Bonsoir à tous ! Il est 21:00.
Voici donc la suite de mon récit, et mon avant-dernier jour dans l'Ouest Américain (fort malheureusement...) avant de m'envoler quelques jours à l'Est. J'espère qu'il vous plaira et je vous souhaite une bonne lecture !
Dans l'épisode précédent:
Après avoir tristement laissé derrière moi le Grand Canyon, je me rends à Las Vegas pour la journée. N'étant pas considéré comme majeur aux Etats-Unis, il m'est impossible de rester dans un Casino. Heureusement j'ai tout prévu: un tour sur le fameux grand huit du New York New York. Je me positionne à l'avant du train et je dégaine discrètement une petit caméra pour filmer l'attraction en pleine action. Ce qui est certain c'est que ça décoiffe un bon coup !
Cette visite de Las Vegas est également l'occasion de découvrir une ville États-unienne très atypique et où l'excès n'existe pas. En toute fin de soirée, je m'offre une remontée (dans les bouchons...) du Strip de Las Vegas en voiture. Quelle affluence malgré l'heure tardive ! Et tandis que je m'endors vers 1h00 du matin dans ma chambre du Best Western Casino Royal, les festivités continuent à l'extérieur...
JOUR 11 (17 août 2013): 120°F
Lorsque je quitte définitivement l’hôtel le matin, la chaleur est toujours aussi étouffante. J’ai toujours du mal à dire si l’exposition au soleil est la seule responsable, ou si la pollution joue également un rôle important. Quoiqu’il en soit, je reprends la route à bord de ma Mustang, en jetant un dernier regard aux majestueux hôtels qui bordent le Strip de Las Vegas dont les rues vides contrastent avec l’agitation de la veille.

Ma première destination a été totalement désertée 90 ans plus tôt, et la route déserte que je parcours pour m’y rendre renforce encore davantage cette idée. C’est d’ailleurs un plaisir de retrouver ces bandes d’asphalte dont les bords semblent converger à l’infini, et qui me rappellent fortement le début de mon road-trip lorsque je traversais le Nevada d’Ouest en Est. C’est non sans regret que je le parcours désormais d’Est en Ouest…

Deux heures après avoir quitté Las Vegas le matin même, j’arrive dans une ville un peu particulière, Rhyolite, dont la population vaut tout simplement « zéro ». Cette ville fantôme, vestige de la ruée vers l’or, a vu ses derniers occupants disparaitre en 1924 après avoir pourtant dépassé les 3500 habitants en 1908 - certains parlent même de 8000 habitants. Cette ville éphémère était censé devenir le Chicago de l'Ouest.


Banque, école, gare ferroviaire… les ruines laissent imaginer une forte activité par le passé. Désormais, l’endroit est la terre des serpents à sonnettes, ce qu’on ne manque pas de vous rappeler par un panneau.


En visitant un peu plus loin, je fais une rencontre plutôt originale avec un fantôme, pas très causant, s’apprêtant à faire du vélo. Pendant ce temps, ses douze compatriotes sont rassemblés sur une sorte d’estrade en bois dont la pancarte affiche: "The Last Supper".


Il va de soi que ce lieu est très atypique, et cela fait bizarre d’être presque seul - une famille a fini par arriver - au milieu de ces œuvres. Un peu plus loin encore, on trouve une carcasse de voiture et des cabanes abandonnés. Tous les ingrédients d’une ville fantôme !

Et soudain, ce qui semble être un bug dans la matrice vous saute aux yeux comme un pixel mort sur un écran noir, complètement en décalage par rapport à cet environnement à la fois paisible et un peu hostile. Je vous laisse juger...

Après cette visite très agréable, je rejoins la route principale en direction d’un endroit bien connu, puisqu’il s’agit de la Vallée de la Mort : Death Valley National Park. Une fois encore, la route est un pur bonheur, avec des paysages bien particuliers. Mais ici, les arbres qui s’aventurent trop haut ont un bien funeste destin...

Bientôt, la route se transforme en une véritable montagne russe, ponctuée de brusques changements de pente. Puis, à nouveau, les longues lignes droites alternent avec de belles routes sillonnant le relief, tandis que votre altitude oscille entre positifs et négatifs.

Dans mon élan, j’en viens même à oublier mon trajet initial et je poursuis ma route vers l'Ouest, jusqu’à un petit General Store. Je m'y arrête pour consulter ma carte et localiser Furnace Creek. Croyez-le ou non, mais j’avais déjà parcouru 100 km de trop, soit une bonne heure de route ! Étant donné que j’ai une bonne partie de la journée devant moi et que personne n’est là pour m’en empêcher, je fais tout de même marche arrière pour rejoindre Furnace Creek.
Fait surprenant, l’endroit est à environ -60 mètres d’altitude. Un détail aussi : il fait CHAUD ! La voiture affiche 120 °F (~50°). Bien que la même température fût indiquée à Las Vegas, il y a une grosse différence : le vent. Imaginez-vous en train de faire du vélo (ou de la trottinette dans mon cas, lorsque je vais au lycée…) en plein hiver. Imaginez ce vent glacé et désagréable contre le visage. Dans la Vallée de la Mort, l’effet est similaire, sauf que le vent n’est pas glacé mais brulant !

Bienvenue sur Mars ! J'avais idée qu'il y faisait plus froid...
Je n’ai jamais vécu une telle expérience, et rester trop longtemps dehors devient presque désagréable, même si cela reste surmontable. Une chose est sûre, le toit ouvrant de la Mustang reste fermé pour l'occasion !
J'envisage alors de poursuivre vers Badwater, mais un panneau fait mention d’inondations qui pourraient corrompre le trajet. Dans le doute, je choisis de retourner sur mes pas et de reprendre la route initiale vers l'Ouest, plus précisément en direction de Lone Pine. Sur la route, je croise un hôtel qui ressemble presque à une oasis perdue au milieu du désert. J'en profite également pour m’arrêter au niveau des grandes dunes de sable.
J’arrive de nouveau au petit General Store où je m’étais arrêté un peu plus tôt avant de rebrousser chemin. C’est là que débute une partie stratégique intéressante. Cela fait un moment que je n’ai pas fait le plein, et la voiture m’indique 60 miles restants. Mon GPS m’indique que Lone Pine est à 50 miles d’ici. Je pourrais choisir de prendre de l’essence au General Store, mais celle-ci est facturée presque 6$ par US gallon (1,20€/L vous rendez-vous compte comme c’est cher !!!). Ou alors je suis joueur: j’essaye de rejoindre Lone Pine sans prendre un litre d’essence, en espérant dans le pire des cas trouver une station sur la route.

1,20€/L d'essence. Quelque chose de si banal en France, et pourtant totalement absurde aux États-Unis !
Dommage, je suis joueur ! Et j’allais le regretter un peu. Logiquement, je me dis que pour rejoindre Lone Pine, il faut descendre la montagne. Ce que je n’avais pas prévu, c’est qu’avant de descendre, il faut monter. Beaucoup. Longtemps. Impuissant, je vois les miles tomber les uns après les autres alors que je gravis la côte. Je finis même par adopter une conduite "anormalement" sage. Dommage car une fois encore, la route est fantastique. Mais après tout, ça me laisse plus de temps pour admirer les paysages !
Malgré quelques faux espoirs, le taux d’accroissement de la route devient enfin négatif, et c’est la descente qui commence. Bien qu’il reste une bonne distance à parcourir, me voilà soulagé tout de même. D’ailleurs, je bats haut la main mon record de consommation…

99,9 MPG (2,4 L/100km). Qui dit mieux ?
Je laisse donc la voiture filer au gré de la gravité terrestre. Puis le message tant redouté apparait en jaune sur l’ordinateur de bord : « Fuel Level LOW ». Et malgré tout espoir, aucune station-service à l’horizon.
Finalement, le logo « Chevron » finit par apparaitre au loin, alors que j’entre dans Lone Pine. Enfin ! De l’essence ! A cet instant, la voiture m’annonce 24 miles restants.
56$ plus tard, je reprends ma route. Prochaine destination : June Lake, à 20 minutes de Mammoth Lakes. Le trajet longe la Sierra Nevada, et c’est un spectacle de lumière absolument saisissant qui s’offre à moi. J’en viens à m’arrêter sur un bord de route pour capturer un time-lapse de ce spectacle.

Alors que ma GoPro fixée sur le coffre de la Mustang prend les photos à 5 secondes d'intervalle, j’envisage d’ouvrir le capot de la voiture pour la première fois depuis le début du voyage. Après tout, c’est l’avant dernier jour…
Le problème lorsqu’on ouvre un capot de voiture, c’est de réussir à débloquer la sécurité. Bien que ce ne soit marqué « ouverture facile » nulle part sur le capot, c’est sans conteste plus facile à ouvrir qu’un paquet de gruyère râpé ! Pour la première fois, le V6 de 305 chevaux qui m’a procuré tant de plaisir se découvre sous mes yeux. Une bien belle « pièce »:

Lorsque j’arrive au June Lake Motel ou je vais passer la nuit, le soleil commence déjà à tomber. Après avoir débarqué mes affaires dans la chambre (extrêmement confortable d’ailleurs), j’entreprends de rejoindre les hôtels situés en haut de la station de Ski Mammoth Lakes.

Un petit aperçu de "June Lake" tout en vitesse !
La luminosité tombe à vue d’œil, et je me retrouve rapidement à conduire dans le noir, à travers la forêt, toit ouvert, en faisant vrombir le V6. J’arrive finalement au sommet de la station, d’où partent les remontées mécaniques. L'endroit apparait paisible et endormi, si on fait abstraction des luxueux hôtels dont les fenêtres sont encore éclairées. J’essaye de grimper encore un peu plus haut en voiture, mais me retrouvant rapidement bloqué, je rebrousse chemin et je retourne à June Lake dans l’obscurité.

De retour à l’hôtel, je m’effondre encore une fois sur le lit. En allumant la télévision, je tombe sur Home Alone (Maman, j’ai raté l’avion), film que j'ai vu tant de fois étant plus jeune. Mais ça ne suffit pas à me tenir éveillé. Alors que mes fichiers photos et vidéos sont en cours de transfert sur mon disque-dur, je m’assoupis sans m’en rendre compte !
Dans le prochain épisode: je boucle la boucle...
BONUS
Nouvelle très surprenante: Ford a annoncé jeudi dernier que la nouvelle Mustang (édition 2015) serait vendue en France, aussi bien dans sa version 4 Cylindres EcoBoost que dans sa version V8. Voilà qui devrait séduire un public assez large, et personnellement, je la trouve très réussie ! Bien-sûr je ne cherche pas à faire de la pub gratuite, mais avouez que ça fait bizarre de voir ça sur le site de Ford FRANCE:
http://www.ford.fr/...iculier/ford-mustang