Bonjour à tous
Je viens de terminer le livre de Louis DELAPORTE "Voyage au Cambodge – l'architecture khmer".
J'ai trouvé ce livre très intéressant.
Il existe deux versions : l'une aux Editions Riveneuve, environ 30 €, l'autre aux éditions Hachette Bnf, environ 23 €
J'ai choisi l'édition Riveneuve avec de nombreux dessins (qui ne reflètent pas toujours la réalité)…
J'ai déjà parlé de Louis DELAPORTE dans cette discussion : page 5, en date du 01/02/2014. Il a fait connaitre en France l'art khmer. C'est aussi un peu grâce à lui et à l'intérêt qu'il a su éveiller pour les arts du Cambodge qu'en 1898 est fondée la Mission Archéologique d'Indo-Chine à Saigon (MAI) qui deviendra en 1900 l'Ecole française d'Extrême-Orient.
Son livre décrit son second séjour au Cambodge en 1873.
On peut imaginer les nombreuses difficultés auxquelles il a été confronté en particulier pour atteindre des temples éloignés comme le Preah Khan de Kompng Svay…
Il décrit son voyage avec les descriptions de nombreux temples et en y ajoutant diverses légendes.
Louis Delaporte s'est entouré de collaborateurs de qualité qui l'ont aidé dans sa mission. Il n'a pas visité tous les temples mentionnés. Il a chargé certaines personnes de faire des visites à sa place et d'en faire ensuite des comptes-rendus.
Parmi les personnes qui l'ont aidé dans différentes tâches citons :
Le Docteur HARMAND, médecin de marine, compagnon d'arme de Francis Garnier. Il s'intéressait beaucoup à l'archéologie.
Adolphe BASTIAN : (1826-1905), ethnographe allemand. Il fut le premier – en 1863 – à associer le modèle architectural indien aux monuments d'Angkor. Adolphe Bastian a traduit des textes dont des légendes et a fait la description de certains frontons
Félix Gaspard FARAUT (1846-1911) : entré en service dans la Marine, pionnier de l'archéologie khmère. Mis à la disposition de la mission Delaporte, il est bon dessinateur et lève les plans des monuments khmers. Il a visité divers temples dont le Pre Rup, Bakong, Mebon, Preah Khan (d'Angkor), bassin de Neak Pean et avec un autre français ("M. Paul" de Battambang) le Banteay Chmar.
En 1874-1875, il est en mission pour l’administration des Beaux-Arts au Cambodge pour étudier les ruines d’Angkor et de la partie occidentale du Cambodge, et pour compléter les collections du musée de Compiègne fondé par Louis Delaporte. Envoyé à nouveau en mission en 1882-1883 pour Louis Delaporte. Il possédait une collection de clichés sur plaques de verre des monuments de l'art khmer.
Voir le BEFEO de 1911, volume 11, pp. 254-255 de Cl. E. Maître.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/befeo_0336-1519_1911_num_11_1_2690Auguste FILOZ, Capitaine de Marine, chargé pour effectuer les moulages des bas-reliefs et des façades de temples.
Il a écrit le livre "Cambodge et Siam : voyage et séjour aux ruines des monuments khmers", disponibleaux éditions Hachette-Bnf et Riveneuve
Voir
http://www.riveneuve-editions.com/catalogue-2/anthropologie-archeologie/cambodge-siam-voyage-sejour-aux-ruines-des-monuments-kmers/Jean MOURA : a été le premier à tenter une reconstitution des lignées royales du Cambodge. Ses travaux sont encore incontournables. Lors du transport de diverses pièces en provenance des temples, l'un des bateaux a coulé, Jean Moura a, par la suite récupéré ces pièces dans la vase.
Etienne François AYMONIER : (1844 – 1929), officier et administrateur colonial français, spécialiste des cultures khmère et cham, premier directeur de l'Ecole Coloniale (*). Il mène de multiples travaux épigraphiques, notamment des relevés systématiques d'inscriptions khmères qui précisent la chronologie des anciens royaumes.
Il innove sur le plan technique en établissant une nouvelle méthode d'estampage (reproduction par frottis sur un papier spécial d’une œuvre : bas-relief, inscription gravée dans la pierre…) pour copier sur les murs des temples tous les fragments encore visibles, explorations souvent réalisées par une main-d’œuvre locale qu’il embauche à cette fin et qui lui ramène une moisson considérable d’informations.
Etienne Aymonier est l'auteur d'une étude en trois volumes sur le Cambodge qui donne pour la première fois les traductions des inscriptions trouvées sur le site. Il a également traduit diverses légendes.
Il joue aussi un rôle en 1898 dans la fondation de l'Ecole Française d’Extrême-Orient (EFEO), qui prendra en charge en 1908 la conservation du site d'Angkor.
Voir l'article de George CŒDES "Étienne-François Aymonier" dans le BEFEO, année 1929, volume 29, pp. 542-548
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/befeo_0336-1519_1929_num_29_1_3305(*) L'Ecole coloniale est fondée, sous la IIIème République en 1889, pour succéder à un centre de stage en activité depuis 1885sous le nom d'École cambodgienne. L'École coloniale devient en 1934 "l’École nationale de la France d'outre-mer" (ENFOM). En 1959, l’ENFOM devient "l'Institut des Hautes Etudes d'Outre-Mer" (IHEOM) destiné à former les cadres des États d’Afrique et de Madagascar membres de la Communauté française. Finalement, l’IHEOM céda la place à "l'Institut International d’Administration Publique" (IIAP) en 1996, qui sera finalement intégré à l'Ecole nationale d'Administration en 2002.
Jacques