d’écueils — c’est ainsi qu’on appelle en français une mer parsemée de rochers affleurants, piège mortel pour le navigateur distrait ou connaissant mal l’endroit. Ces jardins abondent le long des côtes de Norvège. Les Norvégiens les appellent des skjær, mot qui se prononce comme le mot “char” français. De là-haut, toujours ces beaux panoramas sur l’archipel. Passage au Nonstind (425 m, la montagne de la Nonne) et au Munkan (459 m, le Moine). Descente raide au retour sur la baie de Grenvika et sentier-balcon étroit de la baie de Torlan. Hébergement : Ballstad. 6 heures de marche. 7 kilomètres. M = D : 500 mètres. J 12/ Balade irlandaise Randonnée : balade irlandaise. Aujourd’hui, promenade un peu atypique, parmi les lacs ayant un petit air d’Irlande, au pied d’une belle moraine, relique de la dernière glaciation ; court passage dans un bois de jeunes résineux vigoureux et parfumés. Traversée d’une taïga plus typique, mais plutôt de la Norvège continentale. Pour finir, un chemin côtier plutôt bien marqué, même... large. Une belle journée ! Troisième nuit en rorbu à Ballstad. 6 heures de marche. 18 kilomètres. M = D : 300 mètres. J 13/ Stamsund et le Steintinden Randonnée : Steintinden (509 m). Bus régulier pour Leknes, deuxième agglomération en nombre d’habitants des Lofoten (1 600) après Svolvær (4 120), mais centre administratif de l’archipel. Correspondance pour Stamsund, escale du célèbre express côtier. Montée au Steintinden (altitude 509 m) par un chemin un peu aérien. Encore une vue imprenable sur les îles et le continent. Les Lofoten, ça vaut bien les îles polynésiennes (sans la chaleur). Et des palmiers... On trouve une forme locale appelée palmier de Tromsø ; c’est en fait la berce de Sibérie (Heracleum sibirica), ainsi nommée. Elle ressemblerait plutôt à un plant d’artichaut à fleurs de carotte, mais de taille élevée, plus de deux mètres. Nous prenons l’express côtier qui appareille à 21 h 30 de Stamsund pour Bodø, où nous arrivons en plein jour à plus de 1 h du matin. La ville est très animée est fin de semaine. Nuit en chalet au camping de Bodø. 4 h 30 de marche. 9 kilomètres. M = D : 550 mètres. J 14/ Bodø - Oslo - Paris Vol pour Oslo puis Paris. Hélas, c’est fini, on rentre. Au revoir la Norvège et à bientôt. Merci ! |