
patrice11
France
11 octobre 2007 à 5:11
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Bonjour à tous, J'ai lu les nombreuses réponses et les commentaires polémiques relatifs à cette petitre histoire typique des rencontres culturelles et, surtout, touristiques. Je me souviens avoir renconté un jour, au Vietnam, un jeune français, au look alternatif, rebelle, voire alterrmondialiste sinon révolutionnaire (je parle du look et de l'étiquette visuelle, seulement) qui tempestait parce qu'il fallait payer, payer et payer encore. Grosso modo, il lui fallait tout gratuit. Je simplifie à peine. Je lui ai donc demandé si dans sa France gonflée de Modèles pour le monde entier, il ne payait jamais,. Et je lui ai signifié (méchamment certes car j'étais en colère) que son comportement était digne des vieux coloniaux, à mille lieux de son look et de son apparence sympathique (pour moi). J'ai pensé au terme de Colonialisme car la situation s'y prêtait: le colonialisme c'était aussi ça, ne pas payer les produits locaux à leur exacte valeur ajoutée. Ce petit exemple me sert à illustrer ce que peux m'inspirer l'histoire relatée par Abalone. Bien sûr, la Touriste en question avait raison d'exiger un produit correspondant au paiement effectué : le seul problème est de savoir de quoi on parle, et de quels prix on parle. Quand on chipote, comme je l'ai vu tant et tant de fois, pour 400 ou 500 dôngs, c'est qu'on le fait par principe, pour asseoir une relation hiérarchique, et non pour obtenir un service ou une prestation à son juste prix. La touriste en question n'a pas mesuré le côut dérisoire des Imper locaux qu'on lui proposait, alors que dans le même temps elle a accepté le prix de son voyage payé à un Tour Operator occidental bourré de fric et faisant une plus value exhorbitante sur le dos des touristes occidentaux. La touriste aurait pu faire un geste. C'est tout. Et ne pas être plus catégorique et exigente avec sa petite vendeuse pauvre qu'elle ne l'a été au départ avec son voyagiste occidental . Il y a là une relation hiérarchique typique entre l'Occidental et les populations du Sud. Peux t-on exporter nos relations commerciales quotidiennes (avec Que Choisir ou 60 millions de consommateurs en poche) dans un pays qui n'a pas les même référents commerciaux , du moins pour l'instant, que nous ? Peut-on se comporter dans un magasin étranger du Sud comme si on était à Carrefour ? Il me semble qu'on peut être exigeant, mais on ne peut pas être exigeant comme un vietnamien le serait lui même : un vietnamien peut discuter pour 400 dôngs, parce que pour lui, c'est une somme significative. Pour un Occidental, je le dis clairement : Non. Je crois qu'il faut aussi que les individus occidentaux intériorisent un minimum ce qui se passe entre les Etats: les pays du Sud payent beaucoup plus cher que nous leur soif de développement ( rapports inégalitaires dans les échanges de matières premières, système monétaire international exigeant, réchauffement climatique imposé par les pays riches avec contraintes à venir en consommation de CO2). Quels furent les obstacles au dévelopement de l'Occident ? Je réponds catégoriquement : aucun ! C'est inadéquate, en plus, de dire que le touriste doit faire fonctionner les lois du marché : est-ce que l'Occident applique les règles du marché ? (C'est quoi la PAC, à quoi sert-elle, et à qui sert-elle ? Peut-on exporter du foie gras ou du Roquefort aux USA ?). Les Occidentaux ne sont pas tendres avec les pays du Sud, en matière commerciale, Et les habitant du Sud le savent, et les vietnamiens le savent. Tous. Il me semble donc raisonnable de penser que l'on devait y regarder à deux fois avant de soupçonner un commerçant pauvre du Sud (Vietnamien ou autre) de nous spolier ou de nous voler. C'est question d'attention et de sensibilité, c'est aussi une question de prise de conscience du monde dans lequel nous vivons et dans lequel les pays pauvres vivent aussi. Patrice
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