La surprise indienne

This discussion is in French, the community’s main language.

Original post
EO
L'Inde... Ce pays qui restera parfaitement ancré dans ma mémoire... A la fois en bien et en mal. Mais reprenons depuis le début. Qu'est-ce qui m'a donné l'envie d'y aller? Il y a quelques années, j'ai rencontré une personne absolument fan de la culture indienne, qui ne rêvait que d'y aller et surtout de séjourner dans un ashram. Personnellement, ça ne me faisait ni chaud ni froid. Mais voilà, le vent tourna, et début septembre, je décidai de quitter mon travail dans lequel j'étais depuis presque quatre ans, et de ne pas continuer mes études. Voilà donc que je faisais mon visa, prenais mon billet d'avion et m'envoler pour l'Inde. Etant naturellement peu exigeant avec moi-même en ce qui concerne le confort, je me dis que je me limiterais à un budget rikiki, pratiquant le CouchSurfing dont je suis déjà connaisseur, dormant éventuellement dans des endroits bas de gamme en cas d'impossibilité d'être hébergé, et mangeant à la sauvette des choses peu chères. Je ne sais pas quel budget journalier j'avais exactement, mais il était pour sûr en dessous de 15€... Je voyageais également seul, tout mon entourage et mes connaissances - bien que tentés - ne l'étaient pas par les dates que j'avais moi-même choisies. On m'innocula aussi trois vaccins (pour faire plaisir à ma famille, parce que personnellement je suis contre les vaccins), hépatites A et B, et fièvre typhoïde.

Je m'étais donné trois mois de voyage, du 11 novembre jusqu'au 6 février, selon un planning organisé que j'aurais plus ou moins tenu selon les rencontres et mes envies du moment. Je devais retrouver une amie par hasard en voyage à Mumbai pour Nouvel An, et normalement passer une semaine ou deux au Népal si l'occasion se présentait. Bref, sachant que je vous écrit maintenant, vous vous doutez bien que tout ceci a été chamboulé. Mon aller-retour me coûta 465€ (Lyon-Mumbai avec escale à Istanbul). Très peu cher, surtout au regard de la qualité de la compagnie Turkish Airlines.

Il faut savoir que le but premier et principal de mon voyage était de me rendre dans le Kerala, dans l'ashram d'Amritapuri, pendant un mois. Le reste n'était que du plus que je m'offrais. Je suis donc arrivé à l'aéroport de Mumbai a 5h30 du matin ; le temps de sortir de l'avion et de faire les formalités d'usage, je sortai environ une heure plus tard. Et là, je réalisai mes deux premières bêtises qui allaient me mettre dans le bain. Premièrement je ne savais pas qu'une fois la porte passée, je ne pouvais plus rentrer dans l'aéroport. Contrairement en France ou dans les pays dans lesquels j'ai voyagé, impossibilité de pénétrer dans les bâtiments aéroportuaires pour quiconque n'est pas muni d'un billet de vol. Et comme un imbécile, je n'avais pas changé de monnaie, ce qui fait que je ne pouvais pas payer quelconque taxi. Ce fut tout un merdier pour qu'un militaire fasse venir quelqu'un d'un bureau de change de l'intérieur pour me changer mon argent à l'extérieur. Deuxièmement, et là je me le pardonne toujours pas, j'ai fait la plus grosse boulette de débutant de l'année: je n'ai pas prépayé de taxi. Oui oui, vous avez bien lu. Je savais qu'il fallait prépayer, tout le monde me l'avait dit, je l'avais lu de partout, et même dans l'enceinte de l'aéroport des affiches nous l'indiquait bien! Alors que je faisais la queue dans le bureau extérieur d'une compagnie de taxi, un employé en uniforme avec sa belle carte autour du cou (tout ce qui semblait de plus honnête), demandait aux gens où ils souhaitaient aller. Arriva mon tour, et ne connaissant rien de Mumbai, je lui dis un peu au pif "Marine Drive". Etant donné qu'il était constamment posté à côté du bureau de réservation officiel, je le pris pour un employé de la compagnie. Et au final, j'ai payé une somme astronomique (au moins cinq fois le tarif que j'aurais du payer). Mon premier jour à Mumbai commençait bien.

Arrivé sur place, je me rendis compte que l'endroit que j'avais choisit au hasard n'était pas intéressant. J'allai donc dans le quartier "touristique" de la ville, Colaba, exactement à la Gate of India. Et là j'attendais que le temps passe. Ce fut un Enfer. Les locaux n'étaient pas agréables pour un sou, et on n'a eu de cesse de me courir après pour me proposer hôtel, restaurant, de m'accompagner à tel ou tel endroit, même de la marijuana, et ce n'était qu'après m'être royalement énervé qu'on me lâchait. Cette première journée, je l'ai passée à errer ici et là, à travers la ville, pour m'orienter (heureusement que j'avais pris une boussole, parce que c'est bien beau d'avoir un plan s'il les rues ne sont pas indiquées sauf lorsque c'est des grandes avenues). Le soir, je prenais le train de banlieue depuis Churchgate Station en direction d'Andheri East. Une vraie expédition, et pour la première fois dans la journée je rencontrai deux jeunes à la gare qui ont été très prévenants et gentils avec moi. Après tant de personnes qui ne courraient qu'après mon fric supposé, j’eus du mal à leur faire confiance au début, mais ils me furent d'une très grande aide. Je pris ensuite un rickshaw pour la première fois et m'habituai à la manière de conduire de mon chauffeur, c'est à dire en grillant les feux, en faisant des queues de poisson, en roulant à contresens quand ça l'arrangeait, mais ils font tous comme ça, donc au final ça ne m'a pas trop choqué. Evidemment, comme par hasard, son compteur ne marchait pas, j'ai du marchander le prix du transport (et n'ai perdu comparativement qu'une trentaine de roupies par rapport au prix normal). Et fort heureusement, cette nuit là j'ai dormi chez quelqu'un de fort sympathique, avec qui j'ai bien rigolé, et qui me conseilla très fortement de prendre mon billet de train pour le Kerala aussi vite que possible (je comptais partir deux jours plus tard, et dans mon infinie bêtise je croyais qu'il n'y avait pas besoin de réserver avant le jour J... Doux rêve...). Le lendemain, j'entrepris donc de réserver ce billet, et après deux heures de vas-et-viens entre les différentes gares de Mumbai, je trouvais le bureau de réservation des trains spécialement réservé aux touristes près de Churchgate Station. Et là, la grosse catastrophe: l'employée, la femme la plus désagréable qu'il m'ait été donné de voir en Inde, me dit qu'il ne restait que des classes Sleeper. Désespéré, j'optais pour ça (je ne savais pas encore dans quel pétrin je me mettais). Désagréable pourquoi? Parce que d'un elle parlait très mal aux touristes, les dédaignant, impatiente, et nous virait du comptoir si on hésitait trop pour faire passer quelqu'un d'autre. Et de deux parce qu'elle ne rendait pas la monnaie si on ne l'avait pas. J'ai donc payé plus cher que la normale, mais j'étais pas à 20 roupies près.

Après avoir fait ça, et afin de fuir Mumbai, j'allais à l'île d'Elephanta. Il y règne une atmosphère plus calme, plus sereine, malgré les touristes indiens et étrangers. Beaucoup de singes (j'adore les singes), sur une île en grande partie creusée de temples en ruine mais dans lesquels l'ont fait toujours des offrandes. Classée par l'Unesco, l'île est bien agréable. J'y passai l'après-midi entière. On y accède en bateau depuis la Gate of India pour un prix de 350 roupies si je me souviens bien. Bien qu'elle ne soit pas si loin, on met quand même deux heures pour y aller. On passe devant des îlots artificiels sur lesquels sont construits des sortes de bunkers désaffectés. Il y a beaucoup de navires marchands étant donné la capacité portuaire de Mumbai. Il faut grimper sur les hauteurs grâce à un interminable escalier pour qui porte son sac à dos de quinze kilos. Tout le long se succèdent des marchands vendant tout un tas de bibelots, de bijoux ou d'imitations d'antiquités. Une fois retourné en centre ville, il était tard et je décidai donc d'aller chez mon second hôte. Je n'imaginai pas la distance à laquelle il était du centre-ville. Il habitait dans les quartiers éloignés de Borivali et je mis environ deux heures pour arriver chez lui, après une véritable aventure dans le train, puis en rickshaw (que j’eus du mal à trouver étant donné que personne ne connaissait l'adresse que j'indiquais). Je ne m'attarde pas sur cette personne, elle n'était pas très agréable en définitive. Le lendemain matin, soit deux jours après mon départ, je courrais le plus vite possible pour rejoindre Mumbai Central, la gare de laquelle je partirai pour le Kerala.

Un petit point sur les trains.

J'ai pris deux types de trains: celui de banlieue et "l'express" entre les grandes villes.

Le train de banlieue correspond en type à notre TER. Mumbai est très bien desservie en train avec ses nombreuses gares, ses nombreux arrêts et la fréquence des trains. Il y a plusieurs types de wagons: première classe, femmes, hommes, et handicapés/vieillards. Je prenais systématiquement la deuxième classe hommes, d'autant plus que les prix sont absolument géniaux: 16 centimes d'euros je crois pour mon premier trajet d'une heure (on est loin des 4€ et quelques que je paie pour faire 15mn de train en direction de Lyon). Mais les wagons bondés le sont moins, d'autant plus avec mon gros sac. Le train ne s'arrête généralement que quelques secondes en gare, et il faut parvenir à monter (ou à descendre) malgré le flot d'indiens qui poussent en tous sens. Si bien que les gens grimpent ou sautent du wagon alors même que le train n'est pas encore arrêté. J'en ai même vu s'accrocher à l'extérieur entre deux gares. Bref, c'est tout une aventure qu'il faut savoir dompter au plus vite afin de ne pas être dépassé.

Les trains grandes lignes, c'est autre chose. Mon trajet était, pour l'équivalent d'une dizaine d'euros, entre Mumbai et Kollam. 40 heures de train. Et c'est pas du TGV (cf photos). Ma grosse erreur fut de penser qu'en Inde, réserver au dernier moment était possible, quitte à payer un supplément. Mais non, je me suis rendu au comptoir la veille du départ, il ne restait que ce qu'ils nomment SL - Sleeper. Mais pas d'bol, pas d'air climatisé, fenêtres ouvertes en continu, gros ventilos au plafond, pas de réel compartiment. Bref, j'ai cru vivre un enfer. En plein milieu de la nuit, une famille entière est montée dans le wagon, et alors là j'ai su que c'était pour ma pomme, un préssentiment. Ils sont tous arrivés vers ma couchette et sont parvenus à me convaincre d'échanger la mienne - en bas, contre celle juste en dessous du plafond. Je pensais qu'ils ne resteraient que la nuit. Pensez-vous! 30h après quand je quittais le train ils étaient toujours là, au sol, à manger sur des papiers journaux dépliés par terre... Si vous voulez un minimum de confort en plus, réservez à l'avance, ou alors vivez l'Inde comme ça, ça fait des souvenirs (dont je me serais bien passé pour ma part.

En gros, Mumbai, j'ai pas véritablement apprécié. Pendant ces deux jours, j'étais perdu, donc je n'ai profité de l'environnement et du voyage. J'ai également été choqué par les détritus de partout. Lors de mon voyage en train, les gens jetaient leurs sachets de chips par la fenêtre sans complexe. Tous. Idem pendant mon trajet en bateau: c'est tellement plus simple de ne pas se lever de son siège pour aller jusqu'à la poubelle et de jeter par dessus bord. Si bien qu'à des kilomètres de la côte en voit encore flotter toutes sortes de choses. On m'a dit que comparativement aux autres grandes villes, Mumbai est assez propre. Et bien je dois dire qu'il y a une sorte de je-m'en-foutisme impressionnant. Je n'en blâme pas forcément les gens, cela relève aussi de l'éducation et je n'ai pas l'impression que l'Etat s'aventure énormément là-dedans. Il y a certes des panonceaux indiquant de ne pas jeter les ordures au sol, mais il y a un manque cruel de poubelles. Un peu paradoxal tout ceci. Quant aux mendiants. Je m'attendais à être harcelé, mais pas du tout. J'ai bien eu mon lot, comme tout le monde, mais je peux pas vraiment dire qu'ils mendiaient. Ils ne venaient pas à moi pour me demander des sous directement, mais cherchaient avant toute chose à me rendre un service (même futile), qui bien sûr déboucherait sur un pourboire. Ainsi, un homme m'a bien suivit pendant trente minutes sur le chemin qui m'emmenait au restaurant que j'avais choisit. Je connaissais la route, mais arrivé à terme, il me demanda un pourboire pour l'accompagnement. Ah que j'ai ri.

Je ne m'étends pas sur le Kerala, puisque c'était uniquement consacré à l'ashram. Je créerai un autre sujet pour expliquer ça plus en détails.

Sur le retour, je suis passé par Kochi une journée. C'est une très belle ville - pour ce que j'y ai vu. Malheureusement, il ne me restait que trop peu de temps avant mon départ pour l'aéroport. Mais j'ai eu l'occasion d'acheter des épices, chose que je désirais tant. Et quels épices!

J'en viens donc directement à mon second voyage à Mumbai, offert par un ami qui avait gagné une semaine en hôtel de luxe. Rien à voir avec le confort moyen que j'avais eu la première fois. Nous en avons donc profité pour faire Mumbai de fond en comble. Colaba est archi connu, donc je ne vais pas encore répéter ce qui a été maintes et maintes fois dit. Sur le quartier de Victoria Station, on a vécu un véritable périple! Nous avons remonté à pied Marine Drive sur la jetée, et voulions couper sur l'Est pour directement arriver sur le Crawford Market. Oui et bien c'est plus facile à dire qu'à faire! Parce que nous avons erré pendant des heures dans des quartiers puants et pas très attrayants. J'en pouvais plus, ce n'était que succession de ruelles sans véhicules, donc oublié le taxi! Finalement, après quelques gentilles indications de passants, nous sommes arrivés. L'intérieur est intéressant, bien qu'au final toutes les échoppes vendent à peu de choses prêt les mêmes articles. Mon guide m'indiquait aussi la présence d'un marché aux animaux sur le même site que nous n'avons pas trouvé. Nous avons été ensuite embarqués à cause de mon ami qui voulait absolument acheter des soieries. Nous avons atterri dans une arrière boutique, ça puait l'arnaque à plein nez, mais il n'a pas osé faire marche arrière (quel con!) malgré mes avertissements, et s'en est sorti quitte pour se faire avoir. Mais bon. La gare de Victoria Station, que j'avais déjà vue, est extérieurement intéressante. Quelques photos pour le souvenir, puisqu'elle était sur notre trajet de retour vers Colaba. Nous aurions aimé faire les autres fameux marchés du quartier, mais nous y avons renoncé ce jour car nous avions déjà beaucoup vagabondé. Et les jours suivants furent déjà bien occupés par d'autres visites. Malabar Hill était apparemment un site à faire. Il est vrai que la première fois que j'étais venu, je n'avais même pas daigné y tourner le regard. Et pourtant! Nous y avons trouvé une multitude de temples superbes dont le plus vieux, le fameux Mani Bhavan, un havre de paix dans la ville. Il est vrai que l'accès n'y est pas clairement indiqué, mais en ayant l’œil on le découvre assez facilement. Ce n'est pas très grand, et pourtant c'est un véritable plaisir des yeux. Les jardins suspendus furent aussi une belle découverte. Un seul regret pourtant en ces lieux: l'absence de zones ombragées pour se poser à l'abri du soleil. Par contre, beaucoup de petites animaux, écureuils et gros lézards. Nous avions continué en longeant la côte Ouest jusqu'au temple de Mahalaxmi. Alors sur le chemin étaient indiqués plusieurs galeries d'art que nous n'avons jamais trouvé. Pas une seule, pourtant nous avions les adresses exactes. Peut-être que depuis les versions de nos guides elles ont été déplacées ou fermées. Le temple de Mahalaxmi est surpeuplé. Il ne faut pas hésiter à poursuivre le chemin derrière la grande court qui nous entraîne dans un dédale de ruelles avec de nombreux kiosques pour acheter des offrandes sur l'allée et de pour acheter, bien sûr, des souvenirs sur le retour. Une grande partie de la longue route longeant la mer est en travaux ces temps, la circulation est donc difficile, et les taxis n'allaient pratiquement que dans un sens. C'est aussi un grand quartier où il y a beaucoup d'ambassades, pour les intéressés. J'ai failli oublier. S'y trouve la résidence où Gandhi avait l'habitude de séjourner lorsqu'il venait à Mumbai. Elle a été transformée en musée. Ce n'est pas bien grand, mais on a un bel aperçu de l'époque, des actions de Gandhi, de nombreuses photographies et lettres manuscrites du pacifiste.

Une chose que j'ai beaucoup aimé - c'est mon pêché mignon dans les pays que je visite - furent les étales de rue qui s'animent dès la fin de l'après-midi sur toute la longueur de la Colaba Causeway. A ne pas manquer à mon avis, on est sans cesse abordé pour acheter des articles en tous genres, mais sans méchanceté aucune. Par contre, marchandage très difficile, lorsqu'il n'est tout simplement pas impossible. Si j'ai quelques restaurants à conseillers, ce seraient - pour Colaba - le fameux Café Mondegar où on trouve beaucoup de plats occidentaux et énormément de plats indiens, le Leopold Café, beaucoup de pâtisseries et de bonnes bières, le Gaylord (plus côté Churchgate). Mais tout est question de goût bien sûr. Quant aux tarifs, ils ne sont pas excessifs du tout, mais moins cher existe. Un regret pour un restaurant français à la gare de Churchgate indiqué sur tous les guides mais qui n'existe plus, le Chez Vous.

Je m'arrête ici. L'Inde est un pays si déstabilisant qu'il faut y aller avec de la préparation ou alors avec un mental d'acier. A mon premier retour, je me suis dit "plus jamais". Et au final, je sais que j'y retournerai encore et encore. Chaque fois je suis un peu dérangé, mais c'est un bon choc, un choc qui donne envie d'en voir plus.
MI Michel46 Globetrotter ·
Bonjour, Quelle aventure, c'est un véritable roman vécu !! Les voyages forment la jeunesse et effectivement il vaut mieux être jeune !!! Nous avons fait la visite en organisé, moins aventureux, mais tout de même très intéressant. Bonne continuation @+ Michel T@ http://michel.talon.free.fr/Saint-Maurice_en_Quercy_Lot-/inde.htm
a+ Michel T@ http://michel.talon.free.fr
FA FabGreg Globetrotter ·
J'ai également été choqué par les détritus de partout. Lors de mon voyage en train, les gens jetaient leurs sachets de chips par la fenêtre sans complexe. Tous. Idem pendant mon trajet en bateau

Dans les années 1970, c'était la même chose en France le long des autoroutes, jusqu'à ce que des campagnes d'information y remédient (à moins que cela ne soit régulièrement nettoyé par les compagnies exploitantes).

Il faut réaliser que la très grande majorité des indiens étaient encore des ruraux il y a peu. Avec un mode de vie rural, à savoir : - alimentation traditionnelle (produits tous biodégradables), - des animaux présents dans la vie courante, dans toutes les rues, et généralement dans la cour de la demeure.

Dans un tel cadre, il y a un circuit de retraitement naturel (les déchets viennent alimenter les animaux), et jeter dans la rue n'est donc pas une aberration. D'ailleurs, dans les petites villes, c'est encore le cas.

La multiplication des emballages modernes (papier, carton, verre, plastique...) rend la chose problématique, notamment pour les animaux qui essaient de les ingérer.

Il faudra sans doute quelques générations (et de l'éducation) pour que cela change chez les urbains.

Cela ne rend pas les détritus plus agréables à vivre, mais cela aide à comprendre.

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
DJ Djalma Globetrotter ·
Il faut réaliser que la très grande majorité des indiens étaient encore des ruraux il

y a peu. Avec un mode de vie rural, à savoir : - alimentation traditionnelle (produits tous biodégradables), - des animaux présents dans la vie courante, dans toutes les rues, et généralement dans la cour de la demeure.

Dans un tel cadre, il y a un circuit de retraitement naturel (les déchets viennent alimenter les animaux), et jeter dans la rue n'est donc pas une aberration. D'ailleurs, dans les petites villes, c'est encore le cas.

La multiplication des emballages modernes (papier, carton, verre, plastique...) rend la chose problématique, notamment pour les animaux qui essaient de les ingérer.

Il faudra sans doute quelques générations (et de l'éducation) pour que cela change chez les urbains.

Cela ne rend pas les détritus plus agréables à vivre, mais cela aide à comprendre.

Très juste! Excellente analyse.
https://www.youtube.com/watch?v=-XCOyB7WStI https://www.youtube.com/watch?v=g2eI67iCbKY
EO Eowann Regular ·
Oui je suis bien d'accord avec ça. Mais j'avoue que ça me dérange un peu. Tous ne sont pas forcément comme ça, dans le bateau j'ai même vu un personnel de bord "engueuler" un voyageur qui venait de jeter une dizaine d'assiettes en polystyrène dans l'eau alors que des poubelles étaient installées. Mais ce que je regrette plus, c'est le manque de moyens visibles que les autorités mettent en place. J'ai vu beaucoup de fois des écriteaux, des affiches, des banderoles dans les gares qui incitaient à la propreté des rues, mais s'ils ne mettent pas de poubelles, que faire? En France, c'est un peu la même chose au final, s'il n'y a pas de poubelle, beaucoup de gens s'embêtent pas à remplir leurs poches... A plus petite échelle bien sûr.
FA FabGreg Globetrotter ·
En France, il y a aussi beaucoup de moyens mobilisés pour pallier à des comportements individuels pas toujours très civiques.

Et pourtant, la propreté des lieux publics n'est pas toujours irréprochables. Que dire alors en cas de grève des "techniciens de surface".

Un petit séjour en Suisse, même chez nos francophones cousins romands, aide à comprendre pourquoi le coq est jugé si emblématique des français. Ce coq qui a l'illusion de faire se lever le soleil tout les matins, et chantant les pieds dans un tas de fumier, voire dans la m...

En Inde, comme dans toute grande Société ou organisation, il y a les vertueux et les déviants face à un comportement prescrit. Reconnaissons que pour beaucoup d'urbains, la prise de conscience n'est même pas encore là.

A revoir dans 20 ans.

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
LA Larjungboy Regular ·
Je me suis beaucoup amusé à lire ce témoignage . Tu t'es fait escroquer de quelques dizaines de roupies mais finalement tu ne t'en es pas si mal sorti que ça . L'inde c'est pas la France et on n'y voyage pas avec le même confort, mais c'est pas le même prix non plus . En ce qui concerne les déchets, les indiens ne sont pas à blâmer . L'occident amène des capitaux à coups de milliards de dollars dans un système corrompu pour vendre ses produits et imposer son système ( Walmart, carrefour.. ) . Et nous voila avec de la nourriture industrielle à chaque étalage, celle ci conditionnée dans des emballages imputrescibles dont les gens ne savent que faire car il n'y a aucune infrastructure pour la collecte le ramassage et le traitement des ordures . Ceux qui sont à blâmer ce sont les industriels occidentaux qui vendent leurs produits toxiques dans des pays qui ne sont pas équipés pour en gérer les innombrables déchets . N'importe quel voyageur qui va depuis au moins 15 ans en Inde a pu constater l'effort considérable qui a été mis en œuvre pour développer les réseaux de téléphonie mobile, mais pour le traitement des ordures ou l'assainissement de l'eau, rien , nada..... Honte à l'occident, honte à nous . Tout ça ne peut mener qu'à une révolution qui sera probablement d'une ampleur incalculable dans ces pays .
Quittons l'UE, l'euro et l'OTAN - vite !
GI Gildadesiles Globetrotter ·
Suis pas tout à fait d'accord avec toi....le monde industriel ne force pas l'Inde à prendre ses productions, l'Inde est un pays qui évolue qui veut avoir accès à un certain confort, confort dont nous disposons depuis des centaines d'années....Par contre, il n'y a effectivement pas ou peu d'infrastructures, mais ce n'est pas par manque de moyens uniquement, c'est aussi en grande partie lié à la corruption....

Ne pas ramasser ses sacs en plastiques....jeter les détritus au sol.... chier dans la rue ou sur la rivière, ce n'est pas uniquement du à l'industrialisation c'est aussi un "je m'en foutisme" général. Pour l'assainissement de l'eau, il suffit d'interroger les indiens qui te disent que tout l'argent versé part dans les poches de tel ou tel membre du gouvernement corrompu. Donc si on peut dire honte à l'occident, on peut surtout honte aux richissimes de ce pays qui s'en foutent plein les poches en faisant crever son peuple !
MI Milou2008 Globetrotter ·
+1
MO Moushika Globetrotter ·
Un petit séjour en Suisse, même chez nos francophones cousins romands, aide à comprendre pourquoi le coq est jugé si emblématique des français. Ce coq qui a l'illusion de faire se lever le soleil tout les matins, et chantant les pieds dans un tas de fumier, voire dans la m...

Bonjour,

Chez nous, le coq est aussi l'emblême de la Wallonie , et on rit bien de ce coq , fier , qui chante sur un tas de fumier . On en rit et on l'aime bien .[;)]

A Delhi, dans certains magasins , ainsi que dans le quartier tibétain où j'ai logé, les sacs plastiques ont été remplacés par des sacs dans une matière biodégradable . J'ai aussi reçu un de ces sacs à Varanasi .

Il y a des Indiens qui prennent conscience de la situation et essayent de sensibiliser la population .

Mais les autorités ont du retard par rapport à une partie de leur population et ne donnent vraiment pas les moyens pour des campagnes efficaces et surtout pour organiser le ramassage des ordures puis leur destruction et aussi leur recyclage .

Mais il y a des campagnes et des actions ponctuelles .

Comme tu dis : " Rendez-vous dans 20 ans "
"La vie est un voyage qui se vit au présent ou jamais ...."
MI Mickanattan Regular ·
Salut Eowann,

J'ai "survolé" ton long témoignage et ça m'a rappellé ma première fois en Inde il y a deux ans. Comme toi j'y été parti à l'arrache sur un coup de tête, sans préparation, sans trop de connaissance du pays. Un soir j'avais vu un reportage sur l'Inde et j'ai eu envie d'y aller. Un mois après j'y étais! J'ai reçu l'Inde dans la gueule en sortant de l'aéroport de Bombay. Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait lol.

Bref, au début j'avais plus ou moins les mêmes réactions que toi. Surtout quand tu dis quelque part dans ton récit que tu gardes des souvenirs dont tu t'en serais bien passés. Avec le recul, je me dis que ces souvenirs sont finalement très beaux (ex: passer 15 heures en classe standard dans un train de nuit à partager une "couchette" avec deux autres indiens, le cul posé sur des lattes en fer, à côté la classe sleeper c'est presque du luxe). Sur le coup c'est pénible c'est vrai, il faut supporter les indiens souvent trop insistants, trop curieux, trop bruyants, trop négligés...mais en même temps si on se laisse un peu aller on finit par échanger (comme on peu car ils ne parlent pas tous anglais) et même à partager de la bouffe. Je me souviens d'une maman (toujours en classe standard) qui m'avait fait gouter des beignets de légumes qu'elle avait faits et qu'elle avait empaquetés dans du papier journal parce que je délirais avec ses deux gamins. Les conditions de transport en Inde sont assez pénibles quand on voyage à petit budget mais c'est quand on fait l'effort d'aller vers les autres et qu'on essaie de communiquer avec les locaux que les longs trajets se font moins pénibles.

Quant au confort des hôtels, la première fois en Inde ça fait toujours un choc. Mais bon, les occidentaux et les indiens n'ont pas la même notion du confort, ni même de la propreté. Normalement après quelques jours/semaines en Inde, la propreté ce n'est plus trop quelque chose sur lequel on s'attarde quand tu baroudes avec pas trop de tune. La saleté finit (presque) par disparaître.

Après deux mois à parcourir le sud et le nord du pays, j'étais assez content de rentrer en France et de retrouver mon petit confort d'occidental blablabla. Deux semaines plus tard l'Inde commençait à me manquer. Dix mois plus tard j'y suis retourné. Puis encore douze mois plus tard. Bref, l'Inde c'est devenu ma drogue, il me faut ma dose tous les ans! Je suis rentré de mon troisième voyage en Inde en fin janvier dernier. Je suis déjà en manque!

Très souvent ça arrive que l'on aime l'Inde une fois rentré chez soi. C'est une fois de retour qu'on comprend mieux ce pays, avec plus de recul, car sur le coup on a plutôt tendance à le rejetter surtout la première fois. L'Inde c'est trop de sensations d'un coup, c'est un concentré de tout en une seule minute dans une même rue. Pour l'occidental, l'Inde c'est trop de confusions à gérer en une seule journée! C'est un pays très complexe et ce n'est pas un pays pour tout le monde, même si je pense que tout le monde en occident devrait s'y rendre au moins une fois dans sa vie pour avoir une vision différente des choses qui les entourent une fois revenus en occident. C'est là que tu apprends à mieux apprécier ce que tu possèdes, même si ce n'est pas forcément d'une grande valeur. Et c'est là aussi que tu apprends à mieux accepter les choses comme elles sont, à mieux relativiser, etc.

Après trois mois en Inde, un retard de 10 minutes d'un TER ça te semble être de la gnognotte, non? Et t'as pas l'impression que tous ces gens qui râlent autour de toi ont l'air con?

Pour moi l'Inde m'a tellement mis au défis souvent que ça m'a rendu souple dans ma vie de tous les jours en France, bon j'exagère un peu mais bon, ça m'a vraiment mieux appris à accepter les choses comme elles sont sans me poser trop de questions.
GI Gildadesiles Globetrotter ·
Suis d'accord avec toi, c'est vrai que j'ai davantages apprécié l'Inde à mon retour en France...effectivement trop d'informations, la chaleur, la misère, les vaches, le bruit, la foule, le harcelement.....sont assez éprouvants pour les nerfs du voyageur "lambda". Au retour on garde les couleurs, la beauté et on oublie le reste......

You might also like