
spurius Paris, France
25 octobre 2007 à 4:21
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Mon hôte, Manoj, appartient au club volontaire des bachelors for life rare en Inde mais rêve d’une indienne timide et réservée l’idéal ici. Le Rajasthan étant un pays où l’alcool est strictement règlementé, nous avons bu (beaucoup) dans un dépôt semi-clandestin. Ses parents ne sont pas au courant qu’il boit mais il souhaite le leur cacher le plus longtemps possible. Boire en Inde c’est comme fumer chez nous, c’est socialement mal vu : les membres des castes bien nées ne le font pas. Enfin il tente de me convertir au communisme version indienne. Il ya les sociaux traitres soutenus par les Américains : les révolutionnaires du Nagaland qui veulent leur indépendance pour déstabiliser le gouvernement communiste du Bengale. La famille possède des photos souvenir avec tous les grands noms de la lutte des classes en Inde. Le maître mot est le gouvernement de lutte pour l’égalité. Enfin pas entre hommes et femmes mais pour le reste… Au Rajasthan j’ai vu des femmes faire les travaux les plus difficiles : élaguer à la hache le bord des routes, porter des charges impressionnantes. Le communisme pour changer l’économie pas la société. Mon ami me fait gouter au bétel que je finis par apprécier. Il me laisse ensuite à la gare pour aller vers Bundi où je prends à minuit le 2ème classe et me procure un ticket avant tout le monde (comment ?) A Bombay j’avais renoncé à attendre une heure, à Ahmedabad je ne comprenais rien au planning (office du tourisme « sur le point d’ouvrir, diverses files d’attente avant de savoir que les réservations sont closes), il s’agit de mon premier vrai voyage en train. Il fut éprouvant : je trouvais difficilement le sommeil assis sur un siège de bois sous la lumière crue des néons, contrairement à mes voisins qui dormaient tous profondément. Je suis pourtant réveillé par un voisin sympathique pour descendre à Bundi où je débarque à 4h30 et je finis ma nuit à la belle étoile. Au petit matin je suis sous le charme de Bundi : les artisans avec leurs échoppes sur la rue, les femmes qui se réunissent autour de la fontaine pour puiser de l’eau, le bazar coloré. L’adresse donnée par le guide pour dormir est effectivement remarquable. En revanche il suggérait de prendre un guide pour visiter le palais mais j’ai dû renvoyer le mien pour être tranquille et visiter ce qu’il ne voulait pas me montrer. Cela a fait rire les gardiens mais j’aurais dû rester fidèle à ma règle qui est de ne pas en prendre. Le soir je monte vers la forteresse avec les singes. Des gens que je prends pour des touristes sont en fait des flics en civil. En bon policiers de province ils ne parlent pas anglais du tout et parlent très fort mais j’apprends à reconnaître une plante contre la fièvre. Cela dit je n’en ai pas usé quand j’en aurais eu besoin… Le soir je discute avec des locaux en leur offrant le thé. Hindous et musulmans sont mélangés. Comme tous les indiens fument il est presque anti-social de ne pas le faire. Je me retrouve donc presque de force avec une clope au bec. Pour me venger, je demande aux uns et aux autres ce qu’ils pensent du Shiv Sena le parti extrémiste hindou espérant déclencher un bon débat politique. Or pas du tout. Les Hindous disent que c’est un bon parti et les musulmans la même chose en n’osant pas les contredire… Le lendemain je me fais faire une chemise indienne sur mesure (pas de prêt-à-porter à Bundi) et je fais un saut à Cotta. Comme d’habitude un accident ralentit la circulation. Le code de la route indien c’est en effet la loi du plus fort : malheur au cycliste face aux camions. La ville n’a pas le charme de Bundi, et si elle a tout un quartier consacré aux écoles supérieures, je n’y ait pas ressenti d’ambiance étudiante particulière. Le musée comme d’habitude est sans grand intérêt entre le tableau de chasse devenu répugnant avec l’âge du rajah et ses armes habituelles Le soir bus de nuit vers Jodhpur où j’arrive à l’aube le lendemain. Oasis dans le désert la vieille ville est absolument superbe. Je m’y promène toute la journée et reçoit un bracelet en cadeau qui me permet d’améliorer mon look indien. Sur les étales se vent une sorte de noix comme partout sans véritable saveur. Parmi les légumes le chou-fleur tient une importance énorme avec la courgette. Même si c’est un légume de pauvre, les indiens savent le préparer de façon délicieuse avec curry oignions et tomates. Le soir je croise un ex professionnel de l’arnaque à touriste (un repenti ?) qui m’affirme que 99% des contacts avec les touristes sont forcément intéressés. Mes statistiques personnelles sont plus basses (80%), je peux donc penser être sur la bonne voie. Les gestes désintéressés l’ont été un peu plus cependant par les musulmans que par les hindous mais cela reste tout relatif. Après Jodhpur je reprends le bus de nuit pour arriver à la capitale du Rajasthan, Jaipur. Je fais une excursion au fort d’Ambert impressionnant par sa taille. En chemin je découvre le vrai lassi, celui servi avec des morceaux dans des poteries. Auparavant je n’en avais eu que la version aseptisée en bouteille et qui n’était qu’un lait sucré. Je ne résiste pas à faire l’attraction en montant sur un éléphant. Plus qu’ailleurs, les gens veulent émigrer à l’étranger dans cette ville. En tout cas les filles ne sont pas plus accessibles : deux adolescentes à qui je demande ma route se mettent à glousser et à s’enfuir comme si je leur avais fait une proposition indécente. De toute façon les femmes indiennes soient vous ignorent quand vous tentez le contact soit se couvrent le visage à votre approche. De Jaipur bus vers Fatehpur Sikri. Comme je m’endors je débarque à Agra de méchante humeur. Assailli par la foule des rickshaws je lâche prise et me retrouve dans un hotel minable même aux standards indiens. Je suis dérangé de grand matin par le préposé genre pot de colle pour remplir les formalités trois fois de suite. J’avais bien demandé la veille si j’avais tout rempli et il ne pouvait pas attendre que je prenne ma douche. Quand le garçon m’a dérangé une quatrième fois pour le thé j’aurais souhaité avoir une arme…. L’hotel du guide où j’ai passé la nuit suivante est lui très bien. A Agra je n’ai pas pu m’empêcher de voir le Taj. Entrée très chère (24€) mais vraiment monument magnifique. Si la ville moderne est sans grâce le bazar est sympathique dans la partie ancienne. Des businessmen locaux tentent de me montrer qu’ils ont plus d’économie que moi avec mon salaire. Je ne fais rien pour les détromper. Ce la dit un vendeur touche 40€ par mois ici donc c’est vrai chaque fois la comparaison est indécente L. Le soir je visite une ancienne mosquée livrée à des squatteurs. Les monuments abandonnés en Inde sont terriblement romantiques je trouve. Pour trois francs six sous laissés aux uns et aux autres pour qu’ils vous conduisent on se retrouve avec des airs d’explorateur. Je tente de goûter aux papayes le long des routes mais les indiens les salent avant de les manger. Pour mon palais c’est insupportable. Enfin le retour à l’hotel est particulièrement éprouvant : je fais l’erreur de le confier à un cyclo-pousse. Le malheureux ignore totalement le chemin bien qu’il m’ait affirmé le contraire et se retrouve vite en nage dans un air soufré irrespirable. Je paye sans discuter et même un peu plus la hausse de prix demandé à l’arrivée. Le lendemain visite éprouvante de Fatehpur Sikri. Je n’ai pas bu que de l’eau minérale sur le trajet… Donc tourista monstre avec fièvre tout à coup. A l’aller un groupe de jeunes désoeuvrés tente de me vendre le concept : je te donne un stylo et tu gardes mon souvenir pour la vie… mais nous ne trouvons guère de centres d’intérêts communs. En revanche je rencontre une touriste japonaise retraitée que j’accompagne dans sa visite. La mosquée est bizarrement occupée par tout un bazar d’échoppes en ce jour d’aïd. Comme chaque fois des pauvres viennent également y dormir, cela donne plus à l’ensemble une touche de joyeux caravansérail que de lieu de culte. Mon accompagnatrice liera ensuite conversation dans le bus avec deux adolescentes ce qui me permettra enfin et presque pour la seule fois de communiquer avec des jeunes filles indiennes. Pour émancipées qu’elles soient (après un temps d’hésitation elles m’ont aussi serré la main), ces deux panjabis étaient loin de la culture des adolescentes occidentales (mangas , musique…). Dans le bus de retour autre animation : une famille a maille a partir avec le contrôleur. Et bien ce sont les femmes de la famille qui défendent le plus haut et le plus fort l’honneur bafoué en criant comme des mégères. Finalement tout cela se règle je ne sais trop comment et le contrôleur intimidé cède. La femme indienne est timide jusqu’à 40 ans ?
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