(An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
Bonsoir en retour,
Michel,
"finesse de la taille" mais lourdeur de l´esprit, tu peux le dire! On s´en fout.
Aux nouveaux venus sur le plateau des "Voyageuses", on a tendance à dire "Bienvenue" en leur donnant la primeur d´un portrait, d´une nouvelle ou d´un bout de "récit..."
Excuse là, Michel, si je fais exception à notre règle d´hospitalité... et que je dédie ce bout là à
Gitanita, qui hier a demandé la première et et qui avait comme un petit bout de cafard....
A toi Gitanita donc, comme promis:--
Suite du récit des voyageurs des temps modernes (fin de la IIème partie)
Préambule Jour J :
Et voilà. Un 1er Février de plus sans neige à
Munich. Ca devient lassant.
Le premier jour du mois touche à sa fin et la
partie II du "récit..." par la même occasion.
Au fait, je m´absente une bonne huitaine de jours... du forum, mais pas de Bavière.
Autant dire que vous allez tous me manquer, bien plus que les protagonistes du "récit..." (et je ne parle même pas de Y-qui-vous-savez !).
J´espère que vous prendrez bien tous soin de ce post et que vous en profiterez pour dire du mal de Glatch !
En attendant, Francois me harcèle.
Jusqu´au
Yukon, y a pas... faut bosser.
Alors on y va.--
Le chalet a retrouvé son âme.
Le bois des poutres s´étire en craquant. Le bois dans la cheminée craque en brûlant.
Yann ( (ndlr : quelle désolation, ce foutu dernier jour)) n´est pas plus tenté que ça par une bouteille de vin. Il décapsule une canette de bière en s´aidant de l´angle de l´immense table en sapin ( (ndlr: un bonheur de convivialité, ce serait parfait pour nous tous, les amis!))
Dajmel, l´estomac enfin rempli, pour la première fois de la journée, fait de même.
Il scrute Yann en espérant un petit semblant de début de parlotte.
Mais rien ne vient.
On entend le le feu crépiter et la charpente qui continue à travailler.
Le regard sombre de yann flotte, hagard et semble s´être égaré dans un dédale obscure.
« - Ca va aller, Patron ? Tu vas pas commencer avec ce genre de conneries ! Alors, on l´attaque quand cette barbouille ? Attends, ce n´est ni la chaine ni même les 35 heures chez moi ! On y va piano-piano...
( (ndlr : tout est douceur dans cet homme...))
Demain, on s´acclimate... et on va acheter du vernis. Et on peut savoir comment on s´a-ccli-mate ? Pour commencer, gros dodo ( (ndlr : hmmmm, sous la couette....)). Ballade en forêt, salut aux sapins, café chez le Jean. C´est le bistrot qu´on voit d´ici, sur les hauteurs. Enfin, d´habitude, parce que là avec le temps et surtout la nuit... J´le kiffe, ton programme, Patron. Si seulement t´avais d´la bonne Zique. J´sais pas, moi, Rai, RnB, Zouk... Ben, à défaut, essaie d´adopter la mienne et laisse toi porter. Ouais, je peux tenter le sacrifice... je promets rien. Tu reprends une bière ? Okay. Excepionnellement. C´est ça, on va dire « exceptionnellement ». Te vexe pas, t´as l´air en ligne droite comme mec, mais, c´est comme si tu venais de te prendre une rembarde ! Ya de ça en effet.... Une « babe » mortelle ? Non. Une « babe » morte
( (ndlr : Ouh là, aucune perversion de ma part. Je me mets dans la peau d´une conversation entre deux hommes. C´est pas mon job dans la vraie vie, donc je fais ça très mal))
Oh ! putain la douleur. Excuse. Tu pouvais pas savoir. Non, j´suis pas une encyclopédie de psycho. Et toi, cette belle gosse... qui s´est évaporée ? Ben, apparemment, elle a kiffé un gros malin qui fait plus d´oseille en un jour que moi en deux semaines, weekends travaillés compris. L´homme de sa vie matérielle, en quelque sorte ? On peut le dire. Au vu de mon compte en banque, j´étais condamné à l´échec. Et, elle a un nom, cette douce créature, détachée du patrimoine ? Hélène Tiens donc.... »
Avant d´éteindre les lumières, quasiment avant qu´un nouveau jour ne se lève, exit la brume et la pluie fine, et Djamel (le Rebelle) a raconté à Yann (ce Seigneur !) son enfance de fils d´émmigré dans la cité, les barres en béton, les terrains toujours trop vagues, les courses de keufs, la reconnaissance de l´accomplissement parental, les barrières à sauter, les rêves de gosse qui n´ont de cesse de s´évaporer en fumée de shit... qu´on s´interdit de vendre pour réussir la mission : celle de se construire un avenir. La détermination inébranlable, inéluctable de parents, venus du bled, contre celle révolutionnaire, mécréante, des enfants nés dans le ghetto, portant á bout de bras le drapeau francais de Zidane comme un mythe sans ailes.
Djamel et Yann se sont couchés sans touver le temps de mettre un pyjama, ni d´enlever les chaussettes bien trop provoquantes à l´autre extrémité des corps, comme anéantis.
La première clope de la journée, la baguette croustillante, les sapins fidèles qui frissonnent de plaisir pour ces retrouvailles inattendues, les blagues du Jean à l´apéro (trop tard finalement pour le café, la prochaine fois peut-être) aidant, la douleur lancinante de Yann commence à s´estomper, le tableau triste et pastel de Djamel reprend de la couleur. Hélena et Hèlène promènent leurs ressemblances et leur féminité sur la combe d´Anchez, laissant planer une étrange lueur sur le pays du Grandvaux.
Yann se rappelle le coup de fil sympa de Gérard. Et sa promesse de venir aux nouvelles. Avant de rentrer chez le grossiste en peintures et vernis, pendant que Djamel parle en sms avec un de ses frères inquiets, l´homme de mes rêves, ( (ndlr : pardon de cette incursion, de ce lapsus!)), Yann essaie de joindre le futur père, mari, homme rangé.
« - Gérard, c´est moi, Yann. Tiens, je pensais justement à toi. Quel effet te fait le Jura ? Comme d´habitude. Il remet son homme sur pattes. Et toi, tu as avancé? Ne m´en parle pas ! Elle a dit non ? Non. Mais j´ai bien cru. Ce cirque hier ! Je t´écoute. Mado devait rentrer du boulot et de son cours de gym. Je recois un texto, alors je cite: « je reviens avec un nègre dans 5 minutes ».
Yann retrouve son rire des grands jours ( (ndlr : no comment)).
« - Et alors ? Fais pas durer le suspense ! Alors, elle a fait un pot au bureau pour son départ, bu deux verres de Kir Royal ( (ndlr : pardon Gitanita, Choucarde)). Son patron lui a offert une statuette en bois, de l´art primitif gabonais ( (ndlr : moi adorer)), superbe. Et Mado ne l´avait pas encore appréciée à sa juste valeur, d´où le texto... Excuse moi, je ris, c´est nerveux. Et alors ? Alors, je lui ai demandé si elle envisageait, au cas où, un ménage à quatre: elle, la petite, la statuette et moi. En réponse j´ai eu droit à un quasi passage à tabac. Pour résumer, si j´avais attendu une semaine de plus, elle se métamorphosait en mère célibataire et déménageait en colocation ! T´as eu chaud ! Ca dépend comment on voit la chose... je plaisante bien sûr. Bon t´es mon témoin. Rendez-vous le 20 février sans cravatte. On fera simple. »
( (ndlr : Vous avez noté ? ca va ? ca ne concorde pas avec un anniversaire VF, prévenez-moi, il est encore temps !))
On finit plutôt sur une note plutôt gaie, non de non !
Comme j´ai en horreur les Zaurevoirs, abrégeons....
L´avant-dernier mot, ce soir, au Roi Jamel « le Rebel » :
« On est né ici, on est des iciciens »
Que de reflexion ce soir sur VF !
Mon « Ici » à moi, c´était la Duch´, banlieue chaleureuse (j´ai pas dit « chaude ») de
Lyon. Bonjour en passant (j´ai le droit ? ca dure une seconde) à tous ceux et toutes celles de ma bande, les plus ou moins footeux, les plus ou moins rebelles que j´ai beaucoup perdu de vue !
Et pour finir finir en beauté, voici ce que j écoute en fond-à-fond ! (fon fon) :
« La nuit promet d'être belle car voici qu'au fond du ciel apparaît
La lune rousse
Saisis d'une sainte frousse, tout le commun des mortels crois voir le
Diable a ses trousses
Valets volages et vulgaires, ouvrez mon sarcophage et vous pages pervers courrez au cimetière
Prévenez de ma part mes amis nécrophages que ce soir nous sommes attendus
Dans les marécages.
(....)
Vampires éblouis par de lubriques vestales, égeries insatiables chevauchant des valkyries,
infernal appétit de frénésies bacchanales qui charme nos âmes envahies
par la mélancolie. »
Extrait de Jacques Higelin (« Champagne »)
Bien à vous