Depuis son premier film impressionnant Regarde les hommes tomber, Jacques Audiard ne cesse de démontrer qu'il est sans doute notre meilleur cinéaste, et qu'il préviligie la qualité plutôt que la quantité. Lorsqu'on sort de la projection de Un prophète, on respire, on est bien content de voir du monde, le ciel avec les nuages, de sentir le vent sur sa peau ; même s'il ne faut pas prendre ce film pour un film témoignage, un docu-fiction sur l'univers carcéral, on ne peut nier que Audiard nous a bien enfermés dans sa création. "Un prophète" montre comment un voyou entre en prison, apeuré, et en resort, six ans après, comme un caïd. Une obscure secrétaire d'état s'est inquiétée que ce film devienne un film culte dans les banlieues, mais il ne donne vraiment pas envie de ne passer ne serait-ce qu'une seule nuit en centrale ! Peut être que, en filigrane, puisque il y a des évidences qui ne peuvent s'énonçer sous peine de se voir poursuivi devant un tribunal, oui, peut être s'inquiète-t-elle de la morale, ou alors du constat pessimiste, que l'on reçoit à la fin du film, à savoir que, en dehors de sa communauté, point de salut ! En somme, que le communautarisme s'est irrémédiablement imposé dans notre société ! Bizarrement, il me semble que personne, ou alors cela m'a échappé, après tout je n'ai lu qu'une critique, et entendu que quelques commentaires, que personne, dis-je, n'a relevé cet état de choses dans le parcours du héros. Ceci dit, les acteurs sont étonnants de justesse, Niels Aresgtrup prodigieux, et Jacques Audiard est un grand metteur en scène !
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