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Petites galères cubaines... qui finissent bien !
Un soir au début des années quatre-vingt. Mon vol arrive très tard à
La Havane... et je "vestibule" devant le tourniquet, qui tourne, tourne, tourne... pas de valise (et donc pas de cadeaux à distribuer dès le premier soir à la famille) ! Un saut au bureau des objets égarés, description laborieuse, données personnelles pour qu'ils puissent m'appeler ou vice-versa (la chance d'avoir un téléphone qui marche...), etc., bref, la procédure classique ! L'ennui, c'est que l'aéroport est à 20 km et qu'il faudra impérativement y revenir lorsque mon précieux bagage sera arrivé. Une attente quelque peu anxieuse s'installe, un jour, deux jours, j'appelle régulièrement pour savoir si... Enfin, le troisième jour, une lueur d'espoir. Va donc pour l'aéroport (je ne vous dis pas la persuasion qu'il a fallu, malgré un papier dûment tamponné, pour accéder au fameux bureau, situé en-deçà de la douane !). Mine de rien, ma valise m'attend bien tranquillement dans un coin, elle a un petit air tout à fait innocent. Je réalise aux rires des douaniers et à leur commentaire "Tienes una maleta dissidente" (tu as une valise "dissidente") qu'elle est allée faire un crochet.... par
Miami ! L'histoire a acquis une certaine célébrité...
Fin des années soixante-dix. Mon vol arrive tard à
la Havane. Il y a beaucoup de monde devant les guichets de l'immigration (j'ai toujours l'impression d'être dans la file qui avance le moins vite !). A l'époque, il fallait une réservation d'hôtel pour entrer dans le pays. Pas de problème, j'ai loué une nuit à l'hôtel Lincoln, le plus économique. Ensuite, on verra. Ca passe... tout va bien. Mais je n'avais pas informé de mon arrivée, donc personne ne m'attend. A l'époque, le dollar n'était pas légalisé et les Cubains n'avaient absolument pas le droit d'en avoir - même un - en poche. Idem pour les transports, je dois donc payer mon taxi en pesos, impossible à changer ailleurs que sur place. Saut au guichet de change de l'aéroport... qui est fermé ! J'avise un vieux taxi avec un vieux chauffeur, je lui explique le problème. Il me gratifie d'un "veremos" (nous verrons) et me véhicule sans encombre jusqu'au Lincoln. Il est près de 2h00 du matin... Il m'accompagne à la réception et nous tentons de convaincre le caissier à moitié endormi de lui régler la course en pesos, je rembourserai demain matin dès que le bureau de change de l'hôtel sera ouvert et aura pu m'échanger mes précieux billets verts.... Finalement, il accepte de mauvaise grâce. Mais je suis quand même une cliente... Je crève de soif. Le bar est fermé (pensez-vous, à cette heure !). On m'attribue une chambre, au 2e étage, l'ascenseur est en panne et ma valise est lourdre. Mon premier geste, me rafraîchir un peu. Pas d'eau ! Il faut croire que tous les saints se sont ligués contre moi... Je tente une sortie pour essayer de trouver un sceau d'eau quelque part. Un vieil homme est en train de nettoyer le couloir. Il doit me trouver un peu agitée, me demande "Que pasa ?"... et je lui sort tout d'un trait, sans respirer - pas de pesos - rien à boire - pas d'ascenseur - pas d'eau au robinet- etc. Et je rentre dans ma chambre, un peu confuse d'avoir "déballé" mes problèmes devant lui, qui n'en peut rien, le pauvre. Vingt minutes plus tard, on toque discrètement à ma porte. C'est le vieux Monsieur. Dans sa main gauche, un sceau d'eau pour la salle-de-bain, dans sa main droite... une merveilleuse limonade citron pressé à la minute, délicieusement fraîche ! La bise que je lui ai faite à du s'entendre dans tout l'hôtel...
