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 | | | | | Les émotions contradictoires... Alan · 29 July 2007 à 9:53 23 messages · 10 participants · 5 081 affichages | | | | À: Alan · 6 August 2007 à 9:25 Re: Les émotions contradictoires... Message 21 de 23 · Page 2 de 2 · 2 035 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
l'amertume de la douleur
   .. | | | À: Alan · 4 September 2007 à 5:09 Re: Les émotions contradictoires... Message 22 de 23 · Page 2 de 2 · 1 926 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
Les émotions contradictoires.
D’après la carte routière j’arrivais sur la portion de route d’entrée au désert. Une très longue bande de bitume cachait sa longueur dans l’horizon encore brumeux en ce matin d’automne. Tout était plat à des kilomètres à la ronde. J’ai voulu goûter au silence et me suis arrêté un moment au bord de la route pour capturer une impression, comme quand on se trouve devant une porte inconnue sur laquelle on doit frapper. Elle s’est ouverte sur l’émotion du vide, au fond d’un océan disparu.
Au bout de cette interminable ligne droite j’ai deviné une multitude de traces de voitures bifurquant sur la droite en plein dans les sables. J’ai d’abord cru que ce n’était qu’une aire de jeu pour 4/4 et j’ai relu ma carte. Malgré la difficulté de terrain je devais m’aventurer sur ce terrain pour rejoindre la fameuse dune. Un kilomètre et déjà un premier ensablement. Rien de bien alarmant si ce n’est un avertissement à plus rouler sur les traces laissées par les plus larges roues. Deux kilomètres et deuxième ensablement. La situation est plus sérieuse car ma voiture était posée sur le fond de caisse. Je m’attendais à pareille situation et c’est pour ne pas la vivre sous le soleil brûlant d’après-midi que je voulais faire cette route le plus tôt possible le matin. Après un rapide tour de la situation j’ai ouvert le coffre de la voiture pour sortir la pelle. Devant l’ampleur des travaux et ma crainte de la chaleur elle m’a paru bien petite. Rien ni personne aux alentours si ce n’est le vide qui me livra ma deuxième impression, le vertige. Je me suis cramponné à ma pelle et l’ai bien planté dans le sable pour m’atteler à ma tache. Le dos courbé le regard dans le sable, je découvrais que les roues avants étant non pas dans du sable mais dans une flaque de poussière fine. Au bout de trois ou quatre pelletées je lève à peine la tête pour prendre une bouffée d’air et que vois-je ? Deux jambes et un vélo posé à terre. Une fraction de seconde j’ai pensé que le soleil m’avait déjà entamé et j’ai pas cherché à voir si ses jambes étaient celles d’un humain campé dessus. Sans plus de surprise je me suis mis à parler tout seul tout en continuant à creuser. Quitte à être dans un rêve ou un mirage autant en profiter pour divaguer et dialoguer sans perdre son but, merci St Ex. Bonjour, Salam mon frère, Qu’est ce que tu fais là avec un vélo ? Attends, donne moi la pelle et mets une casquette. Qu’est ce que tu fais là avec un vélo et d’où tu sors, tout est plat ici et je t’ai pas vu et je t’ai pas entendu arriver ? Au bout d’un quart d’heure la voiture était sur les rails des autres traces mais je n’avais pas encore de réponse à mes questions.
Après avoir bu un coup il me demanda les clefs de la voiture et la permission de placer son vélo dans le coffre juste le temps de me conduire à un minuscule cabanon tout prés. De ce cabanon invisible il surveillait les infortunés comme moi pour les dépanner et aussi ‘les rabattre’, les inviter à le suivre chez des amis à lui qui tenaient pensions et proposaient des randonnées dans le désert. Pour que sa journée lui rapporte plus de touristes, j’ai joué le jeu à attendre avec lui d’autres infortunés. Ce prince des sables passait ses journées à attendre les bougres comme moi pour former des convois et conduire son monde à un gîte. Il m’a emmené dans un lieu fort accueillant mais j’étais le seul touriste pour la randonnée dans les dunes. Dans l’après-midi, un autre rabatteur ramena un couple de jeunes et les palabres pour les convaincre de rester dans la pension s’engagèrent. Cet autre rabatteur me semblait moins convainquant que celui que j’avais rencontré. J’ai tendu l’oreille pour suivre les débats et éventuellement intervenir pour traduire certaines phases qui posaient problème. Ce rabatteur, qui avait des difficultés en français, n’arrivait pas à convaincre le couple de rester pour la randonnée. Il s’adressait souvent aux responsables du gîte pour qu’ils viennent à son secours. Je comprends très peu l’arabe mais je devinais qu’il était en train de les entourlouper pour les forcer à rester et les maudire de lui faire perdre sa prime sur la course s’il partait. Je lui ai adressé un regard pour lui faire comprendre que je n’approuvais pas ses méthodes. Je commençais à douter du bon accueil. Moi aussi je voulais partir et j’ai prévenu de mon intention. Les responsables du gîte se pliaient en quatre pour me retenir. Je comprenais que la situation était délicate et perdre une randonnée aurait creusé un trou dans le budget du gîte. Le mauvais rabatteur n’arrivait pas à convaincre le couple de rester. Cela voulait dire que la randonné n’aurait pas lieu avec moi seul. Je me suis dirigé vers la cuisine pour répéter au grand chef que je mangerai comme prévu et reprendrai ma route après le repas. Il est bien connu que quand on va au restaurant il ne faut pas passer par les cuisines et je passe ici sur les conditions de préparation des repas qui me décidèrent davantage à ne pas séjourner longtemps en ce lieu. Pourtant, la maison n’étant tenue que par des jeunes, j’avais envie de les encourager à persévérer dans leur entreprise. J’ai pris sur moi d’accepter au moins de manger sur place. La situation était perdue, le vilain rabatteur n’avait pas convaincu ses clients à rester et je me préparais à les suivre ou me porter à leur secours s’il continuait à être harcelé de mauvaise foi et à endurer des propos irrespectueux, en arabe pour qu’ils ne comprennent pas... La randonnée n’aurait pas lieu qu’avec moi pour client et je sentais bien que le jeune couple se résignait à partir à regret, puis il me vînt une idée. Gonflé comme personne, discrètement, j’ai proposé au responsable du gîte de rattraper le coup à la condition que le mauvais rabatteur s’en aille. Il s’est vite éclipsé et j’ai suggéré au couple de prendre une douche avant d’éventuellement partir. La maison la leur offrait. Pendant ce temps j’ai pris mon repas en essayant d’avaler tout en oubliant ce que j’avais vu dans les cuisines. La poésie du tajine me réconforta. A la fin du repas le rabatteur qui m’avait mené jusque là revint en compagnie d’un autre couple. De sa simplicité émanait une belle sincérité et la bonne humeur explosa quand les jeunes revinrent de la douche. Heureux du rafraîchissement et au vu de la nouvelle ambiance tout le monde s’est décidé à rester pour la randonnée dans les dunes. Avant de partir de cet endroit j’ai refusé une ristourne sur le tarif et j’ai offert mes super tong de marche au plus jeune des guides. Il en rêvait tout au long de la randonnée, les siennes étaient faites avec un morceau de pneu de voiture. Il a eu aussi droit à une fine chemise et un short.
Les émotions contradictoires, en reprenant la route pour rentrer sur Marrakech, au beau milieu de la très longue ligne droite et en plein soleil, alors que je commençais à ne plus faire attention à la route, il surgit du creux du fossé un enfant pas plus haut que trois pommes. Par acquis de conscience je me suis arrêté. Il m’a juste réclamé des stylos. Je lui ai aussi laissé une bouteille d’eau et des biscuits. Les émotions contradictoires, il en surgit dans le désert dés que l’on s’arrête. A croire que St Saint-Exupéry en a trouvé la porte du réel. Un peu plus loin, juste avant d’arriver à Marrakech, il m’en est arrivé une autre plus cocasse. A suivre car je suis trop long. Jusqu’à aujourd’hui je n’avais pas écrit grand-chose à propos d’un séjour au Maroc effectué il y a quelques années. J’ai commencé à penser à relater ma première visite au désert pour donner mes impressions sur ce lieu à une personne sur le site pour tenter de la défaire de ses réticences et l’encourager à s’y rendre dés qu’elle le pourra. Je ne savais pas comment lui parler de certaines situations et je ne voulais pas parler de 'peur', les émotions contradictoires va excellemment bien. Merci Alan, à plus loin, | | | À: Mohrice34 · 8 September 2007 à 17:08 Re: Les émotions contradictoires... Message 23 de 23 · Page 2 de 2 · 1 875 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
Tu parles pas de peur là, et tu parles même trés bien du désert tel que l'on aimerait le découvrir...... je pense que l'on est plusieurs à vouloir connaître d'autre de tes " émotions et impressions "...... alors lâche toi et merci pour tes écrits....... | Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires All rights reserved © 2026 MyAtlas Group | 21 123 visiteurs en ligne depuis une heure! | |  |
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