
catherineGil
Montpellier, France

3 août 2007 à 4:20
Message 57 de 99
Consulté 534 fois
Signaler ce message aux modérateurs
Haut de la page
|
Bonjour, Pourquoi voyager ? Sans doute arrive-t-il évidement, surtout lorsqu'on est très jeune, ou bien lorsqu'on ne sait pas encore que pour aussi loin que l'on aille, on y va avec son mal-être, si "mal -être" on a, arrive-t-il que l'on voyage pour fuir, mais il me semble à moi, que quelles que soient les raisons que l'on se donne, humanitaire, travail, curiosité intellectuelle etc.... le fond de la mentalité du voyageur est à l'opposé du goût "bourgeois" pour l'enracinement, la sécurité, le coconning . Il me semble que la motivation de base est, quelque part la recherche d'adrénaline que représente une mise en danger. Un danger calculé la plus part du temps mais tout de même, quoi de plus excitant que ce goût d'incertitude d'être pour un temps, "l'étranger" , le différent, celui qui n'est pas d'ici ? De ne pas savoir de quoi demain sera fait ? Et quoi de plus chalereux que de se sentir accueilli, accepté, ailleurs , avec l'impression que c'est accueil nous est réservé à nous personnellement pour ce que l'on est soi, en tant que personne ? C'est sans doute pour ça qu'on a tendance à sublimer les endroits et les gens qu'on a visités, alors qu'ici, dans "nos murs" nos habitudes, on n'est rien, on ne représente rien, sauf pour nos proches et où tous les jours se ressemblent dans le train-train habiuel à tel point qu'on à parfois l'impression qu'un WE touche l'autre et qu'il ne s'est rien passé entre les deux. Et puis je vais enfoncer une porte ouverte, mais il y a autant de "voyages" que de voyageurs, depuis longtemps, je voyage avec mon mari, mais je suis toujours frappée, lorsqu'il lit mes carnets de voyages de constater que ses souvenirs sont souvent très différents des miens, bien que très proches, nous n'avons pas ressenti, sauf exception, les mêmes émotions, les mêmes éblouissements, les mêmes déceptions au même moment, et parfois même jusqu'à la météo dont nous n'avons pas le même souvenir " Je te dis qu'à tel endroit il faisait horriblement chaud " "mais non, il faisait bon, j'écris mon journal au jour le jour, alors je sais bien lorsque j'écrivais si j'avais trop chaud ou pas " et tel endroit, ou telle personne que tu décris en long et en large, tu es sûre ? Moi, je ne m'en souviens même pas, par contre tu ne parles pas de ceci ou de celà tu te souviens ? Ah oui, je me souviens, mais ça ne m'a pas vraiment frappée etc.... Si non, nous sommes des voyageurs heureux . Heureux ici, en France ce qui ne signifit pas aveugles et inconscients mais toujours dans l'attente et les projets pour notre prochain voyage . Tu vois, j'en arriverai presque à la conclusion inverse de la tienne : les voyageurs ordinaires, toi , moi, sont au contraire des gens heureux, des gens sans histoire, les grands bonheurs, comme les grands malheurs, ces évenements qui rompent la routine, étant tu en conviendras avec moi, plus que rares dans une vie. Tandis que lorsqu'on voyage chaque jour est particulier, unique, propre à tricoter des souvenir, à alimenter la réflexion, à ouvrir l'esprit .... vraiment "vivants" ------- Catherine La seule manière de cultiver sa culture, c'est d'accepter de la mettre en danger. http://www.catherinegil.over-blog.com
(Ce message a été modifié par catherineGil le 3 août 2007 à 4:52.)
|