Petite virée dans le centre de la Mongolie (page 1 de 3)

Discussion démarrée par Leflâneur le 8 février 2017 à 14:33
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Leflâneur

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Voici un récit écrit à plusieurs mains d’après les notes prises par deux participantes et moi-même lors d’une virée mongole.
Le début n’ayant aucun intérêt à être présenté ici, le carnet commence à l’aéroport de Pékin.

Nous y mesurons à sa juste valeur le sérieux – et peut-être aussi un peu le zèle - des services douaniers chinois qui nous autorisent enfin à franchir la zone du contrôle des bagages, non sans avoir minutieusement vidé, vérifié, retourné en tous sens nos petits sacs à dos de cabine, fait étudier longuement par l’autorité suprême les filtres de cigarettes, reniflé tabac à rouler et piqué au passage 7 briquets et un tube de Dexeril, sous l’œil médusé et noir de Véro.

Vue du ciel, Oulan-Bator se laisse approcher avec quelques yourtes puis une série de toits rouges, verts, bleus... suivent de tristes immeubles agricoles et très vite, presque en rase campagne, se dessine la piste (presque) goudronnée de Ghengis Khan, où nous sommes accueillis par deux hélicos en tenue léopard...

Les contrôles sont simplifiés au regard des tatillons voisins chinois et nous avons une pensée émue pour le petit gars au comptoir de Lyon qui a permis l’arrivée jusqu’ici et sans problème, de tous nos bagages.

Nous sommes reçus par Amgalan le responsable de l’agence et Bayna notre guide. Ils nous accompagnent jusqu’à l’hôtel. La route est plutôt défoncée mais ne semble en rien gêner Amgalan et sa conduite sportive.

L’architecture, marquée par le «protectorat russe» n’est pas vraiment sexy. C’est pas mal daté, déglingué, poussiéreux, en bref peu engageant. Le centre ne vaut guère mieux, en plus prétentieux. Bâtiments officiels lourdauds rivalisent avec quelques rares envolées contemporaines qui font un curieux mélange face aux récents hôtels de luxe et aux vestiges pompeux de l’ère soviétique mâtinée de relents chinois.

L’hôtel a l’avantage d’être central et après une douche réconfortante nous passons faire un peu de change. Alourdis de plusieurs dizaines de billets et avec le sentiment d’être riches (1000 Tugruts = 0,60€) nous allons déjeuner.

Dire que le pays est végétarien serait faire une grave insulte aux traditions d’élevage et au lobby qui s’en suit. Aussi c’est de la viande, qui bouillie, qui grillée, qui mitonnée en ragoût qui déborde de nos assiettes au grand désespoir de notre quasi-végétarienne Marie-Paule.

Notre premier repas mongol est arrosé d’un premier orage. Ça souffle de la poussière partout avant de tomber dru et serré. De la terrasse où nous dominons un carrefour, nous pouvons constater que la fameuse conduite locale et sportive a ses limites, certains passent, d’autres pas, mais les deux violents coups de freins, crissements de pneus et bruits de tôle froissée ne troubleront notre déjeuner que le temps de se marrer devant l’engueulade des deux chauffeurs se rejetant mutuellement les tords.

Bayna qui nous accompagnera durant notre périple est plutôt sympa. Son français appris par Internet nous impressionne pas mal et permet à ce journaliste musical de mettre un plus de beurre de yack dans son thé salé pendant la saison touristique.

Après une petite sieste nous nous aventurons en free lance dans la ville, quelque peu désorientés par l’écriture cyrillique qui ne facilite pas la lecture des plans.


Re-bourrasque nous en profitons pour une virée cartes postales, une excellente bière mongole et… une non moins excellente pizza (Si si c’est une italienne qui le dit !!!) dans ce qui semble être un des hauts lieux de rencontre de la jeunesse dorée d'Oulan-Bator.

La capitale by night ne nous livre guère ses secrets, juste une vue plus voilée de son manque d’harmonie. Sur la place principale, nous sommes invités à participer à un petit flash mob de danse occidentalisée avec, en clôture une lambada très chaloupée qui laissera de marbre le Ghengis local.


A nouveau l’orage menace. Retour au triple galop à l’hôtel pour une nuit rythmée par la boite de night voisine.

Sans les 20 heures de voyage et le rhum arrangé vanille et café bourbon façon José, certaines auraient, sans doute eu du mal à trouver Morphée.

Vendredi
Où nous découvrons Adia, notre chauffeur et son véhicule, dont la dimension trapue nous inquiète vu le nombre de passagers et de bagages. Mais c’est fou ce que l’on arrive à caser dans une ambulance de l’armée russe réformée. Et hop en route, ma poule.

La banlieue Ouest sous la pluie est encore plus sinistre et embouteillée que la route de l’aéroport. Petite halte pour bon nombre de bidons d’eau minérale, jus de houblon et diverses provisions dans une épicerie-lingerie-quincaillerie.

Des produits français s’alignent en masse, dont de la moutarde, évidemment dijonnaise et un St Emilion bien égaré à côté des mètres linéaires de vodka.

La pluie nous accompagne toujours et nous déjeunons dans une petite maison, résidence d’hiver tristounette d’Adia notre chauffeur, à peine égayée au mur par un morin khuur, la traditionnelle viole à deux cordes ornée d’une tête de cheval.
Premier contact avec les toilettes locales au bout de l’enclos, système ingénieux bien que jugé spartiate par certaines européennes habituées au luxe de l’eau courante.

La campagne se révèle beaucoup plus accueillante sous le soleil qui daigne enfin se montrer, et les premiers troupeaux de courtes pattes et de fiers chevaux en liberté nous remontent sérieusement le moral mis à mal jusque là par la météo locale.


A Lün, premier vrai centre situé à plus de 150 kms d’Oulan Bator, nous assistons à notre premier Naadam. Cette fête nationale populaire, nous offre un spectacle des plus dépaysant, encore qu’à voir l’insistance avec laquelle nous sommes dévisagés par certains autochtones on se demande ce qui est le plus remarquable.


Une concentration de Mongols en habits traditionnels, gueules burinées, deels et bottes du dimanche, aussi typiques que colorés sont réunis, en cercle.


A cheval, à moto ou en voiture ils sont là pour assister aux combats de lutte. Un sport national qui n’éveillera pas chez nous (du moins dans l’immédiat…) la même passion que chez les autochtones.


Après quelques affrontements, lesquels nous laissent … disons, assez pantois et moins admiratifs que les fins connaisseurs du cru, nous nous dirigeons vers la place d’arrivée des courses de chevaux.

L’ambiance est festive, mais le final des 2 ans montés par de tous jeunes enfants suggère la dureté de la vie des nomades. Peut-être est-ce cette rudesse qui pousse certains à fricoter de près avec la vodka ; cadeau, s’il en est, du protectorat russe.


Nous avalons encore le peu de goudron qui reste entre les énormes nids de poule, puis bifurquons dans une grande steppe ourlée à l’infini de montagnes arrondies. Ce sera l’endroit de notre premier bivouac. Nous y ferons l’amère constatation que matériel fourni par notre agence, et notamment les tentes, n’est pas à la hauteur de la qualité vantée.

Pendant que Bayna s’active aux gamelles, nous nous débattons en pestant contre Amgalan le grand responsable. Nous réussirons finalement à installer notre campement. Mais Christine et Estelle dont la tente n'est pas montable n’ont d’autre solution de couchage que la grande tente mess qu’elles partageront avec Bayna. Adia, taiseux et à l’air constamment renfrogné brique et rebrique son camion.
Nous soupons attablés en plein steppe. Notre guide-cuistot est plutôt bon, quant au chauffeur nous en reparlerons.

«La connaissance est le trésor suprême. Les enfants sont le trésor du milieu. La richesse matérielle est le trésor le plus bas.»
Proverbe mongol
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Samedi.

Un troupeau de juments avec leurs poulains suivis à distance réglementaire par les mâles vient nous réveiller. Le ballet est fascinant et nous les retrouvons un peu plus tard qui se rafraîchissent autour d’un point d’eau. Pluie de photos... A ce sujet, il faut préciser, qu’au terme du voyage, notre photographe officiel rentrera complètement trempé.


Nous reprenons le bitume pour encore une paire d’heures.


Dans les pentes alentour quelques aigles et vautours semblent attendre la panne d’un véhicule de touristes, mais c'est un local qui sera dépanné grâce à la boite à outils de notre chauffeur.


Remerciements, partage d'airag, chaleureuses salutations, puis nous nous engageons sur une piste qui nous mènera au bord d’un grand lac pour notre deuxième bivouac. Les plus téméraires se trempent sans hésiter et entament une petite lessive qui mettra quand même 48 h à sécher.


En guise de sieste, pendant que Marie-Paule se préoccupe de son genou faiblard, nous nous offrons l’ascension d’une petite colline afin d'apprécier d'avantage des environs du site.


Au loin, deux jeunes cavaliers guident un troupeau de chèvres et moutons vers l’abri nocturne puis viennent nous saluer et nous faire savoir dans un anglais bien moins rudimentaire que notre mongol que nous sommes les bienvenus.


Le retour au camp est écourté grâce à Adia venu nous récupérer en camion au pied de la colline avant de s’approvisionner en lait, à une yourte voisine. Le lait est bon et le bain dans le lac, fort appréciable après notre suée, même si les plus méditerranéens d’entre nous y vont à reculons.


Bayna nous livre quelques clefs sur le chamanisme. Il y est question des choix opérés par les esprits pour incarner des médiateurs terrestres. Ces élus, généralement en fin de vie et pour lesquels la médecine traditionnelle est inopérante, ou qui ont vécu des expériences difficiles se doivent d’être aguerris pour lutter contre la rouerie des mauvais esprits.


Malgré ces explications passionnantes, et une belle fin d'après midi au bord du lac, la soirée est gâchée par une invasion d’éphémères. Adia frotte comme un cinglé les vitres du camion et nous testons pour nous protéger les enturbanements les plus sophistiqués. Mais rien y fait. La tente sera la meilleure protection. Il n’y a plus qu’à aller se coucher.
La nuit sera copieusement arrosée. Encore peu habitués à ces changements permanents de météo, il faut cependant accepter l’idée d’une nuit supplémentaire sous la flotte en espérant une amélioration pour le lendemain.

A suivre...
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Vraiment sympa ce début de carnet et les photos sont très chouettes. J'attends la suite avec impatience.
Mlefevre

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Ah oui moi aussi!
Peux-tu nous préciser José à quelle époque de l'année se passe ce voyage?
Merci!
Marie
Senmout

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Un excellent début ! j'attends la suite avec impatience Tire la langue
Leflâneur

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Dimanche

L'orage a craqué une bonne partie de la nuit mais finalement la pluie s'est calmée avant le lever du jour et c'est une de ces magnifiques et limpides lumières qui font le bonheur des photographes qui nous accueille à la sortie des tentes. Le camp est levé prestement. La journée s'annonce sous de bons auspices.


Nous apprenons en cours de route que le pont que nous devions emprunter a été emporté par l'orage de la nuit. Changement d’itinéraire. Nous nous tapons de la piste en masse. L’habilité de notre chauffeur dépasse largement sa souplesse de conduite et nous ressortons de l’étape un peu fourbus mais finalement ravis du détour qui nous fait découvrir de plus beaux paysages que si nous avions emprunté la "route nationale".


Arrivée à Öldzyi, village aux airs de Far West, Far Est dirait Marie-Paule.


Là encore le Naadam s’annonce avec force montures d’apparat, de vêtements des grands jours et de superbes bottes propres, voire cirées.


Le spectacle débute par une démo de gym que de petites filles, toutes plus craquantes les unes que les autres, exécutent dans un esprit très soviétique années 60. On s’y croirait, grâce aussi à une musique militaire et sino-russifiante qui rythme les numéros. Puis vient le tour des lutteurs avec leur costume très particulier dont la légende dit qu’il ne permet plus aux femmes de s’immiscer dans ce sport national très masculin. Le rituel de la danse de l’aigle et du chapeau au coach est toujours aussi spectaculaire, même si nous restons assez hermétiques aux règles des combats.


Nous faisons sensation auprès des autochtones avec une petite séance photos en tenues traditionnelles dont celle de chasseur à l’aigle.
L’animation que nous quittons avec le cliché-souvenir-instantané ferait sans doute fortune en Europe et doit, certainement aussi, bien nourrir son Mongol.


Nous ne craquons pas pour une pizza au food-truck local, mais Bayna nous dégotte une petite gargote sous yourte. Une mère et ses filles s’y affairent à la fabrication de galettes de blé farcies à la viande, frites à grande huile.
Notre guide dit en avaler une dizaine. Nous limiterons notre dégustation à 3 vu le pourcentage hallucinant de lipides de ce plat typique du Naadam. Mais il faut reconnaitre, même si certains avis ascétiques divergent, qu’il est plutôt plaisant accompagné d’un bol de thé au lait de yack salé !


Nous voilà calés pour de nouvelles heures de piste traversant des paysages toujours somptueux émaillés de yourtes, de troupeaux, de cavaliers sur leurs magnifiques chevaux. On sent que le progrès a tendance à remplacer leurs montures par de puissantes motos, qu’ils enfourchent toujours parés de leurs longs deels si efficaces pour les protéger de la poussière. Coté pratique, je n’en dirai pas autant de leurs chapeaux lesquels sont bien désuets en cas de chute. Ces tenues traditionnelles ont l’avantage de conserver une allure et un pittoresque sans égal. C’est notamment le cas quand ils associent, sur la selle, leur épouse avec laquelle ils encadrent un, voire deux enfants. Ces équipées sont vraiment touchantes, même si la tradition veut que les expéditions loin de la yourte soient plutôt le domaine de l’homme tandis que la femme veille sur la famille et les animaux. Ça ne vous rappelle rien ?


Nous croisons en montagne, couché sur le bord de la route, un Mongol ivre mort ou peut être tout simplement mort. Nous nous serions arrêtés, Adia pas, pas plus qu’il ne ralentit au passage du bétail ce qui désespère tout particulièrement Véro.

Quelques sommets coiffés de neige annoncent l’altitude et qui dit altitude dit yacks. Nous croiserons les premiers vers Tsetserleg chef lieu de l’Arkhangaï. Ces animaux chargés d’histoire ont été particulièrement précieux pour la vie des nomades et leur itinérance permanente avant l’arrivée du 4X4.
C’est qu’on déménage parfois tous les 15 jours par ici quand on a un troupeau, alors il y a intérêt à ce que ce soit pratique et rapide.


A suivre...
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Leflâneur

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Merci !
Mais il faudra patienter un peu... le téléchargement des photos étant très long je ne sais si je pourrai poster une page par jour.
Leflâneur

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Merci Marie !
Nous y étions entre le 5 et le 23 juillet.
Patience pour la suite. Comme j'ai déjà écrit, le téléchargement des photos est très long. Je ne mettrai certainement pas un post par jour.
Leflâneur

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... ça viendra.. par petites pages... c'est long à télécharger.

Merci pour tes commentaires.
Leflâneur

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Suite 4

Nous n’avons vu aucun arbre depuis la capitale en traversant la steppe, là nous trouvons quelques épicéas et bouleaux dont la taille en dit long sur la rigueur du climat.
Après le passage d’un curieux col à péage (?) nous atteignons le site du Rocher où nous passerons notre première nuit sous la yourte.
Ça sent le mouton et la bique mais vu la noirceur du ciel et l’humidité de notre linge qui attend l’étendage depuis ce matin, nous ne sommes pas mécontents d’éviter le montage des tentes. Ce couchage collectif est plutôt sympa tous en rond autour du poêle.
Martine a enfin pu se rincer le nez et épargner le sommeil de toute la chambrée.

«Si tu n'es pas généreux quand tu es pauvre, alors tu ne le seras pas davantage quand tu seras riche.»

Proverbe Mongol


Lundi

Une petite flambée au matin facilite le lever et achève le séchage de notre lessive de l’avant veille. Direction le Rocher de Taikhar, où Bayna se distingue en lançant avec réussite des pierres par dessus le pic alors que nous nous vautrons tous lamentablement. La légende dit qu’il sera riche et nous pas. Vu les 16% de croissance du pays, c’est bien possible. N’en déplaise aux adeptes de la décroissance des pays sur-développés.


Retour sur Tsetserleg pour la visite du musée installé dans ce que les Russes ont épargné de l’ancien temple bouddhiste. Disons le franchement, l’occupant communiste n’y est pas allé par le dos de la cuillère. Non content d’avoir détruit dans les années 30, plus de 700 temples soit 95% de ces édifices, il a dans le même temps exterminé prés de 18 000 moines. Avant goût de nazisme qui frise la karchèrisation de cerveaux, les Chinois au Tibet feraient presque petits joueurs, à côté.

La partie d’origine du bâtiment, délavée par l’histoire et les intempéries laisse entrevoir la richesse et la place que la religion occupait au 16eme siècle.


Rouge, bleu, jaune pétants, le temple tibétain restauré récemment avec le soutien de la principauté de Monaco abrite l’image souvenir d’un géant de 2,75 mètres, fierté nationale, mort bêtement dans les années 50 d’un accident de voiture. Nous aurions volontiers vu le véhicule
L’homme chaussait quand même du 70, pas facile dans ces conditions même au pays du cuir de trouver botte à son pied. Quant à la fiancée ?


Bayna nous guide fort utilement dans le musée populaire où sont mis en scène tous les aspects de la vie quotidienne des nomades. Un passé qui, à quelques éléments près, a finalement très peu changé. Soit la yourte (ou ger, dans tous ses états), de la fabrication du feutre à son transport en passant par sa distribution rationalisée de l’espace pour des rôles bien déterminés. Les hommes, les sangles de chevaux, les étriers, les armes et l’airag (lait de jument fermenté qui s’alcoolise progressivement) à gauche, l’autel de prière au fond, les femmes, le lait avec les ustensiles de cuisine, les provisions de bouche et de combustible à droite, le fourneau au centre sous le puits de lumière, le tout dans un décor raffiné et coloré qui donne à la yourte un aspect très chaleureux.


Une riche collection d’instruments de musique de vêtements, coiffes et bijoux rappellent à ceux qui ne verraient dans les Mongols que rusticité qu’il y eut une époque glorieuse où le détail et le luxe dominaient avant que le marché chinois ne les tire vers la médiocrité (ce qui contribue au profond mépris de Bayna pour le peuple en question). Ainsi des bottes aux bouts recourbés dont la conception originale cherchait, avant tout, à épargner l’herbe précieuse pour le bétail donc pour la survie et le développement.


Une autre partie du bâtiment est consacrée aux héros de la nation avec une panoplie de généraux aux gueules et aux placards d’étoiles dignes d’un James Bond. Au passage une petite vitrine dédiée à l’art de la torture fait froid dans le dos. Ça donne une idée de l’esprit guerrier de ce peuple qui n’a cessé de composer avec les intentions impérialistes de ces deux voisins Russes et Chinois et qui ne connaitra pas vraiment la démocratie avant la chute du mur de Berlin. Vingt ans pour accéder aux tortueux arcanes de l’art du pouvoir, c’est finalement très peu.

Après cette passionnante matinée culturelle nous assistons à un ravitaillement en eau, balai étonnant de bidons, de bouilles, de bouteilles qui s’approvisionnent, de plus en plus chèrement nous dit notre guide, à un énorme camion citerne.

Puis déjeuner dans un resto local d’une viande peu alléchante qui annonce celle que nous verrons dans l’après midi sur les étals du marché. Marie-Paule et Christine sont au bord de l’écœurement de toute cette matière grasse dont nous dépensons une toute petite partie en grimpant au temple où nichent un bouddha et deux élèves auxquels Estelle rend un hommage un peu spécial comparé à celui de Bayna.


Passage au marché. L’esprit soviétique flotte avec tous ces produits laitiers et cette viande tiède, c'est-à-dire non réfrigérée, proposés par des dames en bleu maniant couteau et hachoir comme à la plus belle époque des guerriers de Genghis Khan. Les rayons sucreries sont bien mieux achalandés que les légumes ou fruits, forts peu présents dans l’alimentation nationale. L’expérience du lait de jument fermenté n’est pas du goût de tout le monde. Malgré les arguments de Bayna vantant les qualités énergisantes du breuvage, certains resteront sevrés durant tout le voyage quand d’autres préféreront les bonbons mongols, bâtonnets de fromage de chèvre au goût assez indescriptible et étonnamment sucré. On ne vous dit que ça, mais je vois à votre mine dubitative que nous n’avons pas vraiment entrepris un voyage gastronomique. Il est ici surtout question de s’alimenter avec ce que l’on produit et transforme pour affronter un climat super rude et un mode de vie pas franchement de tout repos.


Départ pour un nouveau bivouac ombragé au pied d’une rivière enjambée d’un pont de bois flambant neuf. Ces ouvrages ont une durée de vie liée à l’érosion galopante (tout galope ici) provoquée par la fonte des neiges et autres pluies d’orage.


Nous terminons la soirée autour d’un feu, plutôt efficace contre les moustiques, à écouter Bayna nous parler des rituels du mariage nomade.
L’affaire est très, très alcoolisée puisqu’ils se murgent pendant 6 jours et autant de nuits, notamment du coté des parents de la mariée. Leur faut-il oublier la tristesse ou le coût de la séparation ? L’histoire ne le dit pas mais ils auront, quand même, apporté à leur fille, en guise de dot, 30 têtes de grandes pattes (chevaux, vaches, yacks ou chameaux) pendant que le réseau amical de cette partie familiale l’aura pourvue de 60 museaux (moutons, chèvres). 100 bestiaux pour débuter ça commence à causer. De son coté le futur mari se consacre à la production d’une yourte dont les délicates décorations peintes sur la frêle charpente et la porte seront autant de preuves d’amour pour sa bien aimée.
C’est à ces chères conditions que se perpétue la tradition.Quand on sait que les zud, catastrophes climatiques et fatales, qui vont de la canicule au gel persistant (-40° est fréquent) en passant par le blizzard peuvent décimer la totalité ou presque du troupeau, on comprend mieux les règles de la transmission nomade.

Première bonne nuit sans le moindre nuage.

A suivre encore...
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bonjour,
les bottes au bout recourbées pour ne pas abimer l'herbe.. c'est vrai???
j'avais une question pourquoi êtes vous passé par Pékin et pas par Moscou une question de prix du billet?
et merci bien surGêné
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pas l'herbe mais la terre
on ne doit pas blesser la terre.... c'est aussi une des raisons (avec la mauvaise qualité de la terre) pour laquelle les Mongols ne cultivent pas la terre, c'est considérer un comme déshonneur... un nomade a sa richesse dans son cheptel et non dans la culture.
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bonjour Meridiana, on s’était rencontré à Paris ça fait si longtemps! on ne doit pas blesser la terre: écrit comme ça on dirait bien que cela doit avoir une signification chamanique.. pas un pays pour végétarien alors! bon de toute façon les Mongols des steppes sont des nomades
Leflâneur

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bonjour,
les bottes au bout recourbées pour ne pas abimer l'herbe.. c'est vrai???
j'avais une question pourquoi êtes vous passé par Pékin et pas par Moscou une question de prix du billet?
et merci bien surGêné

Bonjour Sabine,
J'allais répondre que c'était l'explication donnée par notre guide, mais Meridiana est passée avant avec une explication plus complète. C'est peut-être le français moins juste de Bayna qui lui a fait nous parler de l'herbe au lieu de la terre.
Quand au voyage c'est bien-sûr le coût à l'époque qui nous a fait choisir cette ligne. Je crois qu'aujourd'hui il n'y a plus cet intérêt.

Merci de suivre ce sujet.
Leflâneur

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pas l'herbe mais la terre
on ne doit pas blesser la terre.... c'est aussi une des raisons (avec la mauvaise qualité de la terre) pour laquelle les Mongols ne cultivent pas la terre, c'est considérer un comme déshonneur... un nomade a sa richesse dans son cheptel et non dans la culture.

Bonjour Meridiana,

merci pour la précision. Comme je l'ai écrit à Sabine, c'est peut-être le français moins juste de Bayna qui lui a fait nous parler de l'herbe au lieu de la terre.

Comme tu sembles bien au fait de la culture mongole, ne te gêne pas...je suis preneur d'autres précisions si tu notes des imperfections dans le texte.

Cordialement.
Leflâneur

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... ça continue...

Mardi

Réveil au soleil. Youpie !!!!! Nous partons à pied à travers une plaine bosselée au sol marécageux. Le camion nous rejoindra en route vers des bains chauds alimentés par une source qui atteint les 95°.
Faute de réelle anticipation par notre agence (à moins que ce ne soit par superstition et pour éviter que les mauvais esprits ne soient avertis de notre présence et puissent nous organiser de mauvais coups, comme le pensent les nomades), nous posons nos sacs au milieu d’une collection de yourtes touristiquées. Un alignement plus militaire qu’accueillant aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur des yourtes.

Nous apprécions toutefois l’idée de pouvoir prendre une douche et dormir dans des draps. Seul José dressera son matelas par terre ; non pas qu’il ait pris un tel goût aux nuits à même le sol mongol qu’il ne puisse s’en passer, mais parce que l'agencement de la yourte n’offre que 5 couchages...


Nous sommes un peu déçus de constater au restaurant que notre menu est moins varié que celui des tables voisines. Nous en faisons la remarque à Bayna qui n’apprécie guère et nous explique qu’il dispose d’un budget particulièrement serré et ne peut, de ce fait, laisser libre cours à nos envies.

Au moins c’est dit et entendu. Véronique, qui se sent particulièrement responsable de ce voyage pour toutes les négociations qu’elle a menées en amont avec Amgalan, aura une mise au point avec lui. Il est important qu’il puisse mesurer l’écart entre le tarif global (10 000€) et les moyens (700€) mis à disposition par l’agence pour notre intendance. Bayna semble un peu surpris, mais nous ne saurons jamais vraiment ce qu’il en est, car nous n’aurons plus l’occasion de les voir, lui et son boss, en même temps.

Petite escapade à la dite source. Nous découvrons les bâtiments d’un ancien camp de vacances des Russes aujourd’hui abandonné et une serre immense qui doit produire les légumes appréciés des seuls touristes.
Nous croisons quelques français passablement énervés par les taons lesquels sont nettement plus nombreux dans le bassin brûlant que les baigneurs. Ils en ont aussi après leur guide (qui se révélera, grâce à l’étonnant gyrus fusiforme de José, avoir été celle de sa fille lors de son voyage dans ce pays l’été dernier).
Des espagnols sont tout aussi exaspérés par l’installation des douches incapables, à cette heure, de produire une eau tempérée. Décidément on est jamais content, mais il faut reconnaitre que 60° peuvent paraître excessifs, même pour des cheveux n’ayant pas connu le moindre shampoing depuis plusieurs jours.

Séance cartes postales à gogo sous la gloriette avec visite d’un vieux coréen (touriste sexuel dont son pays aurait ici la spécialité ?), pendant que d’autres s’absorbent dans l’observation des sousliks, des espèces de petits écureuils blonds et vifs qui pullulent partout dans la steppe et dans le camp et étonnent par leur audace.


Avant et après le dîner nettement amélioré, petits chaussons à la viande délicieux, nous nous succédons au salon de massage où les mains de fer dans des gants de velours de nos hôtesses mongoles font des merveilles.
Nous sortons tous fourbus mais enchantés et détendus pour une bonne nuit.

«C'est dans la steppe qu'est la liberté, c'est dans la steppe qu'est le bonheur.»

Proverbe mongol

Mercredi

Tiens il n’a pas plu ! La nuit a été réparatrice pour tous, hormis Bayna et Adia qui semblent bien fatigués ce matin. Sans doute ont ils rencontré dans ce camp des collègues avec lesquels ils ont pu dire tout le mal ou le bien qu’ils pensaient de leur agence.

Départ. Il s’agit d’un court voyage qui doit nous conduire à d’autres sources chaudes situées à une heure de là.

Mais le voyage aujourd’hui n’est pas sous de bons augures. Adia, non content de nous planter dans les marécages, se goure aussi d’itinéraire. Avant de rebrousser chemin, c’est au col des mouches que nous piqueniquons. Moustiquaire, foulard ou chèche tout est bon pour se protéger des légions d’insectes qui nous assaillent, nous piquent, nous écœurent. José, particulièrement courtisé, est dégouté d’en avaler plusieurs en même temps qu'il enfourne ses maquereaux.


Courte halte dont nous nous serions bien dont nous nous serions bien passés, la sieste n’aura pas lieu ici, nous repartons aussi vite que possible. Les mouches n’étant pas acceptées à bord, Christine se révèlera, à la grande satisfaction de Marie- Paule, un serial killer intraitable.

Les 60 kms prévus nous paraissent interminables malgré quelques belles vues et le spectacle des sousliks détalant au passage du camion.


Nous arrivons sous un ciel chargé, à notre étape. Nouvel enlisement à l’endroit où Bayna espérait établir le bivouac. Nous préférons nous garantir au sec en haut de la colline.
L’endroit genre café-épicerie-camping, au carrefour de plusieurs pistes est plutôt marrant avec son parking où deux chevaux attendent sagement leurs cavaliers qui s’envoient une bière (ou plusieurs??) à la croisée des chemins.


Ces seconds bains, dont les vapeurs se fondent aux nuages persistants, paraissent bien désuets et plus religieux que les précédents, davantage «congés payés imposés» par les Russes. La propreté relative des quelques baignoires alignées ne donne pas vraiment envie de s’y plonger notamment celles installées dans une petite cabine sans la moindre lumière et qu’une vieille dame s’obstine à frotter.


Pendant l’apéro Christine se découvre des talents de toiletteuse pour chien et offre une petite coupe au toutou de la maison lequel lui montre toute sa reconnaissance. C’est vrai qu’avant la séance il ressemblait à un pauvre beauceron avec une queue de caniche toiletté.
La transformation est indiscutablement à son avantage. Dans la soirée, un petit orage nous amène à souper sous la tente mess. Pour s’excuser du dérangement, les esprits célestes nous offrent dans la foulée une très belle lumière et un double arc en ciel. Les chèvres en profitent pour se rapprocher et les plus gourmandes s’aventurent sous le camion histoire d’y grappiller quelques corn flakes échappés de notre packtage.

A peine enfouis au fond de nos duvets, deux motos-radio débarquent à l’épicerie, sono à fond les boutons sur deux stations différentes. Allons-nous vivre le versant nocturne d’un Naadam? Tant qu’à ne pas dormir, José est sur le point d'aller partager quelques toasts avec l’autochtone. Non, fort heureusement Sitôt leurs bières avalées et certainement provision faite sous leurs deels de quelques degrés d’alcool, nos DJ repartiront dans la nuit, chacun leur chemin.

La suite bientôt...
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Merci beaucoup pour la rédaction de ton long texte et les superbes photos ! Vivement la suite !
Pour ma part je pars mi août pour presque un mois en Mongolie Cool
Yugdesb

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Merci pour ce beau récit de voyage dans ce pays que j'adore et où je suis allé 3 fois (2011, 2013 et 2016) dont la première en compagnie d'Amgalan.
Un nouveau voyage est prévu pour 2018, car je ne connais pas le désert de Gobi.
Merci encore.
Leflâneur

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Bonjour,
Désolé d'avoir dû abandonner ce post ces dernières semaines... d'autres impératifs m'obligent à laisser de coté mon ordi pour l'instant. Je reviens dès que possible.
Merci de votre patience et les nouveaux commentaires.
Leflâneur

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Une partie de la suite, enfin...

Jeudi 12 juillet
Au lever les tentes sont tripées mais s’assèchent le temps du breakfast.
Comme chaque matin nous partons à pied, jusqu’à ce que nos accompagnateurs occupés au chargement du camion, nous rejoignent. Aujourd’hui nous sommes accompagnés de notre fidèle chien relooké par Christine. Des milliers d’edelweiss tapissent la steppe à cet endroit, nous en prélevons quelque uns avec soin et parcimonie.
Au loin se dessinent des montagnes coiffées à l’iroquoise. De maigres forêts dévastées par le besoin en bois de chauffage, la rudesse du climat et maintenant le bostryche, mettent en relief leurs crêtes foncées.
Nous arrivons en surplomb des sinueuses rives de l’Orkhon, qui baigne la magnifique vallée du même nom.


C’est là qu’éclate une violente dispute entre Adia et Bayna. Plus une mouche ne bouge. Le chauffeur a repiqué au truc des erreurs d’itinéraires de la veille Certainement quelque peu susceptible, il n’a pas supporté la remarque de son cadet et néanmoins supérieur dans ce genre d’équipage. L’ambiance est pas mal plombée, mais comme chacun sait que l’aventure ne fait que commencer, le dialogue reprend rapidement.

Après un déjeuner assez indigeste sur une aire d’apprentissage au vol libre de jeunes aigles débutant dans le métier, nous engageons l’ascension vers le temple abritant la grotte de Jamiyangelen. Ce moine a vécu reclus plus de 10 ans dans un minuscule habitacle où un homme ne peut se tenir debout. Les voies du seigneur sont décidément bien impénétrables pour des mécréants de notre espèce.
C’est visiblement un lieu sacré et comme tous, niché dans un site qu’il faut savoir mériter. Il est très prisé des Mongols qui commencent, à l’occasion du Naadam, leur courte semaine de congés annuels.
Certains courageux comme nous, et Marie-Paule ne démérite pas en faisant l’effort jusqu’à la clairière au pied des temples, grimpent à pied, d’autres à cheval et apparemment ne ménagent pas leurs montures. D’autres, plus rares et c’est tant mieux, bravent l’interdit et ne résistent pas à faire vrombir les chevaux de leurs 4x4.


Vieux temples et moulins à prière, on ne sait par quel miracle, sont épargnés par les mouches du coche qui nous ont accompagnés sans faiblir jusque là haut. Dommage pour Marie-Paule, qui a calé et n’aura pu profiter de ce moment de paix. Nous laissons les pèlerins à leurs rituels et offrandes et, nettement plus véloces au retour, nous regagnons notre véhicule.

Cap sur un nouveau bivouac. Ce soir encore le temps est menaçant.
A part José, aucune d’entre nous n’est enthousiaste à l’idée de planter la tente. Cette réticence n’est pas du goût de Bayna, visiblement contrarié, qui s’allonge à l’écart en mâchonnant un brin d’herbe lequel n’aura pas les vertus apaisantes requises.
Tensions à tous les étages, jusqu’au ciel qui menace, une fois de plus, de nous tomber sur la tête.
Une grande toilette dans la rivière, suivie de quelques bières et d’une bonne soupe chaude remettent tout le monde d’aplomb.
Ce soir Estelle se couchera avec un carré tombant défait.


Vendredi 13 juillet

Décidément nous circulons à travers la plus grande ferme au monde. Quatre fois la France pour 2,3 millions d'âmes et 45 millions d’animaux. 10 chevaux par habitant! Rapport au gros million de Mongols qui s’entassent dans la capitale on frise les 20 montures par nomade ! Ca commence à causer !
C’est toujours un plaisir d'admirer les troupeaux, même si le champ de roches volcaniques que nous traversons après avoir passé l’autre rive de l’Orkhon syncope un peu le spectacle.


Aujourd’hui Christine a la banane. Avec le temps, elle s’est acclimatée aux joies du camping. Elle maitrise de mieux en mieux son packtage et retrouve du premier coup dans les nombreuses poches de son sac à dos, ses lunettes, sa casquette ou son inséparable bouquin.
Après un ravitaillement qui m’a procuré, oh joie (!) de nouvelles claquettes (accessoire indispensable dans ce genre de périple), nous reprenons la piste toujours très tortueuse jusqu’aux chutes du fameux cours d’eau qui sépare les provinces d’Arkhangai et d’Ovörkhangai. C’est la deuxième destination touristique où se pressent des Mongols essentiellement venus de la capitale pour faire trempette et s’éclater avec des bateaux pneumatiques sous les embruns de la cascade.
Le spectacle tient plus des humains, que de la nature ! Le saut du Doubs leur plairait sans doute beaucoup, mais il conviendrait qu’ils se chaussassent de façon plus appropriée pour escalader les chemins escarpés qui mènent au plan d’eau.


Sortie du bain... de foule, déjeuner sous la yourte à l’abri des mouches mais pas de la chaleur étouffante sous le feutre.

Dans l’après midi nous atteignons le campement d’éleveurs où nous devons passer 2 nuits avant de partir à pied pour une ballade de trois jours qui nous mènera au lac Chiret.


L’accueil est très chaleureux. Arichka, qui nous accompagnera avec trois de ses yacks lors de notre marche après demain, met à notre disposition sa plus belle yourte. Nous dégustons pour la première fois la crème maison, excellente de l’avis général, et les liens se nouent très vite avec la présence d’une petite fille laquelle ne lâchera pas Estelle d’une semelle.


Bayna nous initie au code ancestral qui régit la vie à l’intérieur de la yourte.
Les deux poutrelles verticales qui supportent la fenêtre de toit sont particulièrement sacrées et à ce titre bien décorées. Elles symbolisent la liaison entre le ciel et la terre et sont considérés comme source de force. On ne doit ni s’y adosser ni passer entre. La circulation se fait dans le sens des aiguilles d’une montre, à l’instar de la rotation du soleil. Il faut toujours franchir la porte du pied droit sans marcher sur le seuil, signe d’offense envers l’hôte ne jamais s’assoir ou se coucher la plante les pieds en direction du feu, de quelqu’un, ou vers l’autel sacré; ne pas brûler de déchets dans le fourneau… Voilà pour l’essentiel.


Petite lessive et toilette à la rivière, ou plutôt dans un baquet en zinc à quelques mètres du rivage, dans le respect des règles locales. A savoir qu’aucune trace de savon ne doit souiller l’eau qui est vitale pour ces éleveurs et leur bétail. Cela n’empêche pas certains d’y laver leurs véhicules mais… qui n’a pas ses contradictions.

L’expédition toilettes vaut son pesant de papier biodégradable. La réelle distance entre notre yourte et le bois censé, nous accueillir rapidement et dans la plus grande discrétion, se révèle peu en phase avec nos intestins malmenés par une alimentation hyper protéinée

Suite à ces ablutions nous assistons, avec une bien modeste participation, au montage des yourtes qui accueilleront demain une méga fête de famille à laquelle nous sommes cordialement invités. Le ballet est bien réglé chacun à sa place et son savoir faire, en moins de 2 heures trois yourtes sont déjà alignées. Demain, nous en compterons neuf et près de cent cinquante convives.


Nous les laissons à leurs préparatifs pour aller observer le parcage des troupeaux parmi lesquels les chèvres se révèlent très dissipées. En rejoignant nos pénates nous saluons cordialement le bouc qui ne se doute certainement, pas encore, de sa triste destinée.
Les aboiements des chiens qui accompagnent le défilé de motos et voitures des invités résonneront tard dans la nuit.
.. A demain.
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