Après 6 mois de voyage en Asie, j'ai écrit ce petit texte pour notre blog, et je voulais vous le partager.
"Le temps passe passe et beaucoup de choses ont changé, qui aurait pu s'imaginer que le temps se serait si vite écoulé ?
Cela fait 6 mois aujourd'hui que nous avons quitté notre belle Bruxelles. La notion du temps qui s'écoule est très malléable. Parfois c'est l'impression d'être partis depuis une éternité qui prédomine, tant on a vécu des milliers de choses si lointaines de notre quotidien bruxellois. Mais à l'inverse, quand on réalise que la moitié du projet est déjà derrière nous, on se dit que le temps file à une allure démesurée. Une chose est sûre : il nous reste six mois de balade et une tonne d'endroits à découvrir, et on s'en réjouit!
Il y a un peu plus d'un an, ce n'était encore qu'un rêve, qu'une idée un peu farfelue. La vie qu'on menait à Bruxelles nous rendait heureux : on était bien entourés, on habitait un chouette petit appart dans un quartier vivant, chacun de nous deux avait un boulot stable dans un milieu qui nous plaisait et nos temps libres étaient remplis d'activités et de projets intéressants. Mais pourtant, on a décidé d'appuyer sur le bouton pause de cette vie qui avance si vite, on a décidé d'économiser, de quitter nos boulots et nos proches. Cette décision n'a pas été facile à prendre, mais c'était un choix, le choix nécessaire pour ne pas le regretter plus tard.
Une fois partis, on s'est rendu compte qu'un long voyage, ce n'était pas de simples vacances. Voyager, c'est sortir de sa zone de confort et quitter la routine. C'est aussi tester ses limites. Voyager avec un budget, c'est accepter de n'avoir parfois (souvent) qu'un seau en guise de douche, c'est négocier encore et toujours pour rester dans les prévisions budgétaires. C'est également trimbaler sa maison sur son dos et essayer d'en limiter le poids, puis c'est faire et défaire son sac plusieurs fois par semaine. Du côté santé, c'est malmener par moment son estomac et consulter son médecin à distance sur Facebook (vive la technologie). Voyager, c'est devoir faire face à la misère et la mendicité, c'est s'indigner de certaines habitudes locales. Voyager, ce n'est pas la vie en rose tout le temps, c'est aussi parfois douter. Douter du projet, douter du futur, douter de soi, douter du monde. Voyager, c'est avoir de temps en temps le mal du pays (sans bout de bon chocolat pour se réconforter) et rater des étapes de vie importantes de nos amis.
Mais si on a décidé de quitter la Belgique pour un an et qu'on ne le regrette pas le moins du monde, c'est car depuis notre départ on s'émerveille de petits détails, on découvre des cultures lointaines et insoupçonnées, on goûte des mets inconnus au bataillon, on visite des temples et monuments par dizaines, on apprend quelques mots dans différentes langues, on croise des milliers de sourires, on se régale de jus de fruits frais en regardant la vie se dérouler devant nous... Dans ce voyage, on profite de chaque instant, on ose, on flâne, on savoure, on s'étonne, on explore, on relativise, on réfléchit à la direction qu'on aimerait donner à notre vie... Et surtout, on prend le temps et on réalise que c'est ça le luxe.
C'est pour toutes ces raisons qu'on est partis se balader à l'autre bout du monde. Mais on ne vous oublie pas, loin de là!"










