Mon impression, basée sur les commentaires de touristes venant ici et sur mon expérience de touriste à l'étranger.
Il faut d'abord bien comprendre que ce qui intéresse l'étranger n'a souvent aucun rapport avec ce qui intéresse le local. Les québécois sont souvent agaçés que les français ne parlent que de nos grands espaces et veulent tant voir des indiens. Mais, j'ai vécu des expériences semblables à l'étranger : un péruvien m'a apporté au centre commercial de Miraflores, possiblement agaçé d'entendre parler de ruines incas. Hum... On ne fait pas une dizaine d'heures de vol pour voir ce qu'il y a à une heure de route de chez-soi. En général, le touriste cherche ce qui est différent. C'est d'ailleurs pour cela que je rigole quand on nous parle de construction de casino pour attirer les touristes : des casinos, il y en a partout !
Deuxièmement, il faut miser sur la qualité. Il est assez bien établi qu'en période de récession, les ventes de Rolls Royce diminuent moins que celles de Néon. La qualité, c'est le moteur de toute industrie, quitte à laisser ensuite se développer des offres à rabais en périphérie pour les touristes intéressés par le produit vedette mais ayant un budget limité.
Bon, faisons un peu de millage sur ces idées. Il y a environ un an, Radio canada présentait un reportage sur l'offre de tourisme nature au Québec et ses difficultés. Ils montraient notamment des entreprises de randonnées en motoneige qui souffraient d'un manque de connection avec les villes centrales et se plaignaient que tout le soutien gouvernemental allait vers celles-ci. Quelques réflexions que je me suis fait : D'abord, quelle est la qualité du gite offert ? Le désir de profiter du plein air ne veut pas dire qu'on ne veut pas profiter du confort quand on se repose le soir. Il faut avoir toutes les commodités, notamment des connexions internet ( aucun tourisme ne voudrait être sans contact avec la maison aujourd'hui. Plus important encore, la qualité des repas. A cet égard, regardez la qualité médiocre de ce qui est offert dans nos cabanes à sucre. Ca ressemble bien plus à des cafétérias d'usines qu'à une expérience gastronomique. Rien que de produire son pain sur place, avec l'odeur qui embaume le gite, c'est déja un plus pour le touriste.
Ensuite, la formation des guides. Quelles sont leurs connaissances linguistiques ? Sont-ils capables de communiquer minimalement dans d'autres langues que le français et l'anglais ? Offrant du tourisme nature, quelles sont leurs connaissances floristiques, ornithologiques, de la faune et de la géologie ? Que savent-ils des cultures autochtones ? Quelles sont leurs connaissances et leurs moyens en terme de sécurité ? Sont-ils capables de prodiguer les premiers soins et ont-ils des ententes et des moyens de communication pour évacuer un blessé plus grave ?
Il faut développer les marchés. Savez-vous c'est quoi le Canada pour les japonais ? Ca se résume aux Chutes Niagara ! Pourtant, les japonais sont fous de nature et ont une certaine fascination pour la culture française. Mais, ils veulent de la qualité et sont prêts à payer pour. Ce n'est qu'un exemple entre autre, qui devrait être articulé avec des statistiques sur le tourisme en provenance de plusieurs pays, incluant la Chine, dont les ressortissants voyagent de plus en plus.