(An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
J'ai commencé à utiliser couchsurfing en 2007. A cette époque, le site était basé sur trois convictions :
1) le monde fonctionne mieux quand on part du principe que chaque personne, même si elle vous est inconnue, est a priori bienveillante, respectueuse et digne de confiance (apprendre à l'être soi-même de manière inconditionnelle est déjà une première étape...)
2) ceux qui le peuvent donneront volontairement de leur temps ou de leur argent pour faire fonctionner un site en lequel ils croient
3) il existe un grand nombre de personnes qui souhaitent héberger gracieusement des voyageurs, pour le plaisir, la beauté et les enseignements que vous apportent une rencontre.
Bilan : un succès gigantesque.
Tellement gigantesque que certains ont vu le moyen de faire de l'argent avec cet énorme réseau ainsi constitué. L'organisation à but non lucratif est donc rachetée en 2011 pour devenir une société.
J'ai ouvert mon compte à l'âge de 21 ans ; j'étais une jeune fille qui démarrait ses voyages en solo. Idéaliste, sans être naïve, j'ai commencé surtout en hébergeant des voyageurs du monde entier dans mon petit appart parisien (plus d'une centaine de personnes). Des voyageurs seuls, des couples, des groupes d'amis, de tous les sexes, religions, origines, orientations sexuelles.
Imaginez la vitesse avec laquelle vous découvrez le monde et la diversité des gens qui le compose !
Je n'ai eu que de bonnes expériences et la majorité a eu un impact inestimable sur ma vie et ma vision du monde. Evidemment, on apprend vite qu'il existe autant de façons et de raisons d'utiliser ces réseaux que de membres : il suffit d'apprendre a les décoder et à décider où sont ses propres limites.
Aujourd'hui, j'ai 32 ans et je continue à voyager en solo grâce à ces réseaux. La difficulté à trouver un hébergement me pousse à plutôt rencontrer des personnes en journée, pour visiter une zone ou boire un verre.
Lorsque ce n'est pas le cas, j'ai l'impression d'avoir manqué ma destination et d'être restée dans un monde parallèle.
Evidemment, Couchsurfing a beaucoup changé, principalement à cause des changements de fonctionnement et de politique du projet.
- Pousser les membres à prendre un abonnement au lieu de les laisser décider volontairement de soutenir le projet - donc les déresponsabiliser
- Limiter les contacts à 10 personnes par semaine, SAUF SI VOUS HÉBERGEZ, auquel cas vous avez 3 mois d'abonnement gratuit - ce qui est à mon avis un non sens total, puisque, croyez-moi, vous n'avez pas envie d'être hébergé par quelqu'un qui n'a pas vraiment envie d'héberger un voyageur... alors imaginez quelqu'un qui le fait par nécessité parce qu'il souhaite lui même voyager !
- Professionnaliser l'équipe et avoir un objectif de rentabilité - à nouveau déresponsabiliser et désolidariser les membres du réseau en supprimant l'aspect participatif du projet, qui a mon sens est un élément déterminant de sa réussite.
Et j'en oublie surement.
Mais pour les déçus de la tournure qu'a pris le projet, il existe des alternatives, qui sont entièrement gratuites et qui le resteront, qui sont gérées de manière bénévole par des passionnés (dont votre dévouée) : BeWelcome, Trustroots, Warmshower pour les cyclistes... (malheureusement Hospitality Club s'est arrêté).
Au plaisir de vous y rencontrer.