Ce sentiment de liberté à Formentera
Je passe plusieurs semaines à Formentera chaque été et, au fil des années, je me suis profondément attachée à quelque chose qui fait, pour moi, tout le charme de ses plages : ce sentiment de liberté si particulier à l’île. J’espère de tout cœur qu’il perdurera.
En Espagne, bronzer seins nus est parfaitement courant et ne surprend guère. Ce qui distingue Formentera, c’est la place qu’y tient la nudité intégrale. Ici, elle n’est pas reléguée à quelques plages dites « naturistes » : la nudité fait partie de la culture balnéaire de l’île tout entière. À Formentera, elle n’a rien d’exceptionnel et, sur bien des plages, elle est presque de rigueur.
Autre particularité de Formentera : j’ai toujours constaté que, parmi les naturistes, les femmes sont plus nombreuses que les hommes. Certaines viennent seules, quelques-unes en couple, mais surtout, on voit beaucoup de femmes entre amies. Voir deux ou trois amies passer ensemble la journée à la plage, seins nus ou entièrement nues, n’a ici absolument rien d’exceptionnel.
Cet été encore, j’ai été ravie de voir autant de jeunes femmes seins nus, et beaucoup entièrement nues, seules ou avec leurs amies. Peut-être les jeunes générations redécouvrent-elles cette liberté. Je l’espère.
Car il existe ici une façon bien particulière de vivre une journée à la plage.
Peut-être pensez-vous en lisant ces lignes : moi, jamais.
Trouver une plage, Migjorn peut-être. Poser sa serviette face à la mer et laisser la journée commencer.
Peut-être êtes-vous partie le matin avec une simple robe légère, sans même prendre de maillot. Dans le sac, une serviette, de la crème solaire, de l’eau, un parasol. Rien d’autre.
On pose ses affaires. Le téléphone reste dans le sac. La robe sur la serviette. Et l’on marche vers l’eau.
Nue.
Ni pour provoquer, ni pour être regardée. Simplement parce qu’ici, sous cette lumière, face à cette mer, cela finit par sembler parfaitement naturel.
On entre dans l’eau et la sensation est incomparable. La Méditerranée directement sur la peau, la fraîcheur de l’eau sur un corps chauffé par le soleil, cette impression de liberté presque physique lorsque l’on commence à nager.
Puis on sort de l’eau. Le soleil retrouve la peau encore mouillée, la brise passe sur le corps, l’eau salée sèche lentement. L’idée même de se couvrir paraît soudain bien lointaine. On a simplement envie de rester ainsi, au soleil, puis de retourner dans l’eau.
Une baignade en appelle une autre. Une conversation, une sieste, encore la mer. Et au fil des heures, on finit tout simplement par oublier que l’on est nue.
Entre amies, il se passe encore autre chose. Au début, il y a parfois ce petit instant où chacune prend conscience d’être nue devant les autres. Puis il disparaît.
On nage ensemble. On revient s’allonger côte à côte. On parle, on rit, exactement comme toujours, sauf qu’une petite barrière semble s’être effacée. Et au fil des heures, être nues ensemble devient simplement naturel. On finit presque par oublier qu’il pourrait en être autrement.
On est simplement bien.
La peau, le sel, la lumière, le vent et la mer.
À Formentera, le vrai luxe n’est peut-être pas de tout avoir. C’est de découvrir tout ce dont on peut se passer.
Ne plus penser à son apparence. Ne plus regarder son téléphone. Ne plus chercher à saisir l’instant au lieu de le vivre.
Être simplement là.
C’est précisément cette culture que j’espère voir perdurer.
Formentera est de plus en plus connue et fréquentée. J’espère qu’elle ne finira pas par devenir une destination méditerranéenne comme tant d’autres. J’aimerais que ceux qui choisissent de venir ici le fassent aussi pour ce qui rend l’île singulière : sa simplicité, sa tolérance, son rapport naturel au corps et cette manière si peu compliquée de vivre la plage.
Et si vous êtes une femme que l’idée a toujours tentée sans que vous ayez jamais vraiment osé, Formentera est peut-être justement l’endroit où essayer. Seule ou, mieux encore, avec une ou deux bonnes amies. Partez le matin avec une robe légère, sans maillot. Trouvez votre plage. Entrez dans l’eau. Après, tout vient naturellement.
Bien entendu, nul besoin de pratiquer le naturisme pour aimer Formentera. Mais si la nudité des autres vous gêne, si vous recherchez des plages où chacun reste sagement en maillot, ou si vous attendez de l’île qu’elle s’adapte à cette vision-là des vacances, Formentera risque de ne pas être la destination que vous recherchez.
Ce qui serait vraiment dommage, ce serait que Formentera change pour s’adapter à ses visiteurs. Ce devrait être l’inverse : venir ici parce qu’on aime l’île telle qu’elle est.
Formentera n’a pas besoin de devenir autre chose. Elle a simplement besoin de rester Formentera.
En Espagne, bronzer seins nus est parfaitement courant et ne surprend guère. Ce qui distingue Formentera, c’est la place qu’y tient la nudité intégrale. Ici, elle n’est pas reléguée à quelques plages dites « naturistes » : la nudité fait partie de la culture balnéaire de l’île tout entière. À Formentera, elle n’a rien d’exceptionnel et, sur bien des plages, elle est presque de rigueur.
Autre particularité de Formentera : j’ai toujours constaté que, parmi les naturistes, les femmes sont plus nombreuses que les hommes. Certaines viennent seules, quelques-unes en couple, mais surtout, on voit beaucoup de femmes entre amies. Voir deux ou trois amies passer ensemble la journée à la plage, seins nus ou entièrement nues, n’a ici absolument rien d’exceptionnel.
Cet été encore, j’ai été ravie de voir autant de jeunes femmes seins nus, et beaucoup entièrement nues, seules ou avec leurs amies. Peut-être les jeunes générations redécouvrent-elles cette liberté. Je l’espère.
Car il existe ici une façon bien particulière de vivre une journée à la plage.
Peut-être pensez-vous en lisant ces lignes : moi, jamais.
Trouver une plage, Migjorn peut-être. Poser sa serviette face à la mer et laisser la journée commencer.
Peut-être êtes-vous partie le matin avec une simple robe légère, sans même prendre de maillot. Dans le sac, une serviette, de la crème solaire, de l’eau, un parasol. Rien d’autre.
On pose ses affaires. Le téléphone reste dans le sac. La robe sur la serviette. Et l’on marche vers l’eau.
Nue.
Ni pour provoquer, ni pour être regardée. Simplement parce qu’ici, sous cette lumière, face à cette mer, cela finit par sembler parfaitement naturel.
On entre dans l’eau et la sensation est incomparable. La Méditerranée directement sur la peau, la fraîcheur de l’eau sur un corps chauffé par le soleil, cette impression de liberté presque physique lorsque l’on commence à nager.
Puis on sort de l’eau. Le soleil retrouve la peau encore mouillée, la brise passe sur le corps, l’eau salée sèche lentement. L’idée même de se couvrir paraît soudain bien lointaine. On a simplement envie de rester ainsi, au soleil, puis de retourner dans l’eau.
Une baignade en appelle une autre. Une conversation, une sieste, encore la mer. Et au fil des heures, on finit tout simplement par oublier que l’on est nue.
Entre amies, il se passe encore autre chose. Au début, il y a parfois ce petit instant où chacune prend conscience d’être nue devant les autres. Puis il disparaît.
On nage ensemble. On revient s’allonger côte à côte. On parle, on rit, exactement comme toujours, sauf qu’une petite barrière semble s’être effacée. Et au fil des heures, être nues ensemble devient simplement naturel. On finit presque par oublier qu’il pourrait en être autrement.
On est simplement bien.
La peau, le sel, la lumière, le vent et la mer.
À Formentera, le vrai luxe n’est peut-être pas de tout avoir. C’est de découvrir tout ce dont on peut se passer.
Ne plus penser à son apparence. Ne plus regarder son téléphone. Ne plus chercher à saisir l’instant au lieu de le vivre.
Être simplement là.
C’est précisément cette culture que j’espère voir perdurer.
Formentera est de plus en plus connue et fréquentée. J’espère qu’elle ne finira pas par devenir une destination méditerranéenne comme tant d’autres. J’aimerais que ceux qui choisissent de venir ici le fassent aussi pour ce qui rend l’île singulière : sa simplicité, sa tolérance, son rapport naturel au corps et cette manière si peu compliquée de vivre la plage.
Et si vous êtes une femme que l’idée a toujours tentée sans que vous ayez jamais vraiment osé, Formentera est peut-être justement l’endroit où essayer. Seule ou, mieux encore, avec une ou deux bonnes amies. Partez le matin avec une robe légère, sans maillot. Trouvez votre plage. Entrez dans l’eau. Après, tout vient naturellement.
Bien entendu, nul besoin de pratiquer le naturisme pour aimer Formentera. Mais si la nudité des autres vous gêne, si vous recherchez des plages où chacun reste sagement en maillot, ou si vous attendez de l’île qu’elle s’adapte à cette vision-là des vacances, Formentera risque de ne pas être la destination que vous recherchez.
Ce qui serait vraiment dommage, ce serait que Formentera change pour s’adapter à ses visiteurs. Ce devrait être l’inverse : venir ici parce qu’on aime l’île telle qu’elle est.
Formentera n’a pas besoin de devenir autre chose. Elle a simplement besoin de rester Formentera.