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Normalisation des liens entre Libye et UE, pas avec la Suisse
Les relations entre la Libye et l'Union européenne ont repris leur cours normal après une 'guerre des visas' mais le contentieux entre Tripoli et la Suisse, qui en était à l'origine, persiste, a déclaré dimanche le chef de la diplomatie libyenne, Moussa Koussa.
La Libye a levé samedi l'interdiction de visas pour les ressortissants de l'espace Schengen, peu après la suppression d'une mesure européenne analogue frappant des personnalités libyennes, dont la famille du colonel Mouammar Kadhafi, à l'instigation de la Suisse.
"La question a été résolue. Nous avons de bonnes relations avec les Européens et nous coopérons. Reste le problème de la Suisse et de sa liste noire", a assuré Moussa Koussa, dans une interview accordée à Reuters en marge du sommet arabe qui se tenait ce week-end dans la capitale libyenne.
La Suisse, qui cherche à obtenir la libération de son hommes d'affaires Max Göldi emprisonné en Libye, avait fait savoir mercredi qu'elle serait prête à lever cette mesure dans le cadre d'une médiation de l'Union européenne.
La Confédération avait réclamé en échange que la Libye revienne sur sa décision, prise le 15 février, de ne plus délivrer de visas aux ressortissants de l'espace Schengen, soit la majeure partie de l'Europe occidentale, dont la Suisse.
Les relations entre la Libye et la Suisse se sont détériorées à la suite de la brève détention en juillet 2008 à Genève de Hannibal Kadhafi, un des fils du dirigeant libyen, pour mauvais traitements présumés contre ses domestiques, une charge abandonnée par la suite.
"CELA DÉPEND D'EUX"
Même si Tripoli dément tout lien entre les deux affaires, deux ressortissants suisses en Libye, Rachid Hamdani et Max Göldi, ont été poursuivis peu après, notamment pour infraction à la législation sur l'immigration.
Rachid Hamdani a été libéré en février, mais Max Göldi purge une peine de quatre mois de détention. Un haut dirigeant libyen, qui a conservé l'anonymat, a confié à Reuters que Göldi pourrait être libéré "très prochainement".
Prié de dire si la normalisation entre l'UE et la Libye augurait d'une telle issue de la crise entre Tripoli et Berne, Koussa a pris soin de souligner qu'il s'agissait d'"un problème différent".
Koussa a toutefois précisé que la Libye participerait sous peu à des pourparlers pour tenter de régler ce litige sous l'égide de l'Espagne, présidente en exercice de l'UE. Celle-ci est déjà à l'origine du règlement de la "guerre des visas" entre l'UE et la Libye.
Interrogé sur les chances de règlement entre Tripoli et Berne, le chef de la diplomatie libyenne a répondu: "Cela dépend d'eux. S'ils veulent régler cela, nous y sommes prêts. S'ils ne le veulent pas, c'est leur problème."
Le colonel Mouammar Kadhafi considère que l'arrestation de son fils à Genève avait été un acte d'humiliation délibéré et a déjà obtenu des excuses publiques du président de la Confédération helvétique de l'époque, Hans-Rudolf Merz, lors d'une visite en Libye l'été dernier.
Récemment, il a déclaré le "djihad" (guerre sainte) contre la Suisse - un diplomate libyen précisant qu'il s'agissait surtout d'une guerre commerciale - et exigé l'abolition de l'interdiction de la construction de nouveaux minarets décrétée dans la Confédération à la suite d'un référendum.
Marc Delteil pour le service français, édité par Pascal Liétout
http://fr.news.yahoo.com/4/20100328/twl-libye-union-suisse-bd5ae06.html