Je suis au Mexique a nouveau. J'ai des tonnes de choses a raconter. Je ne sais pas quoi dire, du coup.
Je pourrais faire un message a la Fidel, qui mettrait Francois en furie, mais je ne veux pas transformer mon sejour ici a Villahermosa en travail cybernetiques infiniement long, ni faire sauter la bonne medecine qu'est ce forum pour quand on est en manque de voyage.
J'ouvre mon journal de bord, et je fais une selection de morceaux choisis, que
je readapte pour l’occasion:
Les carrefours locaux (Chedraoui) sont ouverts le dimanche jusqu'a plus de neuf
heures du soir. Aux rayons traiteur ou autres, il y a dix personnes pour te
servir. Aux caisses, en plus du caissier, trois jeunes gens, voire enfants, a
chaque caisse te mettent les affaires dans les sacs en plastique. Et partout,
on trouve de ces sous-emplois, certainement payes au lance-pierre.
Je voudrais parler des topes, mais j'en parlerai plus tard, c'est vraiment trop
long, et il faudrait faire des dessins. Dans un forum, ce n'est pas evident. En
gros, ce sont des dos d'ane geants, qui ne se prennent qu'en premiere, et qui
surgissent en plein milieu de longues routes droites, sans etre signales, pour
la plupart. Une de ces choses irrationnelles qui foisonnent ici.
J'ai repere une assoc de developpement durable au Guatemala, qui s'appelle
Ak'Tenamit. Je vais essayer d'entrer en contact avec eux. Ca m'interesserait de
passer du temps la-bas a faire des choses utiles, s'ils veulent bien de moi.
Guatemala City... une petite capitale, comparee a Mexico. Je l'estime a un ou
deux millions d'habitants permanents. Mais une jungle urbaine comme on n'en fait
plus. Un espace hostile, ou la vie y a peu d'importance. La notion de respect
de l'autre, et, par la meme, de respect de soi, est quasi exangue, malgre le
fait que les guatemalteques sont tout a fait charmant si on les aborde (pour
leur demander le chemin, par example). Dans cette ville, tout n'est que fureur,
fumee, laideur. Des camions, des klakons, des gaz d'echappement, des
embouteillages, des troittoirs sales et impraticables, des hommes se promenant
a moitie voire totalement nus, avec, comme unique manteau, une couche epaisse
de crasse, des odeurs difficiles, des batiments moscovites, tronant au milieu
d'edifices plus bas, tout aussi laids, et a moitie construits, ou a moitie
detruits... en un mot, tout les ingredients pour te faire prendre conscience
que tu es reelement dans un pays pauvre, tres pauvre, contrairement au Mexique,
qui, par comparaison, s'en sort beaucoup mieux. La nuit, les rues les plus
animees le jours sont des arteres desertes, tout est ferme, il n'y a pas
d'eclairage public, ou tres peu, et les mines sont peu engageantes. Tu rentres
dare dare a l'hotel, en priant, meme si tu n'es pas croyant.
Dans ce cyber, la musique est vraiment chouette. De la salsa cubaine, comme
j'aime. Ca faisait longtemps, ca me manquait. Je n'ai toujours pas danse depuis
le debut du voyage. Un peu paradoxal, non? Je dois me depecher d'arriver plus
pres de la Colombie.... Ca me manque trop!!!
Je continue:
Tikal. Un site archeologique majeur, avec des pyramides raides et hautes, depassant de la cime des plus hauts arbres de la jungle. C'est impressionnant Tikal. Il y a ces pyramides, des degres celcius, des
fourmis courageuses, du monde, des gringos, des scarabes geants, des oiseaux plus bruyants que les gringos, des francais plus bruyants que les oiseaux, trop peu de nuages, du soleil a revendre, meme si on ne peut pas l'acheter. Dommage qu'il y ait tant de monde, et qu'on ne puisse pas monter sur la pyramide en face, la plus haute, que je suis entrain de dessiner, assis en plein soleil, sous mon chapeau colombien, merci la Colombie. Je suis en manque d'informations historiques pour en savoir plus, alors, je dessine la pyramide. Une gringa s'est assise a cote de moi, une jeune fille, et elle me demande une feuille pour dessiner aussi. Ensuite, je parle avec elle en espagnol, incapable d'aligner deux mots d'anglais.
Visiter Tikal n'est pas une mince affaire. Il faut etre jeune, sportif, en bonne sante. Il faut avoir beaucoup d'eau sur soi, si possible a manger, etre bien couvert pour se proteger des tourments du soleil et de la jungle, et avoir de bonnes chaussures, l'ideal etant des chaussures de marche - que je n'ai pas
regrettees. Tikal est tres vaste, on y marche, on y gravit des pyramides, on les descend, on y nage (dans son propre jus), tant il fait chaud. Mais le depaysement est garanti. S'ecarter des ruines principales permet d'entendre les animaux, de les voir, et d'etre plus au calme. Les singes pausent pour les
photos.
J'ai une pensee pour Merlin, et je suis un peu solidaire: envolee ma libertad. SFR continu allegrement a me pomper mon fric, alors que j’ai officiellement resilie le contrat. Mon agence immobiliere ne m’a toujours pas verse le premier mois de loyer. Je n’ai aucune nouvelle d’elle, je ne sais meme pas s’ils ont trouve un locataire. Je suis parti un peu pour echapper a toutes ces conneries de demarches, de procedures,
et tout le bordel. Je ressens un peu l’impression que doit ressentir un fugitif qui essaye d’echapper a toutes sortes de mafias et qui decouvre un jour qu’on a retrouve sa trace. Envolee, la Libertad… Ca m’a mis de mauvaise humeur, le jour ou je suis alle consulter mon compte. C’etait juste avant Tikal, et
heureusement, Tikal a lave la chose tres vite. N’empeche que je ne sais pas comment ces deux vols vont se resoudre, car il s’agit bien de vols qualifies.
J’ai laisse mes amis hier matin. Ils continuent jusqu'à Toluca, et moi, je suis maintenant a Villahermosa, dans l’Etat de Tabasco, au Mexique de nouveau.
Nous avons parcouru ensemble plus de 4000 km. Maintenant, mon voyage seul commence vraiment. Enfin, ... seul... vite dit. J’ai tout de suite fait la connaisance d’un jeune espagnol sympa, de Murcie qui voyage seul aussi, en routard aussi, et qui va a Veracruz, ou je comptais aller. Nous irons mardi
ensemble. En attendant, pour faire des economies (les hotels ici sont chers), nous partageons la meme chambre. Ensuite, il doit aller a Toluca, justement, pour travailler comme volontaire dans un parc national un certain temps. Un routard, oui mais, la semaine precedante, il a fait une semaine de All-In a Cancun!!!! Decidement, cela ne fait que renforcer les dires de beaucoup d'entre vous a propos de la maniere de voyager: on est tous un jour un routard, le lendemain un gringo a Cancun... C'est comme ca.--
ATTENTION, ce qui suit ne doit pas etre lu par les archnophobes--
Hier matin, en reparant les roulements a bille de la voiture (une chewee, sorte de Clio trois portes, de chez Chevrolet), avec mon ami Rosendo, j’ai eu le loisir de faire connaissance avec ma premiere mygale en libertad. Elle se promenait tranquillement sous la voiture, a l’ombre, sur le tarmac du parking de l’aire d’autoroute ou etait notre motel. Une petite, genre grande comme une petite main, avec seulement 7
pattes, la pauvre. On l’a laissee se ballader, en gardant de temps en temps un œil attentif sur sa position, continuant a demonter les roulements. Puis a un moment, une famille de mexicains ignorant que c’etait une espece protegee, cedant aux pulsions arachnophobes de leur fille a ecrase stupidement et mechament la bete, sans assumer jusqu’au bout (c’est que c’est solide ces bestioles). La chose se tortillait encore de douleur, et ses pattes desolidarisees aussi. J’avais le cric dans la main… j’ai tue ma premiere mygale. Je n’aime pas voir souffrir. Mais il a fallu y aller, a dix reprises, sur chaque partie… Ca se
tortille longtemps. Ensuite, j’avais sur les mains un melange finement dose de cambouis, de poussiere, et de jus de mygale. Fameux. Je me les suis laves, quand meme, avant de partir, mes mains... Une scene typique de la vie mexicaine, quoi...--
FIN du passage delicat--
Voila, j’ai fait vite, un resume de resume, sans accents, et avec seulement quelques histoires non geantropiques, mais je me devais de donner de mes nouvelles sur ce forum.
Les discussions qui s'empilent par milliers dans tous les forums de ce forum me manquent, mais pour tout lire ce que j'ai en retard, il me faudrait maintenant une semaine entiere, ce n'est plus possible.
Geantropie, Vivre l'espace
http://geantropie.free.fr