
Gedel
France
24 mai 2006 à 3:30
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] Pour le 1er Mai je suis allé au Vietnam, fuyant la Chine surpeuplée et rackettée : Les prix triplent cette semaine là. En à peine une semaine, je n’ai fait que prendre un premier contact avec le Vietnam. J’ai longtemps hésité à écrire sur ce forum, ou tant de participants connaissent mieux que moi. Puis je me suis dit que si j’avais puisé dans ce forum je devais à mon tour apporter quelque chose. Je vais vous raconter pour commencer « Le grand blond avec une chaussure noire » à l'aéroport de Canton : Ayant improvisé ce voyage, et étant mal informé, j’ai découvert très tard que la délivrance du visa à l’arrivée était une procédure exceptionnelle et soumise à la détention d’un document préalablement fourni par les autorités vietnamiennes. J’avais donc en catastrophe acheté ce document sur Internet pour 49 $ (travel to Vietnam) J'avais franchi le premier obstacle à Canton : monter dans l'avion pour Saigon sans visa vietnamien, mais non sans peur. L'hôtesse, voyant ma situation, avait disparu avec mon passeport et le document reçu par e-mail (était il vrai ? était il suffisant ?) pendant 5 bonnes minutes -ou plutôt 5 mauvaises minutes. Quand à son retour elle m'a tendu ma carte d'embarquement pour Saigon, je l'aurais embrassée ! Mais les Chinoises n'ont pas l'habitude. (Les hôtesses françaises non plus d’ailleurs) Donc naturellement distrait et de surcroît soulagé d’avoir franchi le premier obstacle, j’ai relâché mon attention et je me suis mis dans la mauvaise file, celle qui allait à San Francisco. Arrivé au détecteur de métal, je fus refoulé sans ménagements. Mais ces couloirs sécurisés étant à sens unique, on ne peut pas retourner. Pas d'autre solution que de dévaler l'escalier mécanique à contresens ! Non seulement ce petit jeu n'est plus de mon âge, surtout avec une valise, mais il a fait naître des soupçons sous le képi du garde au pied de l'escalier. Je fus subséquemment interpellé et intercepté par l’occupant du képi interloqué, mais relâché tout de suite, vu que sous le même képi, 5 minutes plus tôt, il ne s'était rien passé quand j'avais montré ma carte d'embarquement pour Saigon. Arrivé à destination, tout a été comme sur des roulettes. On m'a délivré un visa en 15 minutes (un businessman australien venu voir des fournisseurs râlait parce que ça n’allait pas assez vite, disait que ces gens la n’arriveront jamais à rien…) et j'ai réservé un hôtel depuis l'aéroport -25 $ la nuit-, dédaigné les taxis et pris le bus qui m'a déposé à 200 m de mon hôtel. L’après-midi de mon arrivée, je me suis payé un petit luxe colonial : Lire «Le Monde » de la veille presque à la même heure que les provinciaux en France, mais assis dans un cyclopousse. Je n'ai quand même pas acheté de casque colonial. Saigon c'est super ! J'ai regardé à mon retour le DVD "L'amant" et même j’ai décidé de refaire une tentative de lire Duras ! Saigon, ça grouille plus encore que Shanghai et même Hong Kong. Il y a. 8 millions d'habitants et 8 millions de motos selon un guide. Je me suis fait répéter le nombre de motos : il est fréquent d'en avoir plusieurs m’a-t-il dit. Il y a aussi 4 morts par jour. Pour traverser la rue, il faut du courage. Le premier soir, comme j’hésitais, un flic m'a pris par le bras comme un aveugle. Il n'a arrêté aucune moto ou voiture. Même un flic ne peut pas. Ensuite, pour traverser, j'attendais qu'un local le fasse aussi et je me mettais à coté de lui/elle, en faisant attention à mes pieds, car eux ont les pieds courts et moi je chausse 46/47. C'est une épreuve de sang froid. Le deuxième jour j’étais aguerri et autonome. Il faut comprendre qu’ils ne s’arrêteront pas, ne freineront pas, mais modifieront leur trajectoire juste ce qu’il faut pour éviter la collision. Il faut négocier chaque passage par contact oculaire. La nuit ça m’est difficile. Et il y a 4 à 10 passages à négocier à chaque fois. J'avais prévu une journée à Saigon car mon but était Hanoi et le Nord, pour rentrer en train par le Hanoi-Pékin, mais je suis resté 3 jours. Au Vietnam c'est facile d'improviser, et de modifier ses plans, ce n'est pas corseté comme la Chine. Les 30 avril et 1er Mai, c'était la fête de la victoire sur les Américains. Je ne savais pas. Je suis allé à un concert de musique militaire au bord du fleuve. Ça m'a semblé, à part quelques morceaux, moins pompier, moins lobotomisant que chez nous. Il y avait des dialogues d'instruments, des traces de paso-doble et même de valse. J’ai bien sur vu à HCM puis à Hanoi ce que les touristes voient en premier, et je ne le regrette pas, mais je n’ai pas besoin de le raconter ici. Le temps fort fut la Baie d’Along. Et d’en avoir rêve longtemps ne m’a causé aucune déception, comme ça arrive souvent. C’est beau qu’il n’y a rien de plus a dire. A mon avis, si on a le temps, il faut passer une nuit sur un bateau, même si ça fait touriste. Et de toutes façons j’en étais un. J’ai aussi adoré le spectacle de marionnettes sur l’eau. Hanoi m’a semble plus chinoise que Saigon –mais je n’ai pas vu Cholon-, et peut être aussi plus française aussi avec ses rues bordées d’arbres dans le vieux quartier. C’est la que j’ai logé et dégusté la fameuse bia hoi bien fraîche, sur le trottoir. Un autre bon souvenir c’est le jus de mangue du King café, 44 Luong Ngoc Quyen. C’est la rue des hôtels Prince 1 et Prince 2. On y vend des jus de mangue pour 4000 Dong, alors qu’ailleurs c’est de 10 a 20.000. Et pour ce prix la, pas de glace et pas d’eau. Que du pur jus. Je m’en suis gave. Les bornes kilométriques sont encore françaises, mais mon impression superficielle est qu’il ne reste pas grand chose d'autre de la présence française, à part quelques bâtiments coloniaux. Combien de temps encore va-t-on inclure le Vietnam dans la Francophonie, alors qu'on n’y connaît que le dollar, que j'ai du boire de l'eau en bouteille de marque coca cola - il y a aussi Pepsi et "La Vie", qu'il y avait à l'hôtel 3 chaînes vietnamiennes et 3 américaines ? La francophonie est quand même plus présente qu'en Chine, ou c’est le désert (à part Pierre Cardin, YSL Guerlain, quelques noms de ce genre et Citroën) En lisant la presse francophone vietnamienne, j’ai eu le sentiment de lire le discours chinois d’il y a 3 ans. Le Congres du Parti vient d’admettre les chefs d’entreprise dans ses rangs, comme en Chine il y a 3ans. J’ai l’impression qu’on observe et imite la Grand Frère avec un petit décalage. Voilà quelques premières impressions. Je ne prétends pas à l’impartialité. Et je sais que j’y retournerai. J'ai quelques photos a montrer : Une moto. c'est pas pour frimer : [URL=http://imageshack.us] [URL=http://imageshack.us] Elle est pas belle la vie ? [URL=http://imageshack.us] Non on ne va pas faire la sortie des lycees ! [URL=http://imageshack.us] Un peu de courage pour traverser ! [URL=http://imageshack.us] Mauvaise photo, mais beau paysage [URL=http://imageshack.us] ------- Rien n'est jamais acquis a l'homme, ni sa force ni sa faiblesse, ni son coeur>> (Aragon)
(Ce message a été modifié par Gedel le 29 mai 2006 à 2:30.)
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