Trek le long des bisses valaisans en Suisse
Samedi 11 juillet, je prends le train depuis mon domicile dans le canton de Vaud, direction Brigue et de là avec le car postal, je rejoins Blatten pour embarquer dans la télécabine qui m'emporte jusqu'à l'altitude de 2089 mètres au village de vacances de Belalp.


Le lendemain, dimanche 12 juillet, j'entame la 1ère étape d'un trek de 9 jours le long des bisses valaisans de la rive droite en suivant le guide réalisé par Armand Dussex et publié en 2018 aux éditions Rossolis, Bussigny, Vaud, Suisse 1er bisse ou suone en haut valaisan: le Nessjeri qui capte l'eau dans le Chelchbach, au pied du Grisighorn au dessus de Belalp


2ème bisse: Obersta connu déjà en 1435; il prend son eau dans le Mundbach et prend fin dans le Milchbach à l'est de Birgisch. Un bisse est un système d'irrigation qui va chercher l'eau dans la partie supérieure d'un torrent et qui détourne une partie de son eau pour la faire suivre à flanc coteau un cours qui permet aux villages d'altitude flanqués sur le flanc de montagnes peu "arrosées" de profiter de l'eau des glaciers qui naturellement file tout droit vers la plaine.

Comme on le voit, le trajet du bisse est parfois directement creuser dans le rocher pour éviter la difficulté de le faire suivre la pente d'une falaise abrupte... A suivre...


Le lendemain, dimanche 12 juillet, j'entame la 1ère étape d'un trek de 9 jours le long des bisses valaisans de la rive droite en suivant le guide réalisé par Armand Dussex et publié en 2018 aux éditions Rossolis, Bussigny, Vaud, Suisse 1er bisse ou suone en haut valaisan: le Nessjeri qui capte l'eau dans le Chelchbach, au pied du Grisighorn au dessus de Belalp


2ème bisse: Obersta connu déjà en 1435; il prend son eau dans le Mundbach et prend fin dans le Milchbach à l'est de Birgisch. Un bisse est un système d'irrigation qui va chercher l'eau dans la partie supérieure d'un torrent et qui détourne une partie de son eau pour la faire suivre à flanc coteau un cours qui permet aux villages d'altitude flanqués sur le flanc de montagnes peu "arrosées" de profiter de l'eau des glaciers qui naturellement file tout droit vers la plaine.

Comme on le voit, le trajet du bisse est parfois directement creuser dans le rocher pour éviter la difficulté de le faire suivre la pente d'une falaise abrupte... A suivre...










La prise d'eau du bisse Obersta dans le Mundbach à 1344 m.
Par endroit l'eau est canalisée dans des troncs de mélèze évidés
Ici dans un village, le bisse court dans une canalisation en béton recouverte de grille
L'eau du bisse sert, entre autre, à alimenter les fontaines
Bivouac dans le village sans voitures de Finnu à 1409 m. d'altitude
Par endroit une roue actionnant un marteau de bois sert d'avertisseur en cas d'interruption du flux d'eau
Plus loin, une réservoir permet de retenir l'eau pour la distribuer selon les besoins en irrigation
Tout au long du cours d'eau, le chemin du bisse n'est pas seulement fait pour le visiter mais surtout pour en assurer l'entretien
Le bisse prend parfois des airs de torrent dévalant la pente pour perdre en altitude et atteindre la bonne courbe de niveau à suivre
A la prise d'eau, des ouvrages importants permettent de dériver l'eau du torrent pour la canaliser selon la direction et la pente choisie









La prise d'eau la plus naturelle que j'ai observé durant ce trek
Le bisse emprunte la courbe de niveau la plus adaptée à son orientation
Il court accroché à la falaise, ...
... enjambe les passages les plus scabreux (sensibles au vertige s'abstenir!!!)
... se calme et se pose lorsqu'il atteint les prairies d'estivage qu'il arrose et irrigue selon les besoins et selon des règles négociées en consortage
Bivouac à Ausserberg à l'Hôtel de la gare sur la ligne du Löstscherger
Succession de bazots en bois de mélèze
Admirable travail d'artisans avec très peu de déperdition du précieux liquide
En contre-bas, le vignoble si gourmand en eau
Et au bord du chemin, de rares fleurs tranchent sur le vert dominant.









Cette étape du trek des bisses suit la ligne du Löstscherger, entre la gare d'Ausserberg et celle d'Hohtenn
Elle passe aussi par le pont suspendu sur le Jolibach d'où l'on peut rejoindre un autre bisse: le Stägeru
Je suis le bisse Grossa jusqu'à sa prise d'eau plus haut dans le Jolibach
Très sophistiquée la prise d'eau afin de réguler au mieux le débit et d'éviter les acoups




Depuis Hohtenn, je prends le train jusqu'à Goppenstein pour rejoindre Kippel à pied dans la vallée du Lötschental
Bivouac à Kippel à l'Hôtel Biestschhorn









Pour atteindre le bisse, il faut grimper plus de 600 m. depuis Kippel en passant par Ferden dans le Lötschental...
... et atteindre la chapelle du hameau de Faldumalp à 2035 m. d'altitude
Le bisse prend son eau dans le torrent au dessus du hameau
pour venir alimenter la fontaine, source de vie pour la population estivale du hameau

Le rôle des bisses est d'alimenter en eau les pâturages d'altitude qui ne sont pas irriguer naturellement par les glaciers dans un pays, le Valais où le soleil règne en maître toute l'année avec le revers de la médaille, le manque de précipitations.


Après une descente aussi abrupte et longue que la montée, bivouac à Jeizinen au-dessus de Gampel à 1523 m. d'altitude à la sympathique auberge Bielti











Le soleil a de la peine à percer les nuages de bonne heure en montagne
Par endroit, le bisse passe carrément sous la route...
... avant de gambader dans les prairies
Pour ne pas être avaler par les chutes d'eau sur leur passage, les bisses sont canalisés et passent soit par dessus le torrent mais le plus souvent par dessous; parfois aussi, une chute d'eau alimente directement le bisse pour augmenter son débit
Sur d'autres tronçons, le bisse est enfoui sous terre dans des canalisations pour éviter son obstruction par les éboulis roulant du flanc de la montagne
Ici, un réservoir de rétention avec un système d'écluses de séparation et de distribution de l'eau
L'eau libérée du bisse va rejoindre un système d'irrigation en aval
A la sortie de la forêt, le cours d'eau épouse à flanc coteau les prairies verdoyantes aidé dans les courbes par des alignées de pierres plates plantées verticalement dans le sol avant de disparaître dans les hautes herbes
Bivouac à Loèche-les-Bains enrobé de brouillard au petit matin











Ecluse: élément mobile, en bois ou en métal pour dévier l'eau d'un torrent ou d'un bisse dans un autre canal

Pour assurer une équitable répartition et distribution de l'eau entre les vignerons et les agriculteurs, le bisse est géré par un consortage qui regroupe l'ensemble des utilisateurs; un procureur ou métral présidait ce syndicat qui nommait et employait le gardien du bisse
Le bisse de Varone prend son eau dans la Raspille près du lieu-dit La Proprija à 1024 m. d'altitude
La prise d'eau fait souvent, comme ici , l'objet d'importants aménagements pour dériver une partie de l'eau du torrent
La promenade est aisée car les bisses sont systématiquement flanqués d'un remblai de retenue aménagé en chemin d'accès pour le garde qui assure la surveillance, l'entretien et la manipulation des écluses
Petit coup d'oeil en passant entre deux rangées d'arbres
Ici, le bisse enjambe un torrent sur un pont métallique, dans une canalisation également en métal surmontée d'une série de grilles en guise de chemin (chiens s'abstenir....)
Encore un ouvrage avec plusieurs écluses de séparation et de répartition de l'eau destinée à l'irrigation et à l'arrosage











Arrivée du bisse du Rho au dessus de Crans-Montana dans ses bazots en planches de bois de mélèze

Epilobes au bord du chemin
Passages abruptes et scabreux le long des falaises

Pont suspendu pour enjamber une gorge importante...
... où passait anciennement le bisse à flanc de montagne
On comprend mieux pourquoi dans ces cas là, la vieille technique du bisse a été remplacée par des tunnels ou des canalisations souterraines
Le bisse de Rho prenait son eau dans le torrent Ertentse
De là, le sentier quitte le bisse pour grimper jusqu'au lac de barrage Tzeuzier qui alimente deux grands et importants bisses: le bisse de Sion et le bisse d'Ayent









La partie supérieure ici sur ce cliché est donc désaffectée mais reste impressionnante
Et le chemin permet de découvrir des vestiges intéressants
On voit de nouveau ici la difficulté de lutter contre les éboulements pour maintenir le canal à ciel ouvert du bisse libre de circuler...
Station intermédiaire de l'usine hydroélectrique de Samarin qui aujourd'hui alimente le bisse abondamment
Le débit d'eau est remarquable et donne à ce bisse une dimension emblématique sans pareil
La creuse à même le sol alterne avec...
... des portions hors-sol en chéneaux métalliques
Plus loin, reconstitution de chéneaux en bois de mélèze le long d'une falaise (pour la petite histoire cette partie du bisse est reproduite sur la dernière mouture du billet de 100 francs suisses)
A la place du passage à flanc de falaise, un tunnel a été perçé pour faire passer l'eau dans la montagne
A sa sortie, le cours du bisse d'Ayant est loin d'être terminé mais la pause est bienvenue et avant de poursuivre le lendemain, le bivouac est prévu à Anzère à 40 minutes de marche supplémentaire (après déjà 6 heures dans les jambes!!!)









Cette partie du bisse a été abandonnée en 1935 car trop difficile à entretenir; elle a été remplacée par une tunnel de 4,7 kms débouchant aux Mayens de la Dzour en aval
Grace aux associations de sauvegarde du patrimoine, le bisse de Savièse a été remis en eau notamment en profitant de l'eau qui descend en cascade des glaciers
Des bazots en planches de mélèze ont été reconstruits à l'ancienne et pour des questions de sécurité le sentier du bisse est flanqué de barrières de protection permettant ainsi aux familles de faire le parcours entre la Chapelle Ste-Catherine à 1150 m. d'altitude et la buvette de Brac seulement 45 m. plus haut mais quand même à 1 heure de marche, aller simple
L'un des 4 ponts suspendus qui enjambent les ravins les plus impressionnants et offrent des vues imprenables sur la vallée et les sommets environnants (ici le massif des Diablerets)

La plupart des visiteurs fait halte à la buvette de Brac et revient sur ses pas; ce qui en ce dimanche d'été ensoleillé entraine des "bouchons" à l'entrée des ponts suspendus car on ne peut pas se croiser; le temps de déguster le paysage et de méditer sur la marche du Temps
Vestige de l'ancien passage du bisse: un muret sous la ravine avec en guise d'échelle 2 promeneurs qui s'y sont aventurés
Malgré les barrières, il vaut mieux tenir les petits enfants par la main...
Le travail des artisans menuisiers-charpentiers est remarquable
Hommage aux pionniers qui au péril de leur vie ont amenés l'eau, source de vie, des sommets vers les villages et hameaux accrochés aux flancs des montagnes









Le bisse de la Tsandra a été complètement été mis sous terre dans les années 1990 pour assurer une irrigation optimale des prairies et du vignoble en aval...
... et pour s'éviter les travaux d'entretien constants et coûteux nécessité par les canalisations à ciel ouvert
Les tuyaux sous-terrains peuvent être soit en pierres...
... en ciment...
... et les plus récents en PVC
La mise en terre du bisse exige de placer régulièrement des cheminées d'aération pour assurer le vide d'air dans la canalisation et éviter les surpressions
Le dernier tronçon est en surface à l'ancienne...
... avant de venir alimenter un immense réservoir à plusieurs chambres permettant de réguler à loisir le système complexe d'irrigation des coteaux en aval
Dans cette région vini-viticole des hauts de Conthey, le vignoble est le premier bénéficiaire de cette eau bénite venue du ciel non sans un effort et une détermination ancestrales des gens du cru.










