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Argentine: Une manif comme les autres a Buenos Aires!

Discussion started by Herge on 2004-11-20

5 replies

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Argentine: Une manif comme les autres a Buenos Aires!

Herge · 2004-11-20

Ah comme j aime Buenos Aires, quand l action commence a se faire sentir....

Ici les piqueteros s en donnent a coeur joie ! Une manif par jour a Buenos Aires, d une part ceux qui reclament leurs dollars depuis la devaluation ( la classe moyenne ) et puis les piqueteros de la classes basses qui par depit, par ennuis mais aussi par interet car payé par des partis politiques ou des syndicats viennent "travailler a la manif", de veritables professionels de la manifs.

Certains viennent avec les tambours, d autres, specialistes des banderolles, ou alors les specialistes de la matraques (les memes d'ailleurs que vous retrouvez dans les villas miserias ou a Boca toujours a l affut d'une victime a depouiller, touriste ou non ! ) . Ils sont la, debarquent le matin de leurs villas par cars entiers ( payes par les syndicats....), souvent accompagnes par toute la famille ( l epouse, la mama, le pépé et les momes en landeau ....pour faire masse ) afin d'arriver ensuite a un chiffre fabuleux edité dans le Clarin ou la Nacion du lendemain avec 20.000 manifestants ou plus ! .

En fait, bien souvent vous pouvez leur demander ( je l'ai fait ), pour quelle raison ou contre quoi sont ils presents ce jour la et contre quoi manifestent ils ? . Ils n en savent rien ! Le bus est gratuit aller retour des Villas de Florencio Varrela jusqu a Plaza de Mayo dans le centre, il fait beau, il y a du soleil, des fois une canasta de produits alimentaires promis pour le retour a la famille ( surtout en periode electorale ) ou tout simplement un billet de 10 pesos a la famille. mercredi Plaza de Mayo

Alors en premiere lignes, les durs de durs, les batons, les megaphones, les syndicalistes ( les vrais ), le service d ordre cagoulé ( car deja tous recherché par la police par leur casier judiciaire et les dernieres attaques de la semaine..........a ce sujet, en passant, dernieres statistiques : 91 attaques a main armee sur Buenos Aires par jour !), et puis derriere les vieux, nonas et nonos, landeaux, ados bien souvent fatigué et assis sur trottoirs chahutant (en buvant une bonne Quilmes) ou simplement se raccontant la novela du moment avec les bebes au bras brayant !

Il est midi, 14h00, ca gueule dans le megaphone.......contre qquechose que de toute facon la masse derriere ne comprend pas ...leurs preoccupations est plutot d'ordre du ventre, du lait pour les bebes et de quoi se rouler un petard ce soir. Alors le discours de devant sur le retablissement d'une loi ou la liberation d'un syndicaliste "betement capturé lors de la manif de la veille", ca leur passe vraiment au dessus de la tete ! 15h00-16h00, ca y est tout le monde derriere est assis ou fait la manche ( apres tout les gamins de 5-6 ans sont la aussi), alors autant ne pas perdre non plus de temps et faire la manche autour de la manif aupres des passants qui eux aussi se foutent de la manifs et qui tellement habitués a ce vacarme quotidiens ne regardent meme plus les banderolles, ni s affolent par les cagoulés au batton ..ils font tellement partis du paysage de la semaine . ( pas de manifs le samedi ou le dimanche...il y a foot ! )

17h00, on remballe ...direction les cars ( en general de ramassages scolaires de banlieue de couleur orange ...peut etre que quelques municipalites de banlieue les ont "loues" aux syndicats pour la journee !). ca remonte dans les bus stationnes sur les avenues depuis le matin, derrieres quelques cagoules tappent sur des flics, histoire de ne pas etre venus pour rien, ca defoule un peu surtout lorsque la nuit derniere, c'etaient les memes qui se faisaient bastonner dans les commissariat pour un "interrogatoire" !

18h00 les flics chargent pour "disperser" les dernieres cagoules, les boutiques ou bars ont baissé les rideaux de fer pour "laisser passer" avec qq clients dedans impertubables qui finissent leurs capuccinos tout en regardant in vivo a travers la vitre et en parallele sur le canal "TeleNoticias" du vieux televiseur du bar la meme ruée.

19h00 c est fini, les bus oranges sont sur l'autoroute pour relier la villa miseria, les flics remontent dans leurs fourgons "accompagnés" par quelques cagoules qui ne courraient pas assez vite. Les bars ressortent leur tables et leurs chaises en terrasse sur les trottoirs, c est le debut de la soiree sur Plaza congreso et Callao, les resto et confiterias se remplissent ! et moi je termine mon cafe ! C'etait mercredi dernier, un mercredi comme un autre ! Herge!

Argentine: Une manif comme les autres a Buenos Aires!

Ann24 · 2004-11-21

et ben! c'est gai tout çà!

Alors la situation en Argentine, elle s'améliore ou pas??

En tout cas, c'est très sympa de nous envoyer des "anecdotes" de ce style, n'hésite pas si tu en as d'autres, tu as beaucoup de reculvis à vis de la situation actuelle, c'est très intéressant.

Merci. Hasta luego!

Ann24

Argentine: Une manif comme les autres a Buenos Aires!

Herge · 2004-11-22

Bonjour Ann,

La situation depuis 2002 c'est tout de meme nettement amelioré mais pas pour tous. Les riches sont maintenant tres riches car marchant au dollars, il ont mantenant un pouvoir d achat multiplié par 3. Comme ils consomment plus, ils depensent plus, et les restos, bars sont archi pleins, donc ca permet de relancer la consommation et de reinjecter de l argent dans l economie. Il y a donc tout un secteur qui s'en sort tres bien, gastronomie, vetement, ameublement, meme automobile etc.... Donc les embauches sont relancées et ca permet de donner un peu plus de travail a la classe moyenne et pauvre.

Pourtant depuis le 1er nov 2001, les prix ( en pesos ) ont tout de meme subit entre 40 et 70 % d inflation en fonctions des services . Et les salaires n ont pas bougé . Un mozzo ( garcon de cafe) ou une caissiere a Carrefour touche dans les 400-500 ARs par mois et un employé de banque entre 800-1200 ARS . Et ceci depuis la crise, son pouvoir d'achat a donc pour lui etait divisé presque par deux. Alors le pays se developpe a des vitesses differentes . La classe riche qui vit tres bien et qui se paye voitures et apparts et qui donnent du travail a tous . La classe moyenne qui survit avec des salaires qui ne bougent pas, essayant chaque mois en fonction des augmentations de grapiller par ci par la un travail extra pour pouvoir payer ses factures de gaz et d'electricite, et la classe basse qui dans certains cas retrouve du travail grace a la relance du batiment ou les reouvertures de fabriques et d entreprises passe d un salaire de 0 ARS ( puisque sans travail depuis 3 ou 4 ans ) au minimum legal a savoir 330 ARS par mois (90 EUR).

Officiellement ca permet de dire que le chomage se resorbe (et c'est vrai) que des entreprises sont crees ou re-ouvertes (c est vrai aussi), que la relance est la, que le PIB est de +7% pour l annee 2004....mais dans la realite comment vivre avec 330 ARS si ont a une femme sans travail, 2 ou 3 gamins a la maison et un grand pere ou viel oncle a s'occuper !

Maintenant le gouvernement argentin met la gomme sur le Social ( peut etre pour la premiere fois depuis le "miracle argentin" du debut des annees 90.

Au premier janvier prochain ( mais tout change vite ici, y compris les lois et les decrets ), le minimum de 330 ARS passera a 450 ARS, la jubilacion ( retraite ) va augmenter ( mais quand on sait que la majorité des retraités touchent dans les 150 ARS par mois, il est facile de dire que la jubilacion va augmenter de 50% )...et puis les salaires des fonctionnaires ( instituteurs, college, profs ) vont aussi subir une legere augmentation ...........il etait temps !

Villa Miseria dans Buenos Aires intra muros (quartier Villa Soldati)

A bientot !

Herge!


Argentine: Une manif comme les autres a Buenos Aires!

Daumesnil · 2004-11-23

notre collègue Hergé pourrait-il nous indiquer si le leader des piqueteros, le célèbre Castells, a été remis en liberté ?

je comprends quand même que tout cela reste assez bon enfant, sans rapport avec l'explosion de violence des années 70, qui a amené en réaction la dictature militaire.

Argentine: Une manif comme les autres a Buenos Aires!

Herge · 2004-11-24

Salut Daumesnil !

Pour notre ami le syndicaliste Raul Castells, il y a un mois il a sorti la phrase : “No quiero morir, pero no tengo otra salida”, tu vois tres optimiste le gars ! toujours poursuivi pour ces actions assez physiques, on n est pas encore a la fin du roman !

Pour en finir avec cette suite de post "no-future", voila que la presse argentine aujourd'hui allume un projecteur sur les sans-abri vivant a Buenos Aires, ben oui il y en a, pour ainsi dire les pauvres des pauvres, ceux qui ne vivent meme pas en villa miseria ! ( completement en marge de leur famille et de la societe ) Statistiques a l appui, entre 1500 et 2000 sans abris ( vraiment sans abris ) sur Capital federal ... Enfants jongleurs hier soir sur avenida 9 de Julio José sur un banc de Plaza Congreso Sebastian sur Avenida Entre Rios. Quand la realité rejoint la fiction Sebastian comme El Linyera

Argentine: Une manif comme les autres a Buenos Aires!

Daumesnil · 2004-11-25

Salut !

Je ne suis point aller traîner dans les bidonvilles mais ce qui m'a frappé à Buenos Aires c'est la différence entre ...la nuit et le jour !

De jour on pourrait se croire à Paris ou dans n'importe quelle autre ville d'Europe....dès que la nuit tombe, de pauvres gens errent de poubelle en poubelle pour trouver quelque subsistance....cela devient vite un autre univers !

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