"Green Zone- Les Américains à Bagdad. (Imperial Life in the Emerald City)" a paru pour la première fois aux éditions de l'Olivier en 2008. Il a obtenu le Samuel Johnson Prize et a figuré dans la liste des dix meilleures ventes de l'année 2007 du New York Times. L'auteur, Rajiv Chandrasekaran, est journaliste au Washington Post. Son ouvrage est le résultat de plusieurs mois d'enquête sur l'occupation américaine en Irak, particulièrement dans la "zone verte" à Bagdad, une petite Amérique au milieu du chaos, appelée par les occupants La cité d'Emeraude en référence au Magicien d'Oz. Précisons que Chandrasekaran n'est pas arrivé en Irak dans les bagages de l'armée comme la plupart des journalistes. Son premier séjour date de septembre 2002, et il totalise donc près de deux ans de travail sur le terrain.
La sortie du film éponyme de Paul Greengrass, dont j'ai dit quelques mots le 15 avril (sur ce forum) a été l'occasion de rééditer le livre en éditions de poche - sans celà, je passais complètement à côté ! Le scénario du film ne fait l'objet que de quelques pages de l'ouvrage, mais montre bien l'ambiance qui régnait dans "La cité d'Emeraude".
Chandrasekaran nous décrit avec précision comment l'idéologie néo-conservatrice - le "bushisme"- est passée sous les fourches caudines de la réalité irakienne. Et c'est souvent tragi-comique !
On va de surprises en surprises en lisant "Green Zone", on retrouve les grandes sociétés privées américaine telle Halliburton (1), citée à propos du naufrage de la plateforme pétrolière, qui fait tout son possible pour que l'avant garde de la démocratie et du libéralisme ne soit pas dépaysée :
...Les céréales du petit déjeuner arrivent par avion des Etats Unis - des Froot Loops et des Frosted Flakes made in u.s. à la table du petit déjeuner contribuent à maintenir un bon moral...
Il y a aussi "Blackwater", une armée privée américaine, mais pas du niveau et de l'efficacité de la "M.P.R.I" (2)
Avant d'être envoyés en Irak, les civils américains répondaient à des questions surprenantes au cours des entretiens d'embauche, comme : êtes vous pour la peine de mort? Etes vous contre l'avortement? Car il était primordial d'adhérer à l'idéologie néo-conservatrice plutôt que d'être le meilleur dans le domaine recherché. Bref, les recruteurs du Pentagone recherchaient les croisés du libéralisme.
C'est plus comique que tragique de suivre le parcours de ce jeune homme, tout droit venu de Wall Street, dont le job consistait à réformer la Bourse de Bagdad, la doter de statuts, de la moderniser, et de désigner son responsable irakien pour la réouverture. Effectivement, la Bourse ouvrit après le départ du chevalier de Wall Street, et on éclate de rire on constatant ce qu'il advint de son travail.
La bêtise de l'aveuglement idéologique américain : un spécialiste des situations de crise, un médecin militaire bardé de diplômes à qui il incombait de réformer le système hospitalier irakien, se fait éjecter au bout d'une semaine, remplacé par un ancien gouverneur républicain dont le titre de gloire fut d'être à la tête d'une agence qui poussait les femmes à ne pas se faire avorter !
Les propos de Chandrasekaran sur la vie en Irak seront considérés comme surprenants par les béotiens, et ses chapîtres consacrés à la privatisation des usines qui ne fabriquent plus rien réjouiront beaucoup de lecteurs.
"GREEN ZONE- Les américains à Bagdad." de Rajiv Chandrasekaran- Points- 7,80 €
http://fr.wikipedia.org/wiki/Halliburton (1)
http://www.infoguerre.fr/fichiers/dossier%20MPRI.pdf (2)
La MPRI, qui fut si efficace dans les Balkans, semble avoir remplacé Blackwater en Irak
Books, films and documentaries · Irak
Suggestions de livres, de films et de documentaires qui peuvent intéresser, faire rêver ou être utiles pour des voyageurs.
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"My Sweet Pepper Land", un film de Hiner Saleem
Un genre de western en contrée kurde, dans un village paumé entre l'Iran, l'Irak et la Turquie... avec une actrice magnifique (l'iranienne Golshifteh Faharani, que vous avez peut-être vue dans "A propos d'Elly" ou "Syngué Sabour, pierre de patience"); moi je dis, vous devriez essayer! C'est à la fois drôle et cruel, un peu bizarre et loufoque, à la Kusturica, avec, justement, une musique signée de son compositeur fétiche: Goran Bregovic. Un conte un peu âpre mais singulièrement charmant.
Votre avis... ?
Un genre de western en contrée kurde, dans un village paumé entre l'Iran, l'Irak et la Turquie... avec une actrice magnifique (l'iranienne Golshifteh Faharani, que vous avez peut-être vue dans "A propos d'Elly" ou "Syngué Sabour, pierre de patience"); moi je dis, vous devriez essayer! C'est à la fois drôle et cruel, un peu bizarre et loufoque, à la Kusturica, avec, justement, une musique signée de son compositeur fétiche: Goran Bregovic. Un conte un peu âpre mais singulièrement charmant.
Votre avis... ?
Pour tous ceux qui s'intéressent au Kurdistan, notamment d'Iraq, aller voir le film qui vient de sortir à Paris, "Red Heart", réalisé par des Kurdes, en langue kurde et sous-titres en français : sur le sujet du mariage forcé au Kurdistan, et sur le sort d'une jeune fille qui s'enfuit de chez elle avec son copain de coeur, et les drames qui s'ensuivent. Quelque peu primaire au niveau de l'histoire, mais très réaliste, et avec des vues sublimes de la région de Rowanduz (début du film), puis à Irbil, etc. Avec les costumes, la musique, les coutumes et le reste, et on ne s'ennuie pas !
je cherche le film qui décrit la vie de Saddam Hussein, on m'a dit qu'il est en vente mais je n'arrive toujours pas à le trouver !!!
De E-E Schmitt.
Je viens de le terminer... Quelqu'un l'a lu ?
Je viens de le terminer... Quelqu'un l'a lu ?
Je découvre ce soir ce reportage un peu ancien sur des voyages organisés en Irak (dans le nord kurde).
Mélange de "on s'fait peur", de bigoterie pas méchante et de curiosité que je pense honnête.
Je ne sais trop quoi en penser! Ca me paraît louable de se rendre sur place pour "comprendre" la situation. Mais de là à se croire expert après 10 jours sur place et bien protégé...
J'attendrai encore, et de toute façon, j'ai horreur des groupes!!
http://envoye-special.france2.fr/index-fr.php?page=reportage-bonus&id_article=1157
Mélange de "on s'fait peur", de bigoterie pas méchante et de curiosité que je pense honnête.
Je ne sais trop quoi en penser! Ca me paraît louable de se rendre sur place pour "comprendre" la situation. Mais de là à se croire expert après 10 jours sur place et bien protégé...
J'attendrai encore, et de toute façon, j'ai horreur des groupes!!
http://envoye-special.france2.fr/index-fr.php?page=reportage-bonus&id_article=1157
"Un prive a Babylone" est un polar dangereux a lire en public : les gens vous regarderont de travers, et ils se demanderont pourquoi vous etes secoue de rires, pencher sur votre bouquin.
Je l'ai lu au milieu des annees 80, et j'ai decouvert par la meme occasion le peintre americain Hopper dont un detail d'un de ses tableaux sert de couverture.
Le hasard des "Bookshops" m'a incite a le relire. Cette fois ci, j'ai moins ris, mais c'est le cote pathetique de l'histoire qui m'a touche. Dans les annees 42, en pleine guerre mondiale, le detective prive C.Card, ou "L'oeil", collectionne les deboires, rate tout, et se retrouve toujours seul dans un monde trop dur> Vous apprendrez comment, grace a une balle de baseball, il acquiert la capacite de se rendre a Babylone, au temps du bon "Nabu", et vivre une vie qui, pour lui, a plus de realite que celle ou il se traine, car, a Babylone, il est le plus grand detective, un fameux joueur de baseball, et la plus fille babylonienne est amoureuse de lui.
La vie revee, quoi ! Parce que, dans celle ou il tente de se depatouiller, c'est infernal : il n'a meme pas de quoi acheter des balles pour son revolver, on lui propose une affaire qui consiste a voler un cadavre - je ne vous dis pas ou il va finir, le cadavre ! Sa mere le traite d'assassin...oui, parce qu'il a tuer son pere a l'age de ...quatre ans, sa proprietaire lui reclame toujours des loyers impayes...Quelle deroute pour "L'oeil" !
Oui, cette deuxieme lecture, je l'ai resentie comme une tragi-comedie.
De Richard Brautigan, j'ai aussi adore "La peche a la truite en amerique"
Attention vitriol.
Quant les militaires (américains en Irak), sûr de leur bon droit, ont beaucoup de plomb dans la pétoire mais pas beaucoup dans la tête, et, à défaut de bravoure, une bavure sur les bras... on se prend à espérer qu'ils seront, au minimum, hantés à vie par les souvenirs de leur crime (que la hiérarchie ne punit pas) et, si ce n'est pas châtiés, châtrés, peut-être.
La forme du film, sensée valorisée l'effet "documentaire" est, de façon apparente, factice.. ce qui, au premier abord, a empêché mon adhésion au récit.
De plus, les hoquets de pauvres militaires couinant leurs exaspérations, leurs impatiences et leurs frustrations avec des airs de bravaches incultes, ne sont pas pour me soutirer des larmes de compassion.
Comprenant l'idée de Brain De Palma, d'exposer l'image d'une humanité déréglée et de la crise de nerf permanente de ceux qui sont au front, on patiente.
Mais le film, comme un sniper, nous attend patiemment, et là, d'un coup, on se prend une rafale qu'on a pas vu venir.
C'est raide. On tombe. Enfin, pas tout à fait raide mort mais assez secoué.
Si vous voulez passer une bonne soirée, n'allez pas voir ce film. Je vous conseille plutôt dans ce cas "Le Merveilleux magasin de Mr Magorium", plus indiqué...
Si vous êtes contrarié mais que vous n'arrivez pas à pleurer, voyez d'abord "Le cahier" de Hana Makhmalbaf, puis celui-ci juste après, ça devrait marcher.
Certes, stimuler sa conscience n'est pas forcément ludique mais ça a, au moins, un avantage: celui de ne pas mourir bête.
Quant les militaires (américains en Irak), sûr de leur bon droit, ont beaucoup de plomb dans la pétoire mais pas beaucoup dans la tête, et, à défaut de bravoure, une bavure sur les bras... on se prend à espérer qu'ils seront, au minimum, hantés à vie par les souvenirs de leur crime (que la hiérarchie ne punit pas) et, si ce n'est pas châtiés, châtrés, peut-être.
La forme du film, sensée valorisée l'effet "documentaire" est, de façon apparente, factice.. ce qui, au premier abord, a empêché mon adhésion au récit.
De plus, les hoquets de pauvres militaires couinant leurs exaspérations, leurs impatiences et leurs frustrations avec des airs de bravaches incultes, ne sont pas pour me soutirer des larmes de compassion.
Comprenant l'idée de Brain De Palma, d'exposer l'image d'une humanité déréglée et de la crise de nerf permanente de ceux qui sont au front, on patiente.
Mais le film, comme un sniper, nous attend patiemment, et là, d'un coup, on se prend une rafale qu'on a pas vu venir.
C'est raide. On tombe. Enfin, pas tout à fait raide mort mais assez secoué.
Si vous voulez passer une bonne soirée, n'allez pas voir ce film. Je vous conseille plutôt dans ce cas "Le Merveilleux magasin de Mr Magorium", plus indiqué...
Si vous êtes contrarié mais que vous n'arrivez pas à pleurer, voyez d'abord "Le cahier" de Hana Makhmalbaf, puis celui-ci juste après, ça devrait marcher.
Certes, stimuler sa conscience n'est pas forcément ludique mais ça a, au moins, un avantage: celui de ne pas mourir bête.
Le meilleur film que j'aie vu sur la guerre en Irak, avec une plongée dans le quotidien de chacun: celui des terroristes, celui des marines américains, celui de la population irakienne prise en otage entre les deux.
Le film montre bien comment la violence et la folie s'alimentent elles-mêmes, en un cercle vicieux et ininterrompu... La barbarie des uns ne faisant qu'aviver celle des autres, et provoquer davantage de victimes, d'injustices et accroître les vélléités de vengeance...
Le film montre bien aussi, malgré toute la technologie dont chacun dispose (téléphones cellulaires pour bombes télécommandées des terroristes contre drones et écran vidéos des Q.G des militaires) le manque de communication entre ces deux mondes...
Oui, les irakiens font la cuisine, joue à la balançoire, font l'amour, plantent des arbres... mais ces images là, l'Occident (et sans doute, les américains moins encore que les français)n'ont pas l'habitude de les voir. Le film met aussi en lumière comment tout est déshumanisé à travers les écrans vidéos, et que les "frappes chirurgicales" sont surtout aveugles!
Il s'attarde aussi sur les motivations de chacun, sur la résonnance que la portée d'un acte peut avoir en soi et comment chacun gère ça. Comment certains semblent anesthésier leur conscience, la réduire au silence, quand d'autres se posent des questions... Justifier ses choix est douloureux et l'issue incertaine...
La parole la plus sage -et la plus politique- du film arrive par une femme. Une irakienne parmi d'autres, pendant la préparation d'un repas... voilà des héroïnes, à la merci des hommes de tous bords, qui, par leurs activités domestiques quotidiennes, maintiennent un semblant de sens, dans une vie bousculée, fragilisée, menacée de part et d'autres.
La grande réussite du film, son authenticité, tient sans doute à l'implication de ses interprètes...que le réalisateur est allé chercher dans des camps de réfugiés ou parmi des ex-marines ayant participé à la guerre en Irak...
Le film montre bien aussi, malgré toute la technologie dont chacun dispose (téléphones cellulaires pour bombes télécommandées des terroristes contre drones et écran vidéos des Q.G des militaires) le manque de communication entre ces deux mondes...
Oui, les irakiens font la cuisine, joue à la balançoire, font l'amour, plantent des arbres... mais ces images là, l'Occident (et sans doute, les américains moins encore que les français)n'ont pas l'habitude de les voir. Le film met aussi en lumière comment tout est déshumanisé à travers les écrans vidéos, et que les "frappes chirurgicales" sont surtout aveugles!
Il s'attarde aussi sur les motivations de chacun, sur la résonnance que la portée d'un acte peut avoir en soi et comment chacun gère ça. Comment certains semblent anesthésier leur conscience, la réduire au silence, quand d'autres se posent des questions... Justifier ses choix est douloureux et l'issue incertaine...
La parole la plus sage -et la plus politique- du film arrive par une femme. Une irakienne parmi d'autres, pendant la préparation d'un repas... voilà des héroïnes, à la merci des hommes de tous bords, qui, par leurs activités domestiques quotidiennes, maintiennent un semblant de sens, dans une vie bousculée, fragilisée, menacée de part et d'autres.
La grande réussite du film, son authenticité, tient sans doute à l'implication de ses interprètes...que le réalisateur est allé chercher dans des camps de réfugiés ou parmi des ex-marines ayant participé à la guerre en Irak...
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