
claire2005
France
1 août 2005 à 14:13
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merci pour vos petits mots sympas !... la suite... udaipur, ranakpur... Mardi 26 mai 2005 Je suis complètement assommée à l’arrivée au petit matin à Udaipur. A moitié rassurée, à moitié réveillée, dans un rickshaw qui semble avoir bien du mal à monter les rues pentues du centre ville. « Si il cale, on est mal », Olivier a l’air aussi rassuré que moi, mauvais signe ! Après une douche, nous voilà déambulant dans le centre touristique incapable de prendre une décision, en hypoglycémie depuis la veille. Un banana pourridge nous requinque. Je pars visiter le City Palace toute seule, très chouette même si les explications d’un guide me manquent : des jolies cours, un petit jardin, des salles lumineuses et multicolores par des jeux de miroirs et des vitraux. Des fresques délicates (plus colorées et plus fines qu’à Bundi) recouvrent les murs du sol au plafond. Des peintures représentent la vie des marhadjas avec de toutes petites figurines par centaine sur le même tableau, souvent rehaussées d’un mince trait doré ; le sang jaillit à flot dans les scènes de chasse ou de guerre. Je me promène seule dans ce labyrinthe (ce n’est vraiment pas la saison touristique). Je profite de l’instant de calme et je m’étonne de ne plus autant souffrir de la chaleur. On fait un petit tout au temple hindou à côté. Et voilà un nouvel ami « pot de colle » qui cherche à nous expliquer tout ce qu’on vient de lire dans notre guide de voyage… On admire sa ténacité !! Il nous aura quand même expliqué qu’il faut tourner dans le sens des aiguille d’une montre autour du temple et on aura quand même réussi à lui arracher un sourire en nous mettant à marcher à reculons dans le sens inverse : interdit ou pas ?! Le centre touristique est… touristique ! Même si nous sommes repérés de loin vu le peu de touristes à cette époque de l’année, les vendeurs ne sont pas trop insistants. On rentre manger au Panorama Hotel : vraiment délicieux, épicé comme il faut. Olivier se gave d’un riz avec dahl et moi, d’un veg biryani : à tomber par terre !! Les gars qui tiennent l’hôtel sont vraiment sympas et serviables. Petite sieste traditionnelle : on commence à prendre de mauvaises habitudes !! Il ne fait pas trop chaud dans la chambre. On retourne en ville se renseigner pour des bus, des trains et faire graver un CD de photos. Tous très « pros » et très souriants… mais très commerçants « of course ! ». On retrouve l’ambiance de toutes les villes fréquentées par les touristes et les routards. Sympa mais pas très authentique ! On traverse le lac à pied pour regagner notre hôtel sur la presqu’île. Le palais, les ghats et la vieille ville sont éclairés par de jolis jeux de lumière. Le temps semble suspendu, petit bonheur. Sur les prairies, les jeunes jouent au cricket ; les touristes revivent avec un petit air « frais » (enfin moins chaud !) qui s’est levé. Des buffles, des chevaux paissent tranquillement. Une grosse barque abandonnée dans la dernière flaque devant le « Palais île » semble un peu décalée dans ce décor ! Le soir tombe sur Udaipur ; installée sur la terrasse de l’hôtel, je mets à jour mon carnet. On m’a gentiment allumé une bougie, discrètement l’air de rien. Quel accueil ! Quand ils nous ont vu arriver dans la rue, après nous avoir fait un signe de la main, un des gars est descendu les trois étages en courant pour nous allumer la lumière ! Et le petit gars du Shivam Guest House de Bundi a téléphoné ici ce matin pour s’assurer qu’on avait bien trouvé cet hôtel qu’il nous avait recommandé et que tout allait bien ! Vraiment gentils, naturellement et simplement gentils ! Le temple s’est allumé en face et des petites cloches sonnent partout en ville. Hier, à Bundi, la maîtresse de maison faisait matin et soir des prières en faisant sonner une petite cloche en faisant des cercles dans l’air avec une bougie, dans le petit temple de leur jardin. Elle semblait tellement absorbée par sa prière ! Petite frayeur de la journée : une moto qui arrive à fond à un angle de rue et qui m’arrache les sacs plastiques faisant valser nos bananes et nos mangues (pas mûres ! et oui, il n’y pas de petites arnaques !!). Heureusement seuls les sacs volent et je n’ai rien. Le gars ne s’arrête même pas et c’est un homme dans l’échoppe à côté qui vient nous aider à repêcher nos fruits dans le caniveau. Situation impensable dans les autres pays qu’on a traversés. Mais ici, c’est l’Inde : chacun pour soi et… chacun son Dieu d’ailleurs ! Quelques rastas, babos grunges crados qui ont l’air un peu à côté de la plaque… Ambiance ! Encore un bon repas à l’hôtel. Je jette un œil pour voir comment ils préparent nos assiettes : un grand couteau pour découper tous les ingrédients, des pots avec des mélanges d’épices, de « trucs », ensuite tout cuit sur le gaz à grandes flammes, en agitant en permanence la gamelle pour que rien n’accroche. Un egg curry pour moi et un veg biryani pour Olivier. Un thé. Il ne nous en faut pas plus pour être heureux ! Une bonne nuit (nos premiers moustiques)… Mercredi 26 mai 2005 On prend un bus gouvernemental pour Ranakpur. Départ 8h30. Dès le quai à Udaipur, nous sommes « pris en charge » par une famille qui se rend en pèlerinage au temple et qui semble très heureuse de nous escorter. Dans le bus voyant nos mines déconfites, ne comprenant pas leur anglais (ah ! l’accent indien !! et eux, ils disent que les français parlent mal anglais !!), ils nous griffonnent des petits mots sur des bouts de papier pour nous expliquer ce qui se passe dans le bus, ce qu’on voit par la fenêtre, etc. Une belle surprise nous attend : un jeune marié coiffé d’un turban rouge avec une grande plume vient s’asseoir à côté de nous. Il a l’air tout intimidé. Les femmes de sa famille chantent en cœur pour lui. C’est vraiment très joli, un air doux et gai. J’en ai la chair de poule, émue par ses femmes qui disent au revoir à un fils, un frère, un neveu… Une gamine (la petite sœur du marié ?), avec ses habits de fête nous fait des sourires discrets ; son visage s’illumine quand on lui demande si on peut la prendre en photo ! Magie de l’appareil photo numérique, quand on lui montre son portrait. Les paysages sont reposants, de petites montagnes schisteuses, des cactus ou des euphorbes à fleurs rouges, de beaux arbres (sans aucune feuille). Les petits villages traversés sont bien poussiéreux. Les maisons sont en torchis et les toits recouverts de lauzes. Les montagnettes deviennent peu à peu plus abruptes et les paysages traversés me rappellent un peu les châtaigneraies cévenoles (avec ces grands arbres secs isolés). De petits murets en pierre sèche délimitent probablement des parcelles avec des découpages assez surprenants : un versant coupé par plusieurs diagonales, des murets qui suivent les crêtes…Les talwegs ont été aménagés pour retenir l’eau par des sortes de seuils assez régulièrement espacés (le RTM n’a donc rien inventé !). Pour finir, la route serpente en suivant un joli canyon (avec un mince filet d’eau) dont le fond est couvert de lauriers roses en fleur. Le site est classé en réserve. Nous arrivons vers 12h30 à Ranakpur. A l’entrée du temple un singe fonce sur Olivier qui est en train de manger une banane. Du coup je flippe avec mon sac de bananes à la main ! Deux Indiens sympas nous escorte jusqu’aux escaliers avec un grand bâton. Difficile de décrire avec des mots la délicatesse et la finesse de ce temple. Il aurait 1444 colonnes toutes sculptées de haut en bas. Les coupoles sont également finement travaillées. Tout est blanc et même s’il n’y a pas un cm² de vierge, l’ensemble ne fait pas surchargé. Au contraire, tout est harmonieux, léger, fin. Malgré le groupe de Français bidochons qui jacassent par endroits, l’atmosphère du temple est très reposante. Un garde nous explique qu’il ne faut pas prendre de photos des bouddhas : il y en a en pagaille ; leur regard blanc nacré est d’ailleurs un peu effrayant. Un vieil arbre tortueux à l’écorce semblable au chêne vert. De petites cloches sonnent au gré du vent. Quelques pèlerins prient. Des moines habillés de rouge et de jaune se déplacent en silence. La petite famille du bus fait ses prières. Le groupe de touristes français me fait honte en les prenant en photo « pour faire plus typique avec leurs bâtons d’encens » ou en prenant en photo en cachette un bouddha. Le père de famille nous propose d’aller voir un autre temple plus loin en partageant les frais de location d’une jeep… Nous n’avons pas le temps, dommage ! On avale un thali dans la cantine du temple avec eux : bon et sympa (même si on est un peu l’attraction du jour !). Et puis il nous faut faire le trajet en bus dans l’autre sens… vraiment fatiguant ! Il fait toujours bien chaud. Nous nous abritons sous un porche avec deux vieilles femmes couvertes de bijoux : quelle déception quand elles me demandent une pièce pour les avoir prises en photo ! Sur le chemin du retour, quelques visions moyenâgeuses : un homme qui laboure avec son buffle, un autre qui nivelle le sol ( ?) debout sur une planche traînée par ses vaches. Nous arrivons éreintés au Panorama Hotel. On se repose quelques heures sur la terrasse en profitant encore du calme et de la vue sur le City Palace. Un dernier repas dans cet hôtel où je me sens comme à la maison. J’y serais bien restée un peu plus longtemps. Le personnel est tellement simple et sympa. Deux Indiens qui ont un peu appris le français à Pondichéry traduisent le petit mot qu’on a laissé dans le livre d’or. Sympa ! Nous voilà prêt pour notre deuxième nuit en bus… mais cette fois « deluxe » ! Je dors comme un bébé. Avant de monter dans le bus, je discute avec une fille qui bosse en Inde depuis 3 mois. Alors que des gamins viennent faire la manche, je fais un rapide « no » et tente de les oublier en attendant qu’ils se lassent et s’en aillent. Je culpabilise toujours à rester là, à ne rien faire, à ne rien dire alors que ces pauvres gosses pouilleux espèrent une pièce. Ma voisine les prend au dépourvu en « leur » demandant « five roupies ». Ca les aura au moins fait rire ! Je ne suis pas sûre d’avoir son aplomb… Deux jeunes catalans bien sympas nous racontent leur périple et nous conseillent d’aller à Barahtpur… Nous visions plutôt Amritsar ! Nous échangeons des impressions de voyage avant de monter « nous coucher » dans le bus.
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