Voyage à vélo...chez moi
Une forte envie de voyage me prend hier. Où aller? Cela fait longtemps que je songe au voyage à vélo. Tous ces cylcistes que j'ai rencontré faisant Paris-Shangai, le tour d'Asie, le tour du monde. C'est décidé, je pars. Aujourd'hui, à l'instant même.
Je prépare mon sac : une brosse à dent, une bouteille d'eau et un sac de couchage, non pour y dormir mais pour protéger l'ordinateur portable que je prends avec moi. C'est fait, je pars, pas moyen de douter, de toute façon, mon train est déjà parti.
Le ciel d'Avril est magnifiue. Je sens le soleil sur mes bras. Aux pieds, des chaussures noirs en fin de vie. Mon vélo, un vieux VTC un peu trop petit. Le sac sur le dos, je n'ai pas trouvé de tendeurs.
Je sors de la ville, la circulation est importante. Beaucoup de camions tchèques, polonais, même turques parfois. Ils foncent. Dans la première côte ils me frôlent sans freiner. Oui, le voyage, l'aventure n'est pas sans danger. Je prends bien vite à gauche pour rejoindre une toute petite route qui serpente entre les champs de colza et les champs de craie. A perte de vue, la steppe s'est couverte de jaune. Dans quelques champs, de timides pousses de blé pointent leurs têtes hors du sol blanc.
A la sortie d'un village, je ne sais plus bien où aller. Quel bonheur de se perdre en voyage... Comment rajouter un peu de piquant à l'aventure? Je vois trois vieux assis à l'ombre d'un arbre à palabre local. Un tilleul ou un maronnier, je ne sais plus. J'interromps leur discussion. Un des plaisir dans le voyage est le jeu qui consiste à communiquer dans une langue inconnue. Ce type de communication me manque. Alors pourquoi pas ? Oui, pourquoi ne pas leur adresser la parole en hollandais? D'autant plus compliqué pour eux (et pour moi) que ni eux, ni moi ne parle cette langue. On essaie de se comprendre. Les indigènes font des efforts. Je ne demande après tout que mon chemin. Un frisson me parcourt à l'idée que je sois perdu. Finalement, c'est bon, grâce aux gestes, je reprends la bonne route.
Qui a dit que c'est plat par ici? Ce n'est que mensonge, préjugé d'ignorants. Sur mon vieux vélo je ne cesse de monter. En haut d'une côte, je tombe par hasard sur un mausolée ou quelque chose de ce genre. Plein de croix, un drapeau français et des chiffres : 14-18.... Au centre de ce site, un monumental monument. Peut-être un lieu de sacrifice lors de fêtes rituelles? Je me renseignerai...
Après avoir pris mon souffle, je redescends. Je sens le vent fouetter mon visage. Sur ma gauche, un canal désespérément rectiligne. Certains m'avaient conseillé de le suivre. Non, ce serait d'un ennui. Je préfère les chemins à cette autoroute cycliste si glauque qu'on s'attend chaque instant à voir un corps torturé émerger de l'eau.
Autre village, autre rencontre... Je m'arrête dans un hôtel-bar-restaurant-PMU-poste-banque, centre de la vie rurale. Je demande dans mon flamand le plus pur si je suis sur la bonne voie. Grands yeux et gloussements pour seules réponses. Pas évident. Je m'en sors finalement avec des rudiments d' Urdu et quelques mots d'anglais. Pour arriver à mon but, c'est facile, c'est tout droit. Sur les crêtes de ces vagues jaunes, des éoliennes tournent majestueusement. Quelle poésie s'échappe de ces ventilateurs pour nuages. Parfois, ma tête est tranché par leurs ombres.
Une fois ses peurs dépassées, c'est si facile de voyager... C'est se que je me dis lorsque un imprévu vient bloquer ma course. Sur la route, des monstres jaunes. Bruyants, crachants de la fumée. La route n'existe plus. Elle est bloquée sur 200 mètres. On construit un rond point. Chaque village de France a droit à son rond point. C'est le principe d'égalité. Que faire? Je bois un peu d'eau pour mettre mes idées en ordre. J'ai oublié mes pillules de micropur. Pourvu que ça aille... Rassemblant mes forces, le coeur battant, je m'adresse à un de ces esclaves, les pieds dans le goudron, le goudron plein les poumons. Il est souriant. Je lui expose mon problème avec les quelques mots de français appris depuis le début de mon périple. Je m'en sors bien, un vrai don pour les langues, me dis-je! Les trois travailleurs se concertent. Il y a trois routes qui s'offrent à moi. Chacun m'en conseille une. A chacun sa route...
Arbitrairement, je prends celle de gauche. Enfin, sain et sauf, j'arrive dans la ville. Au loin, de grandes cheminées rouges et blanches crachent leur fumée. Des panneaux affichent le visage de quelques prétendants à la direction des affaires du pays... Voilà, je sonne chez les amis qui m'offent l'hospitalité ce soir. L'occasion de vivre avec des vrais gens de la région, de découvrir; au delà des apparences, les us et coutumes locales.
Le ciel d'Avril est magnifiue. Je sens le soleil sur mes bras. Aux pieds, des chaussures noirs en fin de vie. Mon vélo, un vieux VTC un peu trop petit. Le sac sur le dos, je n'ai pas trouvé de tendeurs.
Je sors de la ville, la circulation est importante. Beaucoup de camions tchèques, polonais, même turques parfois. Ils foncent. Dans la première côte ils me frôlent sans freiner. Oui, le voyage, l'aventure n'est pas sans danger. Je prends bien vite à gauche pour rejoindre une toute petite route qui serpente entre les champs de colza et les champs de craie. A perte de vue, la steppe s'est couverte de jaune. Dans quelques champs, de timides pousses de blé pointent leurs têtes hors du sol blanc.
A la sortie d'un village, je ne sais plus bien où aller. Quel bonheur de se perdre en voyage... Comment rajouter un peu de piquant à l'aventure? Je vois trois vieux assis à l'ombre d'un arbre à palabre local. Un tilleul ou un maronnier, je ne sais plus. J'interromps leur discussion. Un des plaisir dans le voyage est le jeu qui consiste à communiquer dans une langue inconnue. Ce type de communication me manque. Alors pourquoi pas ? Oui, pourquoi ne pas leur adresser la parole en hollandais? D'autant plus compliqué pour eux (et pour moi) que ni eux, ni moi ne parle cette langue. On essaie de se comprendre. Les indigènes font des efforts. Je ne demande après tout que mon chemin. Un frisson me parcourt à l'idée que je sois perdu. Finalement, c'est bon, grâce aux gestes, je reprends la bonne route.
Qui a dit que c'est plat par ici? Ce n'est que mensonge, préjugé d'ignorants. Sur mon vieux vélo je ne cesse de monter. En haut d'une côte, je tombe par hasard sur un mausolée ou quelque chose de ce genre. Plein de croix, un drapeau français et des chiffres : 14-18.... Au centre de ce site, un monumental monument. Peut-être un lieu de sacrifice lors de fêtes rituelles? Je me renseignerai...
Après avoir pris mon souffle, je redescends. Je sens le vent fouetter mon visage. Sur ma gauche, un canal désespérément rectiligne. Certains m'avaient conseillé de le suivre. Non, ce serait d'un ennui. Je préfère les chemins à cette autoroute cycliste si glauque qu'on s'attend chaque instant à voir un corps torturé émerger de l'eau.
Autre village, autre rencontre... Je m'arrête dans un hôtel-bar-restaurant-PMU-poste-banque, centre de la vie rurale. Je demande dans mon flamand le plus pur si je suis sur la bonne voie. Grands yeux et gloussements pour seules réponses. Pas évident. Je m'en sors finalement avec des rudiments d' Urdu et quelques mots d'anglais. Pour arriver à mon but, c'est facile, c'est tout droit. Sur les crêtes de ces vagues jaunes, des éoliennes tournent majestueusement. Quelle poésie s'échappe de ces ventilateurs pour nuages. Parfois, ma tête est tranché par leurs ombres.
Une fois ses peurs dépassées, c'est si facile de voyager... C'est se que je me dis lorsque un imprévu vient bloquer ma course. Sur la route, des monstres jaunes. Bruyants, crachants de la fumée. La route n'existe plus. Elle est bloquée sur 200 mètres. On construit un rond point. Chaque village de France a droit à son rond point. C'est le principe d'égalité. Que faire? Je bois un peu d'eau pour mettre mes idées en ordre. J'ai oublié mes pillules de micropur. Pourvu que ça aille... Rassemblant mes forces, le coeur battant, je m'adresse à un de ces esclaves, les pieds dans le goudron, le goudron plein les poumons. Il est souriant. Je lui expose mon problème avec les quelques mots de français appris depuis le début de mon périple. Je m'en sors bien, un vrai don pour les langues, me dis-je! Les trois travailleurs se concertent. Il y a trois routes qui s'offrent à moi. Chacun m'en conseille une. A chacun sa route...
Arbitrairement, je prends celle de gauche. Enfin, sain et sauf, j'arrive dans la ville. Au loin, de grandes cheminées rouges et blanches crachent leur fumée. Des panneaux affichent le visage de quelques prétendants à la direction des affaires du pays... Voilà, je sonne chez les amis qui m'offent l'hospitalité ce soir. L'occasion de vivre avec des vrais gens de la région, de découvrir; au delà des apparences, les us et coutumes locales.