Je vais me citer, que l'on me parfume, euh, pardonne :
"bridge"
Sauf exception (je n'en connais pas), les amateurs experts délaisseront le bridge, appareil à objectif non interchangeable, muni d'un zoom qui peut monter à un équivalent 24x36 de 400 mm et plus. Ils lui reprocheront les inconvénients qui suivent :
- son viseur électronique :pour l'instant encore, il est moins agréable, moins lumineux, moins performant que celui des reflex ; de gros progrès seront sans doute accomplis dans les toutes prochaines années
- son objectif fixe : il a un piqué moindre que ceux des reflex , encore que l'on puisse en discuter si on ne parle pas des optiques reflex pro, et surtout il est moins lumineux, de plus il est souvent limité du côté grand angle à 28 ou 35 mm équivalent 24x36, exceptionnellement moins.
- son capteur : il est de petite taille, parfois même très petite, ce qui favorise la montée du bruit dès 400 ISO ou moins et ce qui donne une profondeur de champ parfois trop importante, car on recherche souvent un sujet net bien détaché sur un joli fond flou ("bokeh"). Les reflex les plus performants permettent d'utiliser des sensibilités de 3200 ISO et plus, les bridges sont souvent limités à 200 ISO exploitables, d'autant que le nombre de leurs photosites augmente sans cesse : beaucoup plus de photosites égale photosites beaucoup plus petits, d'où signal beaucoup plus faible nécessitant une amplification beaucoup plus importante avec pour résultat un bruit thermique et un bruit chromatique beaucoup plus importants.
- les agrandissements importants lui sont interdits, les meilleurs donnent de bons A4, mais guère plus. En revanche, pour une utilisation amateur, en tirage 9x13 ou 13x18 ou équivalent (les bridges sont souvent de rapport 4/3 et non 3/2), les résultats sont parfaitement acceptables et avec un bon post-traitement le A4 ne devrait pas poser de problème. En revanche, le bridge est parfaitement adapté pour une utilisation sur écran, puisque la plupart des photos des amateurs ne sont jamais tirées sur support papier. Le traitement logiciel des images d'un "compact" (grosso modo, un bridge sans viseur électronique et avec un zoom d'amplitude plus limitée) ou d'un bridge est conçu pour donner une photo de format jpg (donc directement exploitable, imprimable, visible par tous les logiciels) qui est accentuée et a un bruit lissé de manière à pouvoir être utilisée directement sans post-traitement. On peut reprocher à ce traitement d'être parfois même un peu excessif, donnant une image 'flashy" type carte postale, très marquée "numérique", mais les bons bridges évitent cet écueil plus fréquemment rencontré sur certains "compacts".
- enfin, les bridges sont souvent affectés d'un retard au déclenchement assez important, même si des progrès ont été faits et se poursuivent.
Le bridge présente pourtant des avantages qui en font un choix très raisonnable pour beaucoup d'amateurs : pas de batterie d'objectifs encombrants, onéreux, tout est toujours disponible, sans changement d'objectif le risque de poussière sur le capteur est nul (ou presque, l'étanchéité n'est pas toujours parfaite), le coût du matériel est (relativement, relativement) réduit, les possibilités de macrophotographie sont réelles et faciles à toutes les focales en bénéficiant au mieux de la profondeur de champ plus importante.
Tiré de notre site (non commercial, hein ! on vend rien, même pas notre -maigre- science) safari-tanzanie.com
En résumé, un bridge que tu connais bien, ça peut parfaitement le faire, du moins si tu vises pas l'expo sur panneaux 60x90.
Sinon, tu auras avec Tony le meilleur des conseilleurs, il fait même des petits cours très didactiques à l'usage des débutants ou de ceux qui veulent rafraichir leurs connaissances.
Un conseils classique : éviter les photos trop en plongée, donc se privilégier les prises de vue par la fenêtre plutôt que par le toit ouvrant
Je vais laisser la parole à bien plus qualifié que moi, à savoir Tony Crocetta, dans l'interview de lui que j'ai commise pour le site animalier NundaFoto :
Septième question Tu es un juge sévère de tes photos et de celles des autres. Qu’est-ce qu’il faut sur une photo pour qu’elle soit bonne à tes yeux ?
Tony - C’est difficile à dire, de donner des généralités ; tant de paramètres comptent pour qu’une image se démarque : mise au point, piqué, lumière, cadrage, sujet, comportement, fond, éléments parasites, choix de la focale, distance de prise de vue, profondeur de champ, rendu de la vitesse… Mixe tout ça et tu obtiens une infinité de variations qui fait que chaque photo est unique. Disons que j’aime bien les images avec juste un sujet et un fond dépouillé, un sujet que l’œil analyse puis reconnaît immédiatement et qui ne se déconcentre pas attiré par divers éléments parasites comme des branches ou un autre animal noyé dans le flou par exemple. Bien sûr, la qualité de la lumière est le constituant principal : sans elle, difficile de faire de belles images.

Tony dans son camp à Masai Mara
Autres conseils d'un photographe pro, un peu mis à ma sauce, ici et nulle part ailleurs. Mais la plupart de ces conseils sont mis en œuvre "automatiquement" au Melting Pot Bush Camp de Mara, alors... Déjà, à Mara, les chauffeurs, Tim, Abdou, et a fortiori Tony et Simon (ce dernier s'est mis à la photo et progresse très très vite) sont rodés au "transport" de photographes parfois un peu, un tout petit peu (😉) exigeants, ils en arrivent à raisonner en photographes (pas difficile pour Tony, s'pas ?) et choisissent d'eux-même le meilleur angle. De plus partant tôt et rentrant aussi tard que possible (théoriquement 18 heures, mais on déborde souvent un peu, un tout petit peu... 😉), on est à même de profiter des belles lumières de l'aube et du crépuscule.
Toujours à ta disposition.