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Touristikis à la crème de solaris

Discussion started by Auk on 2020-05-09

38 replies

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Touristikis à la crème de solaris

Auk · 2020-05-09

Comme j'ai un peu de temps, je vous livre le récit d'un voyage de 2018 qui traînait sur mon ordinateur :

Il était une fois, par delà les pandémies et les crises économiques, un temps où nous pouvions voyager : 2018. En cette année béni(t)e, il n’y eut pour nous point de virée nord-atlantique dans la chaleur estivale au programme, point de douches gratuites rafraîchissantes, point de températures vivifiantes, point de gastronomie douteuse et point de prix déments. En passant, félicitations à l’Islande et ses pizzas caoutchouteuse à 30 euros. En 2018, non, on va dans un vrai pays où l’on sait ce que signifie avoir chaud, manger et glander à une terrasse : la Grèce. Et comme nous ne sommes quand même pas des stakhanovistes du 40° à l’ombre, nous avons choisi le printemps, avril plus précisément. Pour le terrain de jeu, il s'agira d'Athènes et du Péloponnèse sur un peu plus de deux semaines. A nous, les petites églises, les ruines romantiques et les oliviers scintillants !

Bien choisir sa photo d'appel pour attirer le chaland. Un bon point et toute mon estime pour celui qui devine où c'est.

Avec la Grèce - pour ceux qui ont lu mes autres carnets qui sont tellement merveilleux qu’il faut les lire immédiatement et que votre vie s’en trouvera changée et éblouie - tout est chamboulé : fini les campings, les dortoirs et les piques-niques miteux de nos voyages dans le nord, place aux hôtels, aux b&b et aux restos. Et en plus, les Grecs ont le bon goût d’être accueillants.

Laissons la parole à du Ballay, parrainé par Alain Deloin et Jean-Michel Apeupré :

Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage (en Grèce), Ou comme celui-là qui vit le Parthénon, Et puis est retourné, plein d'image et pâmoison, Vivre exubérant le reste de son âge

Et avant d'attaquer le vif du sujet, quelques annonces pour le public innocent : Avertissement : vous lisez ce compte-rendu à vos risques et périls. Toute indignation n’est pas de ma responsabilité. Avertissement bis : non je ne suis pas raciste non je n’ai rien contre les Néerlandais, j’ai d’ailleurs un ami néerlandais non les Grecs ne sont pas des feignants oui les Allemands ont pour passe-temps l’invasion… Ah mince une rechute.

Jour 1

Ayé, c’est parti pour une journée de transport translation Lyon-Athènes via Munich en empruntant la Lufthansa. Le vol est sans encombre, une conversation s’engage avec un voisin grec sympathique autour de la qualité douteuse de la bouffe allemande. J'en profite pour avoir une illumination : la nourriture, voilà ce qui unit les Européens (enfin ceux du sud) ! Eclair de génie, j’ai trouvé comment sauver l’Union européenne « tous unis contre la vie beurk ». Malheureusement, ça risque d’exclure les riches du nord. D’ailleurs c’est peut-être un signe : faut-il mal manger pour être riche ? Faudrait exclure les Japonais de l’équation mais sinon ça marche (pays germaniques, scandinaves et anglo-saxons même combat). Revenons au voisin grec, je tente de donner un tour sportif à la conversation mais malheureusement il n’aime pas le foot « football is shit »… Arrgghh, de quoi vais-je bien pouvoir parler alors ?! Du coup, je parle plus. Alors qu’un petit débat sur le scandale du moment, le président du PAOK Salonique et son flingue, ça, ça aurait été fun .

L’atterrissage se passe sans encombre dans cet aéroport d’Athènes qui a changé de place depuis mon unique passage dans le coin et s’est éloigné du centre-ville. Première prise de contact avec l’alphabet grec, on avait essayé pour le fun de potasser les équivalences mais c’est loin d’être évident ! Combien d'équivalents du O ont-ils dans cet alphabet ?!

Le trajet jusqu’au centre d’Athènes est long, très long et le métro/train se remplit progressivement jusqu’à être bondé à ras bord. Nous sommes tassés, compressés et pour sortir de cette fournaise, c’est la lutte finale, poussons-nous et demain, l’air sera le sauveur du genre humain (note à moi-même : éviter la prochaine fois d’arriver au moment de la sortie du travail)

La chambre chez l’habitant est bien placée, en plein centre sans être très bruyante. On profite de notre premier soir pour une approche de la cuisine grecque et un mauvais choix de commande (que de la friture…). On enchaîne sur une petite balade nocturne pour revenir sur l’impression née du voyage précédent (ie dans les années 90 la voiture reine, une ville bruyante et désagréable). Eh bien en fait, une partie du centre-ville s’est piétonnisé, il y a de la vie, des restos et des cafés avec des terrasses partout, c’est très agréable finalement.

Touristikis à la crème de solaris

Arsouille30 · 2020-05-09

K🙂limera! Auk,

Par Tou ristikis, Cette ouverture d' carnet m'appâte ! 😉

Etapes Athénienne et Péloponnésienne qui furent avec d'autres à notre programme Grec en sept-oct 20..11....

Je me réjouis d'avance du menu annoncé ( ), mais pisque vous semblez être soucieux de satisfaire votre lecteur 😄, je me permets deux requêtes perso pour la suite de votre récit illustré: des bourricots et des statues d'Apollon 😊 Efcharisto d'avance!!

Cdlt,

Sânouk3😎

Touristikis à la crème de solaris

Muriel18 · 2020-05-10

Hello

La première photo a fait son job et a bien attiré le chaland (la chalande? 🤪) et le début du carnet donne envie de lire la suite. J'embarque donc immédiatement, du moins virtuellement. L'embarquement réel pour le Péloponnèse est prévu début juillet. Je n'ai encore rien annulé...mais je ne me fais plus beaucoup d'illusions 🏴‍☠️. Bah, ce n'est que partie remise (j'espère) et je vais peut-être trouver des idées pour améliorer le circuit que j'ai prévu 😎. Muriel

Touristikis à la crème de solaris

Auk · 2020-05-10

Aïe, je suis désolé de vous décevoir par avance. Bien que nous avons vu maints ânes, mules et mulets, je n'ai pas eu l'à propos de photographier ces lestes animaux. Par contre, pour les Apollon, ça doit se trouver. Un Hermès flou, ça marche aussi ?

Touristikis à la crème de solaris

Arsouille30 · 2020-05-10

🙂uk,

Merkis! pour votre attention & réponse cordiale.

Aïe, je suis désolé de vous décevoir par avance. Bien que nous avons vu maints ânes, mules et mulets, je n'ai pas eu l'à propos de photographier ces lestes animaux.

Ouïe, j'préfère mieux l'savoir d'avance, pour m'en faire une raison...

Par contre, pour les Apollon, ça doit se trouver. Un Hermès flou, ça marche aussi ?

Mdr Pardine, même flou un Hermès reste quand même notre dieu à tous, voyageurs et/ou esthètes 😊 Je le prendrai!

Yallah! je sens que vous allez m'régaler, alors vous laisse pour l'heure à votre rédac'.

Sânoukis3😎

Touristikis à la crème de solaris

Auk · 2020-05-10

Ah, nous, on a renoncé à l'Ecosse en juillet-août...

Bon je continue avec Athènes :

Jour 2 : Athènes

Nous avons décidé de faire original pour commencer notre visite d’Athènes : le matin, nous avons privilégié les quartiers au nord de Monastiriki, autour du marché couvert et de Psiri, pour voir un peu plus que l’hyper centre touristique. Bon Psiri, à ma surprise, est quand même assez fréquenté par les touristes. Il faut dire que j’avais oublié à quel point le centre-ville d’Athènes est réduit pour une ville de cette taille. C’est donc parti pour une déambulation dans des rues bardées de tags, très vivantes, surtout autour du marché, et remplies de deux-roues pétaradants. Et rien n’arrête un deux-roues grec que ce soit un feu rouge, un sens interdit, des trottoirs ou un magasin (oui j’ai vu un scooter carrément garé dans une boulangerie, effort minimal garanti !) à part les voitures. Et là, le choc est déséquilibré…

Quoi, il n'y a pas que des ruines antiques à Athènes ?!

Retour ensuite aux fondamentaux . Et les fondamentaux c’est quoi en Grèce ? Les ruines pardi. Halte aux bruits, aux vrais gens et c’est parti pour de la poussière, des touristes suants, des petits tas de pierre et des combats de tortues. C’est ça la Grèce éternelle. Le programme commence mollo mollo avec le cimetière du Céramique à l’entrée de l’Athènes classique et dont le nom vient du quartier de céramistes installés à proximité. On déambule entre des oliviers, des tombes et des cénotaphes. Le coin est comme dans mon souvenir, agréable sans être spectaculaire. Anecdote amusante qui explique que l'endroit a une statuaire très développée : les riches Athéniens se lancèrent, au 4ème siècle avant J-C, pour la frime et le statut social, dans une compète de mausolées tellement imposants et décorés que leur construction et les sculptures funéraires finirent par être interdites et une réglementation édictée. Halte à la surconsommation et vive la sobriété !



George Foreturtle vs Mohammed Franklin

Un fier taureau de la Mancha prêt à affronter les moulins industriels de la modernité

Nous visons ensuite l’agora grecque, son petit musée survolé pour admirer plus longuement le temple d’Héphaïstos, un peu gauche du haut de son archaïsme mais bien conservé. Ces premières visites nous font humer le doux parfum des ruines antiques en Grèce : oliviers, prairies fleuries, tortues, plantes aromatiques et chênes verts.

Table Mountain au Cap

Servir la Grèce sur un plateau, allégorie



Pour l’après-midi, le menu contient le musée national d’archéologie. Comme il est toujours intéressant de se déplacer à pied sur de longues distances en ville, on y va avec nos petits petons pour prendre le pouls de la ville hors lieux archéologiques. Et le résultat dans les grands boulevards athéniens, c’est un nombre impressionnant de magasins fermés (à vue de nez, un magasin sur cinq est ouvert), une circulation frénétique et kamikaze de scooters et mobylettes (on sera témoin d’un accident violent suite à un grillage de feu rouge d’une mobylette) et, quand on s’approche du musée, les stigmates de la contestation avec l’école polytechnique d’Athènes occupée/abandonnée.



Il est écrit dans l'affiche à gauche : "Nous sommes focus à 110 % afin d'être des forces de proposition, à travers des efforts positifs, concrets et challenging, pour construire la Grèce qui traverse la rue"

La balade est harassante, avec ce bruit incessant, et nos espoirs de voir le sein des saints (on verra ensuite qu’il n’y a pas tant de seins dans ce musée mais plutôt des fesses bien rondes et fermes et des petits zizis. Et de toute façon, il y a pas de saints non plus...) sont douchés à notre arrivée. Ben oui, nous arrivons vers 14h15-14h30 et le musée ferme à 15h. Raaahhhh . Vous vous imaginez que je vais faire un discours sur ces feignasses de grecs qui ne savent pas accueillir les touristes alors que nous daignons gaspiller notre divin pognon dans leur pays pourri blablabla que c’est leur source principal de devises blablabla qu’on a jamais vu ça blablabla. Mais non. Pas question de faire une visite expresse, nous reviendrons le lendemain. La France lance, avec succès, de nouveaux produits à l'exportation

Retour encore à pied vers Plaka après une petite pause à notre lieu de villégiature. Nous nous abattons, comme des hyènes en furie face à un bébé antilope innocent et esseulé, sur Plaka et son annexe Anafiotika. Les deux quartiers s’étagent au pied de l’Acropole et font office de vieille ville même s’ils ressemblent à un gros bourg. Athènes, pendant les périodes byzantines et ottomanes, devient et reste une modeste bourgade de province sans rôle politique ou religieux proéminent, la ville ne comptant plus que 4000 habitants au début du 19ème siècle. Pour revenir à Plaka, le tout est un peu touristique mais étonnamment vivable, à l’exception de la proximité de l’Agora et des rues Adrianou/Kidathineon (monument Lysicrate). Le plus agréable et le moins fréquenté – il y a plein d’escaliers qui doivent rebuter – reste le quartier Anafiotika, ses petites églises, ses graffiti, sa tranquillité, ses jardins et ses petites maisons à toit plat fondés par des immigrés cycladiques. On monte, on descend, il y a des jolies vues, des chats qui errent et quelques ruines romaines de ci de là : la tour des vents sur le forum romain, la bibliothèque d’Hadrien, le monument de Lysicrate et tout au bout au-delà du boulevard Siggrou, le temple de Zeus olympien.



Laurel et Hardy (la petite Métropole et la grande)

La tranquillité plafkaienne

De manière plutôt surprenante, le centre d’Athènes est en effet constellé de ruines de l’époque romaine alors que la ville voit son importance politique et militaire réduite à néant. Reste la renommée passée, intellectuelle et culturelle qui fait de la ville un lieu à visiter et à investir pour Romains un peu snobinards sur les bords, se déclarant philhellènes et philanthropes, comme l’empereur Hadrien ou Hérode Atticus. Et hop, une petite bibliothèque ou un ch’ti théâtre pour se faire mousser et adopter une posture d’intellectuel… Ca me rappelle quelque chose, ça ; il y aurait pas de nos jours des milliardaires et des entreprises en mal de publicité qui créent des petites fondations pour sauver le monde, le patrimoine et accessoirement leur image. Bon j'aurais bien choisi une photo pour illustrer le paragraphe mais on est limité à 10 images maintenant (aahhhh). Le soir, on fait tout péter, et surtout la carte bleue, direction l’hôtel Grande-Bretagne et son restaurant-terrasse avec vue sur le Parthénon. L’accueil et le service sont des plus guindés – le balai est coincé dans un endroit douloureux – les prix chérots pour la Grèce, l’entrée délicieuse (un truc à base de crabe, ça ne peut qu'être bon) et le plat bof bof. Mais on est là pour la vue qui poutre sur le Parthénon. Et c’est vrai qu’elle poutre.

Touristikis à la crème de solaris

Auk · 2020-05-10

Jour 3 : Athènes – l’Ancienne Corinthe 91 km

Un exemple du mécénat romain, l'odéon de Hérode Atticus

Nous nous sommes levés tôt pour arriver à l’ouverture de l’Acropole et éviter les foules. Et c’est réussi, quand nous traversons les Propylées, nous sommes relativement seuls, nous pouvons profiter du site en toute quiétude pendant quelques instants : grosso modo, une heure après l’ouverture, ça commence à être désagréable et quand nous redescendons 2 heures plus tard, il y a la queue pour passer sous les propylées.

Elle est où la distanciation sociale ? Que fait la police ?

Le Parthénon et plus largement l’Acropole, ce sont des colonnes, des murs, des ruines, des pierres jaunes, des touristes et un panorama sur les immeubles à perte de vue, provoquant un sentiment d’écrasement de la ville anarchique face au faible individu perdu sur son fier vaisseau amiral. A noter que le Parthénon fut la victime collatérale du conflit vénitio-ottoman au 17ème siècle, un Trinitro vénitien ayant la bonne idée de bombarder le Parthénon, qui servait accessoirement d'entrepôt pour la poudre .



Un temple de vainqueur

Parthénon, Nashville



Athens, Géorgie (la Grèce c'est l'Amérique !)

Le Parthénon fait (cocher la case correspondante du petit touriste illustré ou du bouquin « les milles lieux qu’il faut avoir vu avant de mourir écrasé par tous les touristes qui font pareil »), nous retentons, plus tôt cette fois-ci, le musée archéologique.



Le dialogue des arts à travers les siècles

Alléluia, c’est ouvert. La section mycénienne est toujours fantastique, la partie sur les Cyclades étonnante. Si vous voulez faire une journée thématique « regarde des poteries passer », c’est également l’endroit fait pour vous avec une collection sans fin de céramiques.

Remarquez le sens du détail du potier : oui le Monsieur à l'envers est circoncis, car il représente un Egyptien, se faisant incidemment fracasser par Héraclès sur un autel. Et comme tout bon Egyptien de l'époque, il se doit d'être circoncis.

L’apothéose se trouve quand même dans l’innombrable collection de sculptures : parmi mes préférés, le jeune cavalier hellénistique, des korê et kouroi et un Poséidon en bronze. Cette section est plein de messieurs et de madames tout nus, qui montrent tout et n’importe quoi à des enfants blasés.



Une korè à la cueillette aux morilles

Pour Arsouille30, c'est ce qui s'approche le plus d'un bourricot dans mon stock de photos. Bon un bourricot sous anabolisants et stéroïdes mais un bourricot quand même.

Il ne faut pas oublier de faire un tour à l’étage dans une petite section réservée à Théra, période minoenne, issue des fouille d'Akrotiri, sorte de Pompéi de 1500 avant J-C, détruite elle aussi par une éruption volcanique. Elle dispose de quelques peintures chouettes et de poteries chouettes aussi.



Par contre, l’idée de séparer sculptures, céramiques et objets en métal n’est pas des plus heureuses. Où qu’il est le dialogue des œuvres au sein d’une même époque ? Ce n’est pas top pour comprendre les évolutions artistiques, culturelles et sociales des Grecs anciens. Après s’être repu jusqu’à plus soif d’antiquités en tout genre, la pause dans la cour du café de l’entresol est salvatrice. Ma foi, ce n’est pas mauvais et très tranquille.

La fin d’après-midi est consacrée à l’extirpation de nos corps de la ville tentaculaire (oh hisse tentacule comme dirait un supporter de foot bas du front) qu’est Athènes. Le moyen, une Nissan Note louée chez Europcar. Et au vu d’une expérience canadienne précédente désagréable, nous sommes très vigilants sur la voiture (état et respect du modèle réservé). Mais cette fois-ci, aucun problème, bonne catégorie, voiture en bonne état malgré des pneus un peu usés. Le stress est bien monté progressivement avant de prendre la route face à la perspective de conduire dans Athènes. Mais en fait, ce sont des agneaux, les Athéniens, ça s’est fait tranquillou, pas tant de trafic que ça – c’était dimanche – et les vieux réflexes roumains (ah la conduite à Bucarest !) sont revenus à la surface. Oui depuis un moment, nous partons dans des pays civilisés conducatoirement parlant (Europe du nord, Amérique du nord grosso modo) et on perd l’habitude du code de la route très optionnel.

Bref, nous allons en direction de l’Ancienne Corinthe et l’autoroute, très pittoresque, permet de croiser de l’industrie chimique fleuri, des banlieues très chics, des petites villes mignonnes et de tuer les clichés sur la Grèce. L’olivier, il a un petit goût de kérosène. Le sirtaki il prend un son métallique et poisseux. La colonne grecque, elle crache une fumée noire. En passant, remercions les contrecoups de la crise qui permettent de profiter d’autoroutes vides. Hurra for the EU ! Et doublement, elle les a payées, elle les a vidées (si tant est qu’elles aient jamais été pleines). On passe enfin le canal de Corinthe dans un endroit un peu glauque et Péloponnèse nous voilà !

Arrivés à l’Ancienne Corinthe, l’accueil est des plus chaleureux et le logement des plus confortables, avec vue sur le golfe de Corinthe. Le temps n’est par contre pas au rendez-vous et cela continuera les deux-trois jours suivants : une espèce de brume alliée à des pluies de sable venant du Sahara rend les paysages ternes. Encore un coup des Africains ! Font tout pour nous pourrir la vie.

Touristikis à la crème de solaris

Auk · 2020-05-11

Jour 4 : l’Ancienne Corinthe – Dimitsana 174 km

Après des adieux assez tardifs (quoi partir à 10h le matin, ça ne va pas du tout, on se ramollit) et fort de notre premier cadeau du voyage, des raisins de Corinthe – oui c’est un concept grec, on va dormir chez des gens et ils nous offrent des cadeaux – notre premier arrêt de la journée se trouve juste à côté de notre logement : les ruines de l’Ancienne Corinthe. La ville dans l'Antiquité a connu deux périodes fastes, la première à la période archaïque avec un commerce florissant de céramiques noires à fond rouge qui fera sa richesse. Malheureusement, il ne résistera pas à l’innovation technologique des Athéniens qui sortirent de derrière les fagots des céramiques rouges à fond noir au 5ème siècle avant JC. Et bim, le moment disruptif de l’entrepreneur intrépide. Macron, prends-en de la graine. Il faut rajouter que le contrôle de l’isthme voisin aidait à la puissance de la ville qui ne survivra pas à la croissance de Sparte. Le deuxième moment d'opulence se trouve pendant la période romaine où la ville fonde sa prospérité toujours sur son emplacement stratégique mais également sur son sanctuaire d'Aphrodite se trouvant sur l'Acrocorinthe. Le lieu, entre autres (la ville était aussi un lieu de passage et de métissage, ce qui amène forcément des remarques de "bah caca"), lui donne la réputation d'être habitée par des dépravés, surtout aux yeux d'un Paul qui passait par là. Il reste du culte d'Aphrodite pleins d'ex votos rigolos, seins et pénis en tout genre déposés dans le temple dans l’espoir de retrouver sa fertilité et que l'on peut voir dans le musée du site. Le musée est d'ailleurs assez riche et intéressant, d’une muséographie pour partie vieillote (on entasse le maximum dans le minimum d’espace) à un espace moderne, tout noir forcément.

En ce qui concerne les ruines, elles sont principalement romaines mais tout de même assez foutraques, mélangeant les époques et les styles : un temple archaïque d’Apollon, la fontaine romaine de Pirène, une agora bordélique, un temple d'Octave, etc. Les coquelicots et autres fleurs des champs apportent une touche cézanienne au tout.

L'agora pas phobe



Des ruines garanties 100% sans pesticides (au fond, le temple d'Apollon)

Nous poursuivons la découverte du coin avec l’Acrocorinthe, la citadelle byzantino-ottomane qui domine Corinthe. L’arrivée est impressionnante, l’entrée de la forteresse vertigineuse. On s’est décidé à monter jusqu’au sommet, sorte de plateau avec vue panoramique. Ca grimpe sec pour y parvenir mais il y a de l’entertainement en cours, des ruines partout, une mosquée qui se balade dans le coin, une citerne, une église période ottomane et des fleurs, des tonnes de fleurs. Ah c’est vraiment cool de voyager en Grèce au printemps pour ça : la nature est rayonnante. Bon, pour la vue du sommet, c’est pas ça, nuageux et brumeux à la fois.



Le golfe de Corinthe après un passage du Sahara dans le coin

Retour à la voiture pour un petit pique-nique où nous nous familiarisons avec une coutume locale : où que vous soyez, dès que vous sortez de la nourriture, il y aura un chat pour apparaître d’un buisson. Celui-là est un maître de la torture sadique, sorte de Richard Stamper (pour ceux qui ont des références cinématographiques intellectuelles et ont vu Demain ne meurt jamais) avec plus de poil et moins d’accent allemand. Oui car il miaule, il miaule et il miaule, il nous suit partout et essaie de prendre un air de martyr afin d’avoir de la bouffe. Et une fois qu’on lui en donne et que la nourriture disparaît, aucune reconnaissance, il se barre chez le voisin. Bref, les chats, on va en bouffer dans notre voyage et pas littéralement, ce qui est fort dommage (suis sûr que c’est pas mauvais un chat et puis faut bien que ça serve à quelque chose). Je vous ai déjà dit que j’aimais pas les chats ?

Nous reprenons le fil de notre voyage pour nous enfoncer dans les montagnes par des petites routes à l’état variable. On s’éloigne des classiques touristiques du coin pour un premier arrêt à une nécropole mycénienne, Aidonia, pas très loin de Némée. Forcément, les Grecs la mettent au milieu d’une oliveraie et ça rend les choses plus attractives. Ils trichent ! La colline est constellée de trous qui forment une sorte de petit village troglodyte. Les tombes sont à chambre, l’intérieur reproduisant la forme d’une maison (autres types de tombe mycénienne : à fosse et à tholos).

Un coin pour hobbit mort

Mi casa es su casa

Après cet interlude court mais sympa, nous nous dirigeons vers le lac de Stymphale, lieu d’un massacre écologique impitoyable : une espèce rarissime décimée par une grosse brute du nom d’Héraclès, sous prétexte qu’une déesse lui a lancé un pari. Un mythomane qui prétend parler à des dieux, se croit immortel, sorte d’ancêtre de nos bouchers-chasseurs du Bouchonnois. Ah les Grecs anciens et la protection de la nature… Fort heureusement il a épargné quelques oiseaux que l’on aura du mal à voir étant donné l’heure – milieu d’après-midi – à laquelle nous faisons notre petite balade jusqu’à un lookout. Il y a là quelques canards, foulques et un rapace qui passe dans le coin (balbuzard pêcheur ?). Le lac est en voie de disparition et de marécagisation. Pour ne pas être en reste (et puis on est en Grèce enfin !), nous découvrons quelques ruines de l’antique Stymphale qui ajoutent du charme à l’ensemble dominé par les sommets pelées du mont Cyllène. Apaisant.



Nous faisons route ensuite vers Dimitsana à travers quelques cols et des paysages changeants : vallées fertiles, adrets secs et méditerranéens, ubac de grandes forêts de pins et de feuillus par endroit. Tout est très vert, cela tue un peu les clichés sur la Grèce. Un arrêt en cours de route est nécessaire pour se familiariser avec une coutume locale : le monastère/ermitage planté dans un endroit impossible (falaise de préférence) propre à la contemplation de l’immensité de dame nature. Celui-là, plutôt récent mais à l’abandon, offre une vue sympa sur les alentours.



Une pensée pour les ouvriers qui ont construit tous ces monastères dans des lieux impossibles, martyrisés par les moines et sans église à leur nom à la fin.

Quelques dizaines de kilomètres, c’est Dimitsana, petite ville/village composé de maisons en belles pierres de taille disposées sur une colline dominant les gorges du Lousios et accessoirement un haut lieu de la guerre d’indépendance de la Grèce moderne. Eh oui, le coin servit de lieu de production massive de poudre à canon et de base arrière aux révoltés des années 1820, des klephtes (ou haïdouks en Roumanie et ailleurs dans les Balkans) principalement, sorte d’hybride mythique de brigand, de robins des bois et de révoltés contre le pouvoir ottoman. Sur le sujet, certes en Roumanie, je vous conseille la lecture de Panaït Istrati, Les Récits d'Adrien Zograffi : Présentation des Haïdoucs.



La rue principale de Dimitsana est touristique mais manifestement, ce n’est pas du tout la haute saison en avril. Les vendeurs, hôteliers et serveurs font peine à voir, à attendre le rare chaland sur le pas de la porte de magasins/restaurants/hôtels désespérément vides. J’ai donc pensé à un concept qui a de l'avenir, je le sens : lancer un site internet adopteungrec.com pour les aider. Ca sera sur le modèle des sites de parrainage d’enfants de pays plus désavantagés où vous pouvez choisir 1) l’origine (astuce technique : choisir la bonne couleur, hein. On sait jamais avec les autres) 2) ce à quoi l’argent est destiné (ie des toilettes, un nouveau cartable, une poule, des habits, un vaccin au cas où ils décideraient de dépenser l’argent n’importe comment…). Bref, ça permet de jouer aux Sims grandeur nature en se donnant bonne conscience. J’adore l'idée et on l’adaptera avec bonheur aux Grecs tout au long de leur vie. Bon par contre, pas d’argent gratos, des prêts, la possibilité de faire appel au fisc allemand en guise de contrainte/fouet et s’ils fainéantisent comme les bons méditerranéens qu’ils sont, camp de redressement en Scandinavie : ils apprendront à avoir froid et à se remuer les fesses au lieu de se la couler douce au soleil et de magouiller.

Touristikis à la crème de solaris

Vigounir · 2020-05-11

Bonsoir voyageur, merci pour cette chronique inédite pleine de charme des vieux cailloux oubliés. Si je me manifeste, ce que je fais rarement, c’est en découvrant que vous connaissez Panaït Istrati et les Haidouks. J’avais un bon chien que j’avais appelé Haiduc (l’orthographe roumaine), je l’aimais beaucoup. Et vous me rappelez mon arrivée au Parthénon, après un long voyage en voiture ( la mienne) à travers l’Europe, une aventure pleine d’obstacles, digne de l’odyssée d’Ulysse. C’était en 1981. J’étais alors tout imprégnée de culture classique et émue aux larmes. À Delphes, une de mes filles est tombée amoureuse de l’aurige ( elle s’est consolée depuis). Continuez votre récit, je vous suis avec un immense plaisir.

Touristikis à la crème de solaris

Auk · 2020-05-12

Jour 5 Dimitsana 153 km

La journée consiste en aller-retour à Olympie via Langada à l’aller et par Raftis et Zatouna au retour. Elle débute, dans notre hôtel à nous qu’on a rien que pour nous, par un petit déjeuner particulièrement copieux avec pâtisseries fraîches et locales pour notre plus grand plaisir.

La question fondamentale quand vous visitez Olympie est celle de la floraison des arbres de Judée qui parsèment le site. Si vous êtes là à une période toute autre qu’avril ou mai, c’est mort, vous pouvez passer votre chemin, aucun intérêt, Olympie. Pour notre visite, le trajet aller est passé à scruter les arbres de Judée qui parsèment la campagne péloponnésienne : en fleur, fanés voire avec de juvéniles bourgeons verts, ça dépend des endroits, le suspense est à son comble. Dieu étant grand dans sa miséricorde – un conseil en passant, si vous êtes footballeur en Italie, faites attention à ne pas accoler porco au nom de dieu – les arbres de Judée sont globalement en fleur. Et même si ce n’est pas l’apothéose de leur floraison, nous pouvons visiter le site, heureux et épanouis.



Les stars du site

Le temple de Zeus (je ne raconte pas toujours des âneries dans les légendes)

Le temple d'Héra qui côtoie jalousement le temple de Zeus

Olympie, ce n’est pas le site le plus impressionnant mais il y a une atmosphère et des arbres de Judée (je ne sais si je vous l’ai déjà dit) qui embellissent les ruines du palestre. C’est aussi le moment de célébrer l’esprit de l’olympisme gningnin, fraternité, gningnin, esprit de compétition dans le respect de l’autre, gningningnin, paix entre les peuples, gningningnin. Faut demander aux Grecs anciens comment ils s’y connaissaient en valeurs d’olymbécisme. Et que je te contrôle la cité parce que c’est un commerce juteux (Elie) et que je t’envahis le tout parce qu’il faut que je montre que j’en ai (Sparte) et que je te joue le rôle de protecteur du sanctuaire pour mieux contrôler les cités grecques (Macédoine)… Poutine, Reagan ou Hitler n’ont rien inventé.

Le site en lui-même est très riche vu que toutes les cités grecques faisaient assaut de diligence pour filer du fric et construire une ch’tite bicoque dit trésor. Là encore, les époques s’entremêlent du paléochrétien à l’archaïque. Arrivé dans l'atelier de Phidias, un touriste inconnu d’origine au premier abord incertaine m’interpelle en un anglais véhément et enthousiaste pour me clamer son bonheur d’être dans cet endroit historique, lieu d’exercice d’un des plus grands sculpteurs de l’Antiquité et de création d’une des sept merveilles du monde. Ca y est, l'Américain béat a encore frappé : régulièrement dans vos voyages, je suis sûr que vous avez croisé ces individus bienheureux, apostrophant le premier venu et l'assénant de leur félicité... Pour revenir au sujet du jour, Olympie, nous avons le plaisir, à notre arrivée dans le stade de le voir se vider. Ne restent plus que deux corneilles grises en plein entraînement.



Vainqueur, la corneille grise !

Après un site archéologique, rien de mieux que de savourer un musée archéologique, pas hyper grand mais très riche. Dommage qu’il y ait du monde au moment de notre visite mais le musée vaut le coup, de l’Hermès de Praxitèle aux sculptures du fronton du temple de Zeus. Et encore et toujours du nu dans tous les sens, de quoi offusquer un Américain ou un salafiste pudibond. Moi, j’ai une petite faiblesse pour les métopes du temple de Zeus bien conservées, qui représentent les douze travaux de ce gros bourrin d’Héraclès (pour rappel, dans un moment d’oisiveté, il massacre ses enfants).



Un pédophile en action (Zeus enlevant Ganymède)



Atlas se fait avoir comme un bleu



Le harcèlement sexuel version Grèce antique. Que fait le mouvement metoukis ?



Hermès aux milles ruses

C’est également mon moment typologie et classement du compte-rendu. Pour ce faire, nous ferons ici une étude épidémiologique du groupe scolaire en voyage selon sa nationalité, la Grèce semblant être une destination privilégiée. Le premier cas est celui des petits Grecs : à la suite d’observations pointues et totalement objectives fondées sur un panel très large et sans aucun préjugé, nous pouvons déterminer que le groupe grec visite bien les monuments de son pays mais ne sait pas bien pourquoi il est en général pléthorique, pas encadré, bruyant et ne suit pas son professeur qui de toute façon ne propose aucune activité ou visite guidée. On vient à se demander l’intérêt éducatif de la chose. Le deuxième cas, celui des petits Italiens, est tout à fait édifiant : pour coller aux clichés, il faut quelques individus gominés et des lunettes de soleil à portée de main en toute circonstance (y compris dans un musée où la lumière éclatante est insoutenable). Une ou deux jeunes fille entourée de sa cour de machomen se désintéresse de la visite faite par le professeur qui, au contraire des spécimens grecs, essaie tant bien que mal de proposer quelque chose de constructif culturellement. Le cas néerlandais est également bien représentatif: adeptes de la crème solaire (véridique, on les a vus soigneusement se tartiner de crème), disciplinés, polis et attentifs, les jeunes sont réunis par petit groupe avec à chaque fois un animateur ou un petit travail à faire, bref la classe et l’organisation parfaite. Entre ces modèles, les Français, tiraillés entre latinisme et nordisme… Où ça, des clichés ?

Le retour se fait par une toute petite route en principe panoramique mais brume sur brume ça gâche le paysage. On ne voit rien ou presque, l’Afrique c’est pas greek. Nous faisons quand même un petit arrêt après Raftis au-dessus d’un petit canyon impromptu et en face d’un ermitage abandonné. Comme il y a de la falaise, il y a du rapace à foison, des faucons crécerelles et des circaètes Jean-le-blanc. Chouette ! Mais non, c'est un circaète qu'on te dit !

Après Jean sans terre et Jean le bon, Jean le blanc.

Touristikis à la crème de solaris

Auk · 2020-05-13

Merci pour les encouragements et votre message qui donne envie d'être nostalgique. Et en général, se remémorer des souvenirs grecs est une source inépuisable de nostalgie...

Je continue le carnet qui, en le relisant en diagonale, me donne l'impression d'être un vieil aigri légèrement obsédé (de statues antiques bien sûr) sur les bords. La suite, hormis un ou deux détails, sera un poil plus calme en sarcasmes et ironie en tout genre.

Jour 6 Dimitsana – Kalo Nero 127 km

Deuxième petit déjeuner monstrueux assez efficace pour ne pas avoir trop faim dans la journée surtout que nous avons prévu une petite rando dans les gorges du Lousios (6-7 km). Après un petit arrêt point de vue sur le monastère Emialon – les moines ont eu une capacité à planter leurs piaules dans des endroits impossibles – la route se fait vertigineuse pour descendre à notre point de départ, l’Ancienne Gortys. Bon c’est la Grèce, donc il faut quelques ruines pour égayer le coin, c’est l’équivalent des icebergs à Terre-Neuve sauf que c’est moins froid et plus solide.



La randonnée est agrémentée de jolies orchidées, d’un torrent à l’eau turquoise et de monastères dans des endroits à la c**. J'adore les orchis sauvages, vous avez donc deux photos pour le prix d'une :





Au programme, une trilogie de monastères dont le premier, Saint Jean Prodromou, est accroché à flanc de falaise dans un site splendide. La visite est assez originale, l’intérieur épousant les rochers avec une église peinte minuscule coincée dans une cour intérieure fermée. On retrouve – avec plaisir ou intoxication suivant les goûts – cette odeur entêtante d’encens propre aux églises orthodoxes, saturant complètement l’atmosphère. Les peintures doivent être, à vue de nez (ahah), du 18ème siècle.



A droite, San Goku avant de passer en mode super sayan

Le deuxième, l’ancien monastère de la Panagia Filosofou, est particulièrement ruiné, un peu vandalisé mais dans un endroit encore plus impressionnant que le précédent, sur une étroite corniche à flanc de falaise.

Véritable caméléon des campagnes grecques, le monastère sait adopter une attitude mimétique et se tapir parmi les rochers des falaises pour mieux échapper à ses prédateurs ottomans ou croisés.

Pour le dernier, le nouveau monastère de la Panagia Filosofou, nous y sommes accueillis, en compagnie d’Américaines, par le moine barbu du coin qui nous offre à boire et nous fait un petit discours dans un anglais chuchoté et incertain sur l’histoire du lieu. Moment étrange et surréaliste. Sinon que dire d’autre à part que le coin est envahi de chats, et l’église locale pas mal du tout.

Où est Panagia Charlie ?

Le géranium local

Allez, retour à la voiture par le même chemin où le drame surgit au détour d’un virage anonyme : nous croisons des gens et comme je suis intrinsèquement poli, je leur dis kali mera la personne en face semble ne pas répondre et s’adresse en néerlandais (ou en borborygmes incompréhensibles ressemblant vaguement à de l'allemand) à ses collègues. Je peste intérieurement contre l’impolitesse innée des Néerlandais (sûrement des fans de camping en Ardèche qui se sont égarés et qui souhaitent avoir le moins de contact possible – encore moins pécuniaire – avec des vrais gens, c’est-à-dire des Français) mais ils semblent commencer à dire plus de trucs dans leur sabir et même à s’adresser à moi pour finir par un sonore « Hey YOU ! ». Euh ça je comprends plus mais qu’est-ce donc à dire ? Après un bref interlude en anglais, nous comprenons qu’ils m’ont pris pour l’un des leurs et mon bonjour grec pour un chuintement hollandais. Ah la flétrissure à ma dignité de latin ! Est-ce que je me mets de la crème solaire tout le temps et je suis quand même tout rouge ?! Est-ce que je me déplace en caravane et vélo en toute circonstance ?! Est-ce que j’ai une tête blonde délavée qui fait croire que j’ai javellisé mes cheveux ?! Non.

Sous le choc d’une telle méprise et les coups d’une telle infamie, nous fuyons cet endroit vers des cieux plus cléments, Karytaina, petit village situé quelques kilomètres plus loin. Le coin est plutôt joli avec sa forteresse franque et ses maisons de pierre. Et oui des Francs sont venus se perdre dans le coin. Figurez-vous, mon petit Jeanmimi, que sur le trajet Europe de l’Ouest – Jérusalem (trajet préférentiel des croisés dû aux promos imbattable des charters de l’époque), il y avait un empire Byzantin bien appétissant, riche, ensoleillé et faible politiquement. Ni une ni deux, on décide de faire une escale dans le coin c’est la quatrième croisade et on commence à se lasser de l’unique destination touristique prévue, Jérusalem, où les autochtones sont d’un naturel ombrageux. Et puis, dans le coin, les filles sont jolies, il y a des plages sympas, il y a moyen de faire des affaires et les locaux ne sont pas très farouches. Et voilà les Francs qui s’installent et se construisent des petits nids douillets, au diable les convictions religieuses et à eux le Malvoisie ! Par contre, eux, ils sont méfiants et ils plantent des forteresses partout (Karytaina, Mystra, Monemvasie, Geraki pour en citer quelques-unes), ce qui ne les empêchera pas de se faire bouter quelques décennies plus tard comme de vulgaires Anglois par Thierry la Fronde.

Karytaina vue de la forteresse

Une église orthodoxe qui passait dans le coin

Après Karitaina, nous prenons une jolie route passant par Andritséna – il fait moche, pas d’arrêt – puis le temple de Vassae dont nous ne verrons que la tente protectrice, 15h a déjà sonné… Donc nous continuons notre chemin vers Phigalie dotée de ruines éparses et peu impressionnantes mais bucoliques au-dessus des gorges de la Neda. Pas le temps de faire la balade des gorges, direction vers Kalo Nero, notre lieu de séjour pour la nuit et accessoirement petite station balnéaire tristounette hors saison. Logement gras et minimaliste mais nous avons vue sur la plage qui semble en voie de disparition.

Touristikis à la crème de solaris

Carsa · 2020-05-14

Merci pour ce carnet de voyages qui se lit avec beaucoup de plaisir , et qui fait un bien fou par les temps un peu dérangés que nous vivons . Un peu d’optimisme et un regard décalé sont toujours bons à prendre . Surtout pour nous , les habitués des printemps fleuris sous les cieux grecs , privés de voyage pour cause d’annulation de vol et confinés sous des trombes d’eau dans notre SO d’origine . Vos photos sont remarquables . Cordialement . Ann

Touristikis à la crème de solaris

Auk · 2020-05-14

Jour 7 Kalo Nero – Methoni 98 km

Après un départ précoce de cet endroit poisseux, nous visons un premier arrêt à Peristeria, pas très loin dans l’arrière-pays, comptant quelques tombes mycéniennes de belle facture. Le lieu s’avère payant et comme nous sommes arrivés tôt, il n’y a que deux bergers pour nous accueillir – ils ont un mouton coincé dans le site archéologique grillagé et fermé. On finit par voir débouler un gardien au style improbable, cheveux gominés en arrière, grosse lunette de soleil, grosse bedaine et grosse mercos d’un âge respectable – s’est perdu dans son choix de voie professionnelle celui-là ! Ou il est en couverture dans le trafic d’olives et de lait de chèvre… Bref, la tombe mycénienne principale, à tholos celle-ci, est dans un magnifique état de conservation et le site entouré d’oliviers très sympa.



Une tombe suggestive

Petite musique de flûte de pan et interlude culturel : la civilisation mycénienne allant grosso merdo de 1800 à 1200 avant Jissé s’est fortement concentrée en Argolide, Mycènes tout ça, à tel point que les historiens se demandent comment qu’ils faisaient pour s’épanouir sur un territoire plutôt réduit. Toutefois, si les cités-palais étant rares hors Argolide (Mycènes, Tyrinthe, Midea, Asinè) on découvre régulièrement des témoignages archéologiques en dehors de cette zone, témoignage dont fait partie Peristeria, . Le palais de Pylos, cité plus bas dans cette journée, est également une des exceptions inexpliquées.

Sur les conseils des bergers, nous faisons un petit détour aventurier de l’extrême mais pas trop par de petites gorges situées sous la colline de Peristeria. Et comme le canyon est en eau, tel un Indiana Jones mâtiné de touriste allemand, je chausse mes tatanes-claquettes – sans chaussette quand même, faut pas exagérer – en l’honneur d’un des peuples amérindiens les plus connus de la planète et dont les membres quand ils se baladent en Europe doivent s’émerveiller de voir leur célébrité – et sûrement des dividendes qu’ils en retirent. Quoi ! Ils n’ont pas déposé leur nom comme marque ! Arf grossière erreur. Sinon le canyon, il est sablonneux et étroit, c’est rigolo, ça va jusqu’à une cascade et je me suis fait mon bain de boue, très bon pour la peau.

L'aventure, c'est l'aventure partout dans le monde

Reprise de nos tribulations et moment d’hallucination quelques kilomètres plus loin à Filiatra, il y a une tour Eiffel de taille respectable au bord de la route. Quel esprit dérangé a-t-il eu l’idée de construire un truc pareil là? Le résultat est douteux mais cela permet à une ville anonyme dans un coin anonyme d’atteindre la célébrité en se voyant citer dans ce carnet de voyage !

Suivant cet intermède WTF comme disent les « journalistes » qui veulent faire jeunes (c’est à dire l’Equipe), nous faisons un arrêt au Palais de Pylos, le plus grand édifice mycénien de ce type. Le site a été réaménagé et doté d’une infrastructure de protection style Vassae en moins moche. Même s’il ne reste pas beaucoup plus que les fondations, le système de passerelles permet d’avoir un bon aperçu du plan de construction (mégaron, salle du trône, entrepôts, etc). Et il y a quelques détails pittoresques : une véritable baignoire peinte antique avec spa et bain moussant intégrés, des salles avec des tessons fossilisés résultat d’un incendie qui a incrusté le tout dans le sol. A noter, il y a une tombe à tholos (remontée celle-là) à côté dans un champ d’oliviers.

3500 ans plus tard et on n'a toujours pas dépassé le stade de la baignoire

Bon la culture ça va un temps mais ça manque de poésie et de nature cette journée. Donc direction la lagune de Gialova. Les gens normaux seraient allés se prélasser – il fait chaud aujourd’hui – sur la plage fort jolie de Gialova mais nous non. Car il y a quoi dans le coin ? Un marais et qui dit marais dit ZOZIOS. On a beau être en pleine journée, on se dit qu’on aura peut-être de la chance… Nous trouvons un lookout fort à propos et c’est parti. Contrairement à nos prévisions, il y a du zozio, ce qui satisfait l’ornithologue amateur qui sommeille en nous : aigrettes garzettes, flamands roses, ibis falcinelle, échasses blanches, canards variés, un rapace qui stresse le tout en survolant.

Zozios faits, il nous reste juste le thème randonnée à cocher pour notre journée. Oui car chaque journée a ses OOP (objectifs opérationnels de programme) qui nous donnent des billes pour évaluer ensuite notre performance dans un RQP (rapport quotidien de performance), entraînant un chaînage vertueux permettant de fixer les nouveaux OOP du lendemain. Tout est prévu, tout est sous contrôle depuis la LOVE (loi organique relative aux voyages évalués) de 2009, il n’y a jamais eu de déficit d’orientation dans un tunnel de lave islandais. Il n’y a encore moins eu de perte de contrôle de la trajectoire d’ajustement d’une voiture sur une route d’Alpes de Haute Provence. Et pas du tout de surchauffe inflationniste pédestre sur un sentier de Terre-Neuve.

Le Navarin sans agneau

Je reviens à cette randonnounette qui offre de très belles vues sur la baie de Navarin. Parenthèse histoire, vous pouvez cesser votre lecture : cette anse fut le lieu de la bataille de Navarin en 1827 qui scella l’avenir de la révolte grecque contre l’empire Ottoman. Elle opposa flottes ottomano-égyptienne et franco-anglo-russe de manière plus ou moins fortuite, un navire ottoman aurait malencontreusement ouvert le feu (oups j’ai par hasard allumé la mèche) ou un officier anglais aurait été descendu suite à une fâcheuse erreur entraînant dans tous les cas l’affrontement qui, tout à fait fortuitement, arrangeait très bien les puissances dites européennes. Le tout se transforma en ball trap géant de navires ottomans plus lourds et moins modernes, coincés dans la baie par les bâtiments russo-anglo-français. La boucherie fit réfléchir l’empire ottoman quant à l’opportunité de poursuivre la guerre contre les révoltés grecs, guerre ayant débuté en 1822 et aboutissant à l’indépendance en 1830. Fin de la parenthèse, vous pouvez reprendre une lecture normale. Donc la randonnée nous emmène à un joli château d’origine franque avant une descente abrupte vers la plage de Voidokilia. Bon, le début de la descente n’est pas évident à trouver, à l’extrémité nord du château. Et un conseil : faites gaffe aux citernes, mauvais à la santé les citernes médiévales… Quoiqu’il en soit, la descente offre des vues magnifiques sur la très jolie et malheureusement pas très propre plage. Le retour s’effectue à travers un réseau de dunes pittoresques et le long de l’étang Divariou. Attention, attaques virulentes de moustiques à prévoir.



Dans mon cerveau, ça se passe comme ça : forme de champignon -> bombe atomique -> Enola Gay -> Gialova Bay. Bingo !

Petit détail, le coin semble prisé par les voleurs. Gros coup de stress à la fin de notre marche, du verre pété à côté de notre voiture, le cœur qui fait boum boum mais non, soulagement, Sarah Connor, c’est à côté. Oui des fois, on est égoïstement individualiste et puis ils l’avaient mérité, ils avaient laissé plein de bazar dans leur voiture, et puis c’étaient des Néerlandais.



Après cette petite frayeur, nous nous dirigeons vers Methoni, lieu de résidence pour cette nuit. Notre hôtel, le Ulysses, est déclaré, unanimement par moi-même, le plus meilleur hôtel de tout le séjour de la planète. Au-delà du bâtiment plutôt agréable avec une terrasse chouette et une chambre assez spacieuse, plutôt moderne et tranquille, c’est surtout l’accueil qui est formidable. Le gérant est aux petits soins et d’une gentillesse à toute épreuve, nous offrant une limonade maison à notre arrivée et une bouteille d’huile d’olive (fameuse la bouteille) à notre départ, faisant la discut’ et donnant un excellent conseil pour le resto du soir. Et le petit déjeuner est gargantuesque, composé pour une bonne part de produits frais (fraises, jus d’orange et pâtisseries maison). Raaahhhhh .

Le bonheur c'est aussi simple qu'une limonade en Grèce

Sinon, il y a accessoirement une forteresse vénitienno-ottomane à Methoni, qui s’avère très impressionnante. Elle est le témoin de la lutte d’influence que se sont livrés jusqu’au 18ème siècle, empire Ottoman et république vénitienne en mer Méditerranée. D’ailleurs cette lutte, qui se fait principalement via la construction de forteresses par les Vénitiens et la prise par les Ottomans des dites forteresses patiemment construites, dure des siècles et a lieu alors que la Méditerranée n’est plus un enjeu géostratégique et économique pour les pays européens… Pour en revenir au château de Methoni, nous n’en avons pas visité l’intérieur mais l'extérieur et les îles Oinousai en imposent. Emotionnant

Bouleversifiant

Touristikis à la crème de solaris

Muriel18 · 2020-05-15

Hello

Je ne désespère toujours pas de partir... Par contre, on avait prévu 3 jours à Cythère et si ça ne peut pas se faire, je cherche une éventuelle solution de remplacement. Je n'avais pas prévu d'aller à l'ouest (dernière partie de ton récit actuel) qui ne m'attirait pas plus que ça mais finalement, tes photos donnent plutôt envie. Ma question est donc la suivante: par rapport au reste du Péloponnèse (en gros: Nauplies-Monemvasia-Porto Kagio-Mystra-Dimitsana) est-ce que ça vaut la peine? Merci d'avance pur ton avis (qui sera forcément subjectif). Muriel

Touristikis à la crème de solaris

Auk · 2020-05-15

Hello

Je ne désespère toujours pas de partir... Par contre, on avait prévu 3 jours à Cythère et si ça ne peut pas se faire, je cherche une éventuelle solution de remplacement. Je n'avais pas prévu d'aller à l'ouest (dernière partie de ton récit actuel) qui ne m'attirait pas plus que ça mais finalement, tes photos donnent plutôt envie. Ma question est donc la suivante: par rapport au reste du Péloponnèse (en gros: Nauplies-Monemvasia-Porto Kagio-Mystra-Dimitsana) est-ce que ça vaut la peine? Merci d'avance pur ton avis (qui sera forcément subjectif). Muriel

Quand tu parles de l'ouest, je suppose que tu parles du premier doigt du Péloponnèse : Methoni et environs. Moi j'ai bien aimé, en contrepoint du Magne et du coin de Monemvasie : de jolies plages de sable, des vergers et moins de spectaculaire et d'aride. Mais j'ai commencé par cette péninsule, ce qui peut expliquer mon a priori positif. Au contraire, je n'ai pas trop, trop apprécié l'Argolide (autour d'Ermioni et Porto Heli) à la fin du voyage, peut-être parce que j'avais déjà vu toute la côte sud du Péloponnèse. Quoiqu'il en soit, la baie de Navarin est un excellent souvenir, Methoni également. Et dans le coin, comme tu vas le voir par la suite, il y a Polylimnio qui mérite bien un détour. J'aurais tendance à conseiller un tour du Péloponnèse dans le sens contraire des aiguilles d'une montre, pour la raison exposée ci-dessus. Et vous serez toujours du côté mer sur les routes également.

Par contre, le reste de la côte entre Patras et la baie de Navarin n'est pas très intéressant et ponctué de stations balnéaires anonymes sans intérêt.

Touristikis à la crème de solaris

Auk · 2020-05-15

Jour 8 Methoni – Thouria 149 km

Nous repartons direction Koroni, pendant de Methoni sur le golfe de Kalamata. La ville est dotée de sa citadelle d’origine vénitienne, moins impressionnante mais le port respire la vie et le poisson, à la différence de sa voisine assoupie.



L’arrêt est de courte durée pour se diriger vers une randonnée dans la riante vallée de Polylimnio, sorte de Krka en intimiste (pour les amateurs de plaisirs croates). Le coin, un ensemble de cascades et de bassins d’un bleu turquoiso-laiteux, vaut vraiment le coup. Le chemin, si l’on veut faire le tour et aller au bout de la gorge peut être impressionnant. Cerise sur la cascade, on y voit des zolis lézards (européens entre autres), des serpents et des crabes d’eau douce. Et le moment aventurier de la journée – car il en faut un par jour comme la BAGARRE dans le rugby – nous sommes au printemps et donc le torrent est en eau, il y a donc tout au bout de la balade un passage à gué avec chaussures de marche sur les épaules. L’aventure c’est l’aventure, elle est pareille à l’amour, elle est en moi pour toujours.

Le crabe aux pinces d'or est un marin d'eau douce





Malheureusement le temps presse si l’on veut avoir le temps de visiter l’un des clous du Péloponnèse, that is to say l’Ancienne Messène. Eh oui avec les horaires grecs, le site ferme à 16h et comme il est immense et passionnant, il demande du temps. On y arrive vers 14h30. Aaarrgghhh, je vais devoir me dépêcher dans les ruines les plus hypes de Grèce dans un site merveilleux (le mont Ithome qui domine et des oliveraies de partout). Un conseil, la petite route arrivant par le monastère Voulkanou permet d’avoir une jolie vue sur le site et de voir quelques ruines de l’enceinte, certes peu impressionnante, au niveau de la porte laconienne. La cité a été fondée à la chute de Sparte au 4ème siècle avant JC sur l’impulsion d’Epaminondas, le général thébain victorieux des Laconiens. Le but avec cette fondation, au même titre que celle de Megalopouli plus au nord, est de former un glacis de places fortes pour empêcher tout expansionnisme spartiate. Donc ici, point de ruines des périodes archaïques et classiques mais des vestiges hellénistiques et romains. Et quels vestiges ! Depuis mon premier passage il y a plus de vingt ans, le site a été mieux fouillé à l’époque on piétinait des bouts de céramiques grecques en marchant, toute une aventure archéologique ! Ca a pas mal été reconstruit/restauré aussi mais plutôt de manière harmonieuse (c’est-à-dire pas comme à Epidaure). Le site est immense avec pléthore de choses à voir malheureusement au pas de course : théâtre, agora avec stoas et fontaine d’Arsinoé, Asclépion et son odéon, une villa romaine dotée de quelques mosaïques et revêtements et le clou du spectacle : l’ensemble stade, palestre, heroon et portiques avec une vue ravissante sur la campagne grecque. Bon, nous n’avons pas le temps de visiter le musée mais cerise sur le gâteau nous profitons de la porte arcadienne, monumentale, entre les murs de laquelle passent encore les voitures, et de la bonne conservation des murs et tours des fortifications qui l’entourent.

En avant pour la palanquée de photos :



Et dire qu'il y a vingt ans, il n'y avait rien à cet endroit





Alouette, gentille alouette, Alouette, je te disparaîtrai

Suite à cet instant ruines grecques, une conclusion s’impose à nous : il manque à notre voyage des monuments byzantins. Et cette pensée tombe tout à fait à propos puisque c’est le programme qui suit : nous faisons une première tentative au monastère d’Andromonastiro, fermé et on ne voit rien de l’extérieur, puis à la petite et mignonette église de Samarinas. Caramba encore raté se serait exclamé Ramon Bada à cette occasion. Eh oui, elle est fermée mais pour le coup, l’extérieur et les environs se révèlent enchanteurs.

Et au milieu coule une chapelle

Après ce bref interlude religieux, direction Thouria à côté de Kalamata où nous attend notre compétition de l’accueil grec le plus chaleureux : on appellera ça un accueil presque parfait, c’est notre petite émission de télé-réalité qu’on a rien qu’à nous. Là rien à dire, petites sucreries en cadeau de bienvenue, une salade grecque offerte pour améliorer notre dîner quotidien et de la volubilité et de la chaleur. Le logement, assez rigolo, est une initiation à l’art de la construction grecque moderne. Un toit plat, un immeuble fini sans être fini et hop on pose un petit appart’ au milieu du toit en attendant l’étage supplémentaire. Le tout pose la question des fondations et de la stabilité du truc quand les étages se sont empilés. Quoiqu’il en soit, le résultat est sympa, un petit nid au plus près des oiseaux (et des avions de l’aéroport voisin…).

Touristikis à la crème de solaris

Bouli54 · 2020-05-15

Bonjour Auk, Sylvain,

Merci pour ton carnet qui ravive mon envie de retourner encore et encore dans ce pays enchanteur; je découvre de nouveaux endroits avec toi, des petites pépites qu'on découvre au bout d'un chemin chaotique qui mène à la mer ou en haut d'une colline.

J'avais une petite idée de l'endroit de ta photo "mystère" mais je n'y suis jamais allée, avec un peu de recherche sur Maps, je pense que c'est l'Ekklisia Odigitria dans le Magne ?

La Grèce est une de mes destinations préférées pour l'accueil des grecs, les sites à visiter, la cuisine, les paysages "cramés" par le soleil.

Depuis 1980, je m'y suis rendue une petite dizaine de fois, et à chaque fois, je découvre de nouveaux endroits, des petits monastères perdus dans la montagne, des villages hors du temps. En 2014, j'ai découvert Vergina tout au nord, avec ses tombeaux de Philippe II de Macédoine, une merveille trop méconnue; il y eu aussi Dimitsana, au charme particulier, les monastères accrochés à la montagne, celui de Prodomou, un peu comme celui de Sumela en Turquie... et à Athènes un bar, lieu d’échange et d’expo le Matamatic Taf installé dans une ancienne prison, on prend un verre dans la cour intérieure …

Aujourd’hui vous visitez Méssène, un lieu magique que j’ai visité en 1988 et redécouvert en 2014 avec toujours autant de bonheur, merci pour la visite.

J'attends la suite avec impatience, l'impatience de reconnaître des lieux visités et l'impatience de découvrir d'autres lieux.

MERCI. Cordialement.

Sylvie.

Touristikis à la crème de solaris

Muriel18 · 2020-05-16

Merci pour ton avis. Je note tout ça ...même si en juillet la plage risque d'être beaucoup moins déserte et que je ne sais pas si les waterfalls seront encore en eau 🤪. Muriel

Touristikis à la crème de solaris

Auk · 2020-05-16

J'avais une petite idée de l'endroit de ta photo "mystère" mais je n'y suis jamais allée, avec un peu de recherche sur Maps, je pense que c'est l'Ekklisia Odigitria dans le Magne ?

Bravo, vous avez tout à fait raison. D'ailleurs, on y arrive bientôt dans le récit.

La Grèce est une de mes destinations préférées pour l'accueil des grecs, les sites à visiter, la cuisine, les paysages "cramés" par le soleil.

L'accueil des Grecs est souvent exceptionnel, surtout hors zones et périodes très touristiques. Il y a une forme de chaleur et de convivialité qui met à l'aise l'hôte de passage.

Touristikis à la crème de solaris

Auk · 2020-05-16

Merci pour ton avis. Je note tout ça ...même si en juillet la plage risque d'être beaucoup moins déserte et que je ne sais pas si les waterfalls seront encore en eau 🤪. Muriel

Oui, c'est sûr que, vu les parkings du coin, vous risquez de ne pas être toute seule sur la baie de Navarin... Par contre, il me semble qu'il y a de l'eau tout l'été à Polylimnio, certes moins qu'en avril mais quand même. Là aussi, je crois que c'est assez fréquenté en juillet-août.

Touristikis à la crème de solaris

Auk · 2020-05-16

Jour 9 Thouria – Exochori 110 km

Le toit du monde (des immeubles grecs)

Après des adieux à notre hôte si attentionnée (elle nous fait nos courses dans la supérette du coin avant qu’on parte…), nous voilà partis pour le Magne, messénien ou extérieur dans un premier temps. Et pour voir quoi ? Des tonnes d’églises, byzantines ou plus récentes, pardi ! Et accessoirement des trucs comme les fameuses maisons-tours et de la côte spectaculaire. Nous attaquons le vif du sujet par un petit détour au château de Zarnata où l’on profite d’une jolie vue sur les gorges de Rindomo et, grande originalité, les océans d’oliviers. C’est également l’occasion de continuer avec cette coutume locale, brillamment commencée la veille, qu’est l’église fermée.

Taygète barbu

On ne s’attarde pas trop parce que samedi, c’est rando (comment ça, ça ne rime pas ?!). Rando dans le Rindomo ! Là c’est mieux en termes de rimes. Le départ de la rando (8 km je crois) se trouve derrière Vorio le long d’une piste de moyenne facture. Elle commence par une descente dans la vallée, toujours agréable comme entame mais à effet retro, il y a forcément une montée quelque part… Et donc au fond du canyon, il y a bien une montée qui commence mollo mollo avant de tourner au jeu de piste et à la grimpette dans les rochers. Assez fatigant avec quelques passages très physiques. Les gorges se rétrécissent et le chemin se termine en apothéose par un canyon des plus étroits assez impressionnant.

Sûrement ces petits farceurs de traceurs norvégiens qui sont passés par là et qui trouvaient que les chemins grecs étaient trop plats. Je ne vous remercie pas !



Le retour en balcon réserve quelques jolies vues et nous permet de voir l’intégration de migrants dans la société grecque : berger avec la même pratique de la sieste sous oliviers, et je suppose le même salaire de misère…

Les gorges de Rindomo comme vous l'aurez astucieusement deviné



"C'est fin, c'est très fin, ça se mange sans faim" Anémone

- Eh bien, je vais vous dire, ma bonne dame, ça reste entre nous mais je préfère le Magne messénien au Magne laconien - C'est pas vrai ?! Comment vous pouvez annoncer des choses aussi terribles, sans avertissement , au détour d'une photo anonyme !? Vous voulez provoquer des crises cardiaques chez vos lecteurs ?! - J'ai honte mais il fallait que ça sorte. C'est riant, verdoyant, vivant alors que du côté d'Areopoli ou de Vathia, ça sent l'aridité et l'olivier cramé. - Sortez ou je ne réponds plus de rien !

Pause buvette à Stoupa en bord de mer après tant d’émotions. Les petites stations balnéaires en début de saison sont toujours agréables, c’est le moment de profiter d’une certaine tranquillité et de voir la vie des locaux avant la frénésie estivale : des gamins du coin qui se baignent, les commerçants encore paisibles, des travaux un peu partout, des locaux qui n’ont pas encore disparu dans la masse et le service aux touristes.

Avant de monter à notre hôtel à Exochori, j’ai repéré une petite route côtière fort sympathique jusqu’à Trachila, un petit port endormi voire mort. Le soleil de fin d’après-midi fait rougeoyer les rochers et les espèces d’euphorbes, le paysage est serein et invite à une pause glandouille paysage au soleil. La pause glandouille paysage c’est tout un concept : dans un environnement pas vilain, tu fais un arrêt de préférence à côté d’un banc où tu te poses 5, 10, 30 minutes ou plus si affinités pour t’imprégner du paysage et atteindre la plénitude dans un état de méditation zen en faisant hhhhhhhhheeeeeeeeeeeuuuuuuuummmmmmmm (reproduire les onomatopées des moines bouddhistes de Tintin au Tibet). Le nirvana s’ouvre alors à vous. Mais pas trop longtemps car c’est le moment que choisit une bande de jeunes malotrus grecs pour passer avec leurs pétrolettes pétaradantes et des enceintes crachant de la musique régressivo-techno-autuno-danceo-navrante à fond.

Le calme avant la tempête auditive

L’hôtel choisi, un peu vieillot par certains côtés, jouit d’une situation magnifique au-dessus des gorges de Vyros, la vue depuis la chambre étant impressionnante. L’accueil est chaleureux bien qu’un peu surjoué. Bon, on aura quand même droit à des bouteilles d’ouzo offertes mais dans notre télé-réalité impitoyable « Un accueil presque parfait », il ne passerait pas le premier tour. Faustine Bollaert aurait dit – après un petit jingle gnangnan et crispant bien entendu – « on veut de l’émotion, on veut de la sincérité, le compte n’y est pas. Mais vous ferez mieux la prochaine fois ! ».



Exochori, le village autour, regorge d’églises et de jolies maisons maniotes avec en prime des vues sympas sur la côte au coin des rues.

Un petit entraînement en vue de la suite parce que vous allez en manger, des photos d'église dans les posts à venir

Touristikis à la crème de solaris

Auk · 2020-05-17

Jour 10 : Exochori – Areopoli 101 km

Aujourd’hui nous continuons l’exploration du Magne avec un premier arrêt à Kastania. Ce village perché dans la montagne connaît une densité d’églises des plus impressionnantes pour la taille du bled, qui a certes dû connaître une chute démographique vertigineuse avec l’exode rural qu’a subi le Magne au 20ème siècle. Mais quand même une quinzaine d’édifices religieux pour ce village, ça dénote une capacité pour l’église orthodoxe à travers les siècles à drainer les richesses locales. Nous pouvons remercier chaleureusement l’exploitation économique qui nous offre tant de patrimoine à la démesure des exploitants, ici une église qui a su garder et contrôler ses ouailles, plus loin dans le Magne des familles contrôlant les trafics locaux et se construisant des maisons tours grotesquement prétentieuses.



Le début du concours de quiqui a la plus grosse

Plus prosaïquement, Kastania est vraiment un village à découvrir, très riche culturellement, avec une maison tour de belle facture et des églises de toute époque (byzantine, période ottomane et 19ème siècle). De manière surprenante, le coin a manifestement reçu pas mal de subsides européennes et grecques et le tout a été restauré, mis en valeur avec petits panneaux explicatifs. Bref, cool même s’il s’agit souvent du premier pas vers la muséification… Vous me répondrez que le village est déjà très largement vide, donc ça ne change pas grand chose et que mon carnet participe, très modestement certes, à la touristification en cours et à venir. Oui, bon… Arrêtez d’être impertinent ! Et puis c’est impoli de remettre en cause le narrateur.

La promenade est, quoiqu’il en soit, sympa avec des édifices religieux pour une fois ouverts, permettant de découvrir des iconostases et de très belles fresques byzantines et modernes (où l’on peut voir que les artistes locaux à partir d’une certaine époque ont fait preuve d’une naïveté dans les représentations et d’un manque de talent tournant parfois au rigolo).



Une iconostase pas méta

Des peintures byzantines qui discutent du sexe des anges

Deuxième visite en passant : l’église de Miléa qui, comme un certain nombre d’églises du Magne – les Taxiarques à Areopoli en particulier –, a une caractéristique originale : un clocher ! Car, figurez-vous mon cher Jean-Mimi (décidément un passionné de Grèce, ce Jean-Mimi), pendant la période ottomane, les clochers et autres élévations d’église étaient interdits. Mais dans le Magne, comme on était des gros lourds à la gâchette facile, prompts à s’enflammer pour des vétilles, la règle ne s’est pas appliquée. D’où Milea (18ème siècle je crois pour le clocher).

Ah dans le temps, on savait se battre pour des causes essentielles. Alors que maintenant, on manifeste pour un oui ou pour non dès qu'on a un pet de traviole !

S’en suit la traversée de petits villages avec son lot d’églisettes byzantines plus ou moins le long de la route (Platsa, Nomitsi, Lagkada) et un détour au monastère de Dekoulou à côté de Oitilo, dans un site splendide dominant la baie de Kelefa. Malheureusement, celle-ci commence à se hérisser d’immeubles/résidences/maisons dans un style pseudo-maniote tristounet, plantés au milieu de nulle part. Le résultat, type forteresse peu chaleureuse, n’est pas très heureux mais le nombre est encore acceptable, jusqu’à quand ? L’endroit est prisé par les riches Athéniens qui préfèrent le confort du neuf à la reprise des vieilles bâtisses… Le monastère est généralement fermé mais aujourd’hui nous sommes chanceux car trois petits vieux qui gèrent l’encens, les bougies et le ménage de l’église font leur inspection. Et comme ils sont très chaleureux, eux, et particulièrement rigolards, ils nous font une visite improvisée menée par l’homme, forcément un ancien marin – les Grecs font tout leur possible pour renforcer les clichés – qui parle un embryon d’anglais. Bref, s’enchaînent éclats de rire, gentille taquinerie envers le maître des clefs très maladroit et explications du site dans un galimatias mélangeant grec, anglais, français et grands sourires. On a bien ri et l’église révèle un côté spectacularo-naïf dans ses peintures. Les signes du zodiaque dans la coupole sont particulièrement savoureux.

Shura, Saga, Dohko et ses potes (je viens de perdre les non 30-40 ans avec ma blague)

Le monastère est toujours possession de la puissante famille qui l’a construit et qui, comme tout le Magne, s’est dispersé à travers la planète et se retrouve une fois l’an sur le lieu des origines. Le Magne, ce sont des racines mais il n’y a qu’un vieil arbre rabougri desséché en train de mourir au-dessus.

D’ailleurs en parlant de racines étranges, le village voisin d’Oitilo a vu, au 17ème siècle, sa population fuir la répression ottomane et émigrer vers une destination originale : la Corse, Paomia puis Cargèse avec la bénédiction des autorités génoises. Il y a d’ailleurs encore, de ce que j’en ai lu, quelques églises de rite grec à Cargèse. Un trait d’union entre ces peuples amateurs de vendetta !

Après s’être repus de nourriture céleste, nous retournons à nos basses œuvres terrestres par une randonnée (6km) au-dessus de la baie de Kelefa. Le menu consiste en une montée très fleurie et nous offrant de très belles vues sur la baie jusqu’à la forteresse puis au village de Kelefa, en une balade jusqu’au monastère de Spiliotissis et en un retour via des gorges assez décevantes, permettant une étude approfondie des mœurs locales en termes de consommation de produits et de jets d’ordures, plastiques à tout va, carcasses vieillissantes d’électroménager, mobilier en petit morceau, pas de quoi remplir une brocante .

Une affaire épineuse

Sous les pavés, la garrigue

Sous la garrigue, les ordures

Pour se remettre de cette balade assez décevante dans sa deuxième partie, nous décidons de faire un détour vers la plage et le port de Mezapos, idéal pour une pause glandouille, de jolies falaises calcaires, une plage de gros galet blanc, une eau splendide et le joli privilège de cramer (soleil+eau+blanc des pierres=chaud) à côté d’ordures. Oui c’est sale dans le coin, il semblerait que les courants marins ramènent les déchets des alentours.

Sous les ordures, la plage. Cqfd.

Nous nous résignons donc à rejoindre Aréopoli, où nous avons réservé dans le centre du village un appart’ pour deux nuits. L’accueil des proprios, encore un ancien marin et sa femme, est très amical avec vin de noix intégré. On se croirait dans le Dauphinoix, le vin de noix venant du nord de la Grèce dont est originaire notre marin virtuose de la marche arrière (virage à angle droit et chicanes effectués avec une maestria qui dénote d’années d’entraînement dans les ruelles tortillards qui font office d’artère aux villages grecs). Le petit logement est tout mimi avec cour ombragée et barbecue.

Touristikis à la crème de solaris

Auk · 2020-05-18

Jour 11 : Areopoli 103 km

C’est reparti pour une journée de valse d’églises byzantines et de maisons fortifiées avec un tour de la péninsule qu’est le Magne laconien ou intérieur (mais qui n’est pas à l’intérieur puisque c’est le deuxième doigt du Péloponnèse qui pointe vers l’extérieur, la Libye). On rentre dans sa partie la plus desséchée, la plus caillouteuse et la plus dépeuplée. Un signe ne trompe pas : les oliviers ne sont plus entretenus dans le coin. On ne peut pas jeter la(es) pierre(s) aux habitants qui ont émigré tant la région est inhospitalière : chaleur, vent, terre peu fertile et caillasse.

Par contre, ce qui est resté dans la région, ce sont les églises byzantines. Dans le Magne, c’est un peu comme les baleines à Terre-Neuve mais en plus petit et moins mobile (bizarrement parce qu’on aurait pu penser qu’une église c’est plus gros qu’une baleine mais celles du Magne, elles sont miniaturisées) : tu te promènes tranquillement et bam, en vlà une et une autre et une autre ad vitam nauseam. A noter qu’à Terre-Neuve, il suffit de prononcer trois fois le nom de baleine, un peu comme Beetlejuice ; et hop elles apparaissent. Et aucun risque de finir dans le monde des baleines. Cette astuce ne marche malheureusement pas avec les églises maniotes.

Donc on s’est promené et on s’est arrêté dans quelques chapelles de ci de là, à Dryalos, Vamvaka, Fimalotos. Et il y a toutes celles devant lesquelles on est passé avec juste un regard de jeté (Gardenitsa, Paleochora, Kipoula, Episkopi, la liste est interminable). J'espère qu'elles nous pardonneront. J'en profite pour faire la pub pour un site vieillot et plus vraiment entretenu mais qui est une mine d'informations (en anglais) extraordinaire pour visiter le Magne : maniguide.info

Saint Théodore à Vamvaka

Eglise des Vlachernes

Nous en avons également profité pour faire une petite balade (4km) vers quoi ? Une église pardi, la Odigitria. La promenade offre de très jolies vues sur les falaises découpées et une péninsule plate et inhabitée qui s’avance dans la mer.

Se fondre dans le décor, allégorie La pomme de la discorde version contemporaine : Aphrodite se barre avec tandis que Héra et Athéna continuent à se chamailler

La suite du tour est remplie de villages hérissés de tours construites pour asseoir son statut social. Il faut bien se rendre compte qu'elles datent seulement du 18ème et du 19ème siècle... Pendant que dans le reste de l'Europe, on construit des chemins de fer, dans le Magne, on est resté au stade château fort ! Elles sont aujourd'hui très souvent à l'abandon pour faire plus ancien que leurs cousins médiévaux.

Coquille vide, allégorie

Le plus bel exemple en est Vathia, icône de la communication touristique locale. Une visite dans ses ruelles révèle que les photographies sont des images creuses, très esthétiques : le village est quasiment complètement abandonné, pas de locaux ou presque et même pas de résidences secondaires. Les maisons sont vides et ruinées, les murs et terrasses tombent mais le lieu est magnifique et donne des vues très belles sur les alentours

Vous l'attendiez tous, celle-là. Et je ne voulais pas vous décevoir.

A la suite de Vathia, le paysage se fait rude et spectaculaire en direction du cap Matapan, la chaîne de montagne tombant dans la mer dans une ambiance dénudée et sévère.



Notre but est le cap, au bout d’une balade de 4 km passant par les ruines du temple de Poséidon. A noter une jolie mosaïque laissée sur place en train de se faire défoncer par une plantouse qui n’a rien trouvé de mieux que de pousser dessus. La rando passe par une jolie crique, accompagnée par les cuicuissements des nombreux passereaux du coin et offre de jolies vues sur la côte et le trafic intense de tankers.



Le punk a de l'avenir mais pas de futur



Titanic à la grecque : au lieu de se prendre un iceberg, il se prend un phare

Le retour vers Aréopoli s’effectue par la côte est, plus accueillante, plus boisée, plus escarpée et dotée de jolis villages-tours.

Touristikis à la crème de solaris

Arsouille30 · 2020-05-19

Heureux qui comme Aukiss et Ses lecteurs sont partis en woawcances:

https://www.youtube.com/watch?v=d1Dj6yPQ8Fs

Attention toudmême au droit de propriété: 😛

https://www.youtube.com/watch?v=g7Gt529HN64

@++ bro

Sânouk3😎

Touristikis à la crème de solaris

Auk · 2020-05-21

Et voilà maintenant, on se fait plagier avant même d'avoir eu l'idée. Où va le monde ?

Sinon, il y a un carnet à poursuivre :

Jour 12 : Areopoli – Sparte 88 km

Ca y est, nous quittons le Magne, terre de contraste et de renouveau architectural, avec la certitude que l’architecture folklorico-traditionnelle (vive les chalets en montagne ! Comment ça les vieilles constructions sont en pierre en Auvergne ?! On s’en fout, montagne = bois = chalet = tradition = raclette. Yiha) a de beaux jours devant elle, malheureusement. Bon, vous me direz, vaut-il mieux des bons « petits » immeubles bien moches façon la Grande Motte ou du pseudo Maniote avec tour en toc et revêtement fausse pierre ? Eh bien vous m’embêtez avec vos questions à la c**, c’est pas ma guerre mon général comme dirait un célèbre penseur américain. Pour aujourd’hui, c’est direction Mystra en passant par Gythion. L’arrêt est de courte durée, le bord de mer plutôt agréable mais il ne faut pas traîner avec les heures d’ouverture grecques (à 15h, eh bien le mac mystring, c’est fini).

Gythion sur mer

Donc Mystra nous voilà mais par Sparte, ce qui me permet de beugler « this is SPARTA » dans la voiture à chaque fois que je vois un panneau de la ville. Seuls les vrais me comprennent, les amateurs décomplexés de ce chef d’œuvre légèrement xénophobe et misogyne qu’est 300. Ah ces gonzesses perverses et sournoises de Perses basanés !

Mystra, ce sont des ruines d’un des avatars de l’empire byzantin brillant de ses derniers mais intenses feux avant la disparition dans le néant des Turcs qui en ont après le jambon. Ils ne savent pas d’ailleurs ce qu’ils manquent, entre san daniele et patanegra de Jabugo. Bon, à Mystra, il n’y avait pas de jambons mais des Francs qui ont fondé la ville avant de l’abandonner aux Byzantins. Elle survivra quelque temps à la chute de Constantinople. Son développement artistique, culturel et politique à partir du 13ème siècle est également le symbole de l’affaiblissement d’un empire byzantin jusqu’alors très centralisateur tant économiquement que culturellement. Jusque vers les derniers siècles de son existence, sa capitale, Constantinople, concentre et aspire les richesses et les expressions artistiques. Le reste de l’empire reste très largement rural et les monastères fondés grâce aux donations des nobles byzantins sont souvent les seules expressions de l’art byzantin hors capitale. Le déclin de l’empire sous les coups des croisés et des Turcs provoque le développement de centres économiques, politiques et culturels alternatifs comme Mystra (despotat de Morée), Thessalonique, la Cappadoce ou Trébizonde qui aura même son propre empire au 15ème siècle.

On se fait mystrifier par le site

Vous en déduisez donc que, même si la ville a été rasée au 19ème, elle conserve de très nombreuses églises et monastères ainsi que des restes d’un château et d’un palais. Le palais est d’ailleurs l’objet d’une restauration dont les Grecs ont le secret (cf Epidaure pour mon énervement) et le résultat n’est pas fameux. Bon, vous me direz que les Français n’ont pas de leçons à donner vu le massacre de certaines ruines romaines (théâtre de Vienne ou restes de Fourvière) et vous aurez bien raison.

On prend les églises les unes après les autres sans se poser de questions théologiques (couvent de la Pantanassa)

Un papillon vu de près, c'est aussi moche qu'un autre insecte mais comme il a trop brandé ses ailes, il a une hype de folie.



Ca mystraille des églises dans tous les sens (Saint Nicolas)

La visite de Mystra est donc l’occasion de visiter pléthores d’églises et d’admirer différents styles byzantins. Il semblerait de ce que j'ai lu que de nombreuses peintures du site sont des exemples de l'influence occidentale sur l'art byzantin (suite aux croisades qui partent en sucette). Mais j'avoue que j’ai du mal à distinguer quoi que ce soit. Un saint ça ressemble toujours à un autre saint. Et puis, l'obsession byzantine de la reproduction de l'image telle quelle car considérée comme divine, ça n'aide pas.



Comme d'hab', ça martyrise tranquillement.

Et hop, une dernière pour la route (Sainte Sophie)

C'est également le moment de se taper une bonne petite montée jusqu’au château de Villehardouin pour une vue maousse costaud sur le Taygète et la plaine de Laconie. Mon église préféré, surtout pour l’intérieur, c’est la Métropole, pas forcément les peintures les mieux conservées mais plein de détails insolites.

Les vagues des océans d'oliviers viennent s'échouer sur la grève mystréenne. L'air s'emplit des embruns d'huile d'olive (Auk, poète raté).

Pour finir la journée en beauté, j’ai repéré une balade dans des gorges à côté de Parorio. Nous ne la faisons pas en entier mais le chemin est sympa (5 km aller-retour), taillé dans la falaise, doté de jolies vues sur le canyon et croise un ermitage planté sous une falaise pour respecter la tradition.



Pour le logement du soir, nous retrouvons un appart’ sur le toit à SPARTA mais ce coup-ci avec un accueil minimaliste et une plongée dans les années 80 de la propriétaire, tignasses délirantes incluses, quant à la déco inchangée depuis des décennies de l’appartement. Tout de suite, c'est moins joli, joli, les villes grecques. Heureusement qu'il y a le décor autour, ici le Taygète.

Touristikis à la crème de solaris

Muriel18 · 2020-05-22

Hello

Les randos, vous les avez trouvées sur une appli ou vous aviez des cartes? En tout cas, la météo était avec vous pour cette suite de voyage. Muriel

Touristikis à la crème de solaris

Auk · 2020-05-22

Hello

Les randos, vous les avez trouvées sur une appli ou vous aviez des cartes? En tout cas, la météo était avec vous pour cette suite de voyage. Muriel

Bonjour

J'ai acheté un guide Rother en allemand que je baragouine un peu. J'ai dû me faire un lexique parce que le vocabulaire du chemin, de la forêt et de la montagne en allemand, ce n'était pas simple. Sinon, wikiloc doit proposer des idées de rando. Pour le temps, on a été chanceux à l'exception du dernier jour.

Touristikis à la crème de solaris

Muriel18 · 2020-05-22

Merci pour la réponse. Je suis allée voir sur le site, version allemande: effectivement, il y a beaucoup plus de titres disponibles en allemand qu'en français (ou même en anglais; c'est un peu logique...mais ça ne m'était pas venu à l'esprit 😇). Même si les guides Rother sont très bien faits, mes souvenirs de vocabulaire allemand sont beaucoup trop limités.... je me contenterai d'une appli 😉. Muriel

Touristikis à la crème de solaris

Auk · 2020-05-22

Jour 13 : Sparte – Monemvasie 168 km

Aujourd’hui, la journée est consacrée à la randonnée dans le Parnion, massif montagneux dominant le golfe de Nauplie à l’Est et culminant à 1950 mètres au Megali Tourla, notre objectif (il y a aussi le Riquiqui Tourla mais comme on en a, on va au Megali). La routourne tourne pour y aller, aurait pu s’exclamer un certain Franck R., elle est très jolie, traverse de petites gorges et quelques villages massivement désertés comme tous les villages de montagne que l’on a pu voir. L’exode rural, c’est triste mais il faut dire que les ressources pour y vivre manquent : des chèvres, quelques plantations d’olivier et parfois des moutons ou encore des chèvres et de l’agriculture quasi-vivrière et des chèvres.



Objectif lune

Nous finissons bon an mal an par arriver à notre point de départ qui change radicalement de l’olivier et de la végétation méditerranéenne typiques. Il y a de belles forêts de résineux et la montée est ombragée (13km aller-retour très bien balisés). Arrivés à un petit col à 1600 mètres, les choses sérieuses commencent puisqu’il n’y a plus vraiment de chemin (on verra en descendant qu’il y a un balisage mais que cela ne change pas grand-chose sur le côté casse-gueule et pentu de la chose) et qu’il faut se taper une montée sèche et très raide dans un mélange de talus herbeux et de pierriers. Effort violent garanti mais le résultat est à la hauteur de notre performance physique : une vue somptueuse sur une bonne partie du Péloponnèse qui nous permet de voir des lieux traversés et les objectifs à venir. Il y a bien le Taygète qui bloque la vue à l’Ouest mais on lui pardonnera volontiers son outrecuidance tant ce massif est impressionnant de tout côté. Le retour, à part les glissades sur les pierres roulantes du début, se passe sans problème par le même chemin.



Vous n'en avez rien à faire des photos de fleurs mais comme ça me fait plaisir...

North and South, the Clash

Musique crispante, suspense et drame au retour à la voiture : le voyant pneu dégonflé de la voiture est allumé. Et là toute notre vie et surtout nos mésaventures canadiennes de l’année précédente repassent devant nos yeux. Kékonfè ? Paniquer et courir en rond ? Faire une pause et manger un kitk un truc tellement sucrée que cela annihile tout goût ? Il faut dire qu’on doit être dans l’un des endroits les plus isolés du Péloponnèse les garages ne courent pas les rues, les villages non plus. Donc nous faisons comme si de rien n’était, nous prenons la direction de Monemvasie à travers les montagnes en priant pour que ce ne soit qu’un pneu dégonflé. Le parcours est fort joli mais à partir de Polidroso, ça se gâte : tout a brûlé sur des kilomètres et ce n’est pas beau à voir.

Des Grecs fans de Johnny

Nous retrouvons enfin la civilisation sans encombre, une route de taille décente et une station-service avec pompe à air. En fait, il s’agit d’une fausse alerte puisque le pneu est très, très, très légèrement sous-gonflé. Merci Nissan pour ce coup de stress inutile. Au moins sur ma voiture, il y a pas ce voyant : on ne sait pas qu’on roule avec un pneu dégonflé mais on est tranquille (dit la tactique de l’autruche) !

Gibraltar sans Anglais (rêve d'un Espagnol nationaliste)

Le soir, nous logeons non pas sur la presqu’île de Monemvasie mais sur son appendice moderne Gefira. L’hôtel est une bonne surprise, peu cher, propre, avec une terrasse avec vue sur la mer et un bon petit déjeuner copieux (c’est pour satisfaire les Anglo-saxons dixit un hôtelier nous expliquant que les Grecs ne prennent quasiment pas de petit déj’). Le clou du spectacle est pour la soirée, Monemvasie (vous vous attendiez à quoi ?). Déjà le rocher est spectaculaire mais la situation et l’état de préservation du village et de ses fortifications rendent le tout plus attractif. Pour le côté histoire, vous mélangez les classiques (Empire Byzantin, Francs, Vénitiens, Empire Ottoman) et vous secouez. L’heure tardive permet de se déambuler tranquillement en évitant les flots de touristes, c'est propret, mignonnet, fleurisset.

La ipios bios

La nuit, il y a pas un chat gris


Touristikis à la crème de solaris

Auk · 2020-05-23

Jour 14 : Monemvasie – Kyparissi 155 km

Le but, ce matin, est de faire dans l’original puisque nous allons à Velanidia au bout du troisième doigt du Péloponnèse (ce qui fait que le Péloponnèse ressemble à une main d’ET, l’Argolide étant son pouce. De là à dire que les Grecs ont des têtes d’extraterrestre… Coïncidence, je ne crois pas). Nous y allons pour faire une randonnée jusqu’au cap Maléas. La route pour Neapoli réserve des vues magnifiques sur Monemvasie par le sud. D’ailleurs je conseillerais d’arriver par là, même si ce n’est pas très logique, pour découvrir la cité blottie contre son rocher, dominée par ses falaises et ceinte de remparts au bout de son île. Bref c’est chouette, d’autant qu’on repassera par là au retour et qu’une nouvelle route toute neuve (absente des cartes pour l’instant) a été créée pour rejoindre rapidement Neapoli depuis Kastella elle réserve de très belles vues sur la côte.

Enivrement des sens sans malvoisie



Une fois passé Neapoli, la route pour Velanidia est carrément impressionnante avec des vues imprenables sur Elafonissos et Cythère dans un premier temps puis sur la côte autour de Velanidia. Le coin est sauvage et Velanidia se révèle être un village tout blanc un poil incongru par rapport à l’architecture rencontré ailleurs au Péloponnèse. Des immigrés des Cyclades ? Mais les maisons n’ont pas les toits plats propres aux Cyclades, mystère. Le site est quoiqu’il en soit magnifique mais nous poursuivons notre route ou plutôt notre piste pourrie (pouvait prévenir, le guide Rother !) vers le point de départ de notre randonnée.

Naples, Ischia, le Vésuve et hors champ à gauche, Capri





L'Andalousie est venue se perdre en Grèce

Au bout de la piste caillouteuse, on sent qu’on va souffrir du soleil. Pas d’ombrage et ça tape dur pour une rando de 11 km aller-retour jusqu’au cap Maléas. Outre une jolie côte, la balade va voir la naissance d’un nouveau super-héros qui remplacera (écrasera) Spiderman dans les cœurs des plus jeunes : Spider killer doté de son spiderbroom et d’un courage à toute épreuve. Et ça a été un véritable massacre, j’ai jamais vu autant d’araignées de toute ma vie avec un plaisir certain à faire c**** le randonneur en plantant leur toile pile au milieu du chemin (et pas des petites toiles de gnognote). La progression est ralentie et le spiderbroom se transforme en barbe à papa goût araignée. Il fait chaud, la côte est jolie, assez sèche et décharnée et nous sommes enfin en vue du phare. La circulation est intense dans le coin (de bateaux bien sûr parce que d’êtres humains il n’y en a point), le pique-nique se fait à la seule ombre disponible, celle du phare.



C'est un roc, c'est un cap, c'est une péninsule, c'est le Péloponnèse !

Bon c’est pas tout mais il y a un retour et les araignées particulièrement rapides dans le tricotage de toiles nous attendent : incroyable le peu de temps qu’il faut à une araignée pour tisser son truc gluant. Nous arrivons pas très fringants à la voiture – je vous ai déjà dit qu’il faisait chaud ? – et nous devons avoir une sale tête parce que les deux petits vieux tranquillement attablés sous leur treille – quelle idée de marcher par cette chaleur – nous crient « Nero ! Nero » (Rome brûle-t-elle ?) en pointant la direction de la source. Arf je crois que celle-là elle va faire plaisir. Retour à Velanidia et plus précisément son petit port pour boire un coup à côté d’Allemands qui entament leur copieux repas à 15h30. Normal.

Nous faisons ensuite route vers Kyparissi en repassant une dernière fois par Monemvasie. On ne se lasse pas des vues sur ce site splendide mais show must go on. Et le show du moment c’est l’arrivée spectaculaire sur la côte peu avant le village de Kyparissi : bim on passe un col anonyme et bam on trouve une côte déchiquetée et vertigineuses dans laquelle se terre au fond la petite baie de Kyparissi, havre de tranquillité et de douceur dans cet environnement de brute.



Et voilà, la Grèce sait récompenser l’aventurier de pacotille qui s’éloigne des sentiers battus par la plèbe touristique, inculte et bruyante. Malheureusement, l’aventurier de pacotille est très imbu de lui-même et finit par vouloir montrer l’étendue de ses découvertes, son exceptionnalité et sa capacité à ne pas faire comme les autres, accélérant le processus de touristification de lieux non touristiques. Que ceux qui ont parlé de l’Islande aux pécores irrespectueux se dénoncent ! Bref, pour Kyparissi, n’y allez pas, ça ne vaut pas le coup. Et puis c’est rempli d’adeptes de la varappe aux mœurs étranges et aux combis cradingues.



Ceci n'est pas Kyparissi

Cerise sur la baklava, notre logement local est impeccable et le repas du soir est bon, gargantuesque et frais pour un prix très raisonnable. Les gens sont sympas et la vie est belle. Voilà, j’ai un accès d’optimisme béat et dégoulinant y a pas à dire, le Péloponnèse, c’est fort.

Touristikis à la crème de solaris

Auk · 2020-05-25

Jour 15 : Kyparissi –Nauplie 214 km

Nous démarrons la journée par une courte balade côtière très agréable jusqu’à la chapelle Agios Georgios et sa jolie vue sur la baie. Le coin est somptueux et l’eau turquoise des environs a raison de ma réticence à me baigner au vue des multiples oursins. La baignade est néanmoins sous tension le piège subaquatique rode dès que je pose les pieds au sol mais les épineux terroristes ne me gâcheront pas la Grèce.

Des originaux qui n'ont pas compris que les chapelles, ça poussait dans les falaises

Dicton du jour : Kyparissi repassera par là

Pour notre trajet vers le nord et Nauplie, grande nouvelle, les routes poussent plus vite en Grèce que la mise à jour des cartes routières. Il y a donc une route côtière toute neuve, toute belle pour rejoindre Leonidion, le trajet est particulièrement spectaculaire avec quelques criques qui invitent à une pause salvatrice. Mais bon, on a pas mal de route donc non… Par contre, les Grecs ne s’embarrassent pas des déblais massifs dus à la construction de leurs routes. Non, ils les mettent directement dans la mer et pourrissent leur littoral.

Le berger des temps modernes sur son fier destrier

Vient le moment un peu surréaliste du voyage. Au détour d’un virage, un petit vieux au bord de la route nous fait signe de la main, moi un peu surpris, je m’arrête. Il a le visage buriné par le soleil, sent le vin et l’huile d’olive et se trimballe un gros sac (seule concession à la modernité, le sac est en plastique) au milieu de nulle part. Ni une, ni deux, il monte directement dans la voiture, manifestement pour aller quelque part et nous baragouine en grec (quelle idée !). Là, je suis interloqué mais je me rappelle soudainement que tous les pays ne font pas du stop de la même façon. Et il semblerait que les Grecs, tels des Roumains méditerranéens ne parlant pas la même langue et n’ayant pas une obsession profonde par rapport aux Roms, font du stop en agitant la main à l’horizontal du haut vers le bas. On finit donc par comprendre où il va, ça tombe bien, nous y passons aussi. Le temps de nous prendre pour des Allemands (rien ne va plus après le coup des Néerlandais. Je précise à tout hasard que j’ai plutôt une tête de Méditerranéen qui, dans une île scandinave à la mode, a déclenché quelques réactions de recul et de racisme primaire), s’en suit un grand moment de non communication. On le dépose avant de redescendre sur Léonidion par des gorges ma foi tout à fait charmantes.

Léonidion

Comme je n’ai pas mon quota de gorges, nous remontons celles de Dafnon vers le monastère d’Eloni, encore planté dans un endroit impossible.

Les gorges de Dafnon

Eux au moins, ils respectent la tradition

Aller-retour avant de prendre la route côtière pour Nauplie. Route plutôt jolie mais qui fait pâle figure par rapport aux précédentes. Au final, le coin est assez urbanisé (Astros Georgos beurk) et cela de plus en plus en allant vers le nord. Nous faisons un petit détour vers un monastère fermé, les ruines d’un aqueduc romain en voie de fossilisation et les maigres et déprimants restes de la villa de Hérode Atticus.

Arrivés en Argolide, nous faisons un détour à Elliniko pour voir une curiosité qui montre que les Grecs pouvaient concurrencer les Egyptiens : une pyramide-tombeau qui daterait de la période hellénistique. Ca fait un peu penser également à la pyramide de Cestius à Rome. Il semblerait qu'à un moment donné, c'était du dernier chic pour le Helleno-romain de se construire son petit tombeau orientalisant, un peu à la manière de l'orientalisme du 19ème siècle.

Les pyramides de Gizeh n'ont qu'à bien se tenir !

Dernier arrêt : Volos pour jeter un rapide coup d’œil sur le théâtre (fermé après 15h) avant de monter à la citadelle de Larissa.



Le coin offre de sacrées vues sur toute l’Argolide et le château d’origine byzantine (entrée gratuite) est en très bon état de conservation. L’endroit est désert et arrivés dans la dernière cour, nous tombons sur une cérémonie, tendance confrérie louche, kukluxklan et cie : un groupe d’hommes se tient en cercle avec un mec au centre qui déclame un texte et fait jurer en tendant la main, je ne sais quoi à ses petits camarades. Mmmmmmmmmhhhhh, à première odeur, ça ne sent pas bon : une sorte de rituel scandé virilement dans un ancien lieu de lutte d’une structure politique chrétienne contre un envahisseur turc… Mmmmmhhhh, courage fuyons mais discrètement. Chhhuuuttt.

Larissa, je te veux si tu veux de moi

Un lieu qui ne manque pas de piment (explication de texte : Larissa -> la harissa -> piment -> rires enregistrés)

Nauplie, nous voilà. Nauplie, sorte de Saint Trop’ sur Grèce en plus grand, fait une drôle d’impression après deux semaines dans le Péloponnèse c’est très touristique et très chic. Y a du yacht de luxe, du rabatteur de touristes pour restaurant et de jolies magasins élégants et nous nous sentons hors sujet, comme toujours dans ce genre d’endroit. Il reste que la ville, lieu de lutte entre Venise et empire ottoman et donc à ce titre très fortifié, dispose d’un site attrayant rehaussé d’un chapelet de fortifications et d’une vieille ville agréable avec églises et même quelques témoins du passage des Turcs (c’est très rare, l’état/la société grec/que ayant fait tout son possible pour oblitérer les souvenirs de la domination).

C’est également la très brève première capitale de l’état grec balbutiant, lieu d'une expérimentation plutôt libérale politiquement par le gouvernement provisoire de Ioánnis Kapodístrias au tournant des années 1830. Très mauvaise idée que v’là en cette période post-congrès de Vienne. Et l'idée est d’autant plus mauvaise que le bonhomme est ombrageux et a le don de se mettre à dos quelques gros bonnets comme les dirigeants des klephtes maniotes (astuce technique : ne jamais fâcher un maniote à la gâchette facile) et le haut clergé de l’église orthodoxe. En tout cas, les bookies de l’époque n’ont pas parié un clou sur sa longévité à la tête de la Grèce. Et ils ont eu raison car arrive 1831 et un petit assassinat de derrière les fagots de Kapodístrias à Nauplie. L’élimination arrange un peu tout le monde et en particulier les puissances de l’époque : elle permet tranquillou l’installation d’un roi bavarois et d’un régime on ne peut plus autoritaire, plus raccord avec les envies des empires austro-hongrois, russe, du Royaume-Uni et de la monarchie de Juillet. Tout est bien qui finit bien !

Touristikis à la crème de solaris

Auk · 2020-05-27

Jour 16 Episode 1 L'anthropomycènes Nauplie 103 km

Grosse journée que le jour n°16 . Je suis chaud comme la braise car aujourd’hui c’est retour en enfance : il y a MYCENES. Oui j’avais de drôles de goûts enfant mais MYCENES, c’est les Atrées, Agamemnon, la tragédie, la guerre de Troie, tout ça, tout ça sans oublier ce bon vieux trafiquant d’Heinrich Schliemann qui savait marketter son produit en te mettant du nom ronflant partout pour vendre son butin. Et que je te trouve un masque d’Agamemnon, et que je te découvre la tombe de Clytemnestre, et que je te dégote la ville de Troie… Il reste que j’ai des souvenirs émus de ma visite il y a un petit moment.

Et pour ne pas rater les choses, on s’est dépêché pour arriver les premiers à l’ouverture et enjoyer tranquillement l’entrée dans la citadelle antique. Pour me refroidir l’enthousiasme, il faut se rappeler ces paroles d’un grand penseur tripadvisorien : « Cannot understand the fuzz. I found Mycene very modest place. The view is nice but the ruins are just ruins, there is nothing special in this place. » Merci à toi, anonyme éclairé. Moi, je passe et repasse sous la porte des Lionnes, profitant d’être seul ou presque, avec Agamemnon, Cassandre casse-délire et Clytemnestre nous observant depuis les murailles. Je sens qu’il y a du meurtre dans l’air. Et pourtant il n’y a pas de chats dans le coin.

Le problème du matin, c'est qu'on est à contre-jour



Le cercle des tombes disparues

Deux trucs intéressants dans la civilisation mycénienne. Le premier, c’est la densité étrange de ruines trouvées dans un espace restreint, la plaine d’Argos et ses environs, qui amène à s’interroger sur l’organisation politique et économique locale. Le deuxième c’est la disparition, énigmatique, de la civilisation que suit une période avec peu de traces archéologiques. Et comme les causes uniques ont souvent du plomb dans l’aile, des facteurs différents se seraient combinés entre eux : infiltration de populations étrangères doriennes et instabilité civile et politique interne. Et comme l’archéologie progresse, de nombreuses trouvailles remettent en cause la thèse du vide qui aurait suivi la disparition de la civilisation mycénienne (palais, écriture).

Sortir de ses gonds, allégorie



Pour Mycènes, il ne faut pas manquer la poterne nord avec son escalier s’enfonçant dans les ténèbres d’une citerne antique. Le musée est pas mal non plus et les tombes à tholos parfaites comme dans mon souvenir. Et comme dans mon souvenir, les flots de touristes ne se détournent pas de leur programme chargé pour les voir (à l’exception du trésor d’Atrée), nous y sommes donc tranquilles.

L'ancêtre de Tata gros nez

Le trésor d'Atrée

Touristikis à la crème de solaris

Auk · 2020-05-27

Jour 16 Episode 2 Touristix aux jeux néméiques

Après cet interlude touristes mycéniens, nous retrouvons d’autres ruines grecques plus paisibles : le sanctuaire de Némée qui s’est fait avoir en termes de marketing par Olympie. Ben, il y avait des jeux néméens (et aussi isthmiens et delphiques), également sous la tutelle de Zeus et qui faisaient concurrence à Olympie. Seulement, par la grâce d’Astérix, seuls ces derniers ont traversé l’histoire en faisant la nique à ses concurrents. Némée, il reste de jolies ruines du temple de Zeus, assez bien restauré et dont les énormes colonnes effondrées donnent un aspect mélancolique, allégorie de la mortalité de l’humain et de sa vanité à vouloir laisser une trace à tout prix. De toute façon, il n’y a rien de plus mélancolique que des colonnes effondrées. Et pour renforcer la métaphore de l’éphémérité humaine, les Grecs modernes ont eu l’idée de laisser sur site un tombeau avec squelette mis sous verre mais envahi par une plante grasse : de la mort naît la vie ! Sont des poètes, ces Grecs. Dernier bâtiment digne de mon intérêt mais sous un vilain hangar : les bains spécialement aménagés pour les athlètes avec canalisations, éviers, bassins, etc. Le tout est éloquent sans être forcément dans un état de conservation génial. A côté du site, nous visitons également le musée petit, vieillot mais intéressant : pleins d’objets de la vie quotidienne (des startings blocks avant l’heure) et avec une section assez fournie sur les trésors mycéniens des environs (Aidonia en particulier, la boucle est bouclée).



Sans mentir, si votre ramage se rapporte à votre plumage, vous êtes le caméléon des hôtes de ces ruines

Le starting-block du passé

Bon qui dit jeux, dit stade, plutôt mieux conservé que celui d’Olympie. Il est situé à l’écart du sanctuaire proprement dit, paisible avec des détails croquignolets : couloir d’arrivée, lignes de départ, rigoles d’évacuation des eaux, plots pour accrocher la corde de départ, bancs pour les juges. Le nec plus ultra du stade grec !



L'entrée des dieux du stade



L’étape suivant, la citadelle de Tirynthe, j’en avais des souvenirs émus, un site délaissé, pas vraiment entretenu mais diablement émouvant malgré la route passante à proximité. Du mycénien romantique, il ne reste rien, les ruines sont en pleine phase de revalorisation, la main est lourde et le résultat décevant. Je passe la visite à râler contre cette mode de confondre conservation et reconstruction. Elle ne date pas d’hier mais j’ai l’impression d’assister à une intensification du mouvement en vue d’attirer le plus grand nombre de touristes. Bon tout n’est pas noir : les murailles de la forteresse restent impressionnantes et j’ai réussi à photographier une satanée de %*@!§ de huppe fasciée ! L’un des oiseaux européens les plus élégants et il y en a partout en Grèce (beaucoup de vergers, oliveraies qui restent leur habitat favori). Mais c’est tellement vif que c’en est dur à observer tranquillement.

Passer par un trou de souris, allégorie

Cyclopéen, réalité

I did it !

Pour me remettre de ma déception, j’ai aussi visé une chtite église byzantine, Agia Triada, dans la plaine, dans un endroit pas glop. Mais l’église, malheureusement fermée, est glop, elle, avec du réemploi de pierres et de frises antiques.



Retour pour la fin d’après-midi à Nauplie où le temps de la glace et de sa balade corrélative a sonné. Des glaces italiennes de fort bon goût et de fort belle facture nous permettent de faire le tour de l’Acronauplie et d’admirer l’îlot Bourzi et la forteresse Palmipède euh pardon Palamide surplombant la ville sur son ergot rocheux.


Touristikis à la crème de solaris

Auk · 2020-05-28

Jour 17 : Nauplie – Ermioni 111 km

Déclaré le jour le plus nase de nos vacances. Ouaip c'est bientôt la fin du voyage et Epidaure c'est nase. Bon, j'exagère un tout petit peu car le théâtre, surtout découvert le matin avant les foules et les groupes, est exceptionnel. Mais nom d’un petit bonhomme de bois, qu’est-ce que c’est que ces « restaurations » du sanctuaire d’Asclépios ! Je sais bien qu’il y a une tendance à la main lourde en termes de restauration/reconstruction d’édifices historiques ruinés en vue d’une exploitation touristique. Mais là, en plus d’avoir un objectif que je trouve inapproprié, les promoteurs l’ont mal fait et avec manifestement des fonds qui se sont évaporés au cours du temps. Donc il y a de l’échafaudage qui rouille sur le stade, de la bâtisse en tôle, du temple qu’on dirait sorti d’une « reconstitution » las vegasienne, c'est à dire qui lave plus blanc que blanc grâce à Gandalf le blanc.



Avec ta gueule de caprice de cheikh de truc tout blanc, de faux temple grec

Pour oublier ce carnage, il vaut mieux parler du théâtre, à apprécier avant la foule des groupes de touristes. Ou ne pas en parler, puisque tout le monde en a entendu parler. Donc silence, je serai muet comme une tombe. Enfin, je veux bien briser l’omerta et dire qu’il est fabuleux : les Romains ils ont qu’à se rhabiller avec leurs murs de scène, leurs briques et leurs sites pas terribles. Et pour faire bonne mesure, je me dois de rajouter un hashtag #onnenousditpastout.

Théâtre en trois façons :





Comme le voyage est bientôt fini, qu’on a pas eu notre dose de ruines antiques et qu’il faut qu’on fasse des stocks de drogue avant le retour en France, on va voir le faux théâtre d’Epidaure à Palea Epidavros. Comme toute copie chinoise , elle ne vaut pas l’original mais bon, ça remplira le manque en attendant des jours meilleurs.

Farce de Grec ancien pour tromper le touriste tête en l'air

Notre quota de ruines étant épuisé pour la journée, nous ne ferons plus que quelques arrêts nature. Le premier est une petite balade à côté de Didima pour visiter des cratères de météorite dont l’un avec chapelles intégrées et l’autre des faucons crécerellettes intégrés. Bon, réellement, il s’agit d’effondrement de zones karstiques.

Ce à quoi aurait ressemblé l'impact de météorite si Bruce Willis n'avait pas sauvé la terre

Les chapelles sont timides en Grèce, elles se cachent dans les jupes de leur mère, Gê

Le deuxième est une sortie le long de la côte vers la grotte de Franchti, avec habitations préhistoriques reconstituées. Bref pas de quoi fouetter un chat. Et dieu sait qu’il y en a des chats ! Et que l’envie ne manque pas !

Franchti

Nous finissons la journée sur une plage de galet, anonyme, propre et déserte. Le moment d’une baignade apaisante. Bref, une journée tranquille par rapport aux précédentes.

Pour la nuit, c’est Ermioni. Le site de la petite ville, sur une presqu’ile, est pas vilain mais la proximité d’Athènes (et des îles du golfe de Saronique sûrement) se fait sentir dans le coin, plus touristique, plus habité, plus huppé, moins moi-compatible. L’hôtel Zoe Pension est par contre tout à fait convenable, avec accueil anglais en prime (« darling »).

Touristikis à la crème de solaris

Auk · 2020-05-30

Puisque toutes les bonnes choses ont une fin, voici le dernier chapitre du carnet, qui a soulevé les foules et fait chavirer les cœurs.

Jour 18 : Ermioni – quelque part à côté de l’aéroport d’Athènes 295 km

Dernier jour de voyage en Grèce et nous avions prévu d’aller sur l’île d’Hydra mais les kilomètres à faire ensuite jusqu’à Athènes, le temps maussade, couvert, venteux et des températures basses nous en dissuadent. Donc nous révisons sagement nos plans, préférons faire le tour de la péninsule d’Argolide et aller sur la presqu’île de Methana. Le trajet réserve de belles vues sur les îles environnantes qui rodent en nombre autour des côtes locales. Il permet également quelques arrêts au bord d'étangs avec des zozios sur échasse.

A fleur de Poros

Goodbye blue sky - Pink Floyd

Et puis, arrivés côté golfe de Saronique, la météo s’améliore grandement. On vise quand même quelques ruines pour la tradition, celle de l’Ancienne Trézène. Les environs ont l’air prometteur en termes de randonnée (gorges en particulier) mais nous nous contenterons de la visite du petit site paisible dans son champ d’olivier et doté d’une basilique paléochrétienne en bon état. Le coin nous permet un dernier instant nostalgie oliviers+ruines avant de quitter le Péloponnèse. Ca y est, nos regards ne nous portent plus vers un futur radieux, vers des lendemains qui chantent. Noir c’est noir, y a plus d’espoir.



Mais le réel nous rattrape et le réel c’est la presqu’île de Methana, la malotrue qui nous fait sortir de notre torpeur touristico-mélancolique. Une belle surprise comme ils disent dans les blogs hypes de voyage. La route qui en fait le tour est très belle en particulier dans sa partie ouest qui grimpe dans les montagnes de l’île. La cerise sur le gâteau, c’est la coulée de lave à Kameini Chora, assez récente et finissant les pieds dans l’eau, donnant un côté Auvergne sur mer. Et cela mérite bien une petite balade dans les formes hallucinées de la lave en folie puis un arrêt dans le mignonnet port de Vathi pour un dernier moment d’indolence grecque au bord de la mer.

Quand l'Auvergne rencontre la Méditerranée, ça ne peut qu'être beau



De toute façon, tout ce qui rappelle l'Auvergne ne peut qu'être beau

Vahti vite !

Quelques heures et kilomètres plus tard, fin en apothéose pour votre émission, Un accueil presque parfait : notre hôte, ayant une maison pas très loin de l’aéroport d’Athènes, est encore une ardente mama grecque qui décide de nous offrir un petit alcool, des fraises marinées, un thé des montagnes, nous fait la discut’ et nous cuisine du ragoût pour accompagner nos pâtes. Verdict final : égalité entre Corinthe, Thouria et ici.

Jour 19 : retour à la maison 22 km

Ca y est, c’est fini. Levés très tôt, on croise la fille de notre hôte revenant de boîte (6h du mat’). Et accessoirement, notre hôte qui voulait à tout prix nous dire au revoir. Eclairs dans les yeux et petite phrase cassante en grec du genre « attends qu’ils partent et tu vas passer un sale quardheuris »… La jeune fille doit encore nous maudire.

Pour le reste, le retour est sans histoire, un petit coup de stress quand on ne trouve pas le stand europcar à l’aéroport et qu’on se rend compte qu’il est dans la pampa, et un vol Lufthansa, de la deutsche Qualität pour finir comme cela a commencé. Comme ça, on peut comparer la Grèce et l’Allemagne et comprendre pourquoi il y a les dominants et les dominés. Ben ouais, il y en a qui ont bossé pour exploiter les autres. Tout est une question de volonté. D’ailleurs à ce sujet, en guise de conclusion, véridique, je veux vous raconter une histoire édifiante qu’un père utilisa comme métaphore pour expliquer la vie à son fils de 8 ans sur une place de Mirepoix : « Tu vois, fils, il y avait un immigrant illégal – c’est quoi un immigrant illégal – une personne qui n’a pas de papier . Bon, il était monté dans la remorque d’un camion réfrigéré mais la réfrigération, elle marchait pas. Et ben le migrant, malgré tout, il est mort de froid parce qu’il croyait qu’il faisait froid. Morale de l’histoire tout est une question de volonté. Alors, fils, tu vas arrêter de m’emm euh de te plaindre que tu as froid. » Une dernière pour la route pour retarder le manque et les crises de paranoïa aiguë (oui la photo n'a rien à voir avec les deux dernières journées)

Touristikis à la crème de solaris

Muriel18 · 2020-05-31

Merci Sylvain pour ce carnet 🙂.

Mon tour du Péloponnèse est devenu plus qu'improbable depuis que les grecs ont décrété qu'ils ne voulaient pas de nous, français, cet été 🏴‍☠️. Cela peut encore changer mais bon, j'envisage plutôt de reporter tout ça en juillet prochain....ou aux vacances de printemps, fin avril/début mai...d'où quelques questions: j'ai lu que vous aviez eu chaud lors de certaines randos mais en montagne (du côté de Dimitsana), il ne faisait pas froid non plus? Les hôtels, restos étaient globalement ouverts?

Cordialement Muriel

Touristikis à la crème de solaris

Aleph240758 · 2020-05-31

Snif c'est fini 😘 Merci pour ce magnifique carnet . Le Péloponèse est vraiment une très belle région qui me donne envie d'y retourner . J'y suis allée une fois mais jen'ai pas découvert grand chose en te lisant. J'espère qu'ils nous donneront rapidement l'autorisation d'y repartir. Les photos sont également très belles . Bonne journée. Marie Jo

Touristikis à la crème de solaris

Auk · 2020-05-31

Bonjour Muriel

J'aurais tendance à dire que le printemps, c'est le top pour visiter la Grèce. Il ne fait jamais trop chaud, tout est en fleur et la campagne n'est pas encore cramée. Pour deux semaines et demi fin avril, nous avons eu entre 20 et 30° en journée pendant tout le voyage. Seul moment où on a dû sortir des doublures, c'est le soir à Dimitsana. Mais même pour la rando en montagne sur le Megali Tourla, nous n'avons pas eu froid. Je suppose que nous avons eu un peu de chance sur la météo mais mon premier voyage dans le Péloponnèse à la même période était déjà dans ce cas-là. Pour les hôtels et restos, c'était très largement ouvert mais peu fréquenté assez souvent.

Touristikis à la crème de solaris

Muriel18 · 2020-05-31

Merci pour la réponse. Effectivement, si la météo est favorable , le printemps est idéal : peu de monde, du vert, des fleurs...si la météo est favorable... Je crois que je vais sérieusement me pencher sur cette option, surtout si tu dis que par 2 fois, vous avez eu du beau temps. Merci encore pour ce carnet très agréable à suivre. Muriel

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