Articles du figaro du 31 juillet 2004
La croisière se révolte
Treize touristes français, partis de Paris, ont déboursé jusqu'à 1 000 euros par personne pour une croisière. Mais très vite, ces vacances de rêve virent au cauchemar.
AZIZ ZEMOURI
[31 juillet 2004]
Treize touristes français, partis de Paris, ont déboursé jusqu'à 1 000 euros par personne pour une croisière d'une semaine - du 19 au 26 juillet - au large de la Turquie.
Mais très vite, ces vacances de rêve virent au cauchemar. L'équipage, du capitaine au simple matelot, est ivre du matin au soir ; les cabines sont inutilisables et plusieurs vacanciers passent leur première nuit sur le pont, avec la lune comme lampe de chevet et le ciel en couverture. Des passagères sont harcelées par le patron du bord, au point que, pour protéger l'une d'entre elles, ses compatriotes sont obligés de s'interposer physiquement. Aussitôt, la tension monte d'un cran. Des coups pleuvent, des menaces sont lancées contre les vacanciers français.
Quant aux normes de sécurité, elles sont quasi inexistantes. «Un bateau de croisière, expliquent Christophe et Nathalie, un couple d'infirmiers originaire de Perpignan embarqué dans cette galère, doit être équipé d'un hors-bord de secours. Le problème, c'est que chaque jour le propriétaire de notre navire et sa femme utilisaient cette annexe et disparaissaient toute la journée !»
La terre ferme, enfin, après six jours de haute tension. Fin du cauchemar ? Non, car les autorités turques refusent d'entendre les plaintes des touristes français qui tombent dans un véritable guet-apens tendu par des matelots avinés. Bilan : côtes cassées ou contusions multiples pour les uns, oedèmes et douleurs cervicales pour les autres. Il faudra finalement l'intervention du consul de France pour que le commissariat d'Antalya accepte de dresser un procès-verbal. Onze plaintes ont été enregistrées.
Alertée, l'ambassade de Turquie en France se dit scandalisée par cette affaire et affirme qu'elle réclamera des sanctions contre les responsables et les auteurs des violences.