La joie, le plaisir et l’énergie aux couleurs africaines
Aussi bien un trio composé de trois musiciens « africains » qu’un trio avec un Ivoirien et deux Suisses, c’est Keïta-Brönnimann-Niggli dont les compositions transmettent éloquemment leur passion pour leur continent natal, l’Afrique, tout en intégrant divers éléments empruntés du jazz.
Aly Keïta compte parmi les grands maîtres ivoiriens du balafon. Il sait adapter son instrument à d'autres langages musicaux, plongeant son instrument dans un bain de cultures aussi diverses qu’étonnantes. Depuis plus de vingt ans. Au fil de sa carrière, le musicien ivoirien, d’origine malienne, repousse les limites musicales et culturelles du balafon, ce qui lui permet de collaborer avec des musiciens tels que Joe Zawinul, Jan Gabarek, Trilok Gurtu, Hans Lüdemann, Pharoah Sanders, Enrico Rava et tant d’autres ! Dans son dernier projet, Ali s’entoure de deux artistes suisses de renom, le multianchiste Jan Galega Brönnimann et le batteur-percussionniste aux multiples sonorités, Lukas Niggli. Ensembles, ils mêlent leurs instruments pour créer une musique innovante, quelque part à la rencontre des traditions et du jazz. Un voyage musical ensoleillé sur les traces du jazz contemporain et des musiques africaines. Véritablement, un trio resplendissant de musicalité et de générosité…
Issu d'une famille musicale, Lukas Niggli débute au piano, puis à la batterie et forme son premier groupe à onze ans. Puis la participation à un orchestre classique, premier groupe de rock et premier contact avec la musique contemporaine écrite et improvisée. Pluralité d’influences donc, qui se prolonge au conservatoire de Zurich où le grand batteur vétéran Pierre Favre devient son professeur. A l’issue de cet apprentissage, Favre l’engage dans sa formation. Mais l’intérêt essentiel de Niggli pour le rythme remonte sans doute aux six premières années de sa vie passées au Cameroun où il est né, pays dont l’atmosphère musicale l’a profondément influencé. En Suisse, c’est l’approche fortement individuelle de l’instrument caractérisant chaque batteur qui le marque : « C'est une spécificité helvétique difficile à expliquer par des causes simples, mais qui a sans doute à voir avec la tradition des tambours militaires ». Toujours est-il que le set de Niggli retrace à la fois ses influences rock, contemporaines, jazz... « La pauvreté de la batterie jazz classique au niveau des timbres me posait problème. J'ai donc ajouté diverses cymbales, des woodblocks, tout un spectre de couleurs collectées ici ou là, de sons qui me plaisaient. Cela me permet de jouer aussi bien des grooves que de la musique libre »... et n'empêche d'ailleurs pas Niggli de pratiquer la batterie rock pure et dure quand le contexte l'exige, dans des groupes de metal, de noise ou de freecore tels que Steamboat Switzerland, formation qui interprète la musique contemporaine avec l'énergie du rock et commande ses thèmes à des compositeurs extérieurs pour ensuite y ajouter ses impros…
Le troisième du trio, Jan Galega Brönnimann, préfère jouer de la clarinette basse (et contrebasse), assez rarement le saxophone soprano. Lui aussi est né au Cameroun. Donc, Niggli et Brönnimann sont amis depuis leur plus jeune âge, leur enfance a donc été bercée par les sons et les rythmes de la musique ouest-africaine. Etonnament, ces deux musiciens se retrouvent pour la première fois au studio pour enregistrer Kalo Yele ("clair de lune" en bambara), leur premier disque, inclassable, pas de pur disque de jazz, mais avec des éléments de jazz surtout via le jeu du clarinettiste. Dans leur jeu d‘ensemble, le balafon tient souvent le rôle d’un piano dans un trio de jazz classique, ce sont des « lames que frappent des mailloches, des calebasses pour la résonance (…) et des cordes pour assembler le tout à la main » (extrait du livret). Et en l’absence de basse ou de contrebasse dans ce trio, c’est Brönnimann qui assume souvent cette fonction à la clarinette basse (ou contrebasse), par des riffs, chants ou contrechants, entre Niggli, le moteur percussif, et Aly Keïta qui jouit d’une grande liberté soliste. Outre les pulsions rythmiques tout aussi incontournables que prégnantes, un univers rythmique au dynamisme diversifié par son approche et ses mulitiples facettes, trois superbes musiciens originaux, en complète osmose, impeccables sur le plan technique et équipés de passion et de joie de jouer irrépressible, réunissent deux continents, deux cultures (et plus), des tempéraments et des mentalités différents, ainsi que les idéaux du jazz et des rythmes ouest-africains dans un mélange aussi vivant qu’hypnotique. Une musique qui vit de la virtuosité de ses protagonistes, de leur force et intensité – et pourtant, elle sonne incroyablement chaleureuse et sans le moindre effort…
Cds :
Kalo Yele. Intakt Records. (2015)
Kalan Te Ban. Intakt Records. (2020)
Hery
https://www.youtube.com/watch?v=ylQTmIQAAqQ
World music · Côte d'Ivoire
Suggestions de disques et d'artistes étrangers, musiques du monde sur internet (radios), spectacles de musique, apprendre les musiques et les danses étrangères, etc.
Showing 1–3 of 3 discussions.
Many threads here are in French, the community’s main language. English translations are added over time.
Parution toute actuelle : le cd "Timbuktu" du Trio Ivoire
Le TRIO IVOIRE existe depuis 1999, fondé par le pianiste et compositeur Hans Lüdemann et le "magicien du balafon", Aly Keita, les gardiens du temple. Les énergies créatives du trio naissent surtout là où se joignent la polyrythmie africaine et la polyphonie européenne ou alors là où ces contraires sont accentués. Entre 2002 et 2009, le groupe a publié 3 cds : "Trio Ivoire" (2002), "Touching Africa" (2006) et "Across the Oceans" (2009). Il y a peu de temps, son quatrième album, "Timbuktu", est sorti ...
Tombouctou, légendaire ville, "la mystérieuse" et "perle du désert", dans le nord(-ouest) du Mali, est le point de départ du voyage entrepris par le TRIO IVOIRE sur son quatrième cd. Durant les enregistrements, "nous avons suivi avec attention les évènements au Mali, à un moment où y régnaient le chaos et la guerre" (Lüdemann). C'était Aly Keita qui s'est mis à improviser sur des thèmes qui lui rappelaient la musique du nord du Mali. Sur cette base, par le biais de l'improvisation, les trois musiciens ont développé le morceau ayant plus tard baptisé "Tombouctou" (Timbuktu en allemand). Le trio est donc parti de "Tombouctou" pour se diriger vers des références africaines, européennes, américaines et imaginaires, liées à des mondes magiques ...
Le morceau "Heartbeats" est personnel et "vient tout simplement de l'intérieur." Dans ce morceau, Aly Keita joue son balafon chromatique – pour la première fois sur un cd du TRIO IVOIRE. "Maloya" (honte) contient certains éléments "typiquement africains" : rythme 12/8, pentatonique, polyrythmie – c'est bien un morceau dansant et entraînant. Christian Thomé, qui, avec ce cd, débute au groupe en tant que batteur, joue ici comme s'il revenait tout juste d'une tournée en Afrique. Une autre particularité de ce cd est qu'il fait ressortir, avec plusieurs morceaux en duo, l'interaction entre le balafon et le piano – la base et la constante du trio depuis ses débuts. C'est le cas dans "Perles Noires", une improvisation minimaliste aux tonalités sombres avec le balafon chromatique et avec des sonorités de piano acoustiques et virtuelles. Parfois, les deux instruments amalgament à tel point qu'on ne peut plus les distinguer. De grande finesse !
Né lors d'une canicule à la Villa Massimo à Rome au mois d'août, le morceau "Love Confessions" est une variation blues, dont les thèmes principaux sont joués par le piano et – au milieu du morceau – par le balafon et le piano à l'unisson. Le titre "Crum" fait référence à une vallée à Swarthmore aux Etats-Unis, dans la banlieue de Philadelphie, où Lüdemann a travaillé un an en tant que professeur. Le morceau utilise un rythme 9/8 africain, l'intègre dans une forme complexe et développe un grand arc à partir de petits motifs. "Cette œuvre en plusieurs parties va à la limite de ce que l'on peut faire sur le plan formel et harmonique avec un balafon diatonique" (Lüdemann).
"Makuku" est un morceau "léger" et joyeux sur la naissance d'une petite fille. A la manière d'une chanson, le piano et le balafon évoluent en duo à travers des harmonies légères et des rythmes dansants. "Treiben" est une reprise issue des débuts du TRIO IVOIRE à Abidjan en 1999. Avec "Douentza", le voyage ramène les musiciens au Mali – dans un lieu situé au cœur du pays, à mi-chemin entre Ségou et Gao. Le cd se termine par le titre "Ndo", un autre duo, qui se base sur la musique mbira, musique traditionnelle du Zimbabwe : magnifique morceau dédié à la mémoire de la chanteuse et joueuse de mbira Chiwoniso (http://next.liberation.fr/musique/2013/07/26/le-zimbabwe-pleure-la-chanteuse-chiwoniso_921094), avec laquelle le trio a collaboré au cours des dernières années – une musicienne et amie morte trop tôt. Dans la musique shona du Zimbabwe, la mbira, un des instruments les plus anciens en Afrique et emblème de la musique shona, est considérée comme le lien entre le monde réel et le monde spirituel des esprits et des ancêtres (pour le rituel de possession, pour venir faire la pluie, au cours des funérailles, pour invoquer des esprits animaux etc.). Le piano et le balafon reprennent la manière de jouer de la mbira – c'est ainsi que leur voyage musical, qui a commencé à Tombouctou, aboutit finalement dans des sphères infinies et magiques..
La formation : Hans Lüdemann (piano, piano virtuel), Aly Keita (balafons diatonique & chromatique), Christian Thomé (batterie, percussion, électroniques).
Le disque : Trio Ivoire. Timbuktu. Intuition, 2014.
Hery

Le TRIO IVOIRE existe depuis 1999, fondé par le pianiste et compositeur Hans Lüdemann et le "magicien du balafon", Aly Keita, les gardiens du temple. Les énergies créatives du trio naissent surtout là où se joignent la polyrythmie africaine et la polyphonie européenne ou alors là où ces contraires sont accentués. Entre 2002 et 2009, le groupe a publié 3 cds : "Trio Ivoire" (2002), "Touching Africa" (2006) et "Across the Oceans" (2009). Il y a peu de temps, son quatrième album, "Timbuktu", est sorti ...
Tombouctou, légendaire ville, "la mystérieuse" et "perle du désert", dans le nord(-ouest) du Mali, est le point de départ du voyage entrepris par le TRIO IVOIRE sur son quatrième cd. Durant les enregistrements, "nous avons suivi avec attention les évènements au Mali, à un moment où y régnaient le chaos et la guerre" (Lüdemann). C'était Aly Keita qui s'est mis à improviser sur des thèmes qui lui rappelaient la musique du nord du Mali. Sur cette base, par le biais de l'improvisation, les trois musiciens ont développé le morceau ayant plus tard baptisé "Tombouctou" (Timbuktu en allemand). Le trio est donc parti de "Tombouctou" pour se diriger vers des références africaines, européennes, américaines et imaginaires, liées à des mondes magiques ...
Le morceau "Heartbeats" est personnel et "vient tout simplement de l'intérieur." Dans ce morceau, Aly Keita joue son balafon chromatique – pour la première fois sur un cd du TRIO IVOIRE. "Maloya" (honte) contient certains éléments "typiquement africains" : rythme 12/8, pentatonique, polyrythmie – c'est bien un morceau dansant et entraînant. Christian Thomé, qui, avec ce cd, débute au groupe en tant que batteur, joue ici comme s'il revenait tout juste d'une tournée en Afrique. Une autre particularité de ce cd est qu'il fait ressortir, avec plusieurs morceaux en duo, l'interaction entre le balafon et le piano – la base et la constante du trio depuis ses débuts. C'est le cas dans "Perles Noires", une improvisation minimaliste aux tonalités sombres avec le balafon chromatique et avec des sonorités de piano acoustiques et virtuelles. Parfois, les deux instruments amalgament à tel point qu'on ne peut plus les distinguer. De grande finesse !
Né lors d'une canicule à la Villa Massimo à Rome au mois d'août, le morceau "Love Confessions" est une variation blues, dont les thèmes principaux sont joués par le piano et – au milieu du morceau – par le balafon et le piano à l'unisson. Le titre "Crum" fait référence à une vallée à Swarthmore aux Etats-Unis, dans la banlieue de Philadelphie, où Lüdemann a travaillé un an en tant que professeur. Le morceau utilise un rythme 9/8 africain, l'intègre dans une forme complexe et développe un grand arc à partir de petits motifs. "Cette œuvre en plusieurs parties va à la limite de ce que l'on peut faire sur le plan formel et harmonique avec un balafon diatonique" (Lüdemann).
"Makuku" est un morceau "léger" et joyeux sur la naissance d'une petite fille. A la manière d'une chanson, le piano et le balafon évoluent en duo à travers des harmonies légères et des rythmes dansants. "Treiben" est une reprise issue des débuts du TRIO IVOIRE à Abidjan en 1999. Avec "Douentza", le voyage ramène les musiciens au Mali – dans un lieu situé au cœur du pays, à mi-chemin entre Ségou et Gao. Le cd se termine par le titre "Ndo", un autre duo, qui se base sur la musique mbira, musique traditionnelle du Zimbabwe : magnifique morceau dédié à la mémoire de la chanteuse et joueuse de mbira Chiwoniso (http://next.liberation.fr/musique/2013/07/26/le-zimbabwe-pleure-la-chanteuse-chiwoniso_921094), avec laquelle le trio a collaboré au cours des dernières années – une musicienne et amie morte trop tôt. Dans la musique shona du Zimbabwe, la mbira, un des instruments les plus anciens en Afrique et emblème de la musique shona, est considérée comme le lien entre le monde réel et le monde spirituel des esprits et des ancêtres (pour le rituel de possession, pour venir faire la pluie, au cours des funérailles, pour invoquer des esprits animaux etc.). Le piano et le balafon reprennent la manière de jouer de la mbira – c'est ainsi que leur voyage musical, qui a commencé à Tombouctou, aboutit finalement dans des sphères infinies et magiques..
La formation : Hans Lüdemann (piano, piano virtuel), Aly Keita (balafons diatonique & chromatique), Christian Thomé (batterie, percussion, électroniques).
Le disque : Trio Ivoire. Timbuktu. Intuition, 2014.
Hery

Salut!
Je cherche des sites où l'on peut télécharger gratuitement de la musique togolaise et ivoirienne.
merci🙂
Je cherche des sites où l'on peut télécharger gratuitement de la musique togolaise et ivoirienne.
merci🙂
Recommended for you
Previous
Page 1 of 1
Next



