Loin de généraliser, je donne ma vision des choses et pense avoir assez d'expérience en la matière pour pouvoir me le permettre. La règle n°1 est de ne pas être un client anonyme dans une agence lambda. J'ai réussi à me faire des amies des membres de mon agence au point qu'on se tutoie depuis longtemps; ce sont des personnes très compétentes qui sont heureuses, en tant qu'amoureuses du voyage, de parler de vraie bourlingue, de prendre du temps de choisir du vol sec, de pouvoir enfin faire autre chose que de vendre du Tour Operator ou du Parc d'attractions à longueur de journée.
Amadeus n'est pas un choix délibéré des agences, je pense qu'il est imposé sous peine, pour ces agences, de se retrouver hors jeu; je n'en fais d'ailleurs pas la pub, je parle simplement de son mode de fonctionnement en temps réel sachant que c'est une véritable usine à gaz qui use les nerfs des utilisateurs. Condor y est parfaitement répertorié, il suffit que la personne veuille bien chercher.
Je ne dis pas non plus que les compagnies de notoriété mondiale sont les meilleures, je parle de la qualité des prestations qui demande qu'on s'y attarde. Les plus chers et les plus connus ne sont pas forcément les meilleurs mais il ne faut pas non plus dire que ce sont systématiquement les plus mauvais. Ainsi tous ceux qui ont testé la ligne que j'emprunte régulièrement ne veulent plus entendre parler de notre "cher" transport de bétail national; tout le monde préfère les concurrents après avoir comparé les services et la qualité d'accueil à bord. Pour ma part j'ai une nette préférence pour UU (les curieux devineront quelle compagnie détient ce code) qui a une excellente politique commerciale; quand on arrive avec des animaux qui font monter le surpoids à 83 kilos et que, spontanément, la personne de la compagnie qui supervise les enregistrements baisse ce poids à 35 kilos on ne peut qu'être enclin à faire de la pub pour ces gens là. En dehors de cet aspect particulier j'affirme qu'il vaut mieux débourser un peu plus si la qualité en dépend. Ceux qui font des 14 heures d'avion sur des voyages de 30 heures me comprendront!
De plus Internet est accessible de chez soi pour un voyage touristique mais, quand on est en vadrouille à l'étranger, il doit être hasardeux de faire ses résas depuis un cyber café! Et si certains habitués savent fort bien déjouer les pièges possibles, d'autres moins expérimentés auront peut-être besoin des garanties d'une agence.
Qu'on ne me prenne pas pour un assisté encadré, badgé; j'ai quelques centaines (je dis bien centaines) de milliers de kilomètres dans les pattes, à pied, en cargo, en aéroplane, en stop, en taxi brousse dans bon nombre de pays. Je n'ai jamais utilisé de ces guides branchés qui insultent la notion même de routard, je me suis toujours débrouillé à l'improviste. J'arrive, je découvre sur le tas et apprends. Je suis un anonyme qui ne se la joue pas aventurier dès qu'il sort pour quelque temps de son train train rassurant.
Je me souviens, par exemple, d'un vol en Antonov 12 de "Guinée Air Force" (carrément!) entre Conakry et N'zérékoré, vol acheté pourtant à l'agence officielle de Air Guinée de Conakry, obtenu après 10 jours de patientes tractations et un modeste bakchich de 5 FF pour "frais de réservation" venant s'ajouter au dernier moment aux 45 FF que nous coûtaient ces 900 kilomètres… En toute illégalité bien sûr, mais c'est ça le voyage et la démerde, hors des circuits classiques, voir vraiment autre chose loin des chemins (trop) battus. Hé oui, juste après la mort de Sékou-Touré, en 1985, les toubabous étaient plutôt rares dans ces coins là et ne doivent pas encore y être nombreux de nos jours… Les plages de Casamance avec un guide de poche "qui sait tout", où figurent les bonnes adresses incontournables ça m'a toujours fait rigoler en même temps qu'attristé. Le seul usage que je leur reconnaisse à ces bouquins c'est d'indiquer les endroits à éviter si l'on veut fuir les "routards" du dimanche. L'endroit est recommandé? Vite, fuyons!
Ceci dit, à chacun la forme de voyage qu'il préfère, selon ses goûts et son tempérament. L'essentiel étant de respecter les locaux, ce qui n'est pas souvent le cas hélas et, ce, d'autant plus navrant que ce ne sont pas toujours les teneurs de beaux et grands discours qui se comportent le mieux!
De toue façon, le dépaysement, l'étonnement sont toujours sous notre nez, au coin de la rue, c'est une simple question de regard.
Bon, j'y vais avant que les tortues ne s'impatientent