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Bonjour Heribiscus et Tigrou11,
Je suis heureuses de voir que certains échanges puissent apporter de l'information à ceux qui en ont besoin, dans ce genre de situation, c'est très sécurisant.
Pour répondre à tes questions Heribiscus :
Oui mes démarches ont pris 8 mois après la date du mariage. Cependant, les papiers d'immigration ont été envoyés au début septembre et il a obtenu son visa au début février donc le vrai délai fut de 5 mois pour une décision finale. C'est très court, j'ai eu beaucoup de chance mais aussi, ma relation n'était pas très récente et j'avais un très bon dossier à présenter pour valider la véracité de cette relation. Alors je crois que c'est ce qui a aidé.
Pour ton invitation, je te le souhaite honnêtement puisque c'est de loin la meilleure chose à faire mais, je connais même des gens mariés qui ont essayé avant de faire le processus d'immigration et ce fut refusé. Je suis aussi surprise que ça ne coute que 75$...oui à l'Ambassade Canadienne pour la demande de Visa, mais tu dois faire une lettre d'invitation légalisée au Consulat aussi, et celle-ci coute environ 300$ non? A moins que tout cela ait changé, ça fait cher pour un refus. Informe toi bien si tu ne veux pas engager trop de frais.
Concernant l'adaptation de mon conjoint, je serai honnête : C'EST EXTRÊMEMENT DIFFICILE et on ne peut s'imaginer tout ce qu'ils doivent affronter avant de le vivre live. Je ne peux même pas l'expliquer dans les détails tellement ça se vie et je manquerais de temps aussi. Ils sont des efants totalement démunis en arrivant ici et ne peuvent fonctionner seuls avant longtemps.
C'est un choc énorme pour eux, de par la culture tellement différente, le stress et la rapidité de vie, la technologie et surtout la famille qui est loin. Les cubains vivent en famille, bien souvent plusieurs dans la même maison toute leur vie. Après 30 ans de vie commune avec ta famille, te retrouver loin d'eux, dans ce contexte si nouveau, comme sur une autre planète n'est pas chose facile. Donc il se bat chaque jour pour persévérer et tenter de se sentir mieux.
L'adaptation au travail est aussi extrêmement difficile. Peut importe la préparation qu'on leur fait à
Cuba concernant la vie ici, ce qu'on peut leur dire, ils n'ont pas de barème pour vraiment évaluer l'ampleur de la situation, c'est seulement en le vivant qu'ils peuvent le réaliser et l'affronter. Moi je vous dis, si un Cubain (avec de bonnes intentions et un vrai amour) savait vraiment ce qu'il l'attend ici, il ne viendrait peut-être pas, je vous assure. Ils entendent toute sorte de choses au fil du temps par vous, les touristes, les cubains ayant ces expériences et se font d'énormes attentes et des opinions qui ne sont pas réeles ou à court terme impossible et BANG, quand ils arrivent ici, ils réalisent la vraies game.
Mon chum travail depuis sa 2ième semaine ici, il en est à son 3ième job. Il a passé par toute sorte d'émotion, de découragement, d'obstacles et il en combat un grand en ce moment, je m'explique : puisque son but était de travailler dans la construction, j'ai fait des pieds et des mains pour lui obtenir une garantie d'heure en construction, lui permettant d'avoir une carte de compétence comme journalier. Les règles sont rigides ici au
Québec pour cela et c'est l'unique façon d'avoir accès à la construction. Je lui ai obtenu cette garantie, il a son permis temporaire en attendant l'ouverture des bassins pour avoir un permis permanent, mais dans la job à peu près la plus difficile à faire soit : en décontamination d'amiante. Certe très payant, mais combien difficile, puisqu'ils sont habillés de la tête au pieds avec un masque complet avec assistance à la ventilation, tout cela pour travailler toute une journée. Il doit même prendre sa douche en sortant du chantier, pour s'assurer de ne pas conserver des résidus d'amiante, le midi pour le lunch et le soir en finissant. C'est malheureusement très difficile pour lui, puisqu'il ne "feel" pas bien avec le masque complet au visage, il suffoque un peu pas mal. Mais il veut combattre, pour le salaire et pour obtenir son 150 heures et sa carte puisque par la suite, il pourra travailler pour n'importe quel compagnie comme journalier ou journalier spécialisé.
Etes vous en mesure de vous imaginer le combat qu'il fait chaque jour? Il ne tolère pas ce masque mais se pousse à y aller quand même.
Associer cette épreuve à une vie à mentalité canadienne, le point de vue monétaire (ce que coute la vie ici et la culpabilité d'être ici, bien munis et de savoir les siens manquant de tout), l'intégration à votre vie de couple au quotidien dans un environnement totalement différents, la famille qui lui manque énormément, la pression de tout côté pour assimilier et fonctionner...je vous dis les filles qui attendez votre mari : n'attenez pas l'idyle amoureux les premiers mois, vous allez tomber de haut. C'est minimum un 6 mois sur un fil de fert à tenir son équilibre et je n'en suis qu'à 2 mois et demi.
Je ne sais pas s'il passera à travers tout cela, c'est un jour à la fois. C'est un homme extrêmement courageux et sensible mais il se met beaucoup trop de pression et c'est peut-être cela qui le tuera en bout de ligne.
Bien sur, dépendant des personnalités de chacuns, les réactions peuvent être plus ou moins facile à vivre, mais dans l'ensemble, c'est une grosse game dont on ne connait pas l'issu et qu'on ne peut vraiment imaginer l'ampleur avant de le vivre.
Je continue de supporter mon mari du mieux que je peux. Il me respecte, je le respecte. S'il continue à être malheureux de la sorte et qu'il a le désire de retourner auprès des siens, j'accepterai cette décision au risque d'en souffrir.
Je ne regrette rien de cette histoire, je la surmonte un jour à la fois au meilleur de moi même et je sais qu'il fait de même. L'avenir me dira le reste.
Concernant ton chum Heribiscus, le fait qu'il est ingénieur pourrait causer un problème, je sais que pour les médecins, c'est quasi impossible. C'est plus à lui de voir au niveau des autorités cubaines. Pour ce qui est de travailler ici dans son domaine, surment pas au début et une équivalence des diplômes devra être faite en premier lieu. Pour la suite, c'est à l'immigration que tu devrais t'informer.
POur le fait d'être fonctionnaire, je travaille dans un hôpital (fonction publique québécoise). Je ne crois pas que cela m'ait aidé, je ne pense pas. La durée et la fréquence des visites sont plus de bons atouts pour un dossier passant facilement.
J'arrête ici, je ne veux décourager personne, je veux seulement être réaliste quant aux enjeux...ça demeure tout de même une magnifique expérience dans mon cas, puisque j'ai une excellente personne dans ma vie.
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