THE WAVE 2 (suite)
Nous traversons une belle zone de "brain rocks".



qui se termine sur un magnifique hamburger minéral géant.

Puis nous parvenons à "second wave" ...



et à son mille-feuilles

Mais peu avant 15h, alors que nous envisagions de continuer vers Top Rock en escaladant la falaise pentue, le ciel se déchaîne.

Les nuages noirs se rapprochent dangereusement, nous percevons les premières gouttes de pluie, un vent violent se lève, et surtout l'orage gronde autour de nous, avec des éclairs raprochés.
Il serait irresponsable de grimper sur la roche glissante. A contrecoeur, nous décidons finalement de rentrer au plus vite.
Retour rapide donc à "the wave", où cependant nous traînons encore quelques instants malgrè le sable qui nous giffle le visage (Dieu seul sait quand nous pourrons encore y revenir, avec ces permis de plus en plus difficiles à obtenir).

La marche forcée vers le parking est effectuée d'un pas rapide en moins d'une heure.
La pluie n'est pas violente, et nous nous en protégeons avec les moyens de bord.

Mais le décor, sous ce ciel plombé, perd de son contraste et de sa superbe.

L'eau ravine un peu partout, formant des flaques, mais cela ne ralentit en rien notre marche.



Nous parvenons enfin au parking, d'où toutes les voitures sont déjà parties. L'orage tonne toujours autour de nous, mais la pluie, bien que tombant à grosses gouttes reste modérée. Nous pourrons j'espère rentrer sans problème, bien que je me fasse quelques soucis pour le passage du wash.

Mais en moins de cinq minutes, la situation évolue dramatiquement. Les cieux se déchaînent, des trombes d'eau nous tombent dessus. Les essuie-glaces perdent leur efficacité, tellement les gouttes tombent nombreuses. De puissants ruisseaux se forment partout et traversent la piste de la gauche vers la droite, le tout illuminé par de nombreux éclairs.

La piste glaiseuse devient une véritable patinoire, parfois je perds le contrôle de la trajectoire de la voiture.

La voiture progresse tant bien que mal. Entre deux figures glissées je creuse sur mon passage de profondes ornières ; j’aperçois d'ailleurs les traces laissées par une voiture passée il y a peu.

Je commence à paniquer sérieusement et à douter de pouvoir rentrer sain et sauf. Pourrai-je me maintenir sur la piste ? D'autant plus que je vais atteindre le wash. Pourrai-je le franchir ? Justement, j'y arrive.
Le wash s'est effectivement bien rempli. J'examine la situation (mais sans perdre de temps, car tout se détériore à vue d'oeil). Il y a un fort courant d'eau d'environ 40 cm de profondeur. Curieusement, cette eau est claire et non boueuse. J'aperçois ainsi distinctement le fond qui paraît assez stabilisé.
Comme cette année le wash est peu large, je décide de passer en force, avec de la vitesse. Je me présente donc à environ 15-20 km/h, et dès que les roues avant ont passé la cassure qui descend dans le wash, accélère à fond. Je passe ainsi sans encombre sur l'élan à la fois le lit du torrent (dont le fond est effectivement stable), et la remontée de la piste de l'autre coté. Ouf ! Je ne sais pas si ma technique était correcte, mais tout s'est parfaitement déroulé, sans enlisement, sans dérapage incontrolé, et même apparemment sans perte d'adhérence.
Parvenu aussi facilement de l'autre coté, un sentiment de puissance m'envahit ; plus rien ne pourra m'arrêter ; je réalise que le plus dur est passé, et que maintenant, à petite vitesse, et en demeurant hyper concentré, je devrais m'en sortir.
Je m'aperçois aussi, quelques centaines de mètres plus loin que pris par la tourmente des évènements, j'ai complètement oublié de prendre une vue du wash en eau ; tant pis, je ne prends pas le risque de faire demi tour pour la photo.
Et de fait, par chance la violence de la pluie décroit légèrement en progressant vers le Nord, bien que le sol reste très instable et glissant.

Enfin, au bout d'interminables minutes de tension, nous rejoignons la route US89, goudronnée. Je me décontracte, nous sommes alors complètement tirés d'affaire, un sentiment de délivrance m'envahit. La voiture a été parfaite (la vision du veau "Grand Marquis" que voulait me faire prendre DOLLAR m'arrache un sourire).
Le retour prudent à Page en fin de journée n'est alors plus qu'une formalité. Et il ne pleut plus !
Nous reverrons le lendemain notre copain James, à la station BLM de Big Water. Rejoignant Kanak où il habite, il est passé la veille vers 17h sur la US89 au large de la " House Rock Valley Road" à l'heure de l'orage violent, et a eu une pensée pour les randonneurs imprudents qui risquaient de passer un bien mauvais moment sur la piste. Il nous assure que nous avons eu énormément de chance, ce que nous voulons bien croire (5 minutes plus tard, je pense que je ne serai pas passé).
Que dire de cette journée à "the wave".
1/ je n'avais pas cette fois l'excitation traditionnelle, en faisant cette randonnée, pourtant fameuse. Probablement étions-nous encore en pensée pris par la magie de l'Alaska, et avions-nous de la peine à nous transposer dans l'Arizona si différent.
2/ pour Top Rock, c'est encore raté !
3/ mais il n'en reste pas moins que le site de "the wave", et ses environs, conserve toute sa magie. Nous y avons encore fait avec délectation de nombreuses photos, comme si nous ne devions plus y revenir.
4/ enfin, alors que j'écris ces lignes, huit mois plus tard, c'est de loin le retour sous la pluie qui me reste le plus en mémoire. C'est cela la nouveauté du jour, la véritable expérience. Je pense avoir eu beaucoup de chance de m'en sortir sans encombre, et n'ai probablement pas été prudent de rester sur le site aussi longtemps, alors que l'orage grondait. Cela me servira de leçon.
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