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Tu veux du texte et la voila
La révolution cubaine est sans doute l'événement historique qui a généré et qui continue de générer le plus de controverses depuis l'après-guerre. Elle a suscité des passions les plus folles, déclenché les haines les plus féroces, faisant de l'histoire cubaine post-59 la période la plus vilipendée de l'histoire latino-américaine où les remarquables réussites sociales sont dénigrées et jetées aux oubliettes de l'histoire de la justice sociale du Tiers Monde. Par exemple,
Cuba reste le seul pays pauvre à s'être libéré de la misère malgré le blocus. Par contre les stigmatisations du régime politique sont effectuées à tour de bras et les dénonciations de la restriction des libertés individuelles sont sans cesse reportées. Soulignons que l'hostilité étasunienne et l'acharnement de
Washington à isoler
Cuba à tous les points de vue et l'état de siège économique, ne favorisent en aucun cas l'émergence d'un climat démocratique. Aux
Etats-Unis, toutes les nouvelles concernant
Cuba sont négatives sans aucune exception. Il en est généralement de même en Europe occidentale. Les préjugés à l'encontre de
Cuba restent bien ancrés dans les esprits, malgré la fin de la guerre froide, et sont souvent peu en accord avec la réalité du pays. Déjà en 1959, le journaliste du
New York Times, Herbert L. Matthews estimait que « la façon dont la révolution cubaine avait été contée dans nos journaux [était] le plus grave échec de l'histoire du journalisme américain »
1, ajoutant que la manière dont la presse « rendait compte de la révolution cubaine était le pire exemple de ses vices ».
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La propagande la plus scandaleuse fut sans doute le
Cuban Children's Program organisé par l'Administration Eisenhower en 1960. La communauté en exil commença à faire circuler des fausses histoires à propos de l'endoctrinement des enfants qui seraient soi-disant arrachés à leurs parents pour être envoyé en Union Soviétique par le gouvernement révolutionnaire de Castro. Cela en vue de discréditer le régime et de déclencher l'hostilité de la population. Le faux décret que les exilés faisaient circuler, le faisant passer pour un document officiel de l'administration révolutionnaire disait ceci : Chaque enfant restera avec ses parents jusqu'à l'âge de trois ans, et sera ensuite remis à l'Organisation des Cercles Infantiles. Chaque enfant âgé de trois à dix ans vivra dans un dortoir gouvernemental et ne pourra voir ses parents plus de deux fois par mois.... Les enfants plus âgés seront placés à l'endroit le plus approprié et donc ne reviendraient sans doute jamais.
3Un total de 8 331 enfants furent arrachés à leurs parents et envoyés aux
Etats-Unis par le biais de ce programme qui coûtera plus de 28 millions de dollars à
Washington et qui déchirera de nombreuses familles trompées par les exilés.
4 Les journaux s'empressaient d'exprimer leur aversion envers le pseudo endoctrinement communiste, et reprenaient allègrement les racontars répandus par les exilés.
5 Felix Roberto Masud-Piloto, qui s'est retrouvé aux
Etats-Unis suite aux rumeurs répandues par la communauté exilée déclarait qu'aucune preuve à ce jour n'avait pu être apportée et remarquait que : Pas un mot n'évoquait cependant la situation dramatique, et dans la plupart des cas, traumatique à laquelle les enfants faisaient face : une séparation de leurs parents, une arrivée en terre étrangère, une barrière linguistique, et une adaptation à une nouvelle culture et un nouvel environnement. Ces transformations émotionnelles furent grandement ignorées par les médias pendant que les enfants étaient rapidement éparpillés dans plus d'une centaine de communautés de
Miami en
Floride, à Yakima, à
Washington.
6Les histoires les plus fantaisistes ont circulé concernant le leader de la révolution cubaine et actuel président de
Cuba. La CANF a notamment publié un ouvrage où une biographie de Fidel Castro était ébauchée : « Dans sa jeunesse, Fidel était un gangster. A Bélen [lycée], ses héros étaient Hitler, Mussolini, et Primo de Rivero, le phalangiste espagnol. Il avait l'habitude de se promener avec une copie espagnole de Mein Kampf sous le bras...Il n'est pas difficile de dire que Fidel Castro était un fasciste, un sympathisant fasciste ou un nazi...Y'a t-il quelque chose d'humain [chez cette personne] ? Je n'arrive pas à trouver une seule qualité humaine et je ne cherche pas d'être critique ».
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En ce qui concerne les supposées tendances fascistes de Fidel Castro, les affirmations précédentes sont tellement burlesques qu'aucun commentaire n'est nécessaire. Par contre, personne ne peut remettre en cause le degré d'autoritarisme de la révolution cubaine (qui s'explique en grande partie par la strangulation économique et la campagne terroriste contre
Cuba) même si aucun organisme international n'a pu démontrer autre chose que ce que le propre gouvernement cubain admet en terme de violations des droits de l'homme. La seule divergence porte sur le nombre de prisonniers. Rappelons également que les sanctions économiques et la campagne terroriste menées contre
Cuba font que le pays se trouve dans un état d'exception depuis le triomphe de la révolution avec toutes les dérives que cela présuppose en termes de libertés individuelles.
Soulignons aussi que
Cuba est sans doute le seul pays d'Amérique latine où pas un cas de torture n'a été reporté, pas une disparition n'a eu lieu, aucun assassinat politique n'a été perpétré en 44 années de révolution et d'état de guerre. Aucun journaliste n'a été tué. Tout cela est confirmé par le rapport du Département d'Etat de 2000 qui stipule qu'il n'y a pas de « disparitions ou d'assassinats pour des raisons politiques » à
Cuba. La triste histoire de l'Amérique latine avec ses légions de disparus, ses tortures en série, ses génocides, et toutes les exactions commises par les régimes néo-fascistes tels que ceux du
Chili, de l'
Argentine, de
Bolivie, et d'
Amérique centrale, est là pour attester de ce que l'on pourrait appeler l'exception cubaine. Ajoutons également que hormis les cercles d'extrême droite de
Miami (qui n'ont jamais fourni la moindre preuve), aucune institution internationale n'a jamais accusé
Cuba des crimes commis par une immense partie des pays latino-américains durant la guerre froide. A cet égard, l'écrivain espagnol, Manuel Vásquez Montalbán, remarquait : « Je trouve en tout cas surprenant que, en quatre décennies de castrisme, et avec le luxe de moyens, matériels et humains, dont dispose l'opposition à
Miami, on n'ait pas pu produire un seul Livre Blanc sur la torture à
Cuba : un inventaire précis et fiable, comme il en existe à l'encontre de nombreux pays, y compris de démocratie formelle ».
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Quant aux qualités humaines soi-disant inexistantes, évoquons quand même certains chiffres, s'ils ne contestent pas le fait que Fidel Castro soit un homme de pouvoir, démontrent le degré d'humanisme de la révolution cubaine et de son leader qui ont fait de
Cuba la société la plus égalitaire d'Amérique latine et du Tiers-monde, où le niveau de justice sociale atteint reste sans précédents : Le taux d'analphabétisme pour l'Amérique latine est de 11, 7% et de 0, 2% pour
Cuba. Le taux de mortalité infantile est de 32 pour mille pour l'Amérique latine et de 6, 2 pour mille pour
Cuba (celui de
Washington est deux fois plus élevé). L'espérance de vie est de 70 ans pour les Latino-américains et de 76 ans pour les Cubains. Le taux de scolarisation dans l'enseignement primaire (jusqu'à 11 ans) est de 92% pour le continent latino-américain et de 100% pour l'archipel des
Caraïbes. Le taux de scolarisation dans l'enseignement secondaire (jusqu'à 14 ans) est de 52% pour l'Amérique latine et de 99, 7% pour
Cuba. 76% des enfants latino-américains atteignent le niveau du collège et ce chiffre est de 100% pour les élèves cubains. Le nombre de médecins pour 100 000 habitants est de 160 pour l'Amérique latine et de 590 pour
Cuba. Le taux de la population entre 15 et 49 ans touchée par le sida est de 0, 5% en Amérique latine et de 0, 05% à
Cuba. Le taux d'incidence annuel du sida pour 1 million de personnes est de 65, 25 pour l'Amérique latine et de 15, 6 pour
Cuba. Le Comité Economique et Sociale de l'Union Européenne écrivait dans un rapport de 1997 : « Ces chiffres sont exceptionnels parmi les pays en voie de développement ».
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Aucun pays latino-américain ou du Tiers-monde n'a atteint un Indice de Développement Humain (IDH) comparable à celui de
Cuba lequel est similaire à celui des pays les plus développés. Le rapport du 6 décembre 2001, de la Commission Economique pour L'Amérique Latine des Nations Unies (CEPAL) a conclu que « la politique sociale est indiscutablement un secteur où
Cuba a excellé en garantissant une distribution équitable du revenu et le bien-être de la population, en investissant dans le capital humain ». Rappelons encore une fois que
Cuba est l'un des pays les plus pauvres d'Amérique latine en terme de ressources naturelles et qu'un blocus datant de 44 ans nuit au développement économique et social de l'île. Nous admettrons au vu de ces données que le gouvernement cubain est profondément concerné par le bien-être de sa population et qu'à bien des égards, il est plus démocratique que de nombreuses nations latino-américaines et tiers-mondistes. Le président cubain a été le seul chef d'Etat à recevoir la médaille Health for All de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) le 12 avril 1988 en reconnaissance de son travail en faveur de la santé dans le monde. Par conséquent comparer Fidel Castro à Augusto Pinochet, à Somoza, Videla ou Batista serait une aberration historique. Rappelons simplement que d'après l'UNICEF, 36 000 enfants meurent par jour de faim ou de maladie curable dans le monde et qu'aucun n'est cubain. C'est à partir de ces chiffres que devrait s'engager tout débat sérieux, dénué de toute pollution idéologique, sur les droits de l'homme.
10 Jaime Suchlicki, directeur de l'Institute of Inter-American Studies et professeur d'Histoire à la Graduate School of International Studies, résume les victoires de la Révolution en trois points: sa longévité, sa militarisation, et son engagement dans la violence. Pas un mot, des succès dans le domaine de l'éducation, la santé, le travail, le sport et l'internationalisme.
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Totalitaire ou non,
Cuba dispose du meilleur système de santé d'Amérique latine et du Tiers-Monde. Signalons au passage que seule l'extrême droite cubaine et
Washington qualifient le gouvernement cubain de totalitaire qui est en réalité autoritaire (par contre la dictature sanglante de Pinochet avait été qualifiée d'autoritaire et non de régime totalitaire. Il serait intéressant d'étudier les paramètres pris en compte pour distinguer les deux qualifications). Ce service social est si performant que le ministère de la santé britannique a envoyé une commission étudier les secrets de la réussite cubaine dans ce domaine.
12 De tout l'hémisphère américain, seul le
Canada possède un taux de mortalité infantile inférieur à celui de l'île socialiste. La American Association for World Health signalait que le système de santé de
Cuba était « considérée de manière uniforme comme le modèle prééminent pour le Tiers-monde ».
Cuba dispose de deux fois plus de médecins que l'
Angleterre pour une population quatre fois inférieure. Le seul vaccin contre la méningite cérébro-spinale B reconnu par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est une découverte cubaine. C'est d'ailleurs le seul vaccin de ce genre au monde.
Cuba abrite 2% de la population latino-américaine mais 11% de ses scientifiques. La santé est restée une priorité du gouvernement cubain, même durant la très délicate période spéciale qui a suivi la chute du bloc soviétique : entre 1989 et 1994, le budget de la santé a augmenté de 17% et, fait important, « il n'y a pas de barrière raciale qui empêche l'accès à la santé » selon la American Public Health Association qui remarque, non sans fondement, qu'il est « souvent dit que
Cuba ne représente plus une menace pour les
Etats-Unis. Mais ce n'est pas vrai. C'est une menace. La menace émane de l'exemple offert par
Cuba – un exemple d'un pays avec la volonté politique de fournir une bonne attention médicale à tous ses citoyens ».
Cuba est le pays qui dispose du nombre de plus élevé de médecins par habitant au monde.
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Pour ce qui concerne l'éducation, le Département de l'Education de l'UNESCO signale que
Cuba dispose du taux d'analphabétisme le plus bas et du taux de scolarisation le plus élevé d'Amérique latine. Selon le même organisme, un élève cubain a deux fois plus de connaissance qu'un enfant latino-américain. Il déclare que «
Cuba, bien que ce soit l'un des pays les plus pauvres d'Amérique latine, dispose des meilleurs résultats en ce qui concerne l'éducation basique». Juan Cassassus du Latin American Laboratory for Evaluation and Quality of Education de l'UNESCO note que « l'éducation a été la priorité de haut rang à
Cuba depuis 40 ans. C'est une véritable société d'éducation ». Le rapport de 1999 portant sur l'éducation et concernant 13 pays d'Amérique latine classe
Cuba en tête dans toutes les matières d'enseignement. Sur 11 millions d'habitants, plus de 500 000 disposent d'un diplôme universitaire et il y a actuellement 4 millions d'étudiants à
Cuba. 75% des écoles se situent à la campagne. Dans le secteur de l'éducation aussi,
Cuba reste le pays qui dispose du nombre le plus élevé de professeurs par habitant au monde.
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Jaime Suchlicki évoque également l'internationalisme qu'il réduit uniquement à « l'engagement dans la révolution violente ».15 Les missions internationales cubaines se déroulent dans les régions les plus éloignées des pays pauvres.
Cuba reste le pays qui a fourni la plus importante assistance aux victimes de la catastrophe de Chernobyl malgré les difficultés économiques et les nécessités nationales. Le 27 janvier 1993, le Ministre ukrainien de la santé déclara qu'aucun pays n'avait apporté autant d'aide à l'
Ukraine, la
Biélorussie, l'
Arménie et la
Russie que
Cuba.
16 En 1992, après la catastrophe nucléaire de Goiania au
Brésil, beaucoup moins médiatique que celle de Chernobyl mais que reste le deuxième plus grave désastre nucléaire de l'histoire,
Cuba fut le seul pays à en accueillir les victimes.
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En 2001, 2 359 médecins cubains ont offert leurs services de manière gratuite dans 17 pays pauvres. En 2002, 2 671 médecins ont accompli des missions dans le Tiers Monde sous l'égide du Programme Intégral de Santé lancé par
Cuba. Depuis 1959, plus de 42 000 médecins ont officié dans plus de 100 pays offrant une attention médicale à plus de 15 millions de personnes. Actuellement,
Cuba dispose de plus de médecins travaillant bénévolement dans les zones rurales du Tiers Monde que tous les médecins internationaux provenant des autres pays du monde réunis, et envoient chaque année à travers le monde plus de médecins que l'Organisation Mondiale de la Santé.
Cuba offre également 500 bourses annuellement à des étudiants étasuniens, provenant des minorités ethniques pour poursuivre un programme de médecine de six années qui coûterait autour de 200 000 dollars dans une université des
Etats-Unis. Ce programme a été lancé après une réunion avec les membres afro-américains du Congrès. Au total, il y a 24 000 étudiants de plus de 80 pays qui poursuivent des études totalement gratuites à
Cuba. Un fait assez exceptionnel pour être souligné, mais censuré par la majorité des médias internationaux, concerne le
Honduras : Actuellement, il y a plus d'étudiants noirs honduriens poursuivant une carrière de médecine à l'Ecole Latino-Américaine de Sciences Médicales de
La Havane que tous ceux inscrits dans l'université la plus grande de leur pays depuis sa création.
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En 1998, Fidel Castro déclarait lors d'un discours aux Comités de la Défense de la Révolution (CDR) : Nous subissons un blocus, nous n'avons pas la possibilité d'acheter [quoi que ce soit] en
Floride ni d'obtenir un crédit auprès d'une banque [ou] d'une de ces agences internationales. Mais d'un autre côté nous disposons de nous même : un peuple endurci, un peuple vétéran, un peuple d'expérience, un peuple organisé, un peuple protégé. Voici les données, les noms et adresses des personnes décédées. Pas un enfant, pas un adolescent, pas un jeune ! En dépit de nos difficultés et pénuries, nous avons envoyé l'aide auparavant mentionnée à la
République Dominicaine sous la responsabilité de la Révolution et avec votre appui. Voilà ce qui est important.
19Toutes ces réussites sociales, incroyables à concevoir pour un pays du Tiers Monde qui de plus est insulaire et victime du plus long blocus de l'histoire imposé par la première puissance mondiale, sont supprimées tacitement par la majeure partie des médias occidentaux. Le président de la Banque Mondiale, James Wolfensohn, déclarait en avril 2001 que
Cuba avait « fait un excellent travail en matière d'éducation et de santé. Ils ont fait un bon travail et cela ne me gêne pas de l'admettre ». Jimmy Carter a félicité
Cuba pour « ses systèmes magnifiques de santé et d'éducation universelles ». La CANF n'en dit pas un mot évidemment et la presse internationale, qui est d'habitude tellement préoccupée par tout ce qui se passe à
Cuba, ne juge pas ces informations dignes d'intérêt.
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Quel que soit le jugement porté sur le gouvernement cubain, que l'on le considère structurellement non démocratique ou pas, les acquis sociaux sont là. Rappelons simplement qu'il sera difficile de parler de dictature à
Cuba tant que des pays comme le
Mexique, la
Colombie ou l'
Argentine, seront considérés comme démocratiques à moins que l'on ne limite le concept de démocratie à sa définition doctrinale.
La dernière campagne de propagande lancée contre
Cuba faisait allusion au potentiel biotechnologique de l'île qui pourrait soi-disant fournir des armes chimiques à des groupes terroristes. Depuis 1982,
Cuba a été accusé d'être un «Etat soutenant le terrorisme » par le Département d'Etat. A l'époque, le terrorisme en question était représenté, aux yeux de
Washington par les Sandinistes et les guérillas du
Salvador et du
Guatemala luttant contre les dictatures au pouvoir. Lors du rapport annuel sur le terrorisme publié en avril 2001,
Cuba faisait partie de la liste des Etats supportant le terrorisme avec l'
Iran, l'Irak, la Syrie, la Libye, la Corée du Nord et le Soudan. Etrangement, ni l'Arabie Saoudite ni l'Afghanistan, ni le Pakistan n'appartenaient à cette liste. L'explication donnée pour la stigmatisation de
Cuba était la suivante : «
Cuba a continué à fournir un refuge à plusieurs terroristes et à des fugitifs étasuniens en 2000. Un nombre de terroristes basques [appartenant à] l'ETA qui a trouvé refuge à
Cuba il y a quelques années continue de vivre dans l'île, de la même manière que plusieurs fugitifs terroristes étasuniens.
La Havane maintient aussi des liens avec d'autres Etats terroristes et des insurgés d'Amérique latine. Les deux plus grandes organisations terroristes des
Etats-Unis, les Forces Armées Révolutionnaires de
Colombie (FARC) et l'Armée de Libération Nationale (ELN) ont toutes deux maintenus une présence permanente sur l'île ». Aucun lien clair n'est dessiné entre un quelconque attentat terroriste dans le monde et
Cuba. Philip Peters, membre du Département d'Etat sous Reagan et Bush remarquait que « la désignation de
Cuba était exagérée pour des raisons politiques [et] que la politique intérieure était un facteur faussant [la donne] ». Richard Nuccio, le conseiller au Président Clinton notait que « les gens [accusant
Cuba] savent qu'il s'agit d'un calcul politique. Cela rend heureux une partie des électeurs en
Floride et cela ne coûte rien ».
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Si l'on s'en tient aux paramètres avancés par le Département d'Etat pour qualifier un pays de terroriste, les
Etats-Unis devraient faire partie de la liste car non seulement ils abritent les pires terroristes de l'hémisphère américain comme
Orlando Bosh, mais en plus ils maintiennent d'étroites relations avec l'Etat colombien qui est, selon la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l'Homme (FILDH), responsable des 2/3 des assassinats commis en
Colombie, avec l'aide des paramilitaires dont les liens avec l'armée régulière sont si étroits qu'il est extrêmement difficile de les différencier. Curieusement, les paramilitaires colombiens n'ont été qualifiés d'organisation terroriste que très récemment (en 2002) après maintes pressions malgré le fait que tous les organismes internationaux des droits de l'homme s'accordaient à dire que la plupart des exactions commises en
Colombie sont l'œuvre des groupuscules paramilitaires.
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En septembre 2001, juste après les odieux attentats contre les tours jumelles de
New York, l'Institut des Etudes Cubaines et Cubano-Américaines de l'Université de
Miami, financé par la CANF publiait une étude sous le titre : Castro and Terrorism, a Chronology. La droite radicale de
Miami a essayé en vain de lier les attentats du 11 septembre 2001 avec le gouvernement cubain espérant profiter de l'émoi suscité pour raviver l'hostilité des
Etats-Unis envers l'archipel des
Caraïbes et faire en sorte qu'il soit inclus dans le réseau terroriste international. Il est ironique de constater que les responsables d'innombrables actes terroristes contre
Cuba s'enveloppent dans la toge de la lutte contre le terrorisme et accuse la première victime du terrorisme de fomenter ces inqualifiables actes. Dans cette étude, les auteurs considèrent le mouvement révolutionnaire cubain qui a renversé la dictature de Batista comme terroriste, ainsi que toutes les révolutions qui ont éclaté un peu partout dans le monde au début des années 60 : le Mouvement de Libération de l'Angola (MPLA), le South-West African Peoples Organization (SWAPO) et le African National Congress (ANC) d'
Afrique du Sud, le Front de Libération Nationale (FLN) algérien, et l'Organisation de Libération de la
Palestine (OLP). Même le président du
Venezuela, Hugo Chavez, est mis en cause. Parmi les actes et liens terroristes figure la...publication du livre de Régis Debray Révolution dans la Révolution, l'aide accordée aux Sandinistes, et...l'élection Abdelaziz Bouteflika à la présidence algérienne soulignant que ce dernier est un vieil ami de la révolution cubaine.
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Le 6 mai 2002, le sous-Secrétaire d'Etat pour le Contrôle des Armes et la Sécurité Internationale, John Bolton, dénonçait
Cuba comme possédant un potentiel bactériologique offensif lors d'un discours à la Heritage Foundation en présence de nombreux dirigeants de la CANF. Il accusait notamment
Cuba de développer des armes bactériologiques destinés à des « Etats voyous », avançant comme argument le rôle mondial de la recherche cubaine en biotechnologie médicale qui a permis de découvrir de nombreux vaccins et qui a fourni une substantielle aide médicale à de nombreux pays parmi lesquels l'
Iran. Aucune preuve n'a été fournie et le Président Jimmy Carter, après avoir visité les centres de recherche biotechnologique de
Cuba et après s'être informé auprès des services secrets du Département d'Etat, a qualifié les allégations de John Bolton de calomnies. Le Secrétaire d'Etat, Colin Powell a également démenti les accusations portées par Bolton. Le Center for International Policy expliquait cette attaque par la volonté de la ligne dure de l'exil de condamner « la
visite de Jimmy Carter à
Cuba ». Dans son discours, John Bolton faisant référence à une phrase que Fidel Castro aurait prononcé lors de sa visite en
Iran dans laquelle il disait : « l'
Iran et
Cuba, en coopérant peuvent mettre les
Etats-Unis à genoux ». Après investigation, il apparaît que cette citation attribuée au chef du gouvernement cubain est une complète fabrication de la part du sous-Secrétaire d'Etat dans le but d'induire son assistance en erreur. En effet, n'importe quelle personne familière avec les discours de Fidel Castro reconnaît immédiatement que ce n'est pas son style de tenir des discours pareils. Les critiques envers les
Etats-Unis sont acerbes et parfois violentes mais sans jamais se dénuer d'une profonde sympathie et compassion envers le peuple du voisin du Nord qui est considéré comme une victime.
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Lors d'un témoignage auprès du Congrès, le sénateur Dorgan questionna l'Assistant au secrétaire d'Etat, Otto Reich, pour savoir pour pourquoi les allégations concernant les armes biotechnologiques cubaines ne faisaient pas partie du dernier rapport publié par le Département d'Etat sur le terrorisme mondial, lequel répondit : « je ne sais pas qui publie ce document ». Dorgan rétorqua alors étonné : « C'est votre département qui le publie, c'est une publication du Département d'Etat ». Otto Reich affirma alors : « il doit être incomplet ». La volonté de stigmatiser une nouvelle fois
Cuba n'est que la continuation d'un long processus d'une systématique campagne de diffamations lancées contre
Cuba depuis le triomphe de la révolution, la plupart des flétrissures ne se basant sur aucun fait avéré.
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