
Après avoir utilisé le forum en long et en large pour nos voyages à moto (Islande, Croatie, Bolivie, Chili, Paraguay, Argentine) et nos voyages « conventionnels », notamment la Namibie, c’est désormais à mon tour de partager l’une de nos aventures.
De retour d’un congé sabbatique de 6 mois à moto entièrement organisé par nos soins (www.nouslabas.com), nous avions envie de vacances « clés en main ».
Pour la toute première fois, le forum manquait d’informations et de précieux carnets sur notre destination : le Groenland. Pour résumer cette expédition : 12 jours de kayak (30 août au 10 septembre 2017), nuits sous tente, autonomie complète, groupe de 13 personnes dont la guide.
Je vais donc favoriser autant que possibles les aspects pratiques de cette aventure proposée par Grand Nord Grand Large, Terres d’aventure et organisée par Tasermiut. A ce propos, je recommande une réservation directement auprès de Tasermiut. Le prix est inférieur et il vous suffit d’organiser votre déplacement domicile-> Copenhague -> domicile ou domicile-> Reykjavik -> domicile selon la date du séjour. Vous trouverez une liste des choses emportées en fin de récit.
Mon compagnon (Adrien-32 ans) et moi (Estelle-29 ans) nous envolons de Genève le 28 août 2017 pour atteindre Copenhague après 2h de vol. Nous profitons de notre après-midi pour découvrir la capitale danoise.
Le lendemain, retour à l’aéroport pour un vol à destination de Narsarsuaq, Groenland ! Nous survolons l’Islande et après 5h de vol (et 4h en moins sur nos montres), nous atteignons le pays glacé. Le ciel est découvert, la vue sur l’interminable Inlandsis (calotte polaire) est splendide.
A destination, nous traversons à pied le tarmac du minuscule aéroport (la « ville » compte moins de 200 habitants) et récupérons nos valises. Le ciel est dégagé, il fait environ 10-15 degrés. Nous sommes accueillis par Andrea, le groupe se rencontre. Nous sommes douze : 2 Français, 1 Allemand, 1 Belge, 1 Anglais, 4 Espagnols et 3 Suisses. Le Fran-glais-gnol sera parlé durant tout le séjour. La moyenne d’âge est d’environ 35 ans, les aînés sont un couple d’espagnols de 54 ans et le cadet un Suisse de 27 ans. Nous sommes deux femmes. Le zodiac qui nous permettra de rejoindre Narsaq est prévu dans 3h. Selon le planning, nous aurions dû rejoindre sans attendre Narsaq. Qu’à cela ne tienne, nous abandonnons nos valises dans la remorque du véhicule de Tasermiut et partons en randonnée plus ou moins équipés pour atteindre un petit sommet surplombant le village. Cette première balade permet de faire connaissance.
Nous rejoignons ensuite le port, récupérons nos valises dans la remorque qui a été acheminée depuis l’aéroport et enfilons des vestes très épaisses. Nous formons une chaîne humaine pour transporter tous nos bagages jusqu’au zodiac puis nous embarquons ! Nous suivons l’Eriksfjord durant 1h pour rejoindre Narsaq. En chemin, nous admirons quelques icebergs qui dérivent lentement.
Au port, nous sommes accueillis par Elo (Eloïsa), notre guide. Une Argentine de Patagonie qui, nous le remarquerons très rapidement, est en parfaite symbiose avec son environnement rigoureux.
Nos valises sont chargées dans une nouvelle remorque puis nous rejoignons à pieds notre hébergement, une petite auberge en bordure de ville. De très nombreux icebergs flottent dans le fjord, la vue est magnifique. Avec plus de 1’500 habitants et 2 supermarchés, Narsaq possède bien le statut de ville.
Nous profitons de la soirée pour faire connaissance, Elo répond à toutes nos questions plus ou moins saugrenues sur l’expédition à venir. En voici un échantillon dans le désordre :- La durée de vie dans l’eau glaciale des fjords est de 10-15 minutes avec une combinaison étanche - Interdiction d’abandonner ou de brûler le papier toilette : on récupère tous les déchets non naturels. Que les plus sensibles se rassurent, cela a traumatisé quelques voyageurs… devoir récupérer son PQ, qui plus est dans un sac plastique transparent, ça éloigne très vite de sa zone de confort…. - Pas de liquide vaisselle ni de savon, la nature n’en veut pas - Pour la douche, la mer est à disposition (imaginez nos têtes !) - Chaque couple/duo dormira dans une tente mise à disposition - Les icebergs peuvent se fissurer, exploser ou se retourner à tout moment. Gardez vos distances et n'oubliez pas que 80% de l'iceberg se trouve SOUS le niveau de l'eau.
Nous passons une excellente soirée, tout le monde s’entraide pour la préparation du repas. Dernière nuit « dans du dur »….
Premier jour d’expédition (30 août 2017). Après le petit-déjeuner, Elo vérifie méticuleusement les bagages de chacun : -Combien de chaussettes ? - 12 paires, une par jour. - Non, tu n’en prends que 4. - Combien de T-shirts ? - 5 -Non, tu n’en prends que 2. - Dans ce sac ? - Mon rasoir… - Non, pas besoin
Pour le coup, on a l’impression de subir la version féminine de Mike Horn dans « Retour à l’état sauvage ». On ne fait pas les malins, on tente d’ajouter discrètement du matériel dans son dos. Peine perdue. Après 12 jours, nous avouerons tous qu’elle avait parfaitement raison. Le strict minimum suffit amplement (*voir liste des choses emportées en fin de carnet). Le but de ce contrôle est d’éviter de se surcharger mais également, et surtout, de vérifier la qualité du matériel emporté : température de confort du sac de couchage, qualité des habits chauds, possession d’équipement de pluie, etc….
Une personne mal équipée met sa vie en danger. Nous transportons ensuite 5 kayaks doubles et 3 kayaks simples jusqu’à la plage. Nous recevons des sacs étanches et commençons à charger les kayaks. Le compartiment avant est réservé à la nourriture. Chaque couple/duo reçoit également un énorme carton de vivres. A nous de nous débrouiller pour que tout passe. Après une partie de Tetris géant, nous parvenons à tout ranger. Les habits, les souliers de randonnée et la tente dans le compartiment étanche arrière, la nourriture dans le compartiment étanche avant. Les matelas et le matériel photo entre les jambes d’Adrien et le matériel pour la journée (gants de rechanges, pulls, gourde) entre mes jambes. Sur le pont arrière, la trousse de toilette, la pharmacie et les sacs à dos, sur le pont avant les sacs de couchages. Nous avons emporté nos propres sacs étanches (3 sacs de 25 litres et 3 de 20 litres), ce qui a été très pratique.
Nous retournons ensuite au hangar où est stocké tout le matériel pour prendre possession de notre équipement. Chacun reçoit une combinaison étanche, une paire de bottes en caoutchouc, une jupe permettant de « fermer » le kayak, un gilet de sauvetage et une pagaie.
Nous voilà enfin prêt !
L’après-midi est bien entamé et le ciel couvert lorsque nous recevons une formation accélérée du pagayage et des règles de sécurité avant de mettre les kayaks à l’eau. Les premiers coups de pagaies sont hésitants pour les débutants, les duos fraichement formés apprennent à se coordonner. (Nous avons participé à un cours privé de technique de pagayage avant notre départ, sur un lac suisse, ce qui n’est pas un luxe). Il nous faudra deux heures pour parcourir les 5 km nous séparant de la rive opposée du fjord. A destination, nous découvrons ce qui deviendra un rituel quotidien : nous portons les kayaks sur plusieurs mètres pour éviter de les voir emportés par la marée montante. Il faut être 6 pour porter un kayak double et 4 pour un simple. Nous unissons ensuite nos forces pour monter le tipi, qui sert de réfectoire et de tente pour Elo.
Ensuite, chacun retire son équipement, vide son kayak, installe sa tente, se change et il est déjà l’heure du repas.
Elo nous concoctera de délicieux menus tout au long du séjour. Jolie prouesse que de cuisiner par terre pour 13 personnes avec deux feux à gaz, une poêle et une casserole.
Durant la nuit, la température descendra jusqu’à 6 degrés. Les icebergs à la dérive ne cesseront d’exploser, de se fissurer, de chuter et de se retourner. Le bruit est impressionnant.
Le lendemain, le ciel est bleu, le paysage toujours aussi beau. Après le petit-déjeuner, une courte marche nous permet de découvrir des ruines d’habitations vikings.Lorsque tout le matériel est rangé dans les kayaks, nous repartons en mer. Nous faisons une petite pause après une heure.
Comme annoncé, Elo se « douche » dans la mer. Nue, elle fait quelques brasses avant de laisser sa peau sécher au soleil. D’abord interloqué, la moitié du groupe finira par l’imiter, avec quelques cris (l’eau est à 2-3 degrés) mais dans une ambiance bonne enfant. Nous voilà au sein d’un groupe de naturistes au Groenland !Nous réembarquons et nous nous engageons dans la traversée du fjord d’Ikersuaq. La mer est calme, nous passons à proximité d’immenses icebergs en provenance du fjord de Sermilik (80% de l'iceberg est immergé - la taille de celui-ci est démente !). De nouveaux muscles font leur apparition, nous serrons les dents. Après 1h30, nous accostons sur une île pour la pause de midi. Il est déjà 16h….
Nous repartons ensuite pour atteindre notre camp. Il nous faudra 1h30 supplémentaires pour enfin accoster ! Journée très éprouvante, nous avons parcouru près de 25 km. Le ciel révélera quelques faibles aurores boréales blanchâtres. A part le craquement des icebergs, nous profitons d’un silence total. On adore !Le 3ème jour, les courbatures font leur apparition dès notre installation dans le kayak. Aïe mes bras, aïe mon dos, aïe mes fesses. Tout le monde a souffert de la longue journée d’hier, nous espérons un itinéraire plus court pour aujourd’hui.

Après 15 km, nous atteignons un nouveau campement. Nous admirons deux aigles et profitons de la rivière toute proche pour une douche…. rapide, très rapide la douche !
Durant le repas du soir, nous mettons en place des tours de garde afin de surveiller le ciel. Nous espérons pouvoir admirer de belles aurores boréales. Grande dormeuse, je prends immédiatement le premier tour, de 23h30 à minuit. Après deux heures de sommeil, je me rhabille et sors péniblement dans le froid.Drôle d’ambiance : le campement est parfaitement silencieux, seul un iceberg flotte dans la baie…. Le ciel est découvert, rempli d’innombrables étoiles. Malheureusement, aucune aurore boréale… je me balade durant 30 minutes, puis je vais réveiller mon compagnon, qui assure le tour de garde suivant. Il ne mettra que 5 petites minutes pour sortir de la tente, mais déjà le ciel commence à « bouger ». Je lui explique la situation : il y a quelques trainées blanches, mais rien d’exceptionnel. Il n’en fallait pas plus pour que Dame Nature nous prouve le contraire. C’est à grand cris que nous réveillons tout le campement : Aurora, aurora, Northern Light, wake up !!!

Nous sommes éblouis : le ciel danse sous nos yeux, les aurores ondulent avec grâce, moment inoubliable mais aussi intense que court : à peine 10 minutes !
Nous retournons nous coucher, des aurores pleins les yeux !Le lendemain, nous pagayons durant 10 kilomètres. En début de matinée, la mer est d’huile, nous glissons sur l’eau en longeant le bord du fjord et apercevons un phoque. Mais bientôt le vent se lève, nous l’affrontons de face. Les vagues s’écrasent sur la proue du kayak, nous serrons les dents. Pas moyen de se reposer, au moindre arrêt le vent et les vagues nous font reculer.
Nous atteignons le bivouac en début d’après-midi et parvenons à monter le tipi et les tentes, malgré les fortes bourrasques de vents.

La suite de la journée est libre, chacun s’occupe ou se repose selon ses envies.
Le cinquième jour, pas de kayak ! La journée est consacrée à une randonnée. 6h de marche et 700 mètres de dénivelés pour atteindre un sommet proche de l’Inlandsis. Les fortes rafales de vent de la nuit sont se calmées, nous profitons d’un soleil radieux.
Aucun sentier, nous suivons tant bien que mal Elo. Nous débusquerons des perdrix avant de nous goinfrer de délicieuses myrtilles sauvages. A midi, nous atteignons le sommet et admirons la vue sur la calotte polaire, infinie. 3’000 kilomètres plus au Nord, c’est le Pôle Nord. La glace atteint en moyenne 2 kilomètres d’épaisseur. Tout est démesuré, nous nous sentons minuscules.

Nous pique-niquons à l’abri d’une barre rocheuse (le vent est assez fort sur les crêtes) avant d’entamer la descente.
Nous parcourons 10 km avant la pause de midi puis 10 km supplémentaires durant l’après-midi pour atteindre le plus beau bivouac de l’aventure.
Nous plantons notre tente avec une vue inouïe sur une nature intacte et puissante. En permanence, le glacier craque, se fissure, des morceaux se fracassent en tombant dans la mer. Nous revivons les mêmes sensations que lors de notre découverte du fabuleux glacier Perito Moreno, en Patagonie Argentine.
Au milieu de la nuit, une énorme explosion retentit, suivant d’un fracas terrifiant : un énorme bloc de glace s’est détaché du glacier. Quelques instants plus tard, une vague puissante s’écrase sur la rive, des milliers d’icebergs s’entrechoquent !
Nous sommes tous impatients de nous attaquer à cet océan de glace pillée !
Après le petit-déjeuner sous le tipi, nous plions le campement et mettons les kayaks à l’eau. Pour la première fois, la mer « croustille ». Etrangement, la sensation d’isolement est renforcée par cette eau à l’état solide.
Nous savourons l’instant, chacun crée sa propre trace, laissant un passage libre de glace dans son sillage. Le ciel est dégagé mais la température nous fait frissonner. Un vent glacial souffle en provenance de la calotte polaire.
Nous nous approchons du glacier, les photos s’enchaînent.
Après 2h et 5 km, nous atteignons le campement. Nous y resterons 2 nuits, ce qui réjouit le groupe. Demain, pas de portage de kayak (aujourd’hui sur près de 100 mètres, un calvaire). Pas besoin non plus de plier/déplier les tentes et le tipi. C’est les vacances !
Une longue montée nous permet d’atteindre un sommet, la vue sur le fjord et la calotte polaire est magnifique. Nous redescendons en prenant soin de récolter un maximum de myrtilles.


A 300 mètres de notre bivouac se trouve un campement saisonnier de Tasermiut. Des Igloos métalliques abritent des lits de camps et un réfectoire sommaire. Il permet aux voyageurs en zodiac de séjourner près du glacier. Comble du luxe, nous nous asseyons sur des bancs en bois pour admirer la vue. Un banc et de l’eau chaude, c’est ce qui nous manquera le plus durant ce séjour. Sortir de sa zone de confort permet de profiter des choses simples une fois de retour à la maison.
En fin de journée, la pluie commence à tomber pour la première fois depuis notre arrivée en pays Inuit. La température descend à 3°C.
Francesco ouvre la marche, évitant soigneusement d’énormes crevasses. Nous le suivons en file indienne. Après une heure de balade (un peu court à notre goût) et d’explications détaillées sur le fonctionnement de la calotte polaire, nous rejoignons les kayaks et longeons le glacier. Les variations de couleur de la glace sont spectaculaires, tout comme les silhouettes de glace déchiquetées.
Nous arrivons à 20h au campement, un repas chaud et au lit !
Nous nous réveillons bercé par un soleil réparateur. Les étendages de fortune fleurissent autour de chaque tente, tout le monde tente de sécher un maximum de matériel. Un membre de Tasermiut a déposé hier des fûts en plastique remplis de nourriture. Nous rechargeons nos kayaks des précieuses provisions et déposons nos poubelles dans les fûts. Elles rejoindront Narsaq en zodiac.
La marée est basse, un long portage sur la plage fait office d’échauffement. Tous les matins, une danse improvisée ou un jeu nous permettent de réactiver nos muscles endoloris avant de pagayer. Une bonne dose de rigolade est dispensée dans le même temps. Imaginez : 13 kayakistes, équipés de la tête aux pieds, dansant en ronde tout en braillant une chanson en anglais à la gloire d’un Big Fat Poney. L’ambiance est au rendez-vous.
Nous entamons notre retour vers Narsaq. Il nous faudra encore 4 jours avant de rejoindre la civilisation. Nous suivons le fjord, laissant derrière nous la calotte polaire. Après 14 km, nous nous enfilons dans une minuscule crique, en file indienne. Pas de plage à l’horizon, juste un amas de gros rochers. Commence là un joyeux bordel. Un seul kayak peut débarquer à la fois. Il faut ensuite le hisser sur plusieurs mètres de hauteur (la marée va monter), sans glisser sur les blocs de pierre, sans se coincer un doigt ou un pied.
Tout le monde s’agite, une chaine humaine se forme pour transporter le contenu des kayaks au sommet de la crique. Les sacs étanches passent de main en main et après de très longues minutes d’effort, tous le matériel est au sommet et tous les kayaks sont placés en hauteur. Cela ne suffira pas. Moins de 2 heures plus tard, petit moment de panique. L’eau est beaucoup montée, deux kayaks dérivent. Nous parvenons de justesse à les attraper puis à la hisser encore plus haut.
Malgré la pleine lune, le spectacle est magique. Le ciel tout entier se pare de couleurs, nous sommes éblouis.
Malgré le froid, nous admirons les lignes dansantes durant plus de 30 minutes. De l’aveu même de notre guide, les couleurs sont rarement aussi intenses !
Le 10ème jour, nous traversons le fjord d’Ikersuaq, ce qui représente 5 km. Nous restons groupés, afin qu’Elo puisse intervenir rapidement en cas de chavirage. La combinaison étanche nous donne environ 10 à 15 minutes de survie dans l’eau gelée. Temps durant lequel il faut retourner le kayak, écoper l’eau qui s’y trouve puis agripper le kayak par l’avant, se glisser sur le ventre jusqu’au siège et s’asseoir à sa place. Le tout, bien évidemment, sans chavirer à nouveau. Mis à part quelques frayeurs (tentative pour rattraper un chapeau qui s’envole), personne ne tombera à l’eau.
Nous remontons ensuite une rivière, le rythme est intense, aucune pause n’est permise sous peine de reculer immédiatement. Nous nous abritons dans une petite baie. La marée est en train de descendre, nous devons attendre la fin de celle-ci pour continuer à remonter la rivière, le courant est désormais bien trop fort.
Le lendemain, la pluie s’est arrêtée. Sous l’effet de la marée, tous les kayaks flottent à plusieurs mètres de la rive. La corde a tenu bon, il nous faudra faire preuve de patience – 1 heure- pour que la marée redescende et que nous puissions atteindre nos kayaks.
Avant de les charger, mission pompage. La pluie de la nuit a rempli tout le compartiment central. A l’aide de pompes manuelles, nous écopons plusieurs litres d’eau.
Après avoir contourné l’île de Tuttutooq, nous bifurquons et suivons le fjord de Tunuaraq en direction de Narsaq. Le vent nous pousse, l’eau est limpide. Nous avons même la chance d’apercevoir quelques poissons.
Le 10 septembre, l’impatience de rejoindre Narsaq se mêle à la mélancolie de fin de voyage. Nous profitons des derniers coups de pagaies, passons à proximité d’icebergs gigantesques et atteignons notre point de départ.

Après le tri/rangement/nettoyage de tout le matériel, nous rejoignons l’auberge de Tasermiut pour le repas de midi. Nous filons au supermarché pour trouver quelques souvenirs puis nous nous rendons au port. Le temps est très menaçant, une tempête approche. L’équipe logistique de l’agence décide de nous loger à Qassiarsuk, en face de l’aéroport de Narsarsuaq. Nous embarquons sur un zodiac en fin d’après-midi, il pleut et le vent est assez fort. Après une heure de navigation, nous atteignons un hostel bondé (auberge de jeunesse). Violent retour à la civilisation. Il fait horriblement chaud dans le réfectoire, le bruit des différents groupes est assourdissant. Nous mangeons en vitesse et partons nous réfugier dans notre chambre.
En fin de matinée, retour au port pour un ultime transfert jusqu’à Narsarsuaq. La météo est déchainée, des trombes d’eau s’abattent sur nous, le vent souffle fort, le zodiac bondi de vagues en vagues. Une rapide traversée puis une marche jusqu’au village et nous déjeunons dans un autre hostel. L’après-midi est libre, une partie du groupe décide de gravir une montagne toute proche, d’autres font des emplettes au supermarché ou profitent d’un moment de repos.










