"Reisen macht frei", tourisme mémoriel à Munich et à Nuremberg (page 1 de 2)

Discussion démarrée par Mariecurry le 10 janvier 2018 à 18:03
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Reisen macht frei*, tourisme mémoriel à Munich et à Nuremberg

Un titre un brin provocateur pour relater un voyage un peu particulier. A l'origine de cette balade, un rendez-vous pris au service des archives de Dachau. Puisque je me rends à Dachau, pourquoi ne pas en profiter pour visiter Munich et Nuremberg ? L'idée d'un parcours dont le fil conducteur serait les lieux de mémoire prend dès lors forme et les PastFinder sur les deux principales villes de Bavière se révèlent être une bonne base pour élaborer un circuit. Mi-septembre, ma détestation de l'avion m'incite à consulter le site de la SNCF. Ne nous promet-elle pas de nous faire préférer le train ? J'y déniche un billet qui m'expédie chez l'inspecteur Derrick deux mois plus tard pour seulement 29€ l'aller et quelques 5 heures 30 de trajet. Promesse tenue.

Ci-dessous, les Pastfinder Munich et Nuremberg, guides illustrés dédiés à la Seconde Guerre mondiale. Traduits en plusieurs langues, pas en français. Existent aussi sur d'autres villes notamment Berlin (disponible en français).



Je suis bien consciente que j'aborde un sujet délicat qui ne sera pas du goût de tous. Aber Achtung ! ce petit carnet bavarois n'est pas une réflexion, c'est juste un aperçu de ce que l'on peut voir/visiter lorsque l'on s'intéresse, qu'elles qu'en soient les raisons, aux lieux chargés d'histoire.

    * Voyager rend libre
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Munich

Mi-novembre, la culturelle et traditionnelle Munich se prépare à fêter Weihnachten. Chalets des marchés de Noël en cours d'installation, odeurs de vin chaud, de cannelle, de marrons grillés, profusion de victuailles, Würste par kilos décorant les vitrines. Du monde, beaucoup de monde. Chaleureuse effervescence sous un ciel bleu sans nuage. J'adore !

Mais lorsque l'on se promène dans les rues de Munich, des indices, des stigmates nous rappellent que la ville fut aussi Hauptstadt der Bewegung, la "capitale du mouvement". Son rôle fut de fait déterminant dans l'émergence du national-socialisme : le NSDAP, parti national-socialiste des travailleurs allemands plus connu sous l'appellation de parti nazi y a été créé en 1920, y avait son siège et son essor est intiment lié à la ville qui a longtemps refoulé ce passé un peu trop lourd. Petit retour en arrière...

Au XIXe siècle, Louis 1er de Bavière fait construire la Königsplatz ou Place Royale pour y accueillir ses collections grecques et romaines. L'ensemble monumental a pour modèle l'Acropole d'Athènes, oui rien que ça. Au milieu des années 30, les deux galeries d'art et les Propylées se voient flanqués de deux immeubles imposants de même plan : le Fürhrerbau (bâtiment du Führer où sont signés les Accords de Munich, 1938) et le Verwaltungsbau (bâtiment administratif du NSDAP). Dessinés par l'architecte officiel du parti Paul Ludwig Troost, ils reprennent les codes néo-classiques de la place, style cher à Hitler. Deux "temples d'honneur", sortes de Panthéons, les Ehrentempel, sont aussi édifiés pour y abriter les dépouilles des victimes du Putsch de la Brasserie* élevées au rang de martyrs. Enfin, le siège du parti, colonne vertébrale du nouveau pouvoir politique depuis 1933, prend place dans la Maison Brune, derrière les deux temples. Impressionnant par son architecture aux dimensions disproportionnées, le quartier de la Königsplatz qui concentre de nombreuses institutions devient tout naturellement l'épicentre du régime.

Königsplatz pendant le IIIe Reich, carte postale ancienne


Une voie scinde aujourd'hui la place en deux et les dalles qui accueillaient les défilés ont été remplacées par de la pelouse et des arbres. Le Führerbau abrite désormais une école de musique et le Verwaltungsbau, l'Institut d'histoire de l'art. Les deux Ehrentempel ont été dynamités par les Américains en 1947 mais leurs socles n'ont pas été détruits. Envahis par la végétation ils sont des marqueurs (discrets) dans le paysage urbain. Les deux musées font toujours leur office et sont consacrés aux arts grec et romain. Les Propylées n'ont plus fonction de porte et servent surtout de décor aux photos prises par les nombreux touristes.

La Glyptothèque


Les Propylées


* Putsch raté par lequel Hitler a voulu renverser la République de Weimar et prendre le pouvoir en 1923. Ce coup d'Etat a fait 16 morts dans ses propres rangs. Ils ont été exhumés et réenterrés dans les Ehrentempel.
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La Maison Brune, siège du NSDAP, le parti nazi, n'a pas survécu aux bombardements aériens alliés. Organe clé du parti, c'est son emplacement qui a logiquement été choisi pour y bâtir le Centre de documentation sur l'histoire du national-socialisme qualifié improprement de Musée du nazisme par les médias français. Après des années de discussions houleuses, il ouvre ses portes au public en avril 2015.

Ce cube blanc aux volumes contemporains s'oppose volontairement à l'architecture néo-classique de la place. Le Centre de documentation n'est pas un musée et ne présente aucun objet. Ici, photographies, documents d'archives, et textes, beaucoup de textes, confèrent au lieu une dimension plus intellectuelle et pédagogique qu'émotionnelle. Un parcours du quatrième au premier étage matérialise la chute dans laquelle le nazisme a entraîné le pays. L'exposition ne s'arrête pas en 1945 et en abordant l'antisémitisme et la xénophobie toujours présents interroge sur les leçons qui doivent être tirées de ce passé et nous enseigne que tolérance et démocratie ne sont jamais acquises. Audioguide vissé à l'oreille fortement recommandé.

Un petit doc très court à visionner
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Die weiße Rose (la Rose blanche)

En 2005 sortait sur les écrans Sophie Scholl, les derniers jours. En plus de m'avoir fait verser des litres de larmes, ce film abordait un sujet dont on parle peu en France : la résistance allemande face au nazisme. Biographique, il nous relate l'histoire de la Rose blanche, groupuscule résistant pacifiste et de son membre le plus emblématique, Sophie Scholl. Arrêtés dans la prestigieuse université de Munich où ils étaient étudiants et professeur, les six résistants ont été exécutés en 1943.


L'université Louis-et-Maximilien leur consacre une exposition permanente. Dans une petite salle du rez-de-chaussée (difficile à trouver car non fléchée) livres, tracts, biographies, photos etc... leur rendent hommage. Devant l'université, des plaques rappellent le courage de ces six Allemands considérés aujourd'hui comme des héros. Sophie Scholl fait partie de 129 personnalités allemandes ou de langue germanique dont le buste se trouve au mémorial du Walhalla à Donaustauf non loin de Ratisbonne.

Pour ceux qui souhaitent en savoir un peu plus sur le destin tragique de la Rose blanche, voir le film ou lire par exemple le livre d'Inge Scholl, la sœur d'Hans et Sophie intitulé tout simplement La rose blanche. Préparez vos mouchoirs, triste... très triste.

Plaques à l'entrée de l'université




.
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En se promenant dans la ville le nez en l'air, on découvre ça et là des traces du passé national-socialiste de Munich. Comme ces casques qui surmontent une rangée de fenêtres de l'ancien siège régional de la Luftwaffe.


Dans une petite rue, une croix gammée et sa version inversée ornent les grilles des fenêtres du même bâtiment


Non loin de la Königsplatz, des écussons décorent la façade d'un ancien bâtiment administratif. L'aigle, symbole de l'Allemagne depuis le Saint Empire romain germanique est omniprésent durant le IIIe Reich. Représenté les ailes complètement déployées (ce qui n'est pas le cas ici), il incarne les velléités expansionnistes d'Hitler.


Frise surplombant la porte du Kunstpavillon (Pavillon des Arts) dans l'ancien jardin botanique, 1931


à suivre...
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Une balade érudite, rigoureusement documentée, entre passé et présent, qui écarte doucement les pans de l'histoire pour laisser la lumière en atteindre les recoins obscurs et mal connus, les visages de l'ombre, les faits oubliés.

Tout ce que l'on sait déjà, que l'on a appris, qui nous a été transmis de cette période sombre qui trouble encore le présent... revisité en nuances sensibles et qui s'efforcent à l'objectivité.

à suivre... présente ! Sourire
B737 (en ligne!)
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Reisen macht frei*, tourisme mémoriel à Munich et à Nuremberg
Je suis bien consciente que j'aborde un sujet délicat qui ne sera pas du goût de tous. Aber Achtung ! ce petit carnet bavarois n'est pas une réflexion, c'est juste un aperçu de ce que l'on peut voir/visiter lorsque l'on s'intéresse, qu'elles qu'en soient les raisons, aux lieux chargés d'histoire.




        C'est peut-être un sujet délicat, encore que je n'en voie pas très bien la raison.

        Se rendre sur les lieux d'événements historiques est proprement fascinant. Et ce n'est pas parce qu'on visite la Munich nazie qu'on est un admirateur d'Hitler, pas plus qu'on n'est un admirateur de Mussolini parce qu'on visite la Villa Torlonia ou le Palazzo di Venezia à Rome, ni un admirateur de Napoléon parce qu'on visite le champ de bataille de Waterloo.

        Je voulais dire cela avant de me plonger avec beaucoup d'intérêt dans votre récit.

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        @Kola et B737
        Merci pour votre intérêt. Sourire
        Je poste la suite demain.

        @B737

        C'est peut-être un sujet délicat, encore que je n'en voie pas très bien la raison.

        J'ai superposé 3 paires de gants avant de commencer à rédiger mon texte. Que puis-je écrire sur Dachau sans choquer ? Que puis-je montrer sans (penser) provoquer ? J'ai bien veillé par exemple à ne montrer aucune page des PastFinder où l'on voyait Hitler faire le salut nazi. Mais je me fais sans doute des idées.
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        Bonjour supebe retour sur ce passė à ne pas oublier. Cela me rappelle ma traversėe de l'Euope à vėlo. J'ėtais parti sans idėe prėcise, et tout le long de ce pėriple de deux mois, ce passė s'est imposė à moi. Le summum fut la traversėe de la Pologne, j'en suis encore boulversė 8 ans après. J'en avais fait un carnet sur VF.
        Luc
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        Merci pour ce carnet tout en finesse.
        Merci aussi pour les divers liens très interressants.
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        Merci Lucbertrand et Bluequark. Vos remarques me font grand plaisir.
        Allez, j'envoie la suite.
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        Mémorial de Dachau

        Si son nom évoque d'emblée un camp de sinistre mémoire, Dachau est avant tout une ville de quelques 45000 âmes située à une vingtaine de kilomètres au nord de Munich. Il y a des Allemands qui vivent à Dachau comme il y a des Polonais et des Autrichiens qui habitent Treblinka et Mauthausen. Brrr !! Le site n'est plus à l'écart de la ville, il s'inscrit aujourd'hui dans le tissu urbain. De la gare, on s'y rend en bus. Découvrant les pavillons entourés de leur jardinet lorsque je descends à l'arrêt KZ-Gedenkstätte (Gedenkstätte = mémorial) ma première réaction est de me dire que pour rien au monde je ne voudrais habiter à proximité d'un tel lieu.

        Entrée du camp


        Porte arborant la célèbre formule Arbeit macht frei, "le travail rend libre". La porte actuelle est une réplique. L'originale a en effet été dérobée en 2014. Retrouvée deux ans plus tard en Norvège, elle est actuellement conservée en intérieur par prévention. Un objet qui semble susciter bien des convoitises, la porte d'entrée du camp d'Auschwitz a aussi été volée en 2009. Elle a été retrouvée découpée en trois morceaux et ressoudée depuis.


        Le camp de Dachau, en quelques lignes... à supposer que ce soit possible
        Dachau est un KZ (konzentrationlager), un camp de concentration. Premier et modèle d'une longue liste, il a été ouvert en 1933 pour y accueillir initialement des Allemands réfractaires au régime. A partir de 1938, on y enferme tous les ennemis du Reich (opposants politiques étrangers, asociaux, homosexuels, Juifs, Tziganes, Polonais, Tchèques, Témoins de Jehovah etc...). Le KZ est un lieu d'internement mais c'est aussi un camp de travail. L'un de ses objectifs est d'exploiter à moindre frais la main d'oeuvre constituée par les très nombreux détenus. Les Allemands étant mobilisés, les prisonniers participent donc massivement à la production de guerre.

        Dans le tentaculaire système concentrationnaire nazi, le KZ est un outil de répression qu'il faut distinguer des camps d'extermination dont la fonction est la mort rapide à grande échelle etqui tous sont établis en Pologne et en Biélorussie (le camp d'Auschwitz est un cas particulier puisqu'il a été camp de concentration et camp d'extermination à Birkenau). De mars 1933 à avril 1945, plus de 200 000 personnes ont été internées dans le stammlager (camp principal) de Dachau ou dans l´un de ses camps satellites, les kommandos. Le nombre de morts est estimé à plus de 40 000.

        Vue de l'allée centrale et des baraquements dans lesquels sont logés les détenus. Photo d'archive figurant sur un panneau dans l'allée


        Vue de l'allée centrale aujourd'hui. Les baraquements ont été détruits. Leurs emplacements sont matérialisés par des bordures en béton, l'espace intérieur est recouvert de galets.

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        J'ai rendez-vous avec le responsable des archives du mémorial. Archives et bibliothèque sont accessibles au public sur rendez-vous. Deux personnes, des Américains, sont déjà installées dans la salle de consultation. Qu'on ne s'attende pas à mettre le nez dans des vieux papiers un peu jaunis, manuscrits ou tapés sur une vieille Remington, on sera déçu. Les pièces originales concernant les prisonniers ne sont plus sur place, elles ont été transférées à l'ITS, l'International Tracing Service à Bad Arolsen non loin de Cassel (land de Hesse). Ce service regroupe tous les documents originaux relatifs aux persécutés du régime nazi et depuis 2013 ce fonds (environ 30 millions de documents) est inscrit au registre du patrimoine mondial « Mémoire du Monde ». Dans le but de les préserver, ils ont été numérisés (tous ?) et ces versions numériques sont les seuls supports consultables. L'ITS est aujourd'hui un fonds d'archives inestimable mais hélas partiel. De nombreux dossiers ont en effet été détruits notamment par les nazis lorsqu'ils ont senti le vent tourner.

        A Dachau, on bénéficie d'un accès immédiat à la version numérique des archives. S'y trouvent aussi des documents concernant la construction du camp, des dossiers des procès qui se sont déroulés après la guerre ainsi que les archives du comité international des détenus fondé après la libération du camp, des films, des photos, plans, archives sonores etc...Le centre reçoit encore aujourd'hui des lots d'archives offerts par des particuliers. Le travail mémoriel de l'Allemagne est loin d'être terminé. Albert Knoll me parle de sa mission qui visiblement le passionne. Dans une des copies qu'il me remet, un recto-verso d'une page du Totenbuch (le Totenbuch, littéralement "livre des morts" est le registre où sont consignés jour après jour les décès des prisonniers) je trouve ce que je suis venue chercher mais je découvre aussi de nombreuses mentions Unbekannt qui signifie inconnu. Pour chaque Unbekannt, il y a une mère, une épouse, des enfants peut-être qui n'ont jamais su, qui ne sauront jamais ce qu'est devenu leur mari, leur fils, leur père. Je trouve ça épouvantable, je vais prendre l'air.

        Mes photocopies en poche, je visite le camp. A l'initiative des rescapés le Mémorial est créée en 1965 avec le soutien du gouvernement de Bavière. Deux baraquements sont reconstruits à l'identique dotés de leurs aménagements. Les anciens bâtiments administratifs sont transformés en parcours informatif et pédagogique. Les panneaux explicatifs bilingues (allemand-anglais) associés à des cartes, des photos et des vidéos demandent aux visiteurs un véritable investissement. Si l'on excepte une tenue de prisonnier et quelques objets liturgiques, aucun objet n'est exposé. Audioguides disponibles à l'entrée.

        La visite se cantonne à la zone de détention (emplacement des baraquements, place d'appel et anciens bâtiments administratifs) ainsi qu'au secteur des crématoriums où plusieurs fosses communes sont localisées. L'ensemble représente une petite partie de la structure d'origine (1/10ème environ). Le reste a définitivement disparu : logements des SS, casernes, entrepôts, infrastructures sportives, jardins etc...

        Un baraquement reconstruit.


        Le grand crématorium

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        Sto za jednog, oeuvre du sculpteur serbe Nandor Glid rescapé de Dachau, inaugurée en 1968. On peut en voir une reproduction au Mémorial Yad Vashem à Jérusalem. A ceux qui se demandent ce que ça peut bien représenter, sachez qu'il s'agit de corps squelettiques, distordus et entremêlés accrochés à des barbelés. Derrière se trouve l'ancien bâtiment administratif de la zone de détention. Sto za jednog, «Cent pour un» fait référence à la règle appliquée par les nazis qui assassinaient cent prisonniers pour un Allemand tué.


        Des lieux de recueillement, catholique, protestant et juif, à l'architecture très datée, proposent une halte au bout de l'allée centrale. Petite chapelle orthodoxe, un peu plus loin, sur le chemin des crématoriums. Le temple protestant, une structure massive en béton armé, était trop hideux pour être photographié.


        La petite boutique à l'intérieur du camp vend quelques livres et autres « souvenirs ». J'engage une longue et intéressante discussion avec la personne qui y travaille. Elle se dit fière de travailler dans ce lieu à la portée éducative et destiné aux générations futures. Le site est d'ailleurs un parcours quasi obligé pour les scolaires. Elle termine, la mine un peu sombre, en me confiant qu'il y a encore du boulot ! l'AfD, le parti d'extrême-droite qui promet "une ère nouvelle" est arrivé 3ème aux élections fédérales allemandes en septembre 2017.


        A la sortie, une vaste librairie renferme une foultitude d'ouvrages passionnants. Comme d'habitude trois ou quatre bouquins en français se battent en duel. Une majorité de livres en allemand natürlich et de nombreux titres en anglais. A deux pas, le distributeur de la cafétéria sert un bon café (un peu cher). On peut aussi y déguster un Apfelstrudel que j'ai trouvé délicieux. De quoi se détendre un peu pour clore cette visite riche en émotions et par la même occasion ce chapitre.
        Fortsetzung folgt... Clin d'oeil
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        Die weiße Rose (la Rose blanche)

        En 2005 sortait sur les écrans Sophie Scholl, les derniers jours. En plus de m'avoir fait verser des litres de larmes, ce film abordait un sujet dont on parle peu en France : la résistance allemande face au nazisme. Biographique, il nous relate l'histoire de la Rose blanche, groupuscule résistant pacifiste et de son membre le plus emblématique, Sophie Scholl. Arrêtés dans la prestigieuse université de Munich où ils étaient étudiants et professeur, les six résistants ont été exécutés en 1943.


        Lorsque des fils invisibles s'en mêlent... s'emmêlent.

        Plongée dans Mes amis devenus bref roman de Jean-Claude Mourlevat et tombée sous le charme de cette écriture sensible, poétique et drôle, infiniment délicate... je cherche à en savoir un peu plus sur cet auteur discret, plusieurs fois récompensé pour ses œuvres destinées à la jeunesse.

        Dans sa bibliographie de nombreux titre, et puis celui-ci : Sophie Scholl - non à la lâcheté.

        D'abord dans ton carnet et ensuite par hasard (vraiment ?) je lis ce nom, ignoré jusque là, symbole d'une page d'histoire que je connaissais mal.

        Je pense que l'auteur aura su trouver les mots à la hauteur de cette vie courageuse.
        (Tu me diras peut-être ? Sourire)

        Sophie Scholl- Non à la lâcheté
        de Jean-Claude Mourlevat
        Actes-Sud Junior
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        Je ne connais pas ce livre sur Sophie Scholl et je trouve sage et judicieuse l'initiative de faire découvrir ce petit bout de femme à des pré-ados avec les mots qu'il convient. Dans les années 80, nous n'avions pas cette chance.
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        Salut,
        Effectivement sujet délicat à aborder mais tu l'as fait avec toute la retenue nécessaire pour que cela n'ouvre pas à quelconque polémique.
        J'ai dans le passé visité le cimetiere de Verdun et j'en étais ressorti "troublé" alors j'imagine tres bien ce que tu as pu ressentir.
        Merci pour ce CR
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        Merci l'ami québécois ! Sourire
        Si c'est à Douaumont que tu fais allusion, je veux bien croire que ça t'ait marqué.
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        Un titre un brin provocateur pour relater un voyage un peu particulier.

        Ça a le mérite d'attirer l'oeil...
        Cette approche de la Bavière est inhabituelle, mais passionnante.


        Nuremberg, c'est l'édition 2014.
        Il a été réédité en 2017.
        (je dis ça, je dis rien)

        Je suis bien consciente que j'aborde un sujet délicat

        Tiens, ça me fait penser que délicat a plusieurs sens. Il y a certes la délicatesse du sujet, mais aussi celle avec laquelle tu le traites.

        En se promenant dans la ville le nez en l'air, on découvre ça et là des traces du passé national-socialiste de Munich. Comme ces casques qui surmontent une rangée de fenêtres de l'ancien siège régional de la Luftwaffe.


        La Luftwaffe, c'est l'Armée de l'Air, pas les SS. Personnellement, je ne vois là que des casques d'aviateurs. Non ?

        Dans une petite rue, des swastikas ornent les grilles des fenêtres du même bâtiment


        À gauche, c'est effectivement une svastika, que l'on retrouve d'ailleurs dans nombre de temples en Chine, Inde ou Japon. Mais que penser de celle de droite, une sauvastika, qui n'est pas un symbole nazi ? Il date de quand, cet immeuble ?

        ce fond (environ 30 millions de documents)

        un fond d'archives inestimable

        Euh... Comment te dire...
        Mais cela n'entache pas un fil remarquable.
        Merci également pour la troublante évocation de Sophie Scholl (dont les initiales résonnent comme une cruelle ironie).
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        Bonsoir Masterpo,

        Merci de passer faire un petit coucou,

        La Luftwaffe, c'est l'Armée de l'Air, pas les SS. Personnellement, je ne vois là que des casques d'aviateurs. Non ?

        Je ne comprends pas ta question Gêné. Oui c'est bien l'armée de l'air. Pour ce qui est des casques, je ne suis pas spécialiste des uniformes allemands. Je peux juste dire qu'il s'agit du stahlhelm (casque d'acier) porté par les soldats allemands. Je lis dans le PastFinder que les casques (il y en a pas mal, 16 je crois) et les croix gammées ont pour but de rappeler la fonction militaire du bâtiment. Quant à la SS, elle n'est pas synonyme de national-socialisme. Mais elle en est l'un des organes essentiels.

        À gauche, c'est effectivement une svastika, que l'on retrouve d'ailleurs dans nombre de temples en Chine, Inde ou Japon. Mais que penser de celle de droite, une sauvastika, qui n'est pas un symbole nazi ? Il date de quand, cet immeuble ?

        On reconnait bien le passionné d'architecture Clin d'oeil. Il a été construit en 1936-1938, architecte German Bestelmeyer. En lisant ta remarque, je réalise que j'aurais dû écrire croix gammée au lieu de swastika, je vais donc corriger. Je ne sais pas pourquoi cette grille représente une croix gammée et son miroir. Un goût prononcé pour la symétrie ?

        Euh... Comment te dire...

        Ne dis plus rien... J'ai honte. Je corrige illico. Je trouve des fautes à chaque relecture de toute façon.
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