Inde - Cartes postales (page 1 de 3)

Discussion démarrée par Thartampion le 3 septembre 2009 à 12:27
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Thartampion

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Inde : Cartes Postales

premier mois

Delhi
Un petit clin d’œil de Bharat Mata pour mon arrivée : dans Paharganj, des tambours se font entendre, puis quelques cuivres ; c’est pourtant pas la saison des mariages, si ? Intrigué, je zigzague à travers la rue principale, évitant vaches, bouses, rickshaws et « you remember me my friend ? » (yes, i remember you my friend! last time you gave me this fantastic kurta for only 20 rupees!-grands sourires…) pour aller voir la cause de tout ce raffut…sur un char, deux trônes richement décorés portent deux enfants, l’un en Shiva, d’un sérieux à toute épreuve, tenant fermement son trident, l’autre en Parvati, saluant les passants ; tout de suite après, un deuxieme char, et des gamins qui distribuent des bananes-prasad, suivi de l’orchestre puis d’une cinquantaine de femmes dans leurs beaux sarees, toutes portant un pot sur la tête..quand, fatigués de les suivre, je m’arrête pour demander à un vieil homme la raison de la procession, il m’explique que tous reviennent d’Haridwar avec de l’eau du Gange, qui va être versée sur le lingam de leur temple.
Haridwar étant mon prochain arrêt, je prends ça comme un bon présage !

Delhi-Bienvenue !

Une heure du mat, le taxi me dépose à l’hotel recommandé dans tout les guides pour son sérieux et ses prix ; fatigué de ma nuit blanche à Charles de Gaulle et du trajet en avion, j’entre dans la chambre réservée à l’avance par internet, bien content de pouvoir poser mon sac et impatient de me vider un seau d’eau froide sur la tête ; je récupère la clé, et une fois seul, j’entre dans la salle de bains (que, dans ma grande et naive confiance, je n’ai pas vérifiée) pour découvrir de la merde partout, mais vraiment partout, et pas une goutte d’eau..j’éclate de rire, me voila revenu au niveau zéro du touriste en Inde, c’est ma faute, j’aurais du vérifier !

Haridwar- Small world
Une heure et demie de bus depuis Dehradun, en plein après midi, après avoir perdu subjectivement bien 10 litres de flotte, j’ai trop chaud…une seule envie en arrivant, trouver un hotel et aller me baigner direct ! Je pose mes bagages dans le cinquieme ou sixieme hotel, prend ma serviette, direction les ghats.. traversée du pont à Vishnou ghat, de l’autre coté je me trouve une petite place sur les marches, me désape et hop ! dans l’eau ! elle est fraiche, haute, et le courant très rapide ; je lache la barrière et me laisse porter par le Gange sur une centaine de metres, revient, recommence, ah que c’est bon ! et quel plaisir de retrouver cette ville et ce fleuve !

Puis, une fois sec, je reprends mon sac, m’aprete à partir, quand je vois, debout sur un banc, un vieux baba couvert de cendres, ses dreads touchant le sol, une belle barbe blanche, qui me fait signe ;
« Ananda ? »
« Bahut ananda ! »
Apres un petit moment de discussion, on se rend compte que l’on a une connaissance en commun, et à partir de là…je suis complètement pris en charge ; le baba m’envoie avec un de ses amis faire le tour des temples de la ville, je n’ai pas le droit de payer le rickshaw, ni même les quelques roupies d’offrandes dans les temples ; je découvre des ghats dont je n’aurais jamais soupçonné l’existence si j’avais été seul, des ghats privés et d’autres pour lesquels il faut prendre des petites ruelles très étroites, passer sous de petites voutes, pour enfin se retrouver dans un calme et une tranquillité qui contrastent avec l’agitation permanente de la ville..un régal

Manali blues
Manali, et un resto au niveau du pont qui mène à Old Manali dans lequel je vais prendre mon petit dèj…au bout de quelques minutes, la musique s’allume, Britney Spears
Manali, Hello my friend come in my shop, Manali “hello Saffran”,
Manali, continental food et expresso coffee,
Manali et les cernes sous les yeux d’israéliens hagards d’avoir trop fumé,
Manali et « good morning sir » à une heure de l’aprem,
Manali et toutes ces boutiques de fringues néo hippies,
Manali roof top resto,
Manali mini shorts/décolletés et « ho ces indiens ils sont teeeeellement gentils et souriants ! » - on est toujours gentil et souriant avec quelqu’un que l’on prend pour une grosse cochonne… (« mais tu sais, on est là pour faire évoluer les mentalités… » non, je sais pas, non..)
Manali
« no other bus to Leh »
“sure? And local bus?”
“local bus, yes, but…full of Indian people, you know…”
“so what?????”
Manali, si c’était pas pour aller à Leh…bon sang mais qu’est ce que je fous là!!!

Manali-Leh
Dans le bus (local), quelques français, quelques israéliens, espagnols et une argentine, des familles indiennes, et ladakhies ; un petit vieux qui fait tourner son moulin à prière en répetant des mantras, à chaque passage difficile ou d’aspect dangereux-ce qui fait qu’on ne peut pas oublier la route ; dès que je commence à m’assoupir, le fait d’entendre tout d’un coup le vieux marmonner me réveille instantanément et me pousse à regarder le ravin par la fenêtre..sa peur est communicative !
Quelques checkpoints et pauses chai au milieu de nulle part, dans des décors surnaturels.
Un bébé dans un hamac suspendu aux portes bagages ; à chaque virage ou secousse, le hamac balance dangereusement de droite à gauche, menaçant de cogner son contenu contre les barres métalliques ; un bras se lève de temps à autre pour retenir le hamac, il n’empeche qu’il se cogne plusieurs fois ; un dépassement à quelques millimètres du précipice, suivi d’applaudissements soulagés, qui reprendront dès l’arrivée à Leh ; de long passages sans goudron, des hauts plateaux (Sarchu…aaaah Sarchu !), des cheminées de fées immenses, à couper le souffle, des couleurs toujours changeantes
Une des plus belle route du monde

Pangong Tso – Le mystère des pigeons
Trois ans plus tot, par manque de temps, je n’étais resté qu’à Leh ; mais je revais de voir ce lac, plus haut et plus grand d’asie, à la frontière tibétaine ; cette fois, pas d’hésitations, je pars à la recherche du permis ; après plusieurs tentatives infructueuses (les agences rechignent parce que je suis seul, ou veulent me faire payer des 500, 600 roupies) et une fin de non-recevoir au DC office, je trouve enfin une agence malhonnete qui accepte de me mettre sur la meme liste que d’autres touristes-que je ne verrais jamais- pour 150.. j’apprends également que je peux éviter la jeep en prenant un bus local ; seul hic, il n’y en a un que le dimanche, retour le lundi..pas si grave
4h du mat, rejoindre la gare routière dans la nuit, les chiens barrent la route, tout fous et excités, mais je maitrise le coup de la pierre à présent (se baisser, faire mine de chopper une pierre, les chiens abandonnent)… 8 heures et un trajet magnifique plus tard-et un enlisement dans une rivière de fonte-, l’arrivée au lac…c’est tout simplement magique, je ne peux pas repartir le lendemain ! je ferais du stop
Il me faut ma journée pour balader le long de la rive, seul au monde, juste le bruit des vaguelettes, et tout le long des lagunes toutes différentes, qui retiennent l’eau et lui donne à chaque fois une couleur différente, des langues de sables, et au dessus du petit village, une stupa, des drapeaux de prières qui claquent au vent, quelques cranes de yaks et quelques cadavres de bouteilles aussi (whisky, bien sur, meme ici), des goélands, et…des pigeons ! bah m…. alors, faire autant de kilometres, monter aussi haut pour retrouver ces rats du ciel !
J’aurais la réponse à ce mystère ailleurs, dans la vallée de la Nubra, ou je rencontre un ornithologue qui m’explique : « c’est normal, le pigeon vient des himalayas au départ..c’est ceux d’Europe qui sont immigrés »
Pardonnez mon inculture !

Panamik- Clandestin
Après Diskit et Hunder, me voilà à Panamik, dans l’autre branche de la Nubra ; je décide d’aller jusqu’au pont qui mène au monastère, de l’autre coté du fleuve ; j’ai la journée devant moi, alors c’est parti pour la rando ! Seulement, en sortant de Panamik et en arrivant au niveau du pont, je m’arrete dans un petit magasin pour m’acheter mes clopes ; ici, un militaire en faction qui me demande ou je vais (les touristes n’ont pas le droit d’aller plus loin que Panamik) ; une fois le militaire rassuré, je repars..et je l’entends qui me coure apres ! « sir, show me your permit », bien sur, sans probleme..je n’avais pas fais attention au permis, j’ai demandé une semaine, cela ne fait que 5 jours que je suis là…et là, surprise ! mon permis s’arrete aujourdhui !
« you have to go back Leh »
Ben, pas de pont, et pas de balade alors; je quitte ma super guesthouse pour retourner sur Diskit, d’où, me dit-on, j’aurais plus de chance de stopper un camion ou une jeep (parce que forcément j’ai raté le bus)
Diskit, 17heure, apres moult refus et de longues heures d’attente, j’abandonne ; tant pis, je prendrais le bus demain, quitte à m’expliquer au checkpost avec des yeux larmoyants histoire d’attendrir les vilains militaires ; le lendemain, pas de bus, j’avais oublié : la route n’est ouverte qu’un jour sur deux, pour éviter les croisements dangereux au col …bon, encore un jour illégal à Diskit, si j’avais su je serais resté une nuit de plus à Panamik, bien plus sympa
Mais à Diskit, je rencontre 3 israéliens (des gentils) avec qui je joue ma place dans leur jeep au Jenga ; je gagne, une fois, le jeune veut rejouer, je regagne, et quitte avec eux Diskit le lendemain, plus riche de 75 roupies ! (ce sera mon seul jeu d’argent, faudrait pas que ça devienne une habitude)
Au check post, aucun contrôle, j’aurais bien pu rester 10 jours de plus

Sospol/Leh –Les abricots
Neuf heures du soir : je le jure, si le repas n’est pas servi bientôt, je me mets à dévorer les abricots qui sèchent sur le toit ! Je n’en peux plus !

La cause de mon épuisement est cette tentative de Baby Trek avec un couple de français ; nous sommes partis le matin de Likir, après la cérémonie dans le monastère ; confiants (aucune raison de ne pas l’être : nous avons une carte), nous prenons le petit chemin au départ du vieux village, puis rejoignons la route d’où nous prenons un premier raccourci qui descend jusqu’à la rivère ; de là, nous nous orientons grâce à la carte, décidons que nous sommes allés trop bas, et prenons ce que nous croyons être un raccourci en montant en ligne droite une grande pente caillouteuse/sableuse en face de nous ; en haut, pas de signe d’un quelconque chemin, mais on ne perd pas espoir et on continue, montons encore
après une heure, nous nous mettons d’accord : on s’est planté..mieux vaut revenir en arrière ; le couple redescend jusqu’à la rivière par une pente vertigineuse, que je ne me sens pas capable de prendre ; je fais donc un détour, qui me prendra une heure de plus, et toute l’énergie qu’il y avait dans mes jambes, parce que, quand on monte trois metres pour en redescendre deux, avec le sol qui cède sous chaque pas, la peur de tomber, un peu de vertige et le soleil qui cogne, ça vide..

Au moment ou je retrouve le couple, nous repartons par la route, en montant, mais tres vite je me rend compte que je ne peux pas les suivre : je m’arrête tout les dix mètres, essouflé, la tete qui tourne, envie de vomir..épuisé, je décide de faire demi tour, de descendre vers un village aperçu plus bas, mais meme en descente ça ne vas pas, il fait trop chaud, je m’allonge à l’ombre d’un gros rocher, me relève, répète l’opération cent mètres plus bas, puis, à ¼ d’heure du village, dans un état lamentable – plus d’eau depuis un moment- suis obligé de m’arreter dans une sorte d’école désaffectée pour attendre que le soleil tombe

Arrivé dans le village, je vois un hôpital, je m’y engouffre en espérant trouver un lit, un fauteuil, n’importe quoi, mais il n’y a personne. Je continue de descendre, trouve, ô miracle, une petite guesthouse, il est 19 heure, rien mangé depuis ce matin, et ces abricots qui sèchent sur le toit
Lendemain matin, prendre le minibus pour Leh, déjà bondé avec des gens qui dépassent de la porte ; bon, ce ne sera pas mon premier trajet sur un toit ! j’arrive en haut, déjà cinq gamins sont là, sans compter une dizaine de caisses, il faut se serreer, et bien s’accrocher ! le trajet se passe en chansons, hindies et ladakies, et quelques frissons quand le bus passe 300 mètres au dessus de l’Indus…puis un des gamins plonge la main dans une des caisses, et y chaparde des abricots, bien murs, juteux et sucrés à souhait, qu’il distribue à toute l’équipe du toit…un régal, et une grande réserve de sourires !

Leh- Changspa or not Changspa ?
Changspa, censément petit village tranquille qui prolonge Leh jusqu’à la Shanti stupa, blindé de touristes, de continental food, etc (cf Manali blues) ; sur les murs de l’école moravienne, les affiches de quelques enfants dans le cadre d’un projet appellé « go green », dont une montre Leh avant/après, avant, des champs, des forets, des enfants qui jouent…apres, des voitures, des hotels, les arbres coupés, et un couple de touriste, l’homme dessiné avec une casquette sur le coté et la clope au bec, la femme, blonde, avec un sac à shopping
Une autre affiche et un enfant face à un gros hote qui crie « no place to play !»
Et aussi « food we eat, not cement ! »
Outre le développement spectaculaire (mais un mauvais spectacle) de Changspa, la ville de Leh, du moins l’axe principal, est infernale ; ça pue l’essence, le bruit des motos est incessant, beaucoup de traffic, plus un arbre…merci l’aéroport qui a désenclavé cette région du monde et permis l’afflux massif de touristes et de marchandises !
D’où le dilemme, entre dormir dans Leh meme et avoir le bruit, ou dormir dans Changspa et avoir les falafels etles « chocolete crossants »…finalement, à partir de la mosquée, en s’enfoncant dans les ruelles du vieux Leh, il y a une super guesthouse tenue par une famille adorable, et meme si à 5 heure du mat les chants boudhistes me réveillent, et meme si, 10 minutes plus tard quand j’essaie de me rendormir, c’est au tour du muezzin de faire son show, c’est un endroit super et très calme le reste du temps

Leh- Krishna appelle
La veille de la fête de l’indépendance, dans les rues de la villes, je me fais inviter à boire une sorte de sirop par des indiens ultra souriants ; puis, vingt metres plus loin, la meme chose ; qu’est-ce qu’il se passe ? c’est l’anniversaire de Krishna, me répond-on…et effectivement, quelques heures plus tard un cortège rassemblant les quelques rares hindous de la ville traverse Leh, à grand coups de chants dévotionnels, de cris et de danses frénétiques…les visages sont souriants, exubérants, heureux, les prasads distribués à chaque coins de rue, et quelques occidentaux se joignent, au grand plaisir des hindous, aux danses..cela fait trois semaines que je suis au Ladakh, je prends ça comme un appel à retrouver l’Inde (parce que vraiment, le Ladakh est un pays à part); c’est décidé, je repars demain !

les plus:
Nebula Guesthouse, Panamik (Nubra Valley), de 150 a 300 rs la chambre, confortable, tres joli jardin et la famille est adorable

Old Ladakh Guesthouse, Leh: de 150 (dans la maison) a 300 (chambre tout en haut, vue panoramique sur le vieux Leh), charmante, de meme que la famille, et tres calme

Old Likir guesthouse, Likir, 250rs, petit dej et diner inclus, seulement deux chambres, situees sur le toit, assez grandes (trois lits) et tres confortables, de tres grandes fenetres ce qui laisse une vue fantastique sur les montagnes et la nourriture tout droit du jardin

Lala s cafe : dans le vieux Leh, un tout petit toit tres peu frequente, tres calme, et les deux soeurs sont en plus ravissantes

Manali Leh
: Bus local toutes les heures chaque matin jusqu a 11 heures, 100 rs jusqu a Keylong, 475 de Keylong a Leh depart 4 ; 30du mat, splendide

les moins
Namaskar hotel, Paharganj, Delhi: de la merde, plein partout, pas sympas du tout en plus de ca
et
Manali, Shiva s place: venir en Inde pour entendre du Britney Spears...quelle tristesse
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Thartampion

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Deuxième mois

Rebonjour
J'avais essayé de faire ça quand j'étais en Inde, et très vite, j'ai laissé tomber, autre chose à faire que d'aller sur internet, et puis je me disais, qui ça va interresser? Mais bon, maintenant que j'ai du temps, je vais essayer d'au moins mener ce projet à bien (ma spécialité: commencer des trucs sans jamais aller au bout); ça prendra le temps que ça prendra, mais j'écrirai des petits bouts de trucs sur ces superbes douze mois passés là bas
merci à tout ceux qui sont passés jeter un oeuil au cours de cette année, et merci à ceux qui liront ceci

Pang et le mystère des deux Kazakhs

Pourquoi faut-il que ces fichus bus partent toujours si tot le matin? Ce n'est pas de me lever qui pose problème, c'est de traverser le vieux Leh, sans un lampadaire, jusqu'à la station de bus..et d'affronter les meutes de chiens. J'ai une légère phobie-c'est à dire que je me paralyse complètement lorsqu'au bout de la rue j'entends un groupe de 5 ou 6 chiens beugler, je ne peux plus bouger, je ne sais pas quoi faire, j'avance prudemment..heureusement cette fois, en plus de la technique du faux lancer de cailloux, j'ai fait une provision de chapatis que je me mets à lancer hystériquement dans tout les sens pour me débarrasser de ces bestioles...ça marche, je rejoins la grande route et enfin la gare de bus..un départ plein de nostalgie (déjà!) pour ces si belles montagnes, et plein d'excitation à l'idée du voyage qui continue...

Dans le bus, un couple de français, un allemand qui dort par terre, un vieux berger que tout le monde veut mettre sur le toit à cause de l'odeur, quelques indiens..et sinon, c'est quasi vide. C'est le jour de la fête nationale, pas grand monde sur la route, ça va être un trajet moins fatiguant qu'à l'aller.
Arrivés à Pang (trois tentes-dhaba, un checkpost, un paysage rocailleux majestueux), deux personnes rejoignent le bus; une mère et sa fille, qui viennent du Kazakstan, en vacances..pourquoi montent-elles ici? Nous le saurons plus tard.
La route est comme à l'aller un véritable enchantement, gigantesques montagnes et plateaux, cheminées de fées aux allures de villes fortifiées, des nuages fantastiques, des pauses chai/beedees, et de discussions en roupillons éphémères, nous arrivons enfin à Keylong..malheureusement le village est plein à craquer, tout est complet partout, nous nous résignons à dormir dans la station de bus-pas grave, de toute façon celui que nous devons prendre pour Manali part à 4h du mat..
On va voir les deux kazak et leur proposons de rester avec nous, ce sera plus sur..

l'ambiance? Des indiens bourrés, partout, ça geule, ça se bastonne sévère à un moment, on se fait petits..et les deux nous racontent: elles étaient sur la oute pour Leh, quand leur chauffeur à fait un anévrisme..dont il est mort. Elles se sont retrouvées à Pang pour une déposition, et retournaient donc à Manali pour une seconde déposition, aupres de la police cette fois..pas de bol, vraiment.
Je sors mon césame, un jeu de Jenga que je trimballe partout (les règles sont simples, tout le monde peut jouer, ça crée du lien) et on enchaine les parties dans cette gare..jusqu'à ce qu'un de nous se rende compte que les deux ont disparues..panique, un indien nous dit qu'il les a vues partir avec un autre indien, bon, pourquoi pas..nous ne les reverronsjamais. Elles ont laissé leur couverture...on ne peut s'empecher d'envisager le pire, et le malaise s'installera jusqu'à l'arrivée.

Mandi, la petite Varanasi de l'Himachal

L'idée, c'était de casser le trajet Manali Haridwar par un arret, n'importe ou; j'avais entendu beaucoup de bien de Mandi, alors hop hop hop, c'est parti..après douze heures de bus, une petite crevaison, et le bus s'arrete un peu plus loin devant un garage; 3/4 d'heure de pause improvisée, un épi de mais grillé et deux trois discussions avec des étudiants plus tard, le bus repart...pour s'arreter 2 kilomètres plus loin, à..la gare de bus de Mandi! Bon sang si j'avais su je serais parti à pied! Le sourire jusqu'aux oreilles (bah oui, ça fait partie des trucs qui me font rire dans ce pays, pas un rire méprisant, juste un rire surpris d'être encore surpris) je descends...et rhalala que c'est chouette! Des temples, partout, en vieilles pierres, des petites ruelles, des ponts médiévaux, un gros Hanuman au bord de la rivière, une ambiance jeune, moderne et étudiante mélée aux odeurs et couleurs de l'Inde éternelle... Elle n'a pas volé son surnom!

Mandi, Tower game et passe-partout
En me baladant dans les petites rues, je passe devant un magasin de saris tenu par un sikh d'age moyen qui, lorsqu'il me voit, se précipite sur moi pour m'inviter à prendre le chai. Allez zou, c'est reparti! Il voulait discuter voyage, un négociant déjà parti en Thailande, Corée, Hong Kong, très heureux de pouvoir échanger ses impressions..au bout d'un moment, je sors mon jeu, et lorsque les règles sont comprises, il vide son présentoir de toutes les fringues qu'il y a dessus ("this is good game, i dont want to work") et nous voilà embarqués pour une heure de grande concentration..évidemment très vite l'attroupement habituel se forme, et chacun y va de son commentaire, de son conseil ou de ses encouragements.
Mon hote sera après ça aux petits soins, m'emmenant visiter le Gurudwara, puis le lac Rewalsar, à une heure de là (joli petit coin pour se reposer, très tranquille, plein de singes), et les différentes Aarti de différents temples..bref Mandi, un séjour très agréable, comme à la maison

Aarti
L'aarti est la prière du soir, prière du feu qui dissipe l'ignorance et les voiles de l'illusion, offrande quotidienne aux dieux locaux, et se pratique dans toute l'Inde (du Nord au moins, je ne sais pas pour le sud); soit dans les temples, soit devant les autels familiaux dans les maisons en possédant. Ce soir là à Mandi, après avoir fait le tour de tout les gardiens du temple_Ganesh, Hanuman, Durga aussi, tiens, et Kali_ devant le lingam central, un pretre commence à chanter avec son chandelier (je ne sais pas comment appeller ça autrement) qu'il fait tourner autour du lingam, puis autour de toutes les autres divinités; un homme sonne la cloche du temple à toute berzingue, pendant que des gamins tapent sur des tambours comme si leur vie en dépendait – ils me le pretent un moment, mais je leur rend vite, c'est leur boulot et ils en sont fiers_ et à la fin, le pretre distribue des laddus..
Exaltant, que l'on soit croyant ou pas, de voir une telle ferveur..ferveur qui se reproduit 5 minutes plus tard dans le temple d'à coté, puis à coté, puis..ça sonne de partout, et une odeur d'encens envahit les ruelles attenantes. Un régal. Après quelques jours comme ça, me voilà pret à quitter les montagnes pour de bon

Haridwar-de la bonne utilisation des musiques de film
Début septembre, je dois rejoindre une petite école associative à Dehradun, mais je veux avant retourner à Haridwar (et j'y retournerais encore bien des fois au cours du voyage) me baigner et aller visiter les deux déesses qui surplombent la ville. Me voilà en chemin, traversant le grand pont au dessus du Gnge, direction la colline d'en face, où le temple est perché, quand j'entends derrière moi des "hey angreeeeez!" et des rires moqueurs...bon, deux jeunes en week end/pelerinage, surexcités de voir un "anglais" bon sang, je vais pas me les taper jusqu'en haut quand même?
Après 5 minutes de moqueries, je me retourne brusquement et leur balance "arey yaar, mera nam angrez nehi hai" (je ne m'appelle pas "anglais")
Ah le regard ébahi qui a suivi valait tout l'or du monde
- alors comment tu t'appelle?
- pardesi (littéralement "pas du pays")
sur ce je me mets à leur chanter, avec un grand sourire,


, et là les rires, de moqueurs, sont passés à francs et ouverts, et j'ai gagné deux amis. Les chansons, futurs touristes en Inde, les chansons sont là clé de toutes les portes!
Nous avons fait la montée ensemble, pris tout les raccourcis, et fait le tour de tout les autels du temple. Attention toutefois quand vous vous faites des amis: il sera très dur ensuite de refuser ce qu'ils vous offriront..un jus ici, un chai là, puis un lassi, puis un thali...ils auraient pris comme une insulte le fait que je sorte ne serait-ce que dix roupettes pour trois clopes, et parfois il est plus dur de recevoir que de donner, je vous le garantis.

Haridwar et la claque du dieu singe

Dans ce temple que nous avons visités avec les deux potes, chacun avec notre sac-puja (des fleurs, une noix de coco, des rice krispies, des boules de sucre, un ruban imprimé d'une prière) il y avait des prêtres devant chaque statue, chacun attendant son offrande; moi je ne donne qu'à la déesse!
"mais si faut que tu viennes voir celui là, il est trop bien"
Celui là, c'est Hanuman, le serviteur dévoué de Rama, le dieu singe.. devant l'autel, un prêtre, et une file de petites vieilles qui font la queue pour aller donner dix ou vingt roupies et avoir la tikka et le bracelet qui va avec..et se prendre une énorme claque sur le dos! Bah oui, j'imagine qu'Hanuman étant aussi le dieu de la force physique, ça doit avoir du sens..je me prête au jeu, devant les petites vieilles pliées en deux par ma (fausse) réticence, me prend la claque sacrée, et mes deux potes m'emmènent alors devant l'autel suivant..à peu de choses prêt la même chose, si ce n'est que là le prêtre donne sa claque à l'aide d'une batte de cricket..alors là non, les gars!je veux bien tout le reste, mais là non! On redescend en rigolant, détendus et heureux..

La quête du meilleur samossa
C'est à Haridwar que cette quête s'est terminée...entamée six ans plus tot, j'en ai gouté des bons et des moins bons, dans des restos ou dans la rue..Quand on arrive en Inde pour la première fois, le samossa surprend: on est habitué en France aux samossas réunionnais ou chinois, dans les deux cas fins et croustillants; en Inde, le samossa est gros, rempli de patate, étouffant...mais là, à Haridwar, pas loin de Har ki Pauri se trouve le Graal de l'amateur de samossas: il faut y être vers trois ou quatre heure de l'aprèm, quand ils viennent juste d'être fait; en plus de la patate et des épices, il y a des noix de cajou, et du paneer, et des raisins secs, et une sauce tellement bonne qu'un seul ne peut pas suffire..le bonheur, je vous dis.

Les plus:
Les différentes Aarti dans les temples de pierres de Mandi, et le coté vieille ville médiévale
(incapable de me souvenir du nom de l’hôtel ou j'ai dormi, mais pour 300, double plus salle de bain, vue sur temple, nickel)
Haridwar, le Raj Hotel sur Vishnu Ghat, 250 roupettes avec salle de bain et vue directe sur le Gange, parfaitement placé en face d'un stand (DU stand) de pakodas

les moins: les indiens bourrés à Keylong
Thartampion

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je rajoute quelques tof pour aller avec tout ça, et la suite dans quelques jours
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Septembre

Un bidonville, comment ça marche?

Alors voilà, après ce mois et demi de balade, je rejoins la petite assoc' à Dehradun. J'étais assez critique sur le travail des ONG, sur la nécessité d'aller "aider" les pauvres du monde entier, je me disais "qui es-tu pour prétendre aller aider qui que ce soit, toi le gentil blanc?"
Puis, lors d'un précédent voyage en Inde, après 4 mois de rencontres fantastiques ou j'ai été vraiment considéré comme un invité dans ce pays, ou que j'aille tout m'était offert, je n'en pouvais plus. Je me disais "tu viens ici, tu te balades, tout va bien pour toi, on te donne tout, et toi, qu'est-ce que tu donnes?" Un grand sentiment d'indécence, vraiment..
J'ai pris la décision de donner en retour. Et je ne l'ai pas regretté, loin de là.

Dehradun, capitale de l'Uttarkhand (anciennement Uttaranchal, anciennement partie de l'Uttar Pradesh), grande ville étudiante, ne présente pas grand interet pour les touristes ci ce n'est les fanas de boudhisme tibétain -petite colonie, grande stupa- et pour visiter un ou deux temples et la belle mosquée de Taxil...mais c'est là que se trouve l'association.
Des centaines de familles ont quitté le Bihar au fil des années et des sécheresses, laissant tout (presque rien) derrière elles, à la recherche d'une vie meilleure dans un endroit plus chanceux..ce sont les enfants de ces familles dont l'asoc' s'occupe; il y a donc un professeur indien, pour leur apprendre l'hindi, et les bénévoles sont là pour l'anglais, les maths, et les jeux; l'objecti de départ était de mettre les enfants à niveau, de manière à ce qu'ils puissent intégrer une école normale; une fois l'école intégrée, l'action des bénévole consiste à les prendre en charge après l'école, pour les devoirs et des exercices.
Les conditions de boulot? pas facile... une famille riche du bidonville nous prete son parvis, qui donne sur la rue; pas de tables, pas de chaises, pas de toit (une toute petite salle pour les cours d'hindi) et quand il pleut, mousson oblige, c'est la catastrophe car il faut sauver les cahiers...les autres enfants du coin passent et repassent devant nous à longueur de journée, les mamans viennent voir ce qu'il se passe, bref, des conditions difficiles..mais on avance..

"Attends, attend, t'as dit une famille riche du bidonville?" C'est vrai, ça parait contradictoire, alors voilà comment ça se passe: au fur et à mesure que la ville s'agrandit, de nouveaux secteurs sont ouverts à la construction, un peu "à l'arrache", ces nouveaux secteurs sont appelés "colonies"; les premiers riches arrivent, les terrains coutent pas très chers..puis, comme en général ils préfèrent l'argent au jardinage, ils divisent leurs terrains en minuscules parcelles (9, 8, 6 metres carré) qu'ils louent aux pauvres qui affluent dans la ville, pour la modique somme de 6 à 700 roupies par mois.
Et c'est ça qui rend la situation étrange: voir des grandes baraques à colonnades, trois étages, toutes blanches, bordées de baraquements en toles ou briquettes premier prix, et ces classes sociales mélangées, les deux extrèmes réunis..

Le quartier: une zone assez large autour de la rivière-égout (un mince filet d'eau noire sentant l’œuf moisi et l'urine, les berges constituées de tas de déchets plastique) où les plus jeunes déambulent, un sac de toile noir de crasse à l'épaule, guettant ce qui est récupérable pour aller le revendre au poid au recycleur du coin ; une seule pompe à eau pour des centaines de personne, qui ne fonctionne que quelques heures par jour; des truies vautrées dans les petites allées du labyrinthe des petites ruelles, des chiens, de l'eau croupie, partout; et, de ci de là, une grande belle maison...

Bandhara
Samedi midi, nous avons fini les devoirs, le groupe des petits est déjà parti, au tour des grands..sur la route, je vois passer, l'un après l'autre, les petits de l'école, d'abord dans un sens, puis, dans l'autre sens un peu plus tard, mais les bras chargés de halva sur une feuille de bananier...je demande au plus grand, c'est un bandhara? il me regarde, sourit, se frotte le ventre et répond oui. Nous sommes trois bénévoles, on a bien travaillé aujourdhui, je me tourne vers la maitresse et demande si je peux y accompagner le grand avec on petit frère..chouette!
Un bandhara, c'est une offrande de nourriture faite par une famille à l'occasion d'un évènement spécial, soit un mariage, soit une fête religieuse particulière; en Inde offrir de la nourriture fait partie des devoirs sacrés de chaque hindou (et par extension des sikhs et jains aussi)..et effectivement un peu plus haut, devant le petit gurudwara, 50 à 60 personnes sont assises par terre, en ligne, et une famille sikh fait la distribution..il y a presque tout les enfants de l'école, surpris et morts de rire de me voir là, qui viennent me dire le nom de tout ce que je mange (ah oui, ils m'ont pas fait attendre, seul blanc, je suis la star et suis servi aussitot arrivé..ça me gene terriblement mais bon je ne bouderais mon plaisir qu'une minute), "puri", "sabjee', "dahi"..."chai, chai!" Jouons la surprise:)
Un moment chaleureux énorme, ou je soupçonne la famille sikh d'avoir essayé de me faire exploser, avec la complicité des enfants, qui insistaient, "prend encore, prend encore"...je retourne à l'école en titubant, les rires des enfants dans les oreilles.

Dans notre quartier

Nous logeons dans une autre "colony", à l'autre bout de la ville; même mélange de genre, grandes maisons/cabanes en briques/tôle; nous sommes dans une petite maison sympa, à deux pas du même genre de rivière (cf photo), et c'est un plaisir que de rester dans un endroit plus de quelques jours, dans un cadre "normal"; les voisins sont adorable, des cerfs volants jouent dans le ciel tout les soirs, les vaches font le tour des maisons le matin, en quête de leur roti quotidien; on peut voir les femmes sortir, un plateau à la main, distribuer leur pain, rentrer..routine du quotidien..la mosquée toute proche qui nous chante le réveil très tôt tout les matins, le recycleur qui passe en vélo, criant en anglais lorsqu'il passe à notre hauteur, "plastic bottles paper glass plaaaaaaaastic bottles!" un peu plus tard la charrette à légumes, "gobhi aloo brinjal piaaaaaaag"! et sa voix nasillarde (chou fleur, patates aubergine oignon) et ce mystère: toute les nuits, vers 11h ou minuit, on entend de loin en loin des coups de sifflets qui réveillent tout les chiens du quartier..

Nous ne découvrirons que plus tard ce que c'était; un matin un homme en vélo s'arrete devant le portail, demandant 20 roupies..après quelques palabres broken english/broken hindi, on finit par comprendre..c'est lui qui siffle! toutes les nuits, c'est le veilleur, il passe pour dire que tout va bien..nous lui donnons volontiers, s'il y a bien une chose que je ne ferais jamais, c'est aller exciter les chiens la nuit..je l'admire, et le trouve bien courageux, c'est pas son petit baton qui suffira si ces bestioles décident d'attaquer..

La vie suit son cours, préparation des exercices, aller faire les courses pour cuisiner chez notre petite vieille préférée_sur sa charrette, toute la journée; elle nous rajoute toujours une poignée de piments verts, plus que nous ne pouvons en manger_, papoter avec la voisine, qui parle bien anglais, faire rire les gamins de notre rue avec des salaam aleikum (ooh ! you speak hindi? no, it's arabic...no it's hindi..pourquoi pas:), et se laisser bercer par les musiques de temples le soir, chants de mosquée le matin..

la suite, plus tard, en espérant ne pas trop vous gonfler (m'en fiche je continuerais quand même)
photo 1: la rivière
photo 4: au portail de notre maison, des curieuses..remplacées aussitot par un groupe de minot turbulents...remplacés par une maman qui les chasse à grand cris..
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et je rajoute trois quatre photos en attendant la suite
la seconde : après le controle
la quatrième: une de nos visiteuse surprise, du clan répandu dans tout le pays des "porteuses de petit frère"
la cinquieme: les gens du bandhara, au moment du départ
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Voyeurisme?

Mi septembre. En arrivant ce matin là à l'école, nous n'y trouvons que la maitresse et deux des élèves. Elle nous explique, c'est un jour spécial, un festival de caste en l'honneur du dieu des outils que les familles des élèves utilisent, ces outils qui leur permettent de gagner leur vie; néanmoins, le responsable indien de l'assoc' ne veut pas que les petits prennent du retard, et nous a demandé de les récupérer..je demande aux deux qui sont là, "ils sont ou les autres? -home...you come?"
_"bilkul! (bien sur!)
et là elles se regardent, un sourire surpris aux lèvres, me prennent chacune par la main en riant et m'entrainent en bas de cette route qui mène au bidonville; et on va chercher les petits un par un, chez eux...en quelques minutes une foule de gosses surexcités nous courent autour, et mes deux guides, fières comme pas possible, les repoussent avec les cris que les adultes utilisent envers eux (ou envers les chiens aussi, d'ailleurs); pas le temps de m'arreter, elles me tirent, "là c'est Raja, là c'est Tanu" ; au fur et à mesure que je les réupère, les enfants de l'école se mettent en formation défensive autour de moi, de manière à repousser les surexcités..
Au détour d'une ruelle, tiens, voilà Rani, 8 ans, en train de faire la vaisselle dans le caniveau; quelques mettre plus loin, c'est le petit Ravi, qui défèque dans ce même caniveau, sous les exclamations de ses potes, lui même les larmes aux yeux de rire; les parents sont souriants, voudraient que je m'arrête, mais avec cette petite foule je n'ose pas, je dérange déjà trop..un peu plus loin un vieux baba m'arrête, me dit dans un très bon anglais qu'il peut lire mon avenir et qu'il voit des choses dont il doit me parler; une maman me fait discrètement le signe universel signifiant "il est fou", ce qui fait éclater de rire les gamins, qui lancent des "pagaal"à mon intention ("fou")
Je suis bouleversé..tout ces momes, leurs conditions de vie..c'est quelquechose que l'on voit tout les jours quand on balade dans ce pays, par la fenêtre d'un train ou d'un bus, dans une gare, au hasard de ruelles..on les voit forcément ces ramasseurs de plastique, ces mendiants, ces porteuses de petits frères..mais là, il y a un contact plus direct, et tout ce que j'en ai ressenti, c'est de la bienveillance; celle des parents, celle des vieux, et la joie de ceux de l'école qui veulent tout me montrer ("c'est là qu'on prend l'eau! c'est là les bonbons! ça c'est un cochon! ça c'est un chien!")
Et nous déboulons, toute la petite troupe, à l'école, comme si nous revenions d'une sortie à la mer, tous souriants et pleins d'énergie, prets à nous replonger dans les laborieuses tables de multiplication

Un peu plus tard, avec le responsable de l'assoc:
"tu sais, il faudrait éviter d'aller dans le bidonville..
- c'est dangereux?
- oui, mais aussi...tu sais, ça dérange, les gens n'ont pas l'habitude, alors tout le monde s'attroupe, ça perturbe le cours des choses, ça fait du bruit..
- oui, je comprends..je le referais plus..
- et puis tu sais, il y a autre chose..pour quelques parents, cette association n'est qu'un moyen de récupérer des sous pour leurs enfants..ils ne voient pas le travail que vous faites, ils vous voient venir, repartir au bout d'un certain temps, d'autres arrivent, repartent..certains disent du mal, pensent qu'il y a une part de voyeurisme..ils n'aiment pas cette intrusion"

bah merde alors..suis-je vraiment à ce point idiot pour ne pas avoir réalisé que ce n'était pas si anodin que ça? tout ce que j'ai vu, c'était des sourires, sans même imaginer la souffrance ou l'humiliation qu'il pouvait y avoir derrière (pas chez les enfant, ça c'est sur, mais chez les parents), et je me sens plus bas que terre..et quand le lendemain la grande Pooja me demande, après les cours, "you come?" les yeux pleins d'espoir, je suis obligé de lui dire, pas cette fois, désolé...et de lui redire le jour d'après, et après, et après...

aaaaah les bonnes intentions du petit blanc! bam dans les dents!
Thartampion

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Je continue?
Je continue.

La magique transformation d'une plainte.

10h00, départ pour l'école.
Comme chaque matin nous grimpons dans un rickshaw à l'arret, attendant que trois autres personnes viennent completer. Ici, pas de marchandage, nous connaissons les prix, 5 roupies par personnes à 6, trente tout seul, pour rejoindre le centre ville, et comme il y a toujours du mouvement nous sommes rapidement 6.
Arrivés à Tassil/Taxil (je ne sais toujours pas l'écrire), nous marchons un peu pour rejoindre l'arrêt du vikram qui nous amène à l'école, quand, voulant sortir ma sacoche de mon sac pour payer je me rends compte
1-que mon sac est ouvert
2-que je n'ai plus de sacoche!
Il n'y avait que 50 roupettes dedans, mais aussi ma carte bleue..et mon passeport.
La claque.
Je suis consterné.
J'ai déjà passé plus de 8 mois dans ce pays sans jamais utiliser de chaine ou de cadenas dans les hotels/trains /bus, jamais mis de ceinture high tech avec poche intérieure, je ne me suis jamais rien fait voler; j'en étais à dire à mes proches que je me sentais plus en sécurité à Delhi qu'à Marseille..j'imagine qu'il faut une première fois à tout. Et qu'il faut bien redescendre de son nuage de temps à autre.

Après une petite morale du responsable de l'assoc' (qui m'énerve pas mal parce que bon, le mec qui a fait ça a été super discret, je n'ai rien senti, et je ne vois pas comment j'aurais pu l'éviter), nous partons au commissariat.

Chaï, where you from, how you like India...
bon, d'accord, c'est plus cool que le commissariat de la canebière, mais j'aimerais bien porter plainte maintenant; devant l'attitude ultra révérencieuse de mon hôte, je décide qu'il ne vaut mieux pas montrer de signe d'énervement.
Une demi-heure plus tard, après avoir répété mon histoire dix fois, un gros gradé entre en scène, me tend un papier, et m'explique que j'ai perdu mon passeport, ce à quoi je proteste énergiquement en clamant haut et fort que non, on me l'a bien volé..
Là je vois le regard de l'accompagnateur, qui supplie silencieusement mon indignation (légitime) de se calmer; puis je me souviens d'une mésaventure avec la police d'Allahabad quelques années plus tôt et décide de signer le papier qui m'est présenté plutôt que de passer la journée au poste.
Mais quand même..grrr...

De retour à Delhi
Donc voilà, je panique complet..parce que quand même, j'avais prévu de rester un an, j'ai plus de passeport ni de visa, plus d'argent..je suis temporairement illégal. Heureusement on me prete des sous pour que je puisse aller à Delhi faire les démarches administratives.

Un conseil: Evitez, autant que faire se peut, de rejoindre Delhi en bus. Le trajet se déroule sans encombre, mais l'arrivée prend bien deux heures, deux heures d'embouteillages, de klaxons, de secousses, de fumée..et en plus le bus ne vous laisse pas à la gare de bus (d'ou il est facile de récupérer le métro), non, le bus vous largue sur une espèce de bretelle dans un décor chaotique d'autoroute et de zone...zonesque qui, après les 7 heures de trajet, ne vous incite pas à la bonne humeur. (c'était un bus d'état, je ne sais pas ce qu'il en est des bus privés)

Bref, après avoir cherché une demi heure, récolté mon lot quotidien de fausses informations, et finalement trouvé le métro, ("le métro a brulé....arey bahia, kya bolte tum? hey frangin qu'est ce que tu racontes?" grand sourire, et enfin la bonne direction) me voilà de retour à Paharganj, épuisé, stressé, avec un bon seau d'eau en tête.
Problème: aucun hotel n'accepte de me prendre sans pièce d'identité..retour au Namaskar, qui normalement devrait avoir une photocopie de mon passeport
Oui ils l'ont..parmi 500 autres papiers!
Après une heure de fouille, aidé par un des deux frères, enfin j'ai mon sésame pour une chambre, qu'ils me louent à crédit (je leur ai expliqué la situation et ils auraient très bien pu refuser) et je retire tout ce que j'ai dit dans mon premier post sur cet hotel. Ils sont sympas, serviables, compréhensifs, bref je les aime et je voudrais danser la samba avec eux.

Dans la ruelle, quelques attrape-touristes kashmiris sont au courant de la situation, et du coup ne me harcèlent plus (par contre c'est chaï obligatoire tout les jours) et s'enquièrent régulièrement de ma situation.

Oui, parce que récupérer un foutu passeport a été un long parcours, du principalement à la mauvaise volonté de ma préfecture d'origine-car les services de l'ambassade sont vraiment super, rien à dire de ce coté là- qui m'a pris dix jours, de nombreux allez retour jusqu'à Shanti path en bus, de nombreux égarements aussi-combien de fois ai-je pris le mauvais bus et me suis retrouvé à pèrpète sans la moindre idée de comment rentrer!

Dix jours donc, en post mousson (pleuvait encore pas mal) couronnés par l'achat, le 6ème jour, d'un pantalon à ma taille:
- combien vous faites?
- 36
- non, on va mesurer
-...
- voyez, j'avais raison, vous faites du 30
-...mmm..ok?

avec lequel je me retrouve perdu à l'autre bout de la ville, sous une pluie battante, à devoir traverser la route en courant car le tunnel piéton est inondé-de l'eau jusqu'à la taille- et au moment d'enjamber la barrière au milieu de la route, un grand craaaaaac-mon pantalon vient de me lacher.

Bordel...
Heureusement, trois jours plus tard, je récupère ce superbe passeport d'urgence vert qui me vaudra tant de regards étranges de la part de patrons de guest houses ("made in India..but you're french, no?"), passeport qui me permet de récupérer un virement western union et de repartir à Dehradun finir ce passage à l'école..la carte bleue arrivera à Didoune (c'est le surnom local: D-Doon) en toute sécurité, et bientôt, jusqu'à la fin des six premiers mois, ce ne sera plus qu'un mauvais souvenir..

Oooooh le FFRO!
Comment ne pas parler du FFRO!
Non, mieux vaut ne pas..
si parfois le contact avec l'administration indienne peut être horripilante pour le nouvel arrivant en Inde, que ce soit par le biais d'une Poste Officeuse obtuse ou d'un employé de gare particulièrement borné, le FFRO en est le paroxysme. Je ne connais pas mieux/pire.

Là, si vous n'êtes pas prévenus, vous pouvez sérieusement péter un plomb-mauvaise idée!

Surtout rester calme, yes sir, toujours, le calme et la politesse, et si on vous dit de revenir demain avec le papier manquant, même si on ne vous avait jamais signalé qu'il fallait le fichu papier, revenez demain! et si le lendemain on vous dit encore de repasser avec la photo, qu'on ne vous avait pas demandé la veille, et ce après grosso modo 4 heures d'attente, et bien baissez la tête, et répondez d'un yes sir poli!
et si le lendemain..bref. 4 jours pour refaire le visa, alors qu'au final il suffisait juste d'un coup de fil à l'aéroport.

Heureusement j'ai mis à profit ces 10 jours pour balader un peu, Old Delhi me plait beaucoup, la Jama Masjid est fantastique, et les petites ruelles..ben comme d'hab, ça perche un max. Le temps d'un chaï, posé, pour regarder passer trois vaches et faire rire des étudiants avec mes roulées, beedies par ci et re chaï et partout des bons sourires...rien à voir avec les smile de Paharganj (je généralise, il y a aussi de très beaux sourires..mais il faut plus de temps)

Troisième passage à Delhi, et pas le dernier..je repars (en train) avec quand même un certain soulagement à l'idée d'être autonome de nouveau

Sur la route de Delhi,
Il y a des cris, des pleurs, des "regarde" et la pluie,
Quelques vaches, des rizières, une femme en saree
Jaune et rouge écarlate, encore une fois l'incendie
brule mes yeux, brule mon coeur, et doucement irradie
une calme lueur qui clame une paix à tout prix
a toute heure
A toute heure il y a des crimes et des gamins qui sourient,
des bousculades, odeurs de merde et des "hello one rupee"
tout n'est pas toujours rose au pays de Gandhi
Et quand vient mon heure de prendre cette route je m'enfuis
cherchant de vertes cascades pour mon coeur démoli
Mais bien en vain je cours après de cruels paradis
qui jamais ne m'atteignent et toujours se défilent
ou que mes pas me mènent, il faut que j'y revienne,
Elle m'attire, que veux tu? je dois être maudit
Je reviendrais encore sur la route de Delhi.

rho l'autre hé y s'prend pour un pouet!
les photos sont pas top, par la suite y'en aura des mieux, si, si, je vous promet!
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Thartampion

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On arrive au mois d'octobre, il me reste encore 9 mois..va falloir raccourcir un peu.

Les neuf déesses
La fête de Navratri à Dehradun, des chars, partout, avec des sonos épuisantes et grésillantes, ces guirlandes de pétards qui claquent partout, ces fanfares qui trompettent à qui mieux mieux, sur le haut de Taxil les familles qui profitent de l'occasion pour offrir à leurs enfants des tournées de glaces et de halva, les jeunes qui dansent comme des dératés et ces couleurs kitshouilles qui comme d'hab recouvrent des statues énormes faites en...serait-ce du papier maché? ça m'en à tout l'air

Au quartier des gosses, j'emmène la petite Ranjina faire sa pooja devant un stand qui parait bien modeste en comparaison des fastes du centre ville, dans lequel une statue de Durga en carton et un brahmane qui officie, faisant la tikka à toute vitesse à une file de petites vieilles, une petite stéréo qui crache des "Jai mata di" en boucle, et le prêtre quand il me voit avec une Ranjina hilare, vient en souriant lui faire la bénédiction et tiens, moi aussi par là même occasion;

Dans notre quartier, le temple est rempli de femmes qui chantent tout l'après midi; je m'assois dans la cour intérieure, un petit moment pour écouter, un vieil homme arrive, le sourire du bon grand père sur le visage, et s'assied sans un mot à mes cotés, détendu et lui aussi à l'écoute; une jeune vient lui parler, sa petite fille, il me la présente puis l'envoie me chercher des laddus; il se lance ensuite dans une grande explication sur le fait qu'il faut absolument que j'aille voir un temple en dehors de la ville, et grace à lui je découvrirais Tapkeshwar..nous passons encore une bonne heure, dans cette ambiance de chants, d'odeurs d'encens et de visages avenants..les cloches d'aarti commencent à sonner..

Bom! et que vive la déesse!

Tower game

Comme je l'avais déjà dit, j'ai emmené un jeu avec moi, un Jenga..je ne joue pas de guitare ni de flute, ni ne sait suffisamment jongler, mais j'aime l'idée de partager quelque chose là ou je passe, alors à défaut d'un instrument, un jeu fit l'affaire!
Dans notre quartier, il y avait un modeste dhaba chez qui j'allais prendre mon chaï régulièrement et à l'occasion une assiette de chowmein (les prix, chers lecteurs invisibles: le chai à 3, le chowmein à 14);
Personne n'y parlait anglais, et mon broken hindi n'était pas suffisant pour de longues discussions, mais après deux ou trois jours je faisais partie des meubles, et me sentis assez à l'aise pour sortir le jeu...ça allait vite devenir notre petit rituel quotidien, après l'école, retour au quartier et chaï/tower game.
A tel point que le patron s'y est mis aussi, quitte à refuser des clients (tu vois pas que je joue? je suis concentré) quand la partie était trop avancée
Un jeu, c'est magique: ça crée des liens, ça anime, ça fait rire, crier, ça enthousiasme..j'ai adoré ces moments là, et ces jeunes à moto qui s'arretaient puis qui finalement revenaient chaque jour, chotu qui en profitait pour s'arrêter un peu de travailler, les conseils que se donnaient les joueurs pendant dix minutes sur la pertinence d'enlever telle ou telle pièce, et encore les rires..

Le parc
Samedi, c'est décidé, on amène les gamins au parc; ben oui quoi, il ne sortent jamais de leur quartier, alors pour une fois..trois vikrams viennent nous chercher à l'école, on s'entasse comme on peut, les gosses ont surexcités..pourtant vraiment pas de quoi casser trois pattes à un canard: un petit parc, deux balançoires trois toboggans et des manèges, quelque tristes animaux en cages (des oies, des paons et une panthère neurasthénique et squelettique)..
Mais c'est déjà Ailleurs.
Les chauffeurs de vikram sont morts de rire, ils mettent la musique à fond en voyant que ça fait danser les enfants, parlent avec eux dans la bonne humeur;
Devant chaque temple que nous croisons, les enfants se signent, en portant leur main à leur front..
et l'arrivée au parc..wahou, je ne les ai jamais vus autant surexcités et joyeux!
Pique nique fait de samossas et de bananes, interrompu pour notre plus grand bonheur par une attaque de singes qui provoque des hurlements chez les filles, crises de fous rires chez les gars, et regarde par là, et regarde ici, et pousse plus fort, on veut aller plus vite, encore encore encore!
C'était vraiment bon..

Départ
Je passerais sur les ruelles autour de la mosquée, sur le lassi de dingue de la rue de la viande (à défaut d'avoir retenu son nom), sur les jeunes barbiers pas loin de la maison, et d'autres à même la rue, sur le lait frais et les jus de fruits, sur l'agréable sensation d'être dans un nouveau chez moi et les petites habitudes qui s'installent, sur l'au revoir de la voisine ou les chansons à l'école...pour insister sur cet étrange sentiment de tristesse, non seulement à l'idée de les quitter mais aussi en me rendant compte que deux mois ne servent à rien..c'est deux ans, vingt ans, toute une vie qu'il faudrait rester, c'est toute une vie que je quitte, et je me pose à ce moment sans cesse la question de l'utilité et du sens, question qui finalement se dissipe quand je revois leurs sourires et que je repense à Pooja qui ferme les yeux quand je lui fait faire l'hélicoptère et les bagarres avec Beaju et finalement tout a toujours du sens, c'est toi qui choisis camarade.
Dans le rickshaw, deux jeunes musulmans me baptisent, je serais dorénavant Suhil, et j'ai un frisson en pensant à toute cette gentillesse qui s'est écoulée autour de moi durant ces deux mois et je pars bizarrement le coeur lourd et léger à la fois.
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Bien sur que tu continue.
A te lire.

Karpat
Thartampion

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merci Karpat pour le feedback:)
je continue alors.

Viré des ghats
Comme d'habitude, retrouver Haridwar est un vrai plaisir; sitôt arrivé, je pars à la recherche de Shivaraj Giri, le baba mentionné dans mon premier post, et qui avait fait de mon premier passage un moment fantastique; traversée du pont, balade au bord de l'eau, un arrêt à la statue d'Hanuman sous un banian pour en récupérer un peu de peinture rouge histoire de me tikka-iser, et j'approche de son grand arbre et de sa duna (la tente)..je ne le vois nulle part, mais un groupe de 4 à 5 jeunes babas m'acceuillent
- Il est pas la, Shivaraj?
- non, mais nous sommes ses chelas (disciples), welcome!
- il y a des chances de le recroiser plus tard?
- noooooon....c'est un mauvais baba -et là je vous le fait en anglais, c'est plus marrant;
- this baba no good, this baba fucking fucking with tourist girl, so a lot fighting fighting, not allowed Haridwar, this fucking fucking no good

Ah ben mince alors, surprise, c'est un homme comme les autres! Je joue le choc, mais je retiens un sourire en coin..
ça me rappelle ce qu'un brahmane m'avait dit un jour à Ahmedabad: je lui racontais ma surprise devant ces espèces de grelots que j'avais vus attachés au service trois pièces d'un jeune naga de 17 balais, et il m'avait répondu..."you know, what naga baba can do..they can undo"

Toujours est-il qu'en tout cas, il s'est fait virer, (mais absolument pas pour la raison indiquée-je ne saurais la vérité que plus tard) et je n'aurais pas la chance de passer un moment avec lui; mais ses chelas sont sympas comme tout, le chaï est là, et il est toujours possible de laisser mon sac pour aller me baigner en paix dans cette adorable déesse, alors hey, la vie est douce..

Munni, la loi du silence
Je repasse voir les chelas après l'aarti sur Har ki Pauri, et avec eux se trouve un baba blanc, qu'il me semble reconnaitre; je l'avais croisé 6 ans auparavant sur les ghats de Rishikesh, un suisse-allemand qui était fier de montrer sa photo parue dans un journal indien; lui et son groupe nous (j'étais accompagné) avait invité à manger et à dormir et on avait passé un moment très agréable à parler de tout et de rien; n'étant pas sur, je m'approche, m'incline en lui touchant le genou, reçoit la bénédiction puis m'assied.
- tu viens d'ou?
-...
Voyant qu'il ne souhaite pas répondre (et comme je le comprends: ce sont les questions les plus fatigantes en voyage, à tel point qu'on en arrive à répondre n'importe quoi tellement ça n'a pas de sens..et peu d'interet) je tente, en hindi,
- tu viens d'ici?
Il sourit, dodeline de la tête, fait tourner le shilom
Un autre baba m'interpelle, et me fait comprendre par geste que ce baba là ne parle pas.

C'est un muni, c'est à dire qu'il a fait voeu de silence..mais si vous voyiez son regard!
Plus expressif, je ne connais pas. Une grande douceur émane de chacun de ses gestes, assis en lotus, le dos droit, le regard qui porte au loin..Ne pas parler pour ne pas faire de mal, conscient que chaque parole que l'on émet peut être mal reçue, peut perturber, déranger, agresser..et donc générer du mauvais karma; peut être aussi par conscience de la futilité de prendre part à une discussion qui finalement n'est que maya? que les choses les plus simples ne nécessitent aucunes paroles? ou simplement par pénitence..

En tout cas je suis bluffé, d'autant plus qu'arrive un collègue à lui, indien cette fois, muni également, et qu'à eux deux leurs regards me racontent tant de choses.
J'idéalise, ou je flatte mon penchant au romantisme, peut être. N'empêche. z'étaient beaux.
Le lendemain, après avoir apporté la dakshina (quelques fruits et paquets de gold flakes), il m'écrit un nom sur un bout de papier : Neelkant giri..Neelkanth, la gorge de Shiva imbibée de poison après qu'il ait sauvé le monde de la catastrophe en buvant la mer entière et en la filtrant, ça fait sens. Neelkanth que j'irais visiter pendant la kumbh mela quelques mois plus tard.

Cache le jeu!
Un ami d'une amie, médecin à la retraite parlant super bien anglais, m'emmène balader vers Mayadevi (un temple au milieu de la ville); j'aime passer du temps avec ce vieil homme car il raconte tellement bien les histoires d'Haridwar, et il est tellement enthousiaste sur le Gange, que quand il en parle on sent que ce n'est pas un fleuve, c'est une déesse. "Ganga is not polluted..how can you pollute a goddess?"
Il me montre l'endroit ou se tiendra le campement de la Juna akhara, l'akhara des naga babas durant la kumbh mela; puis, il m'emmène voir des amis; nous descendons trois marches et nous retrouvons dans une petite cave inondée d'encens dans laquelle deux vieux pandits sont en train de jouer aux échecs tandis qu'un troisième lit tranquillement le journal.
Leur boulot? tenir les registres de certaines familles, consigner quand qui est venu faire le pelerinage, et donner la bénédiction; manifestement nous sommes en heures creuses!
Je sors mon jeu, et aussitôt une partie houleuse s'engage; houleuse car celui qui lisait le journal se mèle de chaque décision de ses collègues, ce qui les énerve au plus haut point; ils donnent l'impression de se disputer continuellement (mais les indiens parlent toujours fort, et de manière théatrale; on s'habitue) quand soudain, on entend une cloche sonner et tous m'ordonnent, en panique, de vite cacher le jeu!
On pousse toutes les pièces sous le lit, je m'assieds vite dessus, on me demande de garder le silence..une famille arrive. Très surprise de me voir là. Génés aussi, peut être même énervés. Les hommes viennent de se faire raser la tête, les pandits sortent des registres énormes dont le papier donne l'impression de dater du siècle dernier, et pendant un quart d'heures des questions sont posées à la famille, de manière ultra solennelle, d'ou vous venez, quel est votre nom, qui est votre père, etc..

A moitié géné, à moitiè envahi par un fou rire, quand ils partent je fais mine de repartir, mais un des trois vieux me retient par la manche: "on a pas fini le building game"...gros sourire, et nous voilas repartis

Le ghat aux vaches
Avant d'arriver sur Har ki Pauri, il y a cette petite place, remplie de vaches, toujours animée, Kusha ghat; les pèlerins y viennent pour se faire raser la tête et aussi (et surtout) pour venir y nourrir les vaches; il y a donc forcément un métier qui va avec, c'est vendeur d'herbe (kusha) pour vaches; 5 roupies et voilà une mini botte de foin, que l'on va respectueusement proposer à des vaches si bien nourries qu'il leur arrive de dédaigner votre offrande pour simplement entamer leur sieste digestive; des gamins jouent au cricket, perdent leur balle dans l'eau; des indiens de bonne famille font la grimace quand les odeurs d'urine et de bouse leur agressent le nez; des petits vieux en kurta, beedie au bec, rasent à la chaine, de la musique tirée des vidéos cd de la ville est crachotée par les quelques boutiques de bibelots religieux, le chaï wallah ne s'arrête jamais, le paan wallah plie ses feuilles, la bouche d'un rouge écarlate, il y a tant à voir que j'y passe toujours une petite heure..un régal.

et le soir...après l'aarti, un des brahmanes vendeur d'herbe et quelques uns de ses amis s'installent sur le ghat à proprement parler, harmonium, petites cymbales, et tambours, et au milieu des chiloms qui bien évidemment tournent sans interruption des bhajans se laissent chanter pendant une heure ou deux, les voix d'une vingtaine de personnes se mèlent pour louer Ram, Shiva ou Durga, quelques frissons..

Quelques frissons
Un soir, je retrouve le brahmane du ghat aux vaches plus quelques amis sur un ghat privé, réservé aux fidèles d'un baba mort il y a bien longtemps mais dont l'ashram continue d'attirer beaucoup de pèlerins; il fait nuit, de la nourriture est distribuée, ça chante doucement, des conversations s'entament de part et d'autres, il y a une mixité sociale interressante, brahmanes, chauffeurs de rickshaws, barbiers..tout se passe agréablement bien, je suis assis au bord de la déesse, elle coule et son clapotis m'apaise et me laisse songeur...quand un des convives s'approche et commence à me parler:

- si tu meurs, combien de temps crois tu que tes parents vont pleurer? combien de temps crois tu que tes amis vont pleurer? oui ils pleureront, mais ça ne les empechera pas de refaire la fête quelques jours après..quelle importance la famille! regarde...c'est Ganga...il y a a boire, à manger, et Ganga..de quoi as-tu besoin d'autre?

Il ne sait pas à quel point ce qu'il dit me touche..il me le dit pile au moment ou je commencais à me faire la même reflexion..c'est beau, c'est simple, et je voudrais à ce moment me laisser emporter, d'une force! il y a dans ce pays une étrange manière que la vie a de faire écho à un ressenti ou un état d'esprit, des signes, des indices, des pistes...et c'est le début d'un léger pétage de plomb, qui commence tout en douceur et me poussera en quelques semaines à un flip total-mais heureusement passager.
Images attachées:

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J'y serai en mars prochain. L'hiver va être long.
Merci et la suite quand tu veux.
Parvat

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Je fais une petite pause, je suis arrivée à "bidonville comment ca marche", petite la pause, car j'adore!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Merci!!!!! Cool
Thartampion

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Merci à toi de passer par là:)
J'en ai encore beaucoup à dire, mais ça prendra du temps..tranquille, tranquilleClin d'oeil
Thartampion

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ça arrivera plus vite que tu ne le penses:)
merci de ton passage et bientot la suite
Parvat

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La pause est finie et, juste une critique...
L'est trop court ton récit! Cool
Encore!Gêné
Carmensita

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Super ton récit Thartampion!
J'attends la suite avec impatience.
Tu nous dira la raison réelle pour laquelle Shivaraj Giri s'était fait virer?
J'ai eu le plaisir de le rencontrer pendant la Khumb mela. Un sacré personnage!
Thartampion

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Merci carmensita, oui tu auras le fin mot de l'histoire, mais plus tard..

Parvat, tu dois déjà être repartie, mais merci de ton passage..trop court, d'acc, je vais rallonger, c'était prévu:)

Debout!
Réveillé avec cette sensation de "premier jour du reste de ma vie"..
Chaque jour devrait être perçu comme ça!
Un grand vent balayait Laxman Julla, frais, encore dans l'ombre, et de nouveau ce sentiment enfoui sous l'habitude d'être resté trop longtemps au même endroit, sentiment d'être loin, perdu, avec tout un pays à découvrir...sentiment de première fois, et l'Inde est et reste encore ma première fois.
Tout est neuf aujourd'hui; les temples, le gange, les charrettes, les femmes, tout est neuf, tout m'émerveille, je suis loin, très loin de chez moi, sans racines et flotte dans le vent.
Avant Dehradun, l'école était ma destination. Maintenant que j'en suis parti il ne me reste plus que des directions. Je ne sais pas encore ou je vais demain, et cela remplit mon coeur de joie..Gangotri? Varanasi? Un bout dans le sud?
De nouveaux rivages, un horizon renouvelé constamment, un sourire qui allume le mien
Un coeur léger, partout ou aller, des routes, bonnes ou mauvaises, seulement l'instinct et l'envie, terrifiante liberté qui me saoule en ce premier jour et m'émerveille, encore et encore.
Rester assis, voir la vie..
Et aimer.

Juste une phrase
Une simple phrase au dos d'un bouquin a suffi à me replonger dans une espèce de hiérophanie béate:
"Life is a gift. It has been given to you for no reason at all" [proverbe Baul]
18h00, Aarti de Ram Jullah; cette phrase en tête, je replonge dans le Mystère. A quel point le son d'une simple cloche peut nous faire voyager? Ce son de cloche évoque pour moi la concentration du moine zen dans "


"
et bientot je me sens complètement emporté, léger comme l'air.
Face à moi, les ghats, toujours cette belle déesse Ganga, la statue de Shiva, et le coucher de soleil, soleil qui nous apporte la vie, qui bientôt nous quitte pour revenir le lendemain, éternel mystère de la création; et bientôt les chants commencent, et c'est la tête emplie de ces naives considérations pseudo-spirituelles, et d'admiration devant l'acte tout simple de faire offrande de chants et de prières à une rivière que je frissonne à chaque contre chant, célébration de la vie, c'est beau, nom d'un pingouin, c'est beau, et j'oublie le monde, il y a juste ces chants, les cloches, la nuit qui tombe, le bruit de l'eau qui coule; réconciliation avec tout, des millions d'idées qui me traversent, sur fond de "life is a gift. it has been given for no reason at all", si ça c'est pas un motif de réjouissance!

Tu crois en Dieu
- De toute façon moi je crois pas en Dieu, alors..
- Peut-être. Peut-être que vraiment tu ne crois pas en dieu. Mais peut-être que dieu est un mot derrière lequel tu mets tant de chose, tant de concepts hérités de ta culture occidentale ou de ton éducation que "dieu" ne peut que te rebuter; peut-être que derrière dieu tu mets un bonhomme à barba blanche, vengeur, et qui contrôle tout depuis le ciel, peut-être que derrière dieu tu mets quelque force qui dirige la vie des hommes, peut-être que tu y rajoutes l'oppression des femmes, le martyre, les croisades, tout le sang versé, peut être aussi que tu y rajoutes des organisations politiques, le Vatican, le Jihad.. "Dieu" est un mot usé jusqu'à la corde, plus capable de toucher nos consciences, peut être qu'on y ajoute bien trop de nos imaginaires malades et avides de pouvoir, qu'on y met des histoires pour enfants, et cet absurde nous rebute..
Mais, pas besoin de miracles, de marcheurs d'eau ou d'archers fantastiques, de guérisseurs et de lévitationneurs..Tu te dit athée. Soit.
Pourquoi pas. Mais s'il suffisait de remplacer le mot "dieu" par "vie", ou mieux, par "mystère"?
- mmm..ça pourrait...Je crois en la vie, au mystère de la vie; pas besoin de barbe blanche, pas besoin de religion bien précise : je crois juste au mystère de la vie, à la phénoménale diversité de l'expérience humaine, et à la grande complexité et hasard qui a permis de réunir sur cette planète les conditions nécessaires à l'apparition de la consience; je crois que chaque édifice religieux est un marqueur, un signe de la volonté des hommes de comprendre et un hommage à tout ce que nous ne comprenons pas;
Je crois aux mystères de plus en plus improbables que dévoile la physique quantique, et je crois que ce mystère s'épaissit; je crois que chaque temple, chaque mosquée, chaque église, chaque stupa est le signe du mouvement de la conscience d'elle même vers elle même, et par conséquent m'incline devant eux; je crois que si la vie est un tel mystère c'est pour que nous allions à sa rencontre, je ne crois en rien, et en tout, je crois que l'univers est fractal, de même que la conscience, je crois que la conscience est l'univers est la conscience, que la matière n'existr pas...
Je crois que la terre est un squelette, la biomasse un corps et la somme de toute les consciences un seul esprit; je crois qu'il y a des milliards de réalités, qu'aucune interprétation n'est correcte mais que toutes sont vraies, je crois à la coproduction interdépendante, à dieu, au diable, à l'enfer, au paradis, et rien de tout cela; je crois en la Perle Blanche et au village du bout du temps, et à la rivière d'or..
- bé alors en fin de compte, t'es pas athée..
- faut croire que non..

This dirty area
Balade matinale le long des ghats, direction ou destination? ma direction était Rishikesh, mais hop hop hop, petite ruelle sur la gauche qui me conduit à de nouveaux ghats, j'y croise ma vendeuse de prières, toujours souriante, ça fait toujours plaisir, puis clope partagée au bord de l'eau avec un étudiant (j'adore..l'anglais scolaire des étudiants indiens me déstabilise parfois, mais je le comprends mieux que l'anglais des irlandais ou des australiens).. reprise de la marche, découverte d'un autre ghat, duquel une langue de sable court jusqu'au milieu du fleuve, vision fantastique de marcheurs d'eau; puis je remonte les marches, et, tiens, je reconnais ces petites ruelles aux maisons basses, dont les peintures à la chaux peinent à couvrir le fait que de simples briquettes bon marché les composent, rivières-égouts, terrains vagues, plastiques, porcs chèvres vaches...autant de signes indiquant la proximité d'une boucle-bidonville de la grande fractale; un vieux ravi de parler anglais m'intercepte, pour me signaler, face à l'évidence, "this way, dirty dirty area"
Je sais bien, chacha, je sais bien, mais j'ai pas peur.
Et hop! un petit tour tout indiqué vers cette notion de "poverty porn"

Poverty porn
("porno de la pauvreté", expression employée par la superstar de Bollywood Amitabh Bachan à propos du film "slumdog millionnaire")
Des questions que je me pose ce jour là, suite à ce passage improbable dans ce bidonville de Rishikesh; je me dis qu'il y a peut être une espèce de coté malsain à marcher dans un bidonville, une sorte de fascination morbide, un voyeurisme déplacé..mais l'humanité est faite de multiples composantes, la misère et la pauvreté en sont une, et qui plus est, une des composantes principales au regard de cette seule donnée: aujourd'hui, une personne sur 6 vit en bidonville

Un milliard d'humains, c'est pas rien quand même...
alors quoi? je devrais fermer les yeux et ne regarder que cette Inde "parfaite" que veulent nous vendre les plus riches du pays, cette "plus grande démocratie du monde" qui oublie si facilement ses opérations militaires et paramilitaires contre de simples paysans en Assam, Andhra Pradesh, Bengale, Madhya et autres au service des interets des multinationales; cette Inde si parfaite que les pauvres y sont considérés comme quantité négligeable (et méprisable) par les indiens de haute caste que vous pourrez rencontrer sur votre chemin? je devrais passer mon chemin, et ne surtout pas aller plus loin que mon parc à touriste avec coca et crèpe à la banane, acheter mon bouquin d'analyse new age des upanishads et écouter tranquillement budha bar en sirotant un jus de fruits?

De la même façon que les plus pauvres sont fascinés par la richesse, se peut-il qu'en tant que "riche" (je gagne difficilement 1000 euros en france, mais bon..vous m'avez compris) je sois à l'inverse fasciné par la pauvreté..pourquoi pas?
La conscience, pour s'agrandir, doit ouvrir toutes les portes et si l'aventure humaine doit réussir c'est en ayant conscience de ses problèmes et de sa diversité.

"poverty porn" implique qu'il est sale de regarder, ou de représenter la misère, c'est même de l'ordre du péché; quant à moi je pense que c'est plutot le contraire : les riches qui s'aveuglent et ne veulent pas voir la réalité, ça c'est malsain, et je trouve beaucoup plus pornographique les émissions constantes sur le mode de vie des riches, de la jet-set, les publicité, films et séries qui valorisent un certain mode de vie faisant l'apologie de la richesse que la mise en lumière de la pauvreté...
J'ai aimé me balader dans le bidonville de Kanwali road, pas pour les déchets, pas pour l'eau stagnante, mais pour la beauté qui en sort, comme le lotus est indissociable de la boue...et les sourires, et la gentillesse, et l'impression de prendre contact avec une autre partie de moi-même..

* **

Et il y a toutes ces choses, ces impressions passagères, ces moments de beauté fugitive; la beauté d'un saree flamboyant qui apparait dans une ruelle assombrie par l'orage qui guette, la beauté d'un mur de briques recouvert de mousse, d'un échange de sourire, d'un mouvement de tête, d'un chant dévotionnel dans le silence d'une impasse, d'un cerf volant qui cascade, d'un jeune qui aide un vieux, plein de pépites, de trésors.
A force de voir tant de merde, et de misère, les yeux se font plus attentifs et se rendent plus vite compte des raisons inépuisables de se réjouir..ces trente gamins hier autour de moi, hurlant, cauchemar..les adultes les dispersent, ouf, puis "hello?" mes deux chouchous de la rue, les sourcils se défroncent...

(ps: j'ai bien conscience que tout cela tient plus de l'introspection que du carnet de voyage, et je m'en excuse..mais c'est l'état d'esprit dans lequel je me trouvais sur le moment, et je voulais le retranscrire tel quel..puis de toute façon je fais ce que je veux!; je me rends bien compte aussi que tout ce qui est dit ici peut paraitre à la fois naif, choquant/stupide ou idéaliste..mais c'est moi. On grandit tous, hein, mais faut le temps)

à suivre: diwali à Varanasi et plongée dans ce village décrit par certains comme "the real stuff of india"
Carmensita

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Nom d'un pingouin! Ton texte est beau!
J'aime ta façon de partager tes perceptions et tes émotions et me sens très proche de ton ressenti.
Belle introspection dont tu as nullement à t'excuser, bien au contraire, et ma foi, je trouve que pour ton age tu es déjà bien grand!
Thartampion

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ça y est, je rougis..la suite ce weekend.

d'ici là, je laisse un lien vers mes photos préférées prises pendant cette année
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Superbe
A te lire.
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