
Zurab Paris, France

9 mai 2008 à 1:11
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Re: [nemo1001] Comment rechercher une amie turque perdue de vue?
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la lecture est simple: c'est comme en latin toutes les lettres se prononcent et il n y a pas de combinaison de lettre pour former un son. Bonjour à vous ! Vous allez sans doute dire que je vous ennuie et que je joue de nouveau les petits professeurs mais bien que vous ayez évidemment raison, puisqu'on apprend aux écoliers à prononcer toutes les lettres, en latin, on omet cependant de leur expliquer – sans doute par paresse ou par facilité ! – que tel n'était pas le cas et que certaines combinaisons s'articulaient différemment de la façon dont on les écrivait, faits indubitables que des auteurs tels que Plaute, Cicéron, Varron, Salluste, Virgile ou Ovide nous permettent de mettre en évidence.... Ainsi, par exemple, le « -m » en position finale tendait à s'amuïr et toute syllabe contenant ce « -m » ou un « -n » conclusif chutait littéralement devant voyelle, à l'accusatif, phénomène systématique en bas-latin puis en latin médiéval ; la phonologie et la linguistique comparatives permettent de dégager ce principe grâce à la mise en rapport des divers dialectes italiques parlés à l'époque classique, des variantes phonétiques ou même des fautes (celles dénoncées par Varron, entre autres) observées chez les Latins, mais également grâce à la versification. Ainsi, dans la bouche de certains, du temps de Cicéron, in villam venit sonnait très certainement [in 'willa: 'we:nit], c'est-à-dire « in ouil'lâ ouénit' », à la française, et stultum ille pater vocat puerum selon toute vraisemblance ['stult 'ille 'pa:ter 'wocat pu'eru:] (« stoult' il'lé pâtèr ouokat' pouéroû »), de même qu'en poésie, dans la formule habituelle de l'hexamètre dactylique... D'autre part, entre autres faits remarquables, les diphtongues « ae » [aj] & « oe » [oj] se réduisirent en « e » et « au » en « o » : dès le IIème siècle avant Jésus-Christ, caelum qui se prononçait à l'origine ['kajlum] (« kaïloum ») finit par aboutir à ['ke:lum] (« kêloum »), ou ['ke:lu:] (« kêlou »), poena ['pojna] (« poïna ») s'articula peu à peu ['pe:na] (« pèna ») et aurum ['o:rum] (« oroum »), ou encore ['o:ru:] (« orou »)... On pourrait ajouter que les « -s » des pluriels de la troisième déclinaison avaient tendance à être omis et que le « i » se confondait parfois avec le « u » (cf. les écrits de Salluste) : selon les locuteurs, sorores se prononçait donc [so'rore] (« sororè ») et optimus ['optumus] (« optoumous »)... C'est précisément à cause de ces flottements et d'une langue latine en passe de devenir vulgaire (d'où l'appellation de « latin vulgaire ») que le grammairien Marcus Valerius Probus décida de recenser tous les barbarismes et erreurs entendues chez ses contemporains dans un opuscule du nom d'Appendix Probi, au IIIème siècle après J.-C., liste de mots riche d'enseignements qui permet aux comparatistes d'y voir un peu plus clair dans l'évolution d'un latin populaire dont sont issues les langues dites romanes... Évidemment, ne disposant pas d'enregistrements de l'époque (et pour cause !), ce ne sont que des hypothèses mais la linguistique comparative des langues classiques va elle aussi dans le sens de ces théories... Bonne journée et pardonnez cette petite incise !
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