
Nichouette
Montréal, Québec (Canada)
11 septembre 2006 à 21:25
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Une belle histoire de coeur: La Havane (Cuba)
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LA HAVANE, CUBA Pour mon premier voyage à l'étranger, j'ai eu à choisir une destination parmi toutes celles qui étaient offertes. J'ai choisi La Havane, Cuba. (Merci Serge de m'avoir fait connaître Cuba à travers tes récits de voyages, grâce à toi, j'ai eu envie d'en découvrir sa capitale). Mon premier contact à Cuba a été ce réveil, ce premier matin debout sur le balcon de l'hôtel, à regarder la vie qui n'avait jamais vraiment dormi... Et ce parfum que j'apprendrai à reconnaître à chaque arrivée par la suite: ce mélange de rhum, tabac et odeur du sud... J'ai été déstabilisée pour un moment... Puis j'ai découvert ce lieu peu à peu. Ma première visite a été un mélange de tourisme pur, avec les visites aux sites, les quelques arnaques typiques, les grands restaurants... Mais nous avons aussi plongé au coeur du pays. À partir de la deuxième journée, j'ai abandonné la formule hôtel pour vivre dans une casa particular (maison cubaine). Il faut savoir que là-bas, il est illégal d'habiter avec des cubains, les contacts eux-mêmes avec le peuple est réduit, dû à la situation politique qui prévaut. J'ai donc habité dans une casa légale, possédant le permis d'héberger des touristes. J'ai fait la connaissance d'une famille qui est devenue mi familia. Spécialement mon petit grand-père qui s'est fait une place très spécial dans mon coeur et que j'ai eu peine de perdre puisqu'il est maintenant décédé... Pour revenir à l'aspect touristique, La Havane a beaucoup à offrir. Oh, c'est un endroit typique, la pauvreté est présente, les immeubles tombent en décrépitude mais pour qui sait voir au-delà de cela, on y retrouve une telle richesse, une âme. En ce qui me concerne, au fil des voyages, je me suis éloignée des sentiers touristiques. J'ai vraiment plongé au coeur de Cuba, des gens, de tout ce dont la majorité des touristes ne voient pas. Partager leur quotidien, discuter longuement avec eux. Certains aspects ont été plus difficiles à vivre ou à saisir. Comme cette visite à l'endroit où chaque mois, ils recoivent, via un vieux carnet russe où tout est inscrit à la main, leur ration: une part de riz, de l'huile, des biscuits et quelques autres articles. Cette ration étant supposée durer pour la période donnée mais qui en fait, ne dure qu'un bref moment. La débrouillardise grâce à laquelle ils survivent et font le pied de nez au système... Par exemple, posséder un ordinateur alors qu'il est illégal d'en avoir un... Cet ordinateur monté pièce par pièce, cet écran transporté dans une boîte et camouflé entre des livres de propagande pour éviter d'attirer l'attention... Ce téléphone cellulaire obtenu grâce à moi, l'étrangère, puisqu'un cubain ne peut s'en procurer un. Et je ne parle pas ici du coût mais bien de l'interdiction... La procédure est complexe, plusieurs documents en espagnol à signer... quand on finit pas trouver l'endroit où le service est offert! Oui, cette course à travers la ville pour obtenir un service qui ici, est disponible à chaque coin de rue ou presque... Le marché noir, omniprésent. C'est si complexe qu'il y a des choses que je ne peux même pas raconter ici. Je dirais juste que les gens qui se font saisir des articles aux douanes cubaines... Bueno, passons puisqu'on s'entend... Oh, mais il y a aussi l'autre côté de la médaille! Cette solidarité, cette générosité... Je n'aime pas généraliser mes propos à partir d'expériences personnelles, je me contenterai donc de deux anecdotes. La première concerne les petits cadeaux que l'on apporte souvent avec soi pour offrir là-bas. Au fil du temps, je me suis rendu compte de la vitesse à laquelle tout était redistribué aux membres de la famille, aux amis, selon les besoins. Avec rapidité mais aussi candeur. Il faut dire que notre perception des besoins est teintée pas notre culture et ne correspond pas toujours aux besoins réels mais oui, tout est apprécié. La deuxième anecdote a un lien avec l'information qui circule. Que ce soit une nouvelle capté via une chaîne étrangère (il est illégal de capter ces chaîne à la maison mais débrouillardise aidant... ;0))))) ) ou un article déniché à bon prix, les gens se relaient pour que l'information soit partagée entre le plus de gens possible. Bien, pour partager tout cela, j'ai dû oui, défier ou déjouer les lois et les règles. J'ai eu la chance de connaître ces lois puisque la majorité de mes amis, habitués à lutter contre le système, ne s'en préoccupaient plus, ce qui m'a éviter quelques faux pas... Mais surtout de connaître des gens qui m'ont fait partager leur réalité, leur rêves, leurs aspirations, leurs déceptions et leur révolte, sans pudeur, avec toute la générosité du monde. Concernant la pauvreté... Elle est difficile à saisir puisque les gens sont si habitués de se débrouiller qu'on ne la voit pas toujours. Ce qui ressort par contre, est cette lutte constante pour tout et rien. "Nada es facil" (rien n'est facile) est une phrase qui revient constamment. Mais à travers les difficultés, il y a de ces petits velours qui restent. Les gens, les souvenirs, les lieux... Le Malecon, ce boulevard au bord de l'océan, les promenades dans les petites rues, les visites à l'Université... Les soirées qui se terminaient souvent par une fête familiale, où la musique finissait toujours par nous faire danser peut importe l'endroit où on se trouvait. Des fêtes spontanées où il faisait bon rire et danser. Mais mes voyages à Cuba m'ont aussi apporté une nouvelle ouverture sur le monde. Fidel vu à travers les yeux de son peuple, Che Guevara, la réalité d'un autre pays où tout est pareil mais si différent à la fois... Un de mes souvenirs les plus marquant? Après un début de journée tout ce qu'il y a plus normal, entendre soudainement parler de "cyclon". Oui, l'ouragan Dennis fonçait sur nous! J'ai vécu cette ouragan en restant avec mon monde, en priant pour que la maison tiennent le coup. Et quelques jours plus tard, nous avons ri de bon coeur, tous ensembles, des propos de Fidel célébrant leur victoire sur l'ouragan qui est entré en force 4 et est ressorti du pays en force 3! ;0))))) Ça a été une expérience très spéciale. Ce n'est qu'au retour, lorsque j'entendais les autres voyageurs se plaindre d'avoir manqué d'électricité et de jours de plage, que j'ai compris que oui, je voyageais au coeur de Cuba, sans me préoccuper de l'aspect touristique. Bien sûr, ma vision de Cuba est teintée par ce que j'y ai vécu, ça demeure personnel. Je reviendrai avec d'autres souvenirs. En attendant, je raconterais qu'après 6 voyages, j'ai tourné la page. Non seulement j'ai l'impression d'avoir fait le tour, plusieurs de mes amis sont partis à l'extérieur du pays... Ces souvenirs viennent donc rejoindre ceux d'amours lointains auxquels on pense avec un sourire, lorsque le temps fait son oeuvre. La page est tournée mais je n'oublierai jamais. Note: si le sujet vous intéresse, d'un point de vue touristique ou personnel, je vous invite à communiquer avec moi. Je reste en contact avec quelques amis cubains ainsi que des gens d'ici avec qui je partage déjà beaucoup d'informations. ------- Un grand sourire, Nichouette
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