Ça chauffe en Afghanistan!
FR

This discussion is in French, the community’s main language.

IN Initial Regular ·
l'article est réservé aux abonnés. personne a une copie?
NA Naps Globetrotter ·
ah oui tiens, maintenant il n est disponbible qu aux abonnes. il y a trois jours il etait encore pour tout le monde, on n arrete pas le progres🤪
http://lespetitshommesmoustachus.blogspot.com/
TA TastedAntrom Regular ·
Hello !

Bon ca date un peu, mais il y a encore 2 mois, le visa afghan se faisait partout en Asie centrale et au Pakistan en 1 journee, pour 20 ou 30 dollars. Et le pays ne craignait pas tant que ca. Nous avons eu plein de bons echos de voyageurs en revenant (rencontres en Iran, au Pakistan et en Ouzbekistan), si ce n'est un motard allemand, qui s'est fait trancher la gorgre alors qu'il bivouacait dans la pampa (un peu apres Mazar). Il fallait juste prendre la bonne route, la plus longue, entre Mazar-e-sharif et Kabul, la plus courte etant controlee par les Talibans.

Pour Nemo, il est possible et pas specialement dangereux de traverser l'Irak, ca depend bien evidemment dans quelles parties tu te rends. Le kurdistan est ok, ou du moins l'etait il y a 2 mois. Il faut juste etre attentif a ce qui se passe, et ne pas ecouter les journaleux !!

Dernieres choses, le visa Paki est facile a obtenir depuis Tahskent, en 2 jours pour 32 USD.

bons voyages ++
Afrique Australe avec les 2 mômes (7 et 2 ans) Amérique du Sud sur 10 mois (10 000 km), avec notre fiston (3ans) Asie et du Moyen-Orient sur un an (16500 km).

www.tandazimut.com
NA Naps Globetrotter ·
tenez, encore un, en angliche mais bon... Taleban spread wings in Pakistan By M Ilyas Khan BBC News, North Waziristan

The Taleban roam many border areas unimpeded As the spring sets in Taleban fighters in Pakistan's tribal region of Waziristan, bordering Afghanistan, are increasingly visible. This bodes ill for the coalition forces in Afghanistan. But it also highlights problems for Pakistan's government. It is faced with the prospect of the Taleban and their allies trying to consolidate their expansion eastwards inside North West Frontier Province (NWFP). They have already carved out two safe havens in NWFP. They were able to do so after signing deals to the west in the tribal districts of South Waziristan and North Waziristan with the Pakistani government in 2004-05. The deals have enabled different factions within the Taleban to start moving in significant numbers into the cities and towns of NWFP with the aim of overwhelming the local administration. This is an area that has been historically under much closer control of central government than the tribal border areas.

Last year, the militants' gradual incursions into the district of Tank, neighbouring South Waziristan, led to a total collapse of the civil administration in the district. The police there have abandoned four out of five major police posts, and the gates of the police stations remain closed. They have also asked some nine bank branches in the town of Tank to arrange for their own security. While the courts still function, the task of dispute settlement has passed into the hands of the Taleban groups operating in the area.

The Taleban also dominate the entire countryside further north around Bannu and the neighbouring district of Lakki Marwat. In the capital of NWFP, Peshawar, schools belonging to international chains such as Bloomsfield and Beacon House had to shut down for four days at the end of last month when threats of attacks were issued by militants. "We thought the militants wanted to fight the foreign troops in Afghanistan, but they seem to be hitting back at us, " says Bahramand Jan, media secretary to the NWFP chief minister. The question is, why has this Taleban intrusion into Pakistani territory gone unchallenged? Incapacitated

Some in NWFP say the Pakistani military establishment has deliberately allowed the Taleban to expand their area of influence. This, they say, provides the government with the argument that the Taleban phenomenon is a spontaneous development which is difficult to control in Pakistan as well as in Afghanistan. NWFP Governor Ali Mohammad Jan Orakzai seemed to be arguing this way when he told journalists last month that the Taleban movement was "developing into some sort of a nationalist movement, a sort of liberation war against coalition forces". But senior administration officials in Peshawar say the government is not colluding with Taleban. Instead, they say, the government simply lacks the capacity to counter an increasingly aggressive Taleban force both on the border with Afghanistan, and in the provincially-administered Frontier Regions (FRs), those areas that separate the border tribal regions from NWFP. "The police force is inadequately equipped in terms of manpower, logistics and weaponry, rendering the NWFP cities vulnerable, " says Ejaz Ahmad Qureshi, chief secretary of NWFP. Critics say the security forces are inadequately equipped This vulnerability arises from a power vacuum in the FR areas where security is traditionally provided by the paramilitary Frontier Constabulary, drawn from the tribes. "Two-thirds of this force is deployed outside of the FR areas, leaving very little force to secure these areas, " says Malik Naveed, the commandant of the Frontier Constabulary. The Frontier Corps, another paramilitary force comprising tribesmen but with officers drawn from the army, is largely tied up inside the two Waziristan districts. Military casualties And in the Waziristans, it seems, the military are often not prepared to take on the militants. One Taleban fighter in Miranshah in North Waziristan told the BBC that Taleban fighters crossing over into Afghanistan often take a rest at border posts manned by the army and the Frontier Corps. Some officials concede that confronting Taleban fighters at these posts could lead to armed hostilities which the government troops would be unable to control. More than 700 Pakistani troops have been killed in confrontations with the militants since 2003 when the army moved into the tribal border areas, over which central government had until then exercised only nominal control. Officials say that such high military casualties forced the government to sign peace deals with the Waziristan tribes. But far from achieving peace in the tribal areas or in Afghanistan, it seems these deals now threaten peace in Pakistan itself.
http://lespetitshommesmoustachus.blogspot.com/
RS Rsf Regular ·
Salut à tous,

Comme promis plus haut je vous envoie la news, je viens de passer la frontière afghane ouzbèk à Termez, c’est ouvert aux touristes, je leur ai demandé dans le sens Ouzbékistan Afghanistan la Mme douanière m’a dit « da » pour les touristes 🙂. A Tachkent visa afghan en quelques heures.

Bon voyage à tous.

Bruno.
http://wanderingfootsteps.com/ Instagram : @DzangaSangha1
YA Yangguizi Globetrotter ·
Bonne nouvelle.

J'ai rencontre il y a quelques jours un afghan de Mazar-i-Sharif et en ai profite pour lui poser la question. Il n'en etait pas sur mais il avait aussi entendu parler de restrictions.
GI Gillesp Regular ·
Enquête sur le Talibanistan Les Zones tribales pakistanaises grouillent de djihadistes. Des talibans pachtounes qui veulent imposer leur pouvoir. Et des combattants ouzbeks, tchétchènes et arabes d’Al-Qaida, encore moins bien tolérés par les villageois.

En février dernier, les habitants de Dara Adam Khel, un village d’armuriers situé à une cinquantaine de kilomètres au sud de Peshawar, au Pakistan, ont trouvé à leur réveil les rues pleines de tracts leur ordonnant d’observer la loi islamique. Du jour au lendemain, les femmes ont dû se mettre à porter la burqa et les hommes se laisser pousser la barbe. La musique et la télévision ont été interdites. Puis les djihadistes sont passés aux choses sérieuses. Ces jours-ci, l’aube résonne souvent de pleurs de femmes : on vient découvrir un nouveau corps sans tête au bord de la route, avec un mot épinglé sur la poitrine affirmant qu’il s’agissait d’un espion à la solde des Américains ou du gouvernement pakistanais. Les décapitations sont filmées et vendues en DVD dans les marchés de la région. “C’est le couteau qui me fait le plus peur, dit Hafizullah, armurier de 40 ans. Avant de vous tuer, ils l’aiguisent sous vos yeux. Ils sont pires que des bouchers.” Les histoires comme celle-ci sont monnaie courante dans les Zones tribales du Pakistan, ce rude no man’s land à la limite de l’Afghanistan où se forme et s’organise une nouvelle génération de terroristes. Poussés par le fanatisme et endurcis par la guerre, de jeunes extrémistes religieux ont pris le contrôle de dizaines de villes et villages avec l’intention d’imposer leur vision rigoriste de l’islam à des populations trop faibles pour résister. A l’image des talibans afghans à la fin des années 1990, ces djihadistes sont soupçonnés d’offrir leur protection aux chefs d’Al-Qaida et à leurs hommes. Des responsables américains du renseignement pensent qu’Oussama Ben Laden et son bras droit, l’Egyptien Ayman Al-Zawahiri, ont trouvé refuge dans cette zone. Et, si les Etats-Unis et l’OTAN disposent de 49 000 soldats de l’autre côté de la frontière, en Afghanistan, ils ne sont pas autorisés à mener des opérations au Pakistan. Isolée, tribale et profondément conservatrice, cette région frontalière est un monde à part, un territoire hors la loi qui échappe si complètement au contrôle de l’Occident et de ses alliés qu’on le surnomme le “Talibanistan”. Depuis les attentats du 11 septembre 2001, les Etats-Unis s’appuient sur le gouvernement pakistanais pour lutter contre le terrorisme islamiste. Mais, si les services de renseignements pakistanais ont longtemps été soupçonnés d’avoir partie liée avec les talibans, l’administration Bush n’a cessé de saluer l’action du président du Pakistan, Pervez Musharraf, qui a participé à la traque des membres du réseau de Ben Laden. Mais la talibanisation de la zone frontalière – et le rôle que joue celle-ci dans l’armement et le financement des insurgés afghans – a ravivé les doutes sur l’engagement réel de Musharraf contre les djihadistes. Ces incertitudes refont surface alors que Musharraf fait face à la plus grave crise politique depuis son arrivée au pouvoir, il y a huit ans. Depuis le 12 mars, les rues sont en effet le théâtre d’affrontements entre la police et des milliers d’opposants – dont de nombreux avocats – indignés par le limogeage du président de la Cour suprême, Iftikhar Muhammad Chaudhry, pour “abus d’autorité”. Le chef de l’Etat est accusé par ses détracteurs de vouloir pervertir le système judiciaire afin de se maintenir au pouvoir. Leur colère n’a fait que redoubler après qu’un raid de la police a empêché une chaîne de télévision de couvrir les manifestations. Certains Pakistanais qui, par le passé, s’accommodaient de l’autoritarisme de leur président le décrivent maintenant comme un dictateur. “Je pense qu’il s’est condamné lui-même”, commente le général Hamid Gul, ancien chef de l’ISI, l’agence de renseignements pakistanaise. “Il ne pourra pas contrôler les forces qu’il a libérées.” Musharraf étant chef des armées et les militaires ayant un rôle central dans le fonctionnement du pays, il est peu probable qu’il soit chassé du pouvoir. Mais, privé du soutien de sa base modérée, il est de plus en plus dépendant des partis fondamentalistes, fervents défenseurs des talibans. Si les manifestations continuent, Musharraf sera moins enclin à poursuivre les extrémistes du Talibanistan. Mauvaise nouvelle pour les Etats-Unis et leurs alliés ; bonne nouvelle pour leurs ennemis dans la région. Selon un haut responsable militaire américain en Afghanistan, “les talibans sont désormais libres de faire ce qu’ils veulent dans les Zones tribales, parce que l’armée n’ira jamais les chercher”. En réalité, le cœur du Talibanistan – une zone montagneuse couverte d’épaisses forêts, officiellement appelée le Waziristan – ne s’est jamais entièrement soumis à quelque domination que ce soit. A l’époque coloniale, les Britanniques n’étaient pas parvenus à conquérir cette région de tribus pachtounes et ils les ont laissées vivre selon leurs coutumes. En échange, les populations tribales protégeaient le sous-continent des invasions venues du nord. Cet arrangement a perduré avec le Pakistan, à sa création, en 1947. Après le 11 septembre 2001, Islamabad ne s’est guère préoccupé de la situation dans cette région. Des relations difficiles avec l’armée pakistanaise Mais, quand il est devenu évident que les membres d’Al-Qaida et les talibans fuyaient les soldats américains en passant la frontière, des troupes pakistanaises y ont été envoyées. Le nombre des soldats a grossi par la suite, jusqu’à atteindre 80 000 hommes. Des chefs terroristes ont été capturés, et plusieurs camps d’entraînement détruits. Mais plus la pression militaire augmentait, plus les habitants rejetaient la présence des soldats gouvernementaux, surtout quand des civils trouvaient la mort au cours d’opérations bâclées. Dans le cadre des accords de paix signés en septembre 2006 avec les chefs des tribus du Nord-Waziristan, l’armée pakistanaise s’est engagée à retirer ses barrages routiers, à cesser ses patrouilles et à regagner ses casernes. En contrepartie, les combattants locaux ont promis de ne pas attaquer les soldats et de ne plus mener d’opérations en Afghanistan à partir de la frontière. Selon Hamid Gul, ce changement de stratégie est un “aveu d’échec” pour l’armée pakistanaise. Plus de 700 soldats ont en effet trouvé la mort dans cette zone au cours des deux dernières années. Mais les militaires ne sont pas les seuls à payer les pots cassés. Depuis que les forces pakistanaises sont moins présentes à la frontière, les violences en Afghanistan sont en forte recrudescence. En réalité, le retrait des militaires a surtout permis aux extrémistes locaux d’imposer leur loi dans la région. Ils ont mis en place des tribunaux appliquant la charia et exécuté plusieurs “criminels” selon la loi islamique. Certains convois militaires pakistanais sont même parfois escortés par des talibans qui assurent leur protection, ainsi qu’en a récemment été témoin un journaliste de Time au Nord-Waziristan. “L’Etat s’est retiré et a abandonné cette région”, déclare Samina Ahmed, de l’ONG International Crisis Group. “On a tout simplement donné un territoire aux talibans.” Les vieux chefs tribaux indiquent que les extrémistes se servent de mosquées complaisantes pour recruter et héberger de nouveaux combattants. Ils recrutent de jeunes hommes attirés par l’argent et le fanatisme religieux, et arrivent à obtenir le soutien des habitants sous la menace. Malik Haji Awar Khan, 55 ans, chef des 2 000 hommes de la tribu Mutakhel Wazir, au Nord-Waziristan, a été approché il y a un an pour rallier la cause des talibans. Quand il a refusé, les extrémistes ont kidnappé ses jeunes enfants. “Ils croyaient pouvoir m’enrôler, mais je suis fatigué de combattre”, explique Khan, qui s’est battu aux côtés des moudjahidin contre l’armée soviétique. “Ce djihad est commandé de l’extérieur, par Al-Qaida. Ce n’est pas une guerre sainte. Il n’y a que le pouvoir et l’argent qui les intéressent.” Les chefs de tribu que nous avons interrogés affirment ne pas soutenir la cause des djihadistes. Mais la campagne de terreur menée par les talibans a épuisé les résistances locales. Malik Sher Muhammad Khan, un vieux chef tribal de Wana, déclare : “Les talibans crient dans les rues que les enfants ne doivent pas aller à l’école parce qu’on leur apprend des matières modernes comme les mathématiques ou les sciences. Nous voulons être modernes. Ce n’est pas seulement les filles qui sont concernées. Dans mon village, personne ne sait écrire son nom.” Muhammad Khan estime que seuls 5 % des habitants du Waziristan soutiennent activement les islamistes. Certains reçoivent de l’argent pour services rendus ou louent des terres pour y installer des camps d’entraînement. Les autres ne sont soumis que par la peur. Il y a quelques mois, des talibans ont attaqué sa maison parce qu’il avait ouvertement critiqué leur présence dans la région. Durant l’assaut, une grenade a tué sa femme. “Si j’avais eu des armes, j’aurais peut-être pu la sauver, dit-il. Mais nous n’avons aucun moyen de les chasser.” L’émergence du Talibanistan est une menace potentielle directe contre les Etats-Unis et l’Occident. Les habitants affirment que la zone est devenue un immense camp, où des garçons parfois âgés de seulement 17 ans sont formés pour commettre des attaques suicides. “Ici, on accueille les jeunes en leur disant : ‘Puisse Allah t’accorder la bénédiction de devenir un martyr’”, explique Obaidullah Wazir, 35 ans, membre d’une tribu de Miranshah. John McConnell, directeur de l’Agence nationale de renseignements américaine, a déclaré le mois dernier à Washington devant la commission sénatoriale des services armés : “Al-Qaida est en train de construire des centres opérationnels forts qui rayonnent à partir des camps du Pakistan dans tout le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et l’Europe.” Muzafar Khan, chef d’une tribu locale, a corroboré ces propos. Selon lui, le commandant ouzbek Tahir Yuldashev, chef du Mouvement islamique d’Ouzbékistan et lieutenant supposé de Ben Laden, serait à la tête de combattants ouzbeks, tchétchènes, arabes et pakistanais massés dans la zone frontalière. “Nous savons qu’ils font partie d’Al-Qaida, déclare Muhammad Khan. Ce sont des étrangers, ils ne nous ressemblent pas et ne parlent pas le pachto.” Il ajoute que “leurs camps sont faciles à trouver. Même un enfant pourrait vous les montrer.” Ces camps abritent entre 10 et 300 hommes et sont généralement cachés dans la forêt, disent les habitants. On y trouve des constructions simples, en béton et parpaings, entourées de hauts murs. Certains disposent d’abris souterrains en cas d’attaque. Un responsable du renseignement pakistanais affirme que son gouvernement fait tout son possible pour les trouver et les détruire. “Je ne dis pas qu’il n’y a pas de terroristes étrangers sur notre sol, mais, quand nous en localisons, nous les poursuivons”, dit-il. En fait, la meilleure chance de déloger Al-Qaida se trouve peut-être du côté des tribus locales qui se sont violemment opposés à la présence des extrémistes, qu’ils soient locaux ou non-Pachtounes, dans la ville de Wana, fin mars et début avril 2007. Musharraf se joindra-t-il au combat ? Même si Washington fait pression pour qu’il lutte davantage contre le terrorisme, sa survie politique dépend encore largement de partis qui condamnent son soutien aux Américains. Et puis, le vice-président Dick Cheney, en visite sur place au début du mois de mars dernier, lui a ouvertement reproché son incapacité à éradiquer les extrémistes – même si les porte-parole des deux côtés soutiennent que la relation entre les deux hommes est toujours solide. “En faire plus ? Bien sûr qu’ils en font plus ! Tout le monde en fait plus, mieux et différemment. C’est la guerre”, déclare un diplomate occidental en poste à Islamabad. “Mais, quand ils disent, à Washington, à Londres ou n’importe où ailleurs : ‘Ça suffit ! Y en a marre, remettez de l’ordre dans tout ça’, ça ne nous aide pas beaucoup, ici.” C’est peut-être vrai. Mais l’administration Bush commence à comprendre que la stabilisation de l’Afghanistan et la lutte contre Al-Qaida passent par le contrôle du Talibanistan. Le secrétaire d’Etat adjoint Richard Boucher a annoncé l’intention américaine de soutenir le développement des Zones tribales en offrant à Musharraf 750 millions de dollars supplémentaires dans les cinq prochaines années. “Je pense que cet engagement pour le développement, pour une relation durable, est une nouvelle illustration des liens profonds qui nous unissent et que nous renforçons, a-t-il déclaré. Nous sommes profondément attachés à l’idée que le Pakistan reste un Etat musulman démocratique, modéré et stable.”

Le président Musharraf de moins en moins crédible

Ces capitaux américains pourraient évidemment améliorer considérablement le sort de cette région pratiquement dépourvue d’infrastructures. Il ne fait aucun doute que, à terme, des écoles, des hôpitaux, des routes et l’accès à l’électricité seraient bien plus efficaces contre les extrémistes qu’un accroissement de la présence militaire. Mais ce genre de développement prend des années. A l’heure où les terroristes renforcent leur emprise, le président doit prendre des mesures plus radicales. La crise judiciaire et les manifestations de ces dernières semaines ont miné sa crédibilité aux yeux des Pakistanais modérés et laïcs qui formeraient un rempart efficace contre la menace du djihad. Musharraf s’est engagé à organiser des élections législatives d’ici à la fin de l’année, mais, pour reconquérir cet électorat, il lui faudra peut-être aller plus loin et ouvrir l’élection aux chefs de l’opposition, Nawaz Sharif et Benazir Bhutto, actuellement en exil. S’il parvient à faire la preuve de son engagement en faveur de la démocratie, les Pakistanais pourraient bien le maintenir en place. Assuré de cette légitimité, il serait sans doute mieux à même de combattre l’extrémisme dans les Zones tribales. En février dernier, un étrange défilé composé de 45 vieux chefs tribaux a emprunté les sentiers de montagne par lesquels passent généralement les extrémistes qui vont attaquer les forces américaines ou celles de l’OTAN en Afghanistan. Ils allaient rencontrer Hamid Karzai, le président afghan, qui avait ouvertement critiqué l’incapacité de Musharraf à éradiquer le soutien pakistanais aux talibans. “Nous n’avons eu que trop d’années de guerre, trop de veuves, trop d’orphelins, trop de blessés. Si le djihad continue, il détruira l’Afghanistan et le Waziristan, a déclaré l’un des vieux leaders. Nous avons besoin d’aide. Nous ne faisons plus confiance au gouvernement pakistanais.” Le chef de la délégation a offert au président Karzai un grand turban traditionnel waziri en soie jaune. Alors qu’il en coiffait le président, il déclara : “Vous êtes notre président. Vous pouvez nous sauver de la catastrophe. Nous sommes à votre service et nous vous soutenons.” En se tournant vers l’un des rivaux de Musharraf pour lutter contre les talibans, les tribus désavouent ouvertement sa politique. Et, si le président pakistanais ne parvient pas à reprendre au plus vite le contrôle du Talibanistan, ses soutiens à Washington pourraient bien, eux aussi, l’abandonner à leur tour.

Similar discussions

You might also like