in Entre deux voyages › Réflexions de voyageurs
Poor, arm, pobre, ompofu, povero, pauvre...
Discussion started by Pondy on 2020-06-09
32 replies
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Poor, arm, pobre, ompofu, povero, pauvre...
Pondy · 2020-06-09
Deux copains devisaient :
Ils se sont rencontrés sur la route entre Agra et Jaipur et voyagent ensemble quelques jours.
« T’as vu ce type qui avance sur ses moignons sur sa planche à roulettes , c’est atroce hein ! »
« Ouais, j’ai vu, on peut pas prendre la misère du monde sur les épaules, cool mec »
« D’accord, mais quand tu vois cette jeune mère en guenilles avec son môme plein de croûtes, ça te choque pas ? »
« Fais pas ton rabat-joie, regarde, ils sont pauvres d’accord, mais t’as remarqué leur sourire, pis, ils sont habitués, pis c’est des réseaux, ils mettent leurs estropiés dans les endroits stratégiques pour que tu files des ronds parce que tu te sens coupable ? »
« T’as peut-être raison, j’ai vu ça chez nous, des femmes qui sortent des voitures en groupe et qui vont faire la manche sur les trottoirs »
« Ben tu vois, c’est pareil, viens, on va chercher un hôtel clean, on n’est pas là pour se faire chier dans une guest-house pourrie, et pis j’ai lu qu’on n’était pas loin du quartier des bijoutiers, ça s’rait cool que je rapporte une bague à ma copine »
« Moi je cherche des saris en soie, ma soeur veut en faire des rideaux »
« T’es parti où l’année dernière ? »
« J’ai fais un trip au Brésil, p’…n les favellas, fallait voir çà. Un peu pareil qu’ici mais j’me sentais moins sécure »
« C’est dingue tous ces pauvres dans le monde tu trouves pas ? »
« Sûr, mais t’es en vacances non. T’irais toi aux Tarterets, aux Minguettes, au Watts de L.A, ou à Marzahn à Berlin, c’est plein de pauvres aussi, là, c’est exotique. Encore que, t’as vu, y’a des gens qui visitent des bidonvilles, c’est tendance, mais des bidonvilles authentiques hein, pas des cités daubées remplies de drogués et super coupe-gorge.
« Moi je trouve qu’il y a de plus en plus de pauvres partout »
« Ouais, mais vis ta vie, t’as bossé, économisé, t’as payé ton billet d’avion, t’as organisé ton séjour, alors tes sentiments à deux balles mets les au fond de ta poche et profite, vise un peu cette culture différente, tous ces monuments nickels et t’as vu ces paysages, incroyables non ?, T’es pas pauvre toi, alors arrête de bavasser »
« Mais je ne suis pas riche non plus ! »
« Si t’es là, c’est que t’as de la thune, t’as déjà vu des pauvres voyager toi ? »
« Ben oui, les migrants »
« Oula, c’est au’t chose, arrête de me prendre la tête, viens on va bouffer »
« Ok, en plus on bouffe bien pour queue dalle mais ça me gêne quand même »
« Tu veux faire quoi, aller construire des puits en Afrique, comme s’ils étaient des minables incapables de le faire eux-mêmes ?, va bosser chez MSF, ça lavera ta culpabilité et te donnera bonne conscience, bosse dans une assoc, change de job, bosse comme éduc dans les cités, bouge-toi ou alors savoure tes vacances et fous-moi la paix. »
Ainsi devisaient deux copains…
Je crois que la nuit tombée, dans l’hôtel confortable où ils ont trouvé une chambre pour deux pour limiter les frais, sous le fan tournant à grande vitesse qui ainsi chassait les moustiques, ils ont, chacun dans leur lit songé à la conversation de la journée.
Ca veut dire quoi la pauvreté aujourd’hui ?
Est-ce être indigent, précaire, en mauvaise santé, ne pas savoir lire écrire, ne pouvoir s’instruire ?
Est-ce une servitude d’être pauvre, des incertitudes, de l’hébétude ?
Est-ce aussi un manque d’amour, d’écoute, d’éducation ?
Ne pas avoir un toit, du boulot, des vêtements et avoir faim ?
Le pauvre des USA, celui d’Afrique, celui d’Asie, celui d’Europe ressent-il la même angoisse ?
Pauvres de toujours et nouveaux pauvres du 21ème siècle, p’être un tournant de l’histoire, tiers monde, quart monde, nouveau monde, un voyage en terre inconnue...bien plus inquiétant qu’un avion annulé, remboursé pas remboursé, des pépètes perdues, un projet momentanément cloué au sol !. Ca c’est une déception, une simple déception, une galère temporaire, un ajournement des rêves...
« Le pauvre a peu, le mendiant n’a rien, le riche a trop peu et nul n’a assez »
Poor, arm, pobre, ompofu, povero, pauvre...
Poticar · 2020-06-09
Bonjour.
Ta dissertation, elle est vraiment destinée aux lecteurs, à VF ?
Leçon opportuniste de philosophie morale par délégation ?
Voyage masqué dans l’ego ?
Commentaires souhaités ? Sur quoi ?
Poor, arm, pobre, ompofu, povero, pauvre...
UnaMilanese · 2020-06-09
Bonjour Dom,

Catherine
Poor, arm, pobre, ompofu, povero, pauvre...
Lucbertrand · 2020-06-09
Bonjour Pondy,
Belle fresque décrivant la réalité des faits et des pensées, montrant le voyageur ou touriste confronté, ici ou là et même dans son pays, à la condition humaine.
Qu'en dire, qu'en penser? ne va-t-on pas vers pire avec l'augmentation de la population mondiale?
Il y a les mères Thérésa et la grande masse, dont je fais partie, qui parfois se déleste de quelques dizaines ou centaines d'euros, de toute manière qui auraient été sur son compte en banque au jour du jugement dernier, mais ça donne bonne conscience selon sa tournure d'esprit.
Luc
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Pondy · 2020-06-09
Je vois que tu n’as pas perdu ta pince coupante. Tu l’as toujours à portée de main !
Poor, arm, pobre, ompofu, povero, pauvre...
Pondy · 2020-06-09
Bonjour Catherine
Pas lu celui-là.
J’ai lu y’a fort longtemps les « âmes mortes » de Gogol et j’me dis que finalement des Tchitchikov sont toujours dans nos sociétés.
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Pondy · 2020-06-09
Bonjour Luc
Nous sommes très au fait de la pauvreté dans notre pays et même dans les autres mais peu au fait de cette nouvelle pauvreté qui émerge à grands pas.
On verra...
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Poticar · 2020-06-09
Je vois que tu n’as pas perdu ta pince coupante. Tu l’as toujours à portée de main !
Comme toi ton talent !!
Poor, arm, pobre, ompofu, povero, pauvre...
Djalma · 2020-06-09
Salut
Pauvres de toujours et nouveaux pauvres du 21ème siècle, p’être un tournant de l’histoire, tiers monde, quart monde, nouveau monde, un voyage en terre inconnue...bien plus inquiétant qu’un avion annulé, remboursé pas remboursé, des pépètes perdues, un projet momentanément cloué au sol !. Ca c’est une déception, une simple déception, une galère temporaire, un ajournement des rêves...
De quoi s'interroger...Sans pour autant culpabiliser.A ceux qui sont choqués...On peut aussi lire ça dans Matthieu 25:14-30 (parabole des talents)
Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l'abondance, mais à celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il a.
https://www.biblegateway.com/passage/?search=Matthieu+25%3A14-30&version=LSG« T’as vu ce type qui avance sur ses moignons sur sa planche à roulettes, c’est atroce hein ! »
« Ouais, j’ai vu, on peut pas prendre la misère du monde sur les épaules, cool mec »
« D’accord, mais quand tu vois cette jeune mère en guenilles avec son môme plein de croûtes, ça te choque pas ? »
Et pour ce qu'il se passe à l'autre bout du monde je dirais également:
"Ouais, j’ai vu, on peut pas prendre la misère du monde sur les épaules, "
Regardons d'abord ce qui se passe tout près de chez soi et agissons à notre façon et selon nos moyens.
Poor, arm, pobre, ompofu, povero, pauvre...
Pondy · 2020-06-09
Bonsoir Jean-Michel
Je pensais plutôt à cette nouvelle pauvreté qui s’installe dans un monde en récession, au chômage galopant, aux gens accablés, endettés, à la faillite des entreprises, aux banques alimentaires prises d’assaut.
Je pensais aussi au roman de Steinbeck, les raisins de la colère et même si l’époque n’est pas la même, je retrouve des similitudes dans ce que nous vivons dans le monde en ce moment.
Le terreau des difficultés et parfois, en écho les violences.
Et c’est pour ça que je trouvais que nos p’tits soucis de vacances compromises semblaient bien dérisoires.
Poor, arm, pobre, ompofu, povero, pauvre...
LillieoneFE · 2020-06-09
Poor, arm, pobre, ompofu, povero, pauvre...
Mathews · 2020-06-09
je voudrais voir un peu Louis XIV face à un "assuré social "
j'ai une question : qu'est-ce que c'est un assuré social ?
Une personne qui a un contrat d'assurance pour vivre en société ?
Poor, arm, pobre, ompofu, povero, pauvre...
LillieoneFE · 2020-06-09
Poor, arm, pobre, ompofu, povero, pauvre...
Pondy · 2020-06-10
L’après covid va laisser un goût amer, chez nous mais aussi ailleurs.
J’ai entendu que les bistrotiers qui ont installé des belles bâches-parasols pour les amateurs de bière fraîche ne s’en sortent pas, il pleut…
J’ai entendu que les saisonniers déjà précaires, n’ont plus de boulot.
Dans mon village, le grainetier n’a aucune trésorerie et durant le confinement il devait rester fermé, pile au moment des semences, il va essayer de tenir le coup mais il n’est pas prioritaire pour les aides gouvernementales.
L’usine de la ville, fabricant de lubrifiant, à 50 km de chez moi va licencier.
Et les gens qui se précipitaient à la petite épicerie tout ce qu’il y a de locale durant le confinement augmentant pour la première fois son chiffre d’affaire a replongé ...le premier jour du déconfinement. Elle ferme définitivement en novembre.
Minuscules exemples de ce désastre économique qui va laisser tant de gens sur le carreau...
Et ce qui s'annonce me désole beaucoup plus que de ne pas être dans l'avion en partance pour le Colorado aujourd'hui.
Poor, arm, pobre, ompofu, povero, pauvre...
Lucbertrand · 2020-06-10
Bonjour Pondy ce que tu nous annonces est la grosse catastrophe, j'espère que tu es trop pessimiste, les gens ont du ressort, et dans l'adversité on va rebondir.
Dans mon village le grainetier on l'a réintroduit dans le marché dont on a demandé la révouverture dès fin mars au préfet qui nous l'a accordée, certes avec des mesures strictes. J'ai même été gardien, metteur et contrôleur de masques du marché hebdomadaire, sous le contrôle de la police communale avec contrôle systématique de la gendarmerie et même certains jeudis 2 fois. Immédiatement nous avons eu des masques, de nombreuses femmes se sont mises à en fabriquer pour la mairie.
Dans mon village des Vosges le corona a tapé dur, 48 morts pour 3000 habitants, par une règle de trois à l'échelle de la France cela aurait fait de l'ordre de 960 000 morts. C'est peut-être parce que ça tapait dur que la population a réagi rapidement et s'est à peu près adaptée.
Et puis, je regarde la bourse sur une action particulière, le jour du confinement elle est passée de 1500 euros à 1000 et actuellement elle est revenue à plus de 1400.
Après les guerres mondiales je pense que c'était bien pire et c'est reparti, certes il y a eu la crise de 29, mais après 45 il y a eu les 30 glorieuses, pourquoi pas à nouveau?
Comme il n'y a plus personne qui pilote et que nos chefs sont sous l'emprise de l'émotion, le système va peut-être s'autopiloter, espérons-le.
Tu écris bien mais tu nous envoies des ondes de stress grrrr!!!
Pour répondre à ton message précédent sur les voyages, je pense que pour beaucoup le voyage c'est la petite cerise sur le gâteau, et s'il y a des priorités on oublie vite le voyage qui reste comme l'écrivait Ella Maillart "une manière pour les occidentaux de meubler leur grand vide intérieur". Donc les préoccupations ça meuble l'esprit et, hop le voyage à la trappe, cela ne nous manque pas , Arbeit, Arbeit.
Bon je suis peut-être trop optimiste mais vaut mieux l'être, qu'on le soit ou pas le monde ira où il ira.
Luc
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UnaMilanese · 2020-06-10
Bonjour Luc,
Je souscris à ton message. Peut-être parce que l'environnement est voisin.
Le sentiment est d'être sorti des 40ème rugissants. La mer est démontée? Réduction de la voilure et souquez ferme les gars. De plus, l'Italie ayant bien morflé pendant la post crise 2008, je dirais pas qu'on a l'habitude mais presque. Terrain connu dont on a l'expérience désormais.
On consommera moins de voyages? On s'évadera et se construira différemment.
Catherine
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Djalma · 2020-06-10
Je pensais plutôt à cette nouvelle pauvreté qui s’installe dans un monde en récession, au chômage galopant, aux gens accablés, endettés, à la faillite des entreprises, aux banques alimentaires prises d’assaut.
Je pensais aussi au roman de Steinbeck, les raisins de la colère et même si l’époque n’est pas la même, je retrouve des similitudes dans ce que nous vivons dans le monde en ce moment.
Le terreau des difficultés et parfois, en écho les violences.
Ton message précédent mettait l'accent sur le sentiment de culpabilité (vécu par certains) face à des situations de grande pauvreté lors d'un voyage en Inde...
Ton deuxième message aborde le sujet différemment (enfin c'est mon ressenti)
Ici je partage entièrement ton point de vue.
D'abord ce qui s'est passé avec le confinement imposé me fait penser que nous avons vécu au niveau mondial un test de soumission à l'autorité et que maintenant le peuple partout sur la planète est prêt à courber un peu plus l'échine, le covid sera désormais l'alibi pour accepter plus de soumission et aussi plus de pauvreté pour ceux qui étaient déjà au bas de l'échelle...
Il faudra travailler plus pour gagner moins.
Nous vivons le temps des slogans et des ordres avec un individualisme qui va grandissant..
C'est mon sentiment.
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Mathews · 2020-06-10
Pense juste un peu à l'époque où ce fût écrit ?
c'est certain que du temps de la cour du Roy à Versailles, courtisanes et courtisans, choses légères de l'âme ça devait coûter très cher tout cela et qu'il fallait bien prendre des assurances...
HS revenons au post d'origine !
je suis bien d'accord ; ne dit-on pas que "être riche c'est ce contenter de ce que l'on a "? Riche par opposition à être pauvre
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LillieoneFE · 2020-06-10
Poor, arm, pobre, ompofu, povero, pauvre...
Pondy · 2020-06-10
Rebonjour tous,
Je vous entends bien Luc et Catherine. Vous me parlez d'optimisme.
J’ai toujours eu une idée eudémoniste de la vie, cette idée de penser que le bonheur est un but de nos vies, comme j'ai toujours eu envie d'avoir confiance dans l'être humain.
Mais, aujourd’hui, je me sens ébranlée et bien plus en accord avec les propos de Jean-Michel.
Oui Lillie je suis une pobrecita (pas celle que tu imagines😉) en tout cas en ce moment et tellement lasse de la fureur du monde, des brouhahas qui cognent dans ma tête et parasitent toutes pensées paisibles, de tout ce tumulte.
J’ai envie d’habiter le silence.
Alors, comme l’année dernière, retourner en Sibérie dans le village de Sveltana et Andreï dans une maisonnette aux fenêtres entourées de dentelles de bois ajourées, les bûches empilées sous l’appentis, marcher sur la glace bleue de la rivière, dans la neige scintillante, sans internet, sans radio, respirer l’air si mordant que mes narines fabriquent des petites aiguilles.
Voilà ce dont j’ai envie en ce moment.
J’attends l’hiver.
Il ce sera passé tellement d'évènement d'ici là....
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Junolu · 2020-06-10
Bonjour,
Et c’est pour ça que je trouvais que nos p’tits soucis de vacances compromises semblaient bien dérisoires.
Bien d'accord avec cela.
J’ai toujours eu une idée eudémoniste de la vie, cette idée de penser que le bonheur est un but de nos vies, comme j'ai toujours eu envie d'avoir confiance dans l'être humain.
Pour moi j'entends le bonheur au sens stoïcien :
accord volontaire de soi-même avec l'ordre cosmique (Encyclopédie Universalis)
En 2020 dirait-on ordre de la planète Terre de préférence à ordre cosmique?
Je ne crois pas que ce soit plus facile, non, mais cela me semble mieux intégré dans notre système écologique et peut-être plus fécond que la simple recherche du plaisir comme procurant le bonheur, et moins dangereux pour les générations à venir.
Quant à la confiance dans l'être humain, ou dans la société que nous composons, je dirais volontiers, comme l'histoire nous le montre, qu'il n'y a pas disparition mais ré-ajustement et évolution. Les crises ont cette utilité de nous obliger à faire des choix différents et, espérons-le, salvateurs ... Permettons-nous d'être confiants et optimistes!
Christiane
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Mathews · 2020-06-10
revenons za nos moutons ! 😄
je suis d'accord et puisqu'il faut revenir à la bergerie, on dit que le mohair des uns fait le bonheur des autres
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Mathews · 2020-06-10
En 2020 dirait-on ordre de la planète Terre de préférence à ordre cosmique?
j'aimerais que l'on éclaire ma lanterne: la vérité se trouve-t-elle dans les corps célestes, les cailloux qui parsèment l'univers ?
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Djalma · 2020-06-10
Pour moi j'entends le bonheur au sens stoïcien :
accord volontaire de soi-même avec l'ordre cosmique (Encyclopédie Universalis)
Bonjour,
"Accord avec l'ordre cosmique" me parle bien ... Accord volontaire j'en suis moins sûr.
Je ne pense pas que le bonheur soit une affaire de volonté.
Ceci dit je me sens très optimiste quand il s'agit de ma personne (je fais confiance à ma "bonne étoile") mais un peu moins pour ce qui concerne la marche du monde.
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Junolu · 2020-06-10
Franchement je ne sais pas où se trouve LA vérité, ni même si elle existe ...
Quant aux cailloux notre cher Théodore Monod semblait trouver une sorte de bonheur à chercher et ramasser ceux qui étaient tombés du ciel, justement, dans le désert.
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Junolu · 2020-06-10
Je ne crois pas non plus que ce soit une affaire de volonté, mais je comprends cette phrase plutôt comme une incitation à décider de se mettre à l’unisson. On peut choisir de ne pas nuire à notre monde et tenter au contraire de l’habiter avec respect.
Est-ce que le monde ne pourrait pas aussi avoir sa « bonne étoile »?
« Vous n’êtes pas une goutte d’eau dans l’océan, vous êtes l’océan tout entier dans une goutte ». Rumi, poète mystique persan.
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Voyajou · 2020-06-10
Ca veut dire quoi la pauvreté aujourd’hui
Les habitants du township de la petite ville se réjouissent: personne n'avait projeté de voyage overseas cette année. Ils ne redoutent pas non plus une vague de nouveaux pauvres. Pauvres (ihlwempu en xhosa), ils le sont depuis toujours, ils le sont de naissance, presque par destination. La moitié d'entre eux sont dans une misère noire.
Pendant le confinement, appliqué manu militari, ceux qui élevaient dans leur cour des porcs ou des volailles ont tout bouffé, les autres n'ont rien mangé d'autre que du riz et du maïs.
Les épiceries tenues par des Pakistanais ou par des Chinois s'en remettront, ils en ont vu d'autres, les shebeens aussi, malgré l'interdiction de la vente d'alcool. Aucun, bien sûr, ne bénéficiera du moindre plan de soutien et ceux qui ne pouvaient se rendre à leur travail ne verront pas l'ombre d'une indemnisation.
Et comment se seraient-ils moins soignés puisqu'ils n'ont habituellement pas accès aux soins.
Est-il possible d'avoir moins que rien?
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Pondy · 2020-06-11
Salut Jean-Luc,
On regarde tout près parce que c’est justement tout près, en France, en Espagne, en Italie, en Allemagne, tu t’rends compte, nos frontières se touchent.
Mais porter son regard si loin, en Inde ou en Afrique, t’es dingue ou quoi !
Et d’ailleurs dans les slums, les townships, z’ont pas tous des maisons alors confinés-déconfinés n’a aucun sens.
Etre entassés dans une cabane en tôle, serait-il possible d’ailleurs ?
Tu le dis, sont pauvres depuis toujours alors mourir de faim ou de manque de soins …
Avant Covid ou après Covid c’est la même chose.
Pour ces populations indigentes considérées comme des moins que rien, n’avoir moins que rien n’émeut pas grand monde.
Du moment qu’on peut faire son road-trip avec le 4X4 qui va bien et son p’tit barbeuque dans la savane avec les beaux animaux autour, tout va bien.
J’ai lu, qu’avec un guide pour la sécurité, on pouvait visiter un township, que ca regorge de vie et d’ingéniosité, génial hein ?
Je sais chuis amère.
Poor, arm, pobre, ompofu, povero, pauvre...
UnaMilanese · 2020-06-11
Bonjour Dom,
Je sais chuis amère.

Un calice d'Amarone (le "grand amer" en traduc) ?
Il ne changera rien à la misère du monde mais dilue l'amertume intérieure.
Catherine
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Djalma · 2020-06-11
Et d’ailleurs dans les slums, les townships, z’ont pas tous des maisons alors confinés-déconfinés n’a aucun sens.
Etre entassés dans une cabane en tôle, serait-il possible d’ailleurs ?
J'avais un jour écrit , suite à un séjour de 5 semaines en Afrique du sud, que les conditions de vie ( logement nourriture transports et hygiène) étaient déplorables pour ce qui concerne la population noire Sud-AF mais les connaisseurs de ce pays qui fréquentaient sans doute régulièrement townships et sheben m'avaient alors tenu un discours tout à fait différent ..On ne vivait pas si mal que ça dans ce pays.
Je n'ai pas retrouvé le fil de cette discussion et c'est bien dommage mais seulement un message parmi d'autres:
La maisonnette pour tous qui fleurit par quartiers entiers en Afrique du Sud est petite et pas très choucarde mais possède l'eau potable, l'électricité et un wc extérieur. Bref, le confort des années 60-70 en France.
Ce confort à la française des années 70 se serait -il dégradé en quelques années?
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Rotsaka · 2020-06-11
Plutôt années 40 après la guerre. L ultra violence en plus...
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Voyajou · 2020-06-13
Ce confort à la française des années 70 se serait -il dégradé en quelques années?
Tu poses cette question à Pondy qui serait bien en peine d'y répondre.
L'auteure présumée de ta citation n'est pas là pour le faire et il n'est pas utile de mettre en cause les 'connaisseurs de ce pays' dont la pertinence et la permanence des conseils est autrement utile que ta mauvaise foi ponctuelle. Mais tu as la rancune tenace.
La phrase citée est sortie du contexte de la discussion et ne signifie évidemment pas que les townships auraient été remplacés par ces lotissements cheap. Personne n'a jamais dit ça. La réalité est que l'Afrique du Sud a vu sa population augmenter de 50% depuis 25 ans et que la création de richesse ne suit pas. Il y a donc simultanément expansion de nouveaux lotissements et des townships. La réalité sociale de ce pays est sans doute trop complexe pour un esprit manichéen (qui par ailleurs s'en moque).
Le voyageur voit ce qu'il voit, le touriste voit ce qu'il est venu voir.
Poor, arm, pobre, ompofu, povero, pauvre...
Djalma · 2020-06-13
Le voyageur voit ce qu'il voit, le touriste voit ce qu'il est venu voir.
Au moins sur ce point on n'est pas en désaccord.
Je n'étais pas spécialement allé en Afrique du sud pour faire la visite des townships mais le hasard a voulu que et...j'ai vu.