REMONTEE D'HAVASUPAI
… et fin du voyage
Il nous faut aujourd'hui remonter à la voiture, et j'ai un peu d'appréhension, compte tenu de mes difficultés en 2008.
Après une bonne nuit, nous quittons le lodge à la frontale, bien avant le lever du soleil. Je compte ainsi faire presque toute la remontée à l'ombre, en tout cas avant que la température ne devienne caniculaire.
C'est donc de nuit que nous longeons la rivière, jusqu'à l'embranchement avec le ruisseau à sec qui tient lieu de chemin.

Mais bientôt le jour se lève et illumine le ciel, même si le fond du canyon reste sombre.

La température est très agréable à cette heure, nous sommes bien reposés, et tout semble aller pour le mieux. Nous avançons correctement, mais à notre rythme, c'est-à-dire pas très vite dès que la pente du sentier augmente.

Nous sommes assez rapidement doublés par un groupe d'une quinzaine de jeunes de 25 à 30 ans appartenant à un club de randonnée de Salt Lake City. Ils marchent très vite, mais contrairement à nous, s'arrêtent très souvent, ce qui nous permet de les redoubler (le lièvre et la tortue), puis de nous faire redépasser quand ils repartent. Ceci un grand nombre de fois. Nous pouvons ainsi faire plus ample connaissance et discuter chaque fois quelques instants, jusqu'à notre prochaine rencontre un peu plus loin. Ils sont très sympathiques, et nous donnent pleins de conseils.
Enfin, toujours à l'ombre, nous attaquons l'ultime montée, très raide, celle que je redoute tant.

Nos "copains" nous doublent à pas rapides une dernière fois, mais nous ne les reverrons plus sur le sentier, car j'impose, par prudence, une vitesse très lente.
La montée est difficile, mais à notre rythme tout se passe très bien.
Soudain, nous entendons un piétinement sourd : une longue caravane de chevaux et de taureaux descend le sentier au pas de course, sans se préoccuper des gens qui remontent. Il s'agit des bêtes pour le rodéo prévu à Supai dimanche prochain, pour la fête du village.


Nous nous précipitons contre la paroi, hors du trajet pour laisser la voie libre, mais nous sommes renversés par une vachette qui ne tenait pas bien sa file et nous frôle. L'Indien qui pilotait la caravane et a bien vu la scène se met à rire violemment. Enfin, pour une fois, nous ne les laissons pas indifférents … Heureusement, nous n'avons rien.




La montée, lente, dure, cassante, continue interminablement, mais sans réel problème.
Et vers 10h30, nous arrivons enfin sans encombre à Hilltop et au parking. Je suis rassuré de constater que les problèmes que j'avais connus il y a trois ans ne se sont pas reproduits. Ils étaient donc dus à l'inconscience de faire à mon âge descente, visite et remontée le même jour.
Nous débouchons sur la route, et avons l'heureuse surprise de retrouver "notre" groupe de marcheurs qui nous nous attendait en haut avec patience, et applaudit chaleureusement notre arrivée. Il n'y a aucune moquerie dans ces applaudissements, simplement une sincère félicitation à des plus vieux, de la part de spécialistes. Cela nous va droit au coeur.
Se pose alors le problème de décider ce que nous allons faire maintenant, car notre avion de retour n'est que dans trois jours à Los Angeles.
J'avais bien quelques idées de ballades éventuelles que nous pourrions réaliser, mais nous n'en avons plus envie.
D'une part nous sommes fatigués par la remontée depuis Supai, d'autre part, nous n'avons plus le feu sacré, et en avons franchement assez des terres rouges d'Arizona.
Pour être tout à fait franc, malgré les virées agréables que nous avons programmées cette fois en Arizona, notre esprit et notre coeur n'y sont pas. Ils sont restés en Alaska (mais ne vous faites pas de soucis, cela va revenir bien vite).
D'un commun accord, nous décidons de nous rapprocher de Los Angeles. Nous décidons de passer ces trois derniers jours à nous reposer, ce sera à Palm Springs.
Le trajet depuis Hualapai Hilltop est d'environ 350 miles.
Nous repassons rapidement à Peach Springs au "Grand Canyon Caverns Inn", afin de récupérer les bagages que nous y avions laissés, puis nous nous arrêtons à Kingman pour grignoter dans un troquet sympathique de la route 66, le "Mr D'z"




Le trajet de l'après midi sera très chaud en traversant le Mojave Desert (plus de 120°F, ce qui fait 50°C), mais notre voiture climatisée trace vaillamment sa route, et nous arrivons sans peine à Palm Springs vers 17h.
Nous trouvons une chambre agréable pour une somme dérisoire au Sheraton (le mois d'Aout est à Palm Springs la période hyper creuse, et le tarif des chambres en tient compte).
Notre programme sera très simple pour les deux prochains jours : repos, piscine très belle et sympathique à l'ombre des palmiers, et sieste l'après midi (avec visionnage des vues des ours d'Alaska) lorsqu'il est impossible de rester à l'extérieur.
La seule dérogation à cet emploi du temps bien chargé (?) sera pour faire une dernière sortie aux outlets de Cabazon (car Annie trouve qu'il reste encore un peu de place dans les bagages), rien que du classique.
Et le dernier jour, nous quittons Palm Springs en début d'après midi, pour arriver à Los Angeles avant la cohue. Comme j'aime à le faire en attendant l'heure de départ de l'avion, nous rejoignons le calme et agréable Pier de Manhattan Beach, à dix minutes de l'aéroport.





Nous retrouvons sans peine un marchand de glace qui vend le fameux "frozen yogurt", le même que celui nous avons tant apprécié un peu partout en Alaska.
Puis nous joignons l'aéroport et le vol Air France vers Paris.
Le voyage retour a dû être je pense sans problème, car pour être franc, à ce jour, je n'en ai conservé rigoureusement aucun souvenir.
Voila, c'est fini.
Merci à tous ceux qui m'ont lu jusqu'ici, et encore plus merci à ceux qui m'ont laissé (ou me laisseront) des commentaires sympathiques.
L'Alaska, ses ours, ses paysages grandioses, son coté "last frontier", j'adore vraiment ; et je suis ravi si ce carnet a pu déclencher quelques idées de voyage dans le grand nord du continent américain (je répondrai ici sur le forum, ou par MP à ceux qui envisageant un voyage en Alaska et me poseront des questions pour lesquelles j'aurai des éléments de réponses, ou des avis).
L'Arizona et les terres rouges, c'est bien aussi, mais c'était une mauvaise idée d'avoir couplé les deux.
Jean-Pierre