
franciscor
France

23 juillet 2008 à 9:41
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Un peu de mon cru … dans une ville qui croît .. aux rites. Varanasi : debout les morts !… la sonnerie est sans limites .. les crémations sans fin Résumé des chapitres précédents (oh vous mes frères !, disait Alex entre deux jets de bière dans le golliwok (cf. « clockwork orange » de SK) …et en vrac, mes frères, si je vous lis bien, Varanasi, c’est : concentré – certitudes – humilité – encens – musiques – prières – pujas (offrandes) – civières – défunts/dépouilles (mieux que cadavres*) – mendiants – sadous – eau sacrée – dauphins – frénésie – c’est aussi (on approche) : lieu saint (shanti) – Shivaratree – tour en barque – ruelles labyrinthiques – inondations – Sarnath – tourisme (lever de soleil) * mes jeux de mots sont des cadravres exquis .. j’y arrive … : il faut se blinder un peu et chaque jour pour choisir de revivre un lendemain dans cette ville. La cour des miracles, l’odeur de la mort, les ablutions ferventes sur les ghats, les cérémonies chantées de 90 min. en chaque début de soirée .. c’est comme passer du service de soins intensifs aux opérations chirurgicales lourdes en urgence, à l’établissement de soins palliatifs avec un détour obligé par la morgue et le soulèvement du voile mortuaire sur le visage du défunt .. ça laisse des traces qui résistent .. je ne conseille à personne d’en terminer de l’Inde avec un passage ou séjour à Varanasi ! (entre trois et six jours selon le check-up de son psy.) mais je conseille plutôt d’y plonger durant la première moitié de son séjour .. de manière à mettre ensuite une bonne quantité de souvenirs plus doux dans sa besace, qui modèreront et feront digérer ceux-la … et surtout pas d’y tomber dès le second jour, venant droit de Delhi ou Kolkata ! à bon entendeur .. J’y suis : oyez donc, mes frères ! Varanasi, c’est aussi bien la norme que le hors-norme, dans un contexte qui joint deux extrêmes : le religieux exacerbé d’une part, le tourisme incessant et frelaté (pléonasme) (plaie aux miasmes ?..) d’autre part. De surcroit, ces deux frères-ennemis entrelacés jusqu’à l’over-dose, à tel point qu’on ne peut plus effectuer de clichés des crémations (mais si, mais si .. en payant un peu plus .. et en s’imprégnant de la peine des familles, réelle et si naturelle) et se mettre à douter que tout cela ne soit qu’un décor ... V. c’est la béatification des uns, la béatitude des autres (saints-pélerins innocents), la bétification (on dit abêtissement) de certains, pour qui rien n’est plus beau que de se rendre chaque jour, durant trois mois ( !), de son petit hôtel à trois sous jusqu’au bar/restau/patio/salon de thé-gateaux où on pourra s’en rouler une doucettement, et rebelote .. Pour tout cela, il ne faut pas quitter l’Inde AVEC Varanasi dans sa lampe frontale, sinon, on en oublie l’Inde elle-même, celle des vivants, qui sont au moins un milliard, mais HORS de Varanasi ! ………………………………. Alors Toutie, quanti décider d’inclure V. dans un programme ?…bonne question ! réponse : et bien il faut s’obliger à le VOULOIR d’abord. Tu iras, verras et visiteras et y seras parce que tu l’auras choisi, décidé et voulu. Seule façon de bien le vivre. C’est toi qui sauteras en parachute ! on ne te poussera pas. V. c’est de l’agitation sans fin en ville (jusque là rien de bien grave ni étrange), embouteillages associés à tous les excès du tourisme fort (racolage, drague éhontée, tarifs rickshas multipliés dans les rues par 4 ou 5, mendicité sanctifiée, c’est encore l’incapacité des autorités municipales (calculs mafieux et distribution des pouvoirs politiques ?) sur dix ou vingt ans de délivrer une eau de bonne qualité, de créer les infrastructures qui permettront à la population d’accroître son espérance de vie, lorsque enfin les parasitoses intestinales déclineront .. et si la fatigue causée par tout cela survient et l’emporte, à quinze kms de la ville existe une Inde campagnarde et éternelle, si reposante. Il faut oser s’y reposer. Si V. existe, si l’eau du fleuve est sacrée, c’est en raison du seul fait qu’il y a quatre à six mille ans, des indiens et des voyageurs exténués sont morts à une demi-heure d’atteindre cette eau du fleuve, arrivant du désert tout proche. Que celui qui a eu soif me contredise .. Varanasi n’avait que le mérite de se situer « sur le chemin » .. Adorable eau bénite, segment droit et vertical entre le ciel et l’eau. Si Stanley K a, en 1971, accouché de son Orange mécanique, qui donne une vue d’ensemble de notre capharnaüm occidental (rien n’a bougé depuis, sacré Stan !), un petit séjour à Varanasi donne une bonne idée de ce que notre moyen-âge fut. Varanasi, pour le reste, c’est comme dans toute l’Inde, c’est la gentillesse, le service attentif, le plaisir de faire plaisir, la retenue face aux crises de fatigue fréquentes que vivent les touristes ou voyageurs. C’est comme dans toute l’Inde, puisque le soleil s’y lève aussi chaque matin ! En ce moment, il y a de l’eau dans les rues de V. et cette eau, sainte, lave tout. Les indiens savent faire la synthèse. Ils ont les pieds profondément sur terre, même mouillés …Ganesh ne trompe que l’éberlué. Alors, pour une simple extension ( !) à Varanasi, Toutie, c’est 10 sur 10 : tu pourras récolter extase et tension tout à la fois. Bonne détente !. ------- "il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre que n'en peut rêver votre philosophie". Hamlet.
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