Bonjour Cotcotte, 🙂
Bon, toutes ces polémiques sur le concours en lui même me fatiguent,
Tu n'es pas en train de nous expliquer que la polémique c'est les autres et que toi c'est le débat, n'est-ce pas?
Il ne me semble pas avoir pris à partie Eversmile. J'ai interrogé sa référence à Nachtway.
Nuance, non?
Je pense que les photojournalistes peuvent faire passer des messages très forts tout en gardant intacte la dignité des personnes photographiées (même malades, même amputées, même mourantes). Pour moi, dans cette photo, ce n'est pas le cas..
Ne serait-ce pas ton regard et ton esprit d'occidentale qui te fait penser que la photo de Nachtwey attente à la dignité de ce soudanais affamé? Et s'il y a indignité, elle n'est pas dans le fait de photographier sa réalité puis de la montrer mais dans le fait de l'avoir laissé advenir... parce qu'on ne la voyait pas.
Fais donc une recherche rapide sur Nachtwey.
Regarde ces photos de personnes mourantes. Ou de cadavres, d'ailleurs.
Non, personnellement, je n'aime pas l'œil de ce photographe. Mais j'ai le droit, non? Je n'aime pas ce qu'il nous montre de ces personnes qui souffrent.
Encore une fois, il y a bien d'autres photoreporters qui font des photos de situations terribles avec un autre regard, qui me semble accorder plus de dignité à leurs sujets.
Je n'ai pas besoin de voir le corps décharné d'un homme qui se traine à 4 pattes pour me sentir concernée par la problématique de la faim dans le monde.
Un texte écrit par quelqu'un d'aussi talentueux que Robert Fisk me touchera autant, et d'autres reporters témoignent de ces situations avec un autre regard.
Mais il a sur ses épaules une responsabilité fondamentale, celle de témoigner, d'interpeller, de mobiliser..... sans traumatiser.
Sans traumatiser qui? Il faut se garder de confondre la sensibilité et la sensiblerie qui est une faiblesse.
Témoigner, OUI! Mais pas à n'importe quel prix.
Si!
Il est passé, ignorant la quête: laquelle de ces deux personnes est dans une position indigne? (Budapest)

Définitivement, non, pas à n'importe quel prix. Nous ne nous mettrons pas d'accord là dessus.
Ta photo me semble un parfait exemple d'image fabriquée pour faire un message.
Un touriste qui passe indifférent devant un mendiant à terre. Fort bien. Tu as pris cette image, donc tu dois savoir qui est cette personne, et ce qui s'est passé 5 secondes avant.
Mais moi qui ne suis que témoin, excuse moi d'interroger ton image. Peut-être ce passant a t-il jeté une pièce 5 secondes auparavant. Peut-être ne l'a t-il pas fait mais est-il engagé dans une ONG de lutte contre la misère. Peut-être même est-ce un travailleur humanitaire en break pour une semaine à Budapest.
Avec cette image, tu nous conduis à juger l'homme auquel appartiennent ces mollets. Tu lui fais prendre un rôle.
Mais cette image n'est pas forcément la réalité.
C'est ce que je disais plus haut: on peut faire dire beaucoup de choses à une photo....
Par ailleurs, vu l'angle où tu te passes, il me semble que tu fais en sorte que la personne à terre ne voie pas que tu la prends en photo..... Attitude discutable dans un tel contexte.