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De Tahiti en Nouvelle-Zélande en bateau-stop

Discussion started by Liseblanc on 2020-08-27

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De Tahiti en Nouvelle-Zélande en bateau-stop

Liseblanc · 2020-08-27

Papeete, Tahiti - Vendredi 30 août 2019

Je m’installe à bord du Mariposa dans l’après-midi. Mon amie Danièle m’emmène à la marina. Je lui dis au revoir avec le pincement au cœur, comme toujours... Sur Mariposa, je fais la connaissance d’Anne-Sophie et de Daniel, qui ont fait la traversée avec Pierre depuis la France. Ils sont absolument adorables. Le bateau est splendide. C’est un outremer de 51 pieds. Je n’en reviens pas ! À moi la mer, l’horizon, les coucher et lever de soleil sur le bleu de l’océan. L’occasion de me laisser bercer par le bruit des vagues et de parcourir des îles reculées de tout. Et entre deux vomissements (car j’ai le mal de mer, bien entendu) apprendre un peu la voile.

Raiatea – Mercredi 4 septembre

Départ pour Niue ! Mal de mer déjà au bout de 2 heures de navigation. Je m’allonge et observe les nuages dans le ciel. « Attendre que « ça passe. » Paraît-il... Dans l’attente, j’ingurgite deux « mer calme ». Ces putains de médocs m’assomment. Je passe la nuit dans la cabine bâbord arrière, ça tabasse bien moins qu’à l’avant. Merci capitaine !

Niue - lundi 9 septembre

Je me réveille avec un magnifique lever de soleil sur l’île de Niue. L’île se présente plutôt grande, et verte. On scrute les baleines à l’horizon. Mais où sont-elles, bon sang ? Il fait beau, il fait chaud. Mariposa avance à 1 nœud et en attendant que les autorités nous donnent leur ok, moi, je me jette à l’eau. J’ai 1’000 m. de vide bleu entre les jambes. Superbe ! Le bleu est beau, il est aussi immense qu'intense. L’eau est bonne. La visibilité doit être d’au moins 30 mètres. L’océan se fait sublime. Je demande à Pierre de me rejoindre parce que ça me rassure toujours d’avoir quelqu’un avec moi dans l’eau. Lui, il n’en a pas peur, de l’eau... Il fait quelques apnées. Je le regarde, hésitante. Je nage, je l’observe. Je stresse puis je déstresse... Ça me fait toujours bizarre, toute cette vastitude... Puis je finis par le suivre. Mon canard est nul, mais je descends un peu, puis un peu plus. Ça fait tellement longtemps que j’ai pas retenu ma respiration dans l’océan. Au moins 8 mois. Et tout à coup, le grandiose se produit... Je lève la tête, et je regarde à la surface. C’est tellement beau ! Putain j’avais oublié à quel point c’est merveilleux, là-dessous... Le fond m’attire. Merde, j’ai plus envie de remonter. Cette tranquillité, cette paix, ce calme... Et à nouveau cette question qui n’avait alors pas franchi la barrière de mon conscient depuis des mois me traverse soudainement en un éclair :" Suis-je vraiment obligée de remonter là-haut ?" "La vie est faite de choix", dit toujours mon père. Ce choix-là ne tient-il qu’à moi ? Intérieurement, je soupire. Ce n’est pas le moment de penser à quoi que ce soit. D’ailleurs, je ne pense à rien. Je suis juste là, posée en apesanteur au milieu de l’océan, émerveillée par les rayons de soleils qui le transpercent. Mon trop-plein de CO2 dans le sang me rappellent pourtant qu’il faudra que je respire à nouveau rapidement. Et me voilà à m’observer en train de palmer en direction du monde des humains... Tant pis, et tant mieux, aussi. En remontant sur le bateau, je fais un petit bilan hygiénique : J’ai pris qu’une douche en six jours et ça doit faire 48 heures que je ne me suis pas brossée les dents. Le mal de mer m’a tuée. Je file me brosser les dents. La douche ? Je dis à Pierre : "Le plouf dans l’océan, c’était ma baignade du mois !" Il me regarde, les deux mains posées sur les hanches, un sourcil haussé et secoue la tête en me répondant : "J’y crois pas, t’es encore pire que moi... !" Je ris. Je suis trop heureuse d’être là. Nous mettons le bateau au corps mort puis allons à terre avec nos papiers. Le mal de terre ne se fait pas trop sentir et je suis super heureuse de mettre mes pieds nus dans l’herbe. On mange, on choppe internet, on trouve une bagnole à louer pour le lendemain. Le soir, je décide de dormir dehors, sur le trampoline. La lune se fait belle et est presque pleine. La vie est belle.

Archipel de Vava’u, Tonga - dimanche 15 septembre

On arrive tôt le matin. Surprise ! C’est dimanche. Apparemment, on a passé une des lignes de changement de dates. Encore une invention humaine à laquelle je ne comprends pas grand chose. On passe vite fait en ville, tout est fermé. On remonte sur Mariposa et partons plus au sud. On passe dans une passe d’une vingtaine de mètres de large : c’est chaud chaud chaud !! Mais une fois passée... Qu’est-ce que c’est beau ! On y a trouvé un coin de paradis pour y passer la fin de journée et la nuit. Au programme de cet après-midi : sieste et snorkeling. Ce soir, nous avons droit à un incroyable lever de pleine lune. (Même deux levers de lune : un dans le ciel et un à bord de Mariposa. (Comprendra qui pourra... Merci Eric ! ). Après quelques rhums (pour les copains) et un coca (pour Lise), bain de minuit et rire à n’en plus finir. Je lis un moment et m’endors sur le trampoline. J’arrête pas de me dire que la vie est trop belle. Merci la vie, merci !

Port Vila, Vanuatu - jeudi 3 octobre

La paperasse est en ordre: je peux débarquer quand je veux. Demain, normalement... Pierrot et Éric vont monter sur Espiritu Santo, puis sur la PNG. Je fais un peu de shopping aujourd’hui et je profite d’Internet dans un bar. Tout le monde regarde le match de rugby, il y a une bonne ambiance. Je ne me soucie pas trop de trouver un embarquement sur Lifou ou Nouméa. Ici, il y a plein de bateaux et je ne suis qu’à quelques miles de la Nouvelle-Cal...

Pahia, Bay of Islands, Nouvelle-Zélande - lundi 18 octobre

Terre en vue ! Gros vent et grains à l’approche des côtes. Ah, enfin un peu d’action, mon moussaillon ! J’ai un big smile sur la face, à moi la NZ ! ​ Nous arrivons à 16h tout juste. Timing parfait, puisqu'on a le temps de faire la paperasse et de converser avec les autorités. Je crains qu’ils me demandent une preuve de sortie du pays, mais ils tamponnent mon passeport sans piper mot. 3 mois de visa touristique donc, superbe ! Je le prolongerai en temps voulu. On décide d’aller au restau de la marina pour fêter notre arrivée. On y va et j’ai a peine fais deux pas dans le restaurant que j’entends un « Hey, Lise ! ». Je me retourne et qui c’est que je vois pas ? Mon pote James ! Putain, James est là ! "Mais c’est, celui-là ? » C’est un mec en or, un Australien Skipper qui est passionné par son job et qui m’avais contactée sur FB suite à l'annonce que j’avais posté lorsque je cherchais un bateau pour le pacifique sud. On s’était croisé dans un restau (par hasard) à Raiatea et sommes restés en contacte depuis. Je suis trop refaite de le retrouver ici !

Je lève le pouce, tout sourire. J’ai une sensation grisante de liberté et ne pourrais être plus heureuse qu’en cet instant. Le soleil brille dans un ciel dénué de nuages. La vie coule dans mes veines, je transpire de bonheur et respire la joie de vivre. J'ai des guilis dans le ventre, quand je pense à l’aventure qui m’attend. Il me reste de la route à faire, avant de marcher, mais déjà, l’idée du Te Araroa rempli tous mes sens d’allégresse et de béatitude. Y’a plus qu’à !

Vous voulez découvrir d’autres aventures autour du globe ? Rejoignez-moi sur ma page FB Lise Blanc @lesvoyagesdelise ou sur mon blog https://www.lesvoyagesdelise.com

De Tahiti en Nouvelle-Zélande en bateau-stop

Lucbertrand · 2020-08-29

Bonjour Lise je viens de lire ton récit, belle ode à la vie avec son cortège d'interrogations. Oui nager avec 1000 ou 2000 mètres d'eau sous les fesses ça fait une drôle de sensation, une petite angoisse qui naît. On imagine des milliers de gros yeux de calamars géants qui nous regardent du fond des abysses en train de se demander si nous serons leur prochain casse-croûte! J'avais déjà découvert récemment ton blog, car tu avais répondu à une demande sur le voyage à pied. Wahou tu es de la race des Ella Mallart, ces Suissesses, ou Helvètes comme tu dis, qui ont et qui continuent à arpenter de monde par les chemins de traverse . Je connais très bien une fille comme toi d'ailleurs qui avait fait le tour de la Nouvelle-Zélande à vélo en solo, elle habite Martigny. Avec elle j'avais traversé le désert de l'Atacama aussi à vélo. Et j'ai aussi été en contact avec une baroudeuse"folle" traverseuse d'Himalaya à pied et d'Atacama à vélo bien évidemment en solo, aussi de Martigny. J'avais aussi fait écrire pour la revue CCI une jeune Suissesse de 23 ans du Valais, découverte grâce à Voyage Forum aussi, qui avait traversé l'Asie à vélo alors qu'elle ne pratiquait pas du tout le vélo, wahou quel souffle dans le récit!

J'ai lu avec un immense intérêt tes 20 conseils au solo dans des aventures un peu folles. Pour ma part je compte mes doubles pas lorsque je pousse mon vélo dans la caillasse ou le sable à l'infini. En tout cas bravo, c'est un immense plaisir de découvrir des personnes comme toi. Luc

De Tahiti en Nouvelle-Zélande en bateau-stop

Liseblanc · 2020-08-30

Merci infiniment Luc, pour ton message qui me va droit au coeur.

Je me suis plongée dans tes blogs et divers carnets de route. La justesse du verbe, tes expériences et ta plume remplissent l’âme de bonheur et la tête de rêves. J’ai un profond respect pour les baroudeurs qui sillonent le globe à pied, à vélo, ou dans d’autres moyens moins « conventionnels » ainsi que pour les montagnards aguerris.

Mon père, grand alpiniste et amoureux inconditionnel de l'escalade et de la montagne en général, me fait pousser les ailes avec ces récits d’aventures. Moi aussi, un jour, j’aimerais partir à la rencontre des grands de ce monde : les sommets et leurs parois rocheuses. Pour l’instant, j’en ai la trouille. Je me dis donc que c’est chaque chose en son temps, et que ça viendra quand ça viendra. Merci, en tout cas, pour le partage de tes histoires surprenantes et admirables.

Je rentre en Valais dans deux semaines, car j’ai le sentiment d’avoir accompli ce que j’avais à faire ici. Ce sera l’occasion de remettre les skis et le snowboard cet hiver, et je m’en réjouis.

Prends soin de toi et au plaisir,

Lise

De Tahiti en Nouvelle-Zélande en bateau-stop

Arsouille30 · 2020-08-30

W😮🙂W ! Lise, vous envoyez du lourd, voyageur & humain !!!

You and...You is more!

Belle continuation de chemin...

Sânouk3😎

De Tahiti en Nouvelle-Zélande en bateau-stop

Lucbertrand · 2020-08-30

Bonjour Lise, je viens de lire ton texte: comment l'Inde m'a appelée. Ta plume est magnifique et tes pensées claires sont l'expression d'une conviction profonde. Et tu n'avais que 21 ans, wahou!!! Tu as modifié tes plans de l'Amérique du Sud vers l'Inde , alors que tu avais déjà ton billet pour Lima, car l'appel était irrésistible!!! Mais l'Atacama il faudra y aller et y retourner car l'appel aussi est très fort et impossible de s'y soustraire, il m'a déjà appelé trois fois. C'est ça et bien d'autres choses:




















De Tahiti en Nouvelle-Zélande en bateau-stop

Liseblanc · 2020-08-30

Salut Luc !

Le désert de Atacama, la forêt amazonienne, les vaste plaines Mongoliennes, les îles sauvages et reculées de la Papouasie aux îles Nicobar et Andaman, en passant par la Géorgie, le Sahara, les hauts sommets tibétains et les glaces du Groenland... Il y a tant à voir, tant ! Tes photos me donnent l’envie que d’une seule chose : celle d’attraper mon sac à dos et de me tirer vite fait d'ici ! Explorons le monde, il y a tellement à découvrir... Merci pour ce partage, c’est poétique, ça fait frétiller les jambes, et à défaut de pouvoir les prendre à mon cou afin de pouvoir ensuite gratouiller d’autres coins de ma mappemonde, j’enfile une paire de basket pour aller courir et m’époumoner un moment.

À très vite !

Lise

De Tahiti en Nouvelle-Zélande en bateau-stop

Liseblanc · 2020-08-30

Humaine avant tout. Voyageuse... ça se discute !

Au plaisir,

Lise

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