Fragments de voyage I/II: d'Istanbul à Jakarta par la route
Pour passer directement au chapitre II des fragments de voyage le 21 février 2012 c'est ici : Fragments de voyage II : Istanbul-Téhéran-Lahore-Chengdu-Bangkok-Jakarta par la route
fraternellement Eric mosquée de Soleyman le Magnifique

PARFUMS D'ORIENT ISTANBOULIOTES
19-20-21-22-23-24 octobre Lyon-Strasbourg-Bâle-Istanbul
Des rues bruyantes et bigarrées. Des gens partout qui s'affairent, un ballet continu ponctué de coups de klaxons et des sirenes des bateaux, rythmé par l'appel du Muezzin, répercuté tel un écho dans toutes les mosquées majestueuses de la cité. Quel meilleur endroit pour commencer ce voyage si ce n'est Istanbul, carrefour et porte de l'Orient. C'est ma 4eme fois ici et je m'y sens bien, une ville attachante. Le soleil est de la partie. Je me balade dans le vieil Istanbul. A Eminonu, des gens qui pêchent, le pont de Galata est hérissé de cannes à pêche. Sur des bateaux amarrés le long des quais, des hommes font frire le poisson que l'on peut déguster dans des pains avec des oignons au bord de la Corne d'Or. Je me perds dans les ruelles qui remontent vers le grand bazar. Bain de foule. Des tas de drapeaux turcs pendent aux fenêtres, d'autres recouvrent des pans entiers de murs. Tout cela se passe dans tout le pays. Des manifs se déroulent un peu partout. Hommage aux soldats martyrs tombés au combat dans l'est. A la TV, des images passent en boucle, des généraux revanchards sont propulsés sur le devant de la scene. A qui profite cette inflation de violence ? une chose est sûre, pas à la population kurde de Turquie.
Pêcheurs sur les quais d'Eminonu au fond la mosquée de Suleiman le Magnifique
Infos pratiques
Arrivée à l'aéroport Ataturk
prendre le métro (jeton 1, 30 YTL) jusqu'à Aksaray, puis le Tramway (jeton 1, 30 YTL) direction Sultanahmet ou Taksim
Arrivée à l'aéroport de Sabiha Gocken
prendre la navette ( à droite en sortant 3 YTL) E10 jusqu'à l'embarcadère de Kadikoy, puis le ferry (jeton 1, 10 YTL) jusqu'à Eminonu. Ensuite prendre le Tramway, soit direction Taksim (de l'autre coté du pont de Galata) soit direction Aksaray/Sultanahmet
Pour se loger, pléthore d'hôtels bon marché du coté de Sultanahmet derriere la Mosquée Bleue.
Pour manger : Eviter le quartier de Sultanahmet
Pour le change : changer le strict minimum a l'aéroport, taux plus avantageux autour du Grand Bazar
Pour aller au bord de la Mer Noire
Prendre un bus (du coté d'Eminonu) direction Sariyer sur le Bosphore, ensuite prendre un Dolmus direction KilyosSUR LA ROUTE DE LA SOIE...QUELQUE PART ENTRE SIVAS ET TERCAN
Istanbul-Erzurum 24-25 octobre
Aujourd'hui, je trace sur Erzurum. Il pleut légerement. Je me rend à l'immense otogar au nord d'Istanbul et je prend le bus de 16h. Cela m'arrange car j'ai ma demande de visa iranien à déposer au plus vite et ensuite, sachant qu'il faut 10 jours pour l'obtenir, je compte visiter l'est. Bus de nuit. 1375 kms à parcourir. Mon voisin ne parle pas Anglais, nous communiquons par gestes et par bribes de mots turcs pris dans mon lexique🙂. La TV diffuse le match de foot Besiktas-Liverpool, les Turcs sont fondus de football, ca tombe bien moi aussi.😏 A l'aube, en consultant ma carte, je réalise que nous empruntons la route de la Soie, route mythique pour bien des voyageurs, Nicolas Bouvier et Thierry Vernet étaient passés par ici en 1953. Nous roulons au milieu d'une vallée entourée de puissantes montagnes, la végétation est rare, quelques troupeaux de moutons paissent. Le climat doit être rude en hiver. Et premiere émotion : nous croisons l'Euphrate (en Turc : Firat). Depuis mon enfance, je suis fasciné par les grands fleuves, mon voyage qui s'annonce en sera parsemé. Et hop🙂 une photo pour immortaliser l'instant.
Arrivée à Erzurum fin de matinée. Il fait beau, une chance car la température peut descendre très bas en cette période de l'année. Il y a une station de ski pas loin d'ici. Je me rend au consulat en marchant😎. Accueil austere mais correct, j'avais préparé les formulaires mais il n'en veut pas et je dois m'y coller une nouvelle fois. Puis il faut aller courir jusque dans le centre à la banque Oyak pour payer les frais de visa, heureusement un chauffeur de taxi qui m'avait vu poirauter devant le bureau, m'attend et m'amène sans hésiter à la banque puis fait le retour. Apparemment, il a l'habitude de la procédure😉
Passage éclair dans cette ville, je prendrai plus de temps dans 10 jours pour la visiter. Maintenant, je file sur Malatya. Bus de nuit. Jamais bu autant de thé et autant les mains parfumées d'eau de cologne🙂🙂.
Otogar de Malatya à 2h du matin, je décide de finir la nuit ici, il y a des sièges confortables😉. J'irai chercher un hôtel le matin.
Mes 4 premieres nuits
1 à l'aéroport/1 à l'hôtel /1 dans le bus/1 dans l'otogar de Malatya, vive les voyages😎Infos pratiques Trajet Istanbul-Erzurum 55 YTL par la compagnie Esadas Trajet Erzurum-Malatya 40YTL par la compagnie Bingol 1 Bouteille d'eau 1l : 0, 50YTL 1 pide ou galette : 0, 30 YTL Demande de visa iranien : 2 photos/2 formulaires remplis a la main/copies des pages importantes du passeport/60 euros ou 103 YTL payables a la banque Oyak
Paysages d'Anatolie Orientale
Arrivée à Karadut, minuscule village en plein coeur des montagnes, l'auberge est parfaite. Je dois être le seul pensionnaire, c'est la fin de saison touristique mais elle est ouverte toute l'année. Les chambres sont hyper clean, il y a même un jardin où l'on peut planter la tente et des tables dehors pour déjeuner. On peut y manger midi et soir. Le personnel est très sympa, kurde, il y a Osman (fondu de football et de Galatasaray) et Dadu qui sont permanents, ce sont des enfants du pays. Le soir, des jeunes et vieux du village viennent pour prendre un thé, discuter ou regarder la TV. C'est vraiment un endroit reposant et accueillant pour y passer du temps. Même si le patron essaye de vendre son excursion pour le Nemrut😉.
Demain, une grosse journée m'attend.
Je suis sur mon petit nuage et gagné par l'émotion. Suis presque arrivé...
Zeus Oromasdes
Au premier plan Antiochos 1er à droite Commagene
Pur moment de bonheur😎🙂. Quelle chance de pouvoir voyager ! J'entend des voix, ça parle Italien. Un groupe passe furtivement sur le chemin processionnel. Les heures passent...
Antiochos a fait construire des statues représentant 3 grandes civilisations antiques. Il y a sa statue, celle de Tychée du royaume de Commagene, celle de Zeus-Orasmades, celle d'Apollon-Methras, celle d'Heracles-artagnes-Ares.
Voulait t-il que le temple soit le témoin de la rencontre et le mélange des cultures perses, helléniques et anatoliennes ?.....Le soleil commence à décliner et des groupes de touristes affluent. C'est vrai que ça vaut le détour quand il se couche derriere les montagnes. La nuit tombe et je redescend sur Karadut. Sur le chemin, je croise un Tchèque bardé d'un énorme sac à dos😮, il me demande si le Nemrud est encore loin et combien de temps, il compte planter sa tente sur place. Je descend d'un pas rapide sous une belle nuit étoilée. A mi-chemin, un camion de l'armée s'arrête et me propose de m'emmener à Karadut. Je préfère continuer ma marche jusqu'au bout. J'ai de très bonnes sensations, la nuit est belle, je suis heureux🙂. En 2 heures, suis à l'auberge et je fais la connaissance de 2 nouveaux pensionnaires, l'une est Coréenne, See Mii qui voyage depuis 8 mois. En vrac elle a traversé la Chine/Tibet/Pakistan/Iran/Arménie/Georgie/Turquie. L'autre est Russe, Macha qui vit en Inde depuis 8 ans, elle se balade en attendant son mari rentré a Moscou. Suis content de retrouver des voyageurs, on mange ensemble, on discute. See Mii est motivée le lendemain pour la marche, j'en connais un😛.
Demain, je met le cap sur Sanli Urfa proche de la Syrie mais quelle journée merveilleuse.😎
Je découvre que c'est une ville biblique, un lieu de pélérinage. La ville des Prophètes. Ville natale d'Abraham, Adam et Eve y auraient séjourné et elle a un lien avec l'Arche de Noe. Le parc où se pressent chaque jour une foule de touristes venus pricipalement d'Iran et de Syrie est magnifique; noyé sous de grands arbres, jalonné de bassins et de fontaines, entouré de mosquées couleur miel et surmonté d'une citadelle qui surplombe la ville. Je suis frappé par le nombre d'enfants, vendeurs a la sauvette, cireurs de chaussures ou travaillant au bazar. Dans les bassins, une multitude de poissons, si nombreux qu'ils se montent dessus quand on leur lance de quoi manger. J'apprend que ce sont des carpes sacrées (et bien grasses)😉. On dit que c'est à cet endroit que le roi d'Assyrie Nemrod jeta Abraham dans la fournaise qui se changea aussitôten eau poissonneuse😛.
Je passe mes journées à me balader à travers la vieille ville. Bruits de rabots, de ponceuses, bruit de marteaux qui tapent sur le fer rougeoyant, forgerons, ébénistes, vendeurs de tissus, de casseroles, de café et d'épices. Je suis dans le bazar. Je m'asseois sur un banc pour observer le spectacle de ce ballet. Les vendeurs de thé passent devant les échoppes en tenant leur plateau garni de petits verres. Des vieux discutent sur les bancs d'à coté.
Un jour, je croise Ridwan au parc où l'on se fait souvent accoster et ça se termine direction le magasin🤪.
Il parle anglais et quelques mots de français. Kurde comme 80% d'habitants de cette ville. Je lui parle de mon voyage et pas question de m'encombrer d'un tapis. Finalement je l'accompagne et nous débouchons sur une petite ruelle couverte où sont regroupés tous les vendeurs de tapis, les échoppes sont minuscules mais débordent de couleur. On s'asseoit, il y a aussi un vieil homme, on discute, ils me demandent mon travail en France et si ça gagne bien. Puis sans trop d'hésitation car je me dis qu'il faut aussi parfois lâcher du lest, je leur achète quelque chose, un dessus de coussin. C'est léger. Il me servira durant le voyage. Ils m'offent le thé avant de nous séparer et nouveau passage dans le bazar au milieu du concert de coups de marteaux, rabots, ponçeuses et le défilé des vendeurs de thé, de café. J'adore !!!🙂😏
Le Bazar de Sanli Urfa
Macha ne sort pas beaucoup de l'hôtel. Gentille et exubérante, elle est dans son monde. Shanti Shanti !🙂. Elle trimballe son Pc avec elle. Amoureuse de l'Inde, elle n'est pas trop à l'aise pour voyager seule en Turquie excepté Karadut. Un jour, elle me montre toutes ses photos et celle du Népal, on se les passe en écoutant de la musique indienne avec thé et raki:). Je comprend mieux son attachement pour ce pays.
Enfants de Mardin
La nuit tombe, je redescend vite pour attraper un dolmus pour Diyarbakir.
Je loge à l'hôtel Aslan Palace. Diyarbakir est une grosse ville. 1, 2 millions d'habitants. Il y la ville fortifiée, la nouvelle ville et les quartiers pauvres constitués de gens ayant fui leurs villages au plus fort de la répression de l'armée turque. Armée qui est toujours bien présente dans la ville. Une garnison stationne à l'extrémité de la ville. Les remparts de basalte noire qui entourent la vieille ville dateraient de l'époque byzantine et seraient une des plus grandes enceintes du monde.
Marché à Diyarbakir



Il a été érigé en 1685 par un chef kurde nommé Ishak et mélange plusieurs styles architecturaux de la région. L'intérieur est bien conservé. On aperçoit la ville et le mont Ararat dont le sommet est sous les nuages. Dommage, on ne peut pas toujours être chanceux😉. Tout juste à coté, il y a une mosquée du nom d'Hani Baba, un philosophe et poète kurde. Le week-end, c'est un lieu de pélérinage et beaucoup de familles s'y rendent.
Enfants de Dogubayizit
Infos Pratiques
Bus de Erzurum a Agri 15 YTL
Dolmus de Agri a Dogabayazit 6 YTL
Toujours à Dogabayizit. Cela fait 2 jours que je repousse mon départ. Après tout j'ai mon temps. C'est une bien belle région. Les gens sont sympas. Hier, deux Basques de Pampelune sont arrivés de l'ouest en vélo, Turquie et Syrie. Le soir, nous avons eu droit à du rock engagé basque lorsque Carlos s'est connecté sur son blog😏 mais joie ephémère à cause d'une ènième coupure de courant. Ce matin, ils sont partis en Iran avant l'Inde car ils n'ont pas eu de visa pour le Pakistan. On va se revoir quelque part sur la route🙂. Durant ces deux jours, j'ai pu faire des photos du mont Ararat en bénéficiant d'une vue dégagée.
Mont Ararat et petit Ararat
Mont Ararat
Aujourd'hui elle m'a montré des photos du Tibet d'un précédent voyage auquel elle semble très attachée. Elle est bouddhiste. Elle a quelques photos du Pakistan, la partie nord, de la KKH, elles sont magnifiques.
Région de Dogubayizit au fond la vallée
Frontière Turquie-Iran
Rues de Tabriz

*Depuis la Turquie, je continue mon exploration culinaire : je fais une cure de jus de fruits frais et milshakes, vraiment delicieux en Iran. Des difficultés pour trouver de bons restaurants mais hier, j`ai testé le khoresht, sorte de ragout avec du riz. Simple mais j'ai bien aimé. Et du thé bien sur.😏 L`Iran en quelques chiffres
70 millions d`habitants. 63% de la population a moins de 30 ans. 16% d`inflation. Pour exemple, le prix du carburant a triplé en quelques mois. 70% d`Iraniens mécontents du gouvernement. Tabriz
Ma 1ère étape. Ville importante. 2 millions d`habitants. Je loge dans un hôtel austère mais le type qui le tient (il est tout seul) est serviable rien à voir avec l'hôtel Mashad où je suis parti au bout de la première nuit.
A Tabriz, je rencontre Nasser Khan à l`office du tourisme. Personnage incontournable et guide officiel de la ville. Il parle 8 langues dont le Francais. Outre les conseils précieux qu`il prodigue sur la région et le pays, c`est aussi un type jovial, serviable et chaleureux. Marié depuis 3 ans, il a une petite fille de 14 mois. Durant 3 jours, je passerai lui rendre visite à l'office pour discuter et boire le thé. Ensuite à la fermeture du bureau, nous partons au cybercafe, il surfe une heure et rentre retrouver sa famille. Nasser est certainement le meilleur guide que l`on puisse trouver en cours de voyage.🙂
Le bazar de Tabriz est fantastique. Le plus vieux bazar du monde. Un labyrinthe de ruelles couvertes, long de 35 kms, réparti en secteurs : bijouterie, tapis, épices etc...Quel contraste avec nos grandes surfaces fadasses et aseptisées. Des centres commerciaux font leur apparition mais la population préfère se rendre dans ces endroits pleins de vie, de
couleurs et de senteurs.
J`y passe les 3 jours à me balader, faire des emplettes et prendre des photos😎. J'y rencontre un Francais en week-end. Il bosse à l`institut de Téhéran et maitrise le Persan. Son job : trouver des contrats pour des sociétés françaises dans le secteur gazier. Il fait la grimace en m`apprenant que la France s`est opposée au rapport de Mohamed el Baradei sur le nucléaire à l`Onu😐. Lorsque je lui fais part de mon intention de traverser le Balouchistan, il manque de s'étrangler. "ah vous les voyageurs, vous n'en faites qu'à votre tête !", "quand il y a des enlèvements, les emmerdes c'est pour nous !". Tiens encore un type qui bosse pour le renseignement🤪.
Un soir, en partant du bureau, Nasser me présente Hassan qui tient une boutique d`articles pour femmes dans le petit centre commercial en face du bazar. Un type raffiné qui parle très bien Francais. Avant la révolution, il avait fait ses études à la Sorbone à Paris. Traducteur assermenté, il ne trouve pas de travail. Le Francais n`est pas à la mode du coté de Téhéran. De plus, il est connu pour être opposant au pouvoir actuel.
Entretemps, je suis allé visiter la forteresse de Babak (rappel ci dessus : l`histoire du bus complet, des étudiants...😉), un héros national azeri et chef révolutionnaire. C`est un véritable nid d`aigle, seul accès : des escaliers abrupts. Pas eu le temps de grimper jusqu`au bout mais la randonnée en pleine nature et la vue etaient très plaisantes.
Je quitte Tabriz ce soir. Taxi collectif (No Bardast et annoncez la destination au chauffeur sinon vous payez la totalité de la course) jusqu`au terminal et bus de nuit direction Qazvin. Etape sur le chemin du chateau de Hassan Sabbah🙂.
de la fameuse secte des Assassins (Lire Samarcande d'Amin Maalouf)
Info pratiques
Taxi Bazargan-Maku : la course tourne autour de 10000 rials. Marchander ferme car les chauffeurs ont tendance à x5 ou x6
Bus Maku-Tabriz : fréquents sur la ligne de Téhéran. Bus au moins jusqu`à 17h00
Taxis collectifs à Tabriz : 2000 rials la course
Bus urbain Tabriz : achat d`une carte electronique disponible aux guichets dans la rue 10000 rials
valable si l`on reste 1 semaine
Bus volvo Tabriz-Qazvin : 60000 rials
Gazor Khan est un petit village, à 2000m d`altitude, au pied du château des Assassins. La fameuse secte des Ismaéliens dont l`histoire est contée dans le livre d`Amin Maalouf 'Samarcande'. Le château qu`il a fait édifier est un veritable nid d`aigle. C'est le pays qui veut ça ? et le relief s'y prête merveilleusement. Babak, Alamut, Lamiasar... Nous franchissons un pont. Une rivière coule dans un profond canyon. Tout autour de nous, des vergers. Pour loger, je dispose d`une adresse. Une pension tenue par une famille au coeur du village.
Une grande pièce fait office de chambre. Le sol est recouvert de tapis. Devant l`entrée, une grande table en bois avec deux bancs de chaque coté. Dessus, une nappe et une boite à sucre pour le thé. A gauche, un vieux poêle. Au fond, empilés, des couvertures, couettes et coussins en nombre suffisant pour se confectionner des lits douillets. C`est simple mais convivial🙂. Mr Sami me montre son livre d`honneur et me le laisse. Je le feuillette. Les gens de passage y écrivent des messages mais il contient aussi un tas d`infos sur la région. Cartes, Parcours pour balades et randonnées avec croquis detaillés.
Ici, on est loin de l`agitation urbaine et médiatique. Le sentiment que peu de choses ont changé. La vie est paisible. Les femmes portent le foulard. Le soir, les gens se rassemblent sur la place pour palabrer tard dans la soirée. L`imam, personnage central, parle durant 1 heure au haut parleur, parfois plus, tout dépend de la quantite de nouvelles qu`il a sous le coude. Le matin aussi, on l`entend avec le chant du coq. C`est sur cette même place que l`on fête les mariages ou les enterrements comme c`est le cas durant mon séjour. C`est un hâvre de tranquilité.🙂
Mr Sami est l`instituteur du village voisin. Chaque jour, à 8h, il part sur sa moto, dispenser ses cours. Avant, il m`apporte le petit déjeuner. Le soir, c`est lui qui m`apporte le diner. Et à chaque fois, le plaisir de découvrir sur le plateau repas, les bonnes choses que sa femme a cuisiné😛. Du pain fait maison et des produits locaux, le tout arrosé de thé bien sur😏. Il me donne des conseils sur la région et les justes prix pratiqués pour les transports par bus et savaris. C`est là que je réalise que je me suis fait toisé par le chauffeur de savari qui m`a amené jusqu`ici🤪. Madame, la maitresse de maison s`enquiert de savoir si j`ai bien dormi. Elle parle quelques mot d`Anglais. Et comment! emmitouflé sous une couette et des coussins moelleux, je suis dans un cocon😛.
Le 1er jour, comme j`arrive en début d`après midi, je fais la visite du château ou plutôt des ruines. Pour l`atteindre, il faut emprunter des escaliers en pierre. En haut, des ouvriers procèdent à des fouilles. Ils vivent sur place dans une cabane qu`ils ont amenagé. Tout le long, ils ont installé des échafaudages. Le château d`Alamut est entouré de falaises vertigineuses mais avec suffisamment d`espace pour y vivre. A long terme, selon le chef de chantier, le projet est d`en faire un haut lieu touristique, avec l`ouverture d`un musée, la contruction d`une route pour drainer les cars de touristes. La vue est sompteuse. J`ai une chance inouïe car il fait très beau.😎



Infos pratiques :
D`après mes renseignements, il n`y a pas de bus direct pour Gazor Khan
Depuis le terminal de Qazvin : devant la gare des minibus, prendre le bus pour Mo`allem. Demander à une personne dans le hall (guichets) plutôt qu'à l'extérieur où vous risquez de tomber sur des guides ou des personnes qui voudront vous emmener au point de départ des savaris.
Prix du bus Qazvin-Mo`allem : 15000 rials. De Mo`allem, demander un bus pour Gazor Khan. Distance 21 kms.
Prix du bus Mo`allem-Gazor Khan : 5000 rials Si il n`y a pas de bus, prendre un savari sachant que la course Qazvin-Gazor Khan coûte 40000 rials ou faire du stop.
Gazor Khan-Mo`allem : départ du bus à 7h00 tous les matins. 5000 rials
Mo`allem-Qazvin : le bus attend celui de Gazor Khan : 15000 rials
Qazvin-Teheran : bus mercedes 7500 rials
Téhéran-Isfahan : bus volvo 40000 rials







C`est ici que le premier jour, je croise Morteza et Majid😏, ils travaillent dans un magasin de tapis persans sur la place. Ils m`offrent le thé. Morteza parle bien Francais, Majid "ça roule ma poule" apprend quelques mots. Ensuite, je croiserai, soit l`un soit l`autre tous les jours dans la ville, à Imam Square, dans un cybercafé, sur les berges de la Zayandeh. Ils m`invitent à boire le thé dans la boutique dès que je passe dans le coin. ils tâtent le terrain pour me vendre un tapis, normal, faut bien que leur business tourne mais sans insister devant mon refus. Trop cher et je voyage léger. Les affaires marchent mal. La propagande occidentale leur fait beaucoup de tort. Outre le Francais, Morteza parle aussi l`Anglais et l`Espagnol. Toujours habillé comme un cador, il n`est pas encore marié et pas pressé de l'être. Majid est plus jeune. Je le rencontre le dernier jour quand il va chercher un billet de bus pour sa mère qui va à Bassorah en Irak.
Les 2 berges ont été aménagées après la Révolution en parcs, espaces verts, aires de jeux, jardins d`enfants, terrains de sports. Endroit idéal pour la balade et pour la rencontre. Le week end (vendredi), c`est le lieu de RDV des familles d`Isfahan pour pique-niquer.

En me promenant ce vendredi, je ne passe pas inaperçu avec ma tête blonde. Une jeune Iranienne m`offre une fleur🙂 Quatre jeunes veulent que je les prenne en photo. En discutant avec eux, je comprend que ce sont de jeunes Afghans.
Enfants afghans
Le pont Si-O-Seh est l`endroit rêvé pour prendre le pouls de la ville. Carrefour stratégique, reliant la Chahar Bagh, nord et sud, l`artère principale. Des milliers de gens y passent chaque jour. Un condensé de la sociéte urbaine iranienne. Tous les jours, je m`asseois et j'observe🙂. Au pied du pont, on peut prendre le thé sur fond de musique traditionnelle avec des poèmes de Hafez et Saadi. Photos des gens qui vont et viennent. Autour du pont, des groupes de jeunes zonent.
Des touristes iraniens comme Hadi et sa femme, en visite à Isfahan, ils habitent à Kermanshah dans l'est coté Irak. Hadi aime la France et le portrait élogieux qu`il en dresse est plutôt flatteur par les temps qui courent, j`essaye de tempérer.
Hadi et sa femme

Mausolée de Hafez
Toute la journée, des gens de tout age défilent, se prosternent tout en récitant quelques vers du défunt poète, la gestuelle marque un profond respect. Des groupes de scolaires s`asseoient dans l`herbe à l`ombre des citronniers et lisent avec attention. A Isfahan, mon hôte qui m`avait présenté sa grande famille au cours d`un pique-nique, m`avait récité quelques vers du poète Saadi. C`est courant ici. Je repense aux yeux apeurés de certains en France lorsque l`on parle de l`Iran😐. Les idées reçues sont tenaces, vehiculées et martelées par le rouleau compresseur de nos médias-poubelle😐. Ce peuple à l`âme de poète ne mérite pas la mauvaise image qu`on lui fait en France.😐
Mausolée de Hafez
Persépolis
La visite des tombeaux de Nasgh-e-Rostam est l`autre temps fort de la journée. Ils sont distants de quelques kilometres de Persepolis. 4 tombeaux gigantesques taillés dans la roche en plein coeur d`une montagne, Celui de Darius I, Darius II, Xerces et Antaxerces. Impressionnant et magnifique !
Nasgh-e-Rostam
La ville de Shiraz, je ne m`éternise pas d`autant que j`attrape un vilain coup de froid😐. Une ville poussièreuse noyée sous une circulation intense. Une rivière qui n`est plus qu`un mince filet d`eau saumâtre, des rues remplies de fast-food et pizzerias🤪. Celle qui fut jadis la ville des poètes et du bon vin a bien changé. Impression mitigée jusqu`aux gens que je rencontre : un type se disant travailler au ministère des affaires étrangères qui parle un peu Francais et qui me trimballe de magasin en magasin comme pour m`exhiber tel un trophée ou un autre qui me pose questions sur questions alors que j`ai une extinction de voix. Je commence à verser dans la paranoïa en pensant que je suis suivi dans mes faits et gestes. Il est temps de prendre la tangente.
Rue de Yazd
Jadis, elle brillait d`un vif éclat sur le passage des caravanes. Ville étape de la Route de la Soie et des caravanesérails. Quelques soient les époques, au milieu d`un environnement hostile, elle a toujours su s`adapter et rebondir pour ne pas sombrer dans l`oubli en développant des trésors d'ingéniosité.
Les tours du vent ou Badgirs jouxtant chaque maison et qui pointent dans le ciel avaient été conçues pour capter le vent et amener de l`air frais dans les intérieurs. Les réservoirs de forme ovale servaient à garder l`eau au frais. Exemples uniques de réussite architecturale.
Aujourd`hui des badgirs semblent à l`abandon. La modernité est passée aussi par ici. Des quartiers sont en cours de rénovation. Des tas de briques s`amoncellent, des ouvriers s`affairent et s`attèlent à la tâche. Des maisons seront transformées en hôtels ou en restaurants. Yazd retrouve un second souffle. Elle possède un charme incomparable à nul autre pareil. Il règne ici une douceur de vivre que l`on ressent à travers la gentillesse et la quiètude de sa population. Dès 13h, les échoppes ferment et ne rouvrent qu`à partir de 16h00...parfois 17h00. Dans ce decor aux formes arrondies, les chats évoluent avec bonheur, gambadant de toit en toit🙂. Deux ont élu domicile au Silk Road Hôtel. De petits chenapans ! La nuit, ils descendent dans les dortoirs et s`installent dans un fauteuil. L`un d`entre eux est reparti avec mes chaussettes😮🙂.

L`hôtel a aménagé des dortoirs pour les voyageurs à petit budget dont nous faisons partie. Nous ne sommes pas nombreux, c`est la basse saison. Je rencontre Arantza. Une Basque de Bilbao. Vive et chaleureuse, elle voyage depuis 3 ans. Elle arrive du Pakistan. Auparavant elle avait passé 10 mois au Nepal à travailler auprès de refugiés. C`est une vraie mine d`informations qu`elle délivre généreusement. Elle envisage d`aller en Turquie, Syrie et Egypte, puis d`Istanbul, retourner en Europe. Elle voulait passer Noël à Jérusalem mais sa famille la presse pour le passer à la maison. Tous les matins, nous farnientons durant 3 heures au petit déjeuner à discuter et boire thé sur thé. Ah les Latins!😎
Arantza
Un mot sur les voyageurs asiatiques, qu`ils soient Coréens, Japonais voire Chinois (de plus en plus), ils font preuve entre eux d`un réel esprit de solidarité et d`entraide, il suffit pour s'en convaincre de feuilleter les livres d`honneur laissés à disposition dans les guesthouses, hôtels. Leurs messages fourmillent d`infos précises, de recommandations avec dessins, plans, tarifs des lieux où ils sont allés. Ils prennent le temps de le faire pour les suivants. Chapeau🙂! Et dans les coins les plus reculés où quasiment personne ne se rend, vous croiserez toujours un Japonais ou un Coréen. Discrets mais efficaces 😉!
les badgirs de Yazd
Infos pratiques
Dortoirs Silk Road Hôtel : 40000 rials
A ne pas manquer la visite du Musée de l'eau : entrée libre
Marek
A 10 kms de la ville, un barrage militaire, c`est du sérieux. Nous sommes au Balouchistan.
6h00, la ville est encore engourdie par une nuit froide. Entourée de montagnes grises, du sable partout, un hélicoptere militaire survole la ville. Nous nous signalons à la police qui appelle un taxi collectif que nous partageons avec deux autres passagers. Nous passons devant une grosse base militaire. La région est connue pour sa contrebande, traffics en tout genre dont l`opium. L`Afghanistan n`est distant que de quelques kms. La frontière dans cette zone semi- désertique est poreuse en plus de la corruption. L`armée iranienne est sur les dents pour lutter contre les trafiquants. Des enlèvements de touristes sont survenus en guise de représailles et aussi une tentative américaine de manipuler certains chefs de guerre locaux pour exporter une guerre de basse intensité contre le gouvernement iranien.
La route est sécurisée. Enregistrement des occupants du taxi à la sortie de la ville. Nous sommes tracés de Zahedan jusqu`à Mirjaveh distant de 90kms. A destination, le chauffeur nous fait signer tour à tour, la feuille de route qu`il remettra aux autorités compétentes.
Tout s'est bien déroulé selon nos plans. Je quitte l'Iran, pensif...une population accueillante et une civilisation très riche. Un pays fascinant, méconnu et injustement décrié dans notre société nombriliste.
La frontière à Taftan au Balouchistan
Le village de Taftan
Souvenir de Taftan avec Kato et deux Baloutchs
rues de Quetta au Balouchistan
Infos pratiques
Bus Taftan-Quetta : 350 Rps
Rickshaws : Du terminal bus à la gare ferroviaire : 60 Rps
autres courses en ville, compter entre 30 et 40 Rps
Le matin, je quittais Quetta sous des trombes d`eau. Des rues tranformées en torrent boueux. Il me faut tout mon courage pour traverser la rue. De l'eau jusqu'aux mollets, mes pieds sont trempés.
Malgré le peu de temps passé à Quetta, Je conserverai un bon souvenir de cette ville et de ses habitants. A la gare, je prend le Bolan Mail, c'est le le train pour Karachi qui dessert la ville où je me rend, Larkana. Auparavant, une visite au PTDC. Il est à coté de l'hôtel Muslin. le responsable m`assure que la région est ok.
Le Bolan Mail, un train fatigué et lent, sans chauffage et l`électricité qui dit oui, qui dit non. Pour nous, cela peut paraitre exotique mais pour les familles avec enfants qui le vivent au quotidien, c`est une autre histoire😐. Et dans ce train, les Pakis se déplacent en famille avec femmes et enfants ce qui me permet d`être aux premières loges. Il y a aussi des policiers dans chaque wagon. Dans mon compartiment, prend place deux familles, je m`éclipse discrètement pour permettre aux femmes d`être à l`aise, je m`installe tantôt sur un siège couchette en hauteur, tantôt sur un siège dans le couloir. Entre les passagers, les flics et les vendeurs ambulants, il y a du monde qui circule.
Et je fais des rencontres. Il y a ce type qui tient absolument à ce que je lise le Coran🙂, un jeune étudiant d`Hyderabad qui apprend l`Anglais, les deux pères de famille de mon compartiment. Je fais la connaissance de Khalid, un soldat de Quetta en permission, il est avec sa petite famille et part visiter sa mère et son frère qui habite près de Karachi. Il m`explique qu`avec un mois de permission par an, il souffre de ne pas voir assez ses parents. Je lui montre mes photos. Elles feront ensuite le tour de mon compartiment. Khalid fait l'interprête pour les autres qui le questionnent sur moi. Un type très gentil. A chaque arrêt du train, il m`offre du thé, m`invite à partager une assiette de Dhal avec des chapatis, me fait un cadeau. Echange de mails, je lui promet de lui envoyer des photos. Au lieu de dormir et de rejoindre sa famille dans son compartiment, il veille avec moi jusqu`à Larkana pour me dire au revoir.
Arrivé à Larkana, il m'accompagne sur le quai. On s'étreint chaleureusement avant de se quitter. Je le connais à peine et nous nous sommes liés d'amitié. Assurément une belle rencontre comme seul le voyage peut nous en offrir.
Khalil
rues de Larkana
Moenjodaro
Moenjodaro
Un type qui se presente comme chef de chantier me propose gentiment de faire le tour. Au pas de course, le chauffeur a du mal à suivre. A la fin, il me demande 300 roupies pour les photos que j`ai pris. Là, je dis stop et le laisse sur place😠. Je fais l`impasse sur le musée où il faut encore débourser 200 roupies, ils n`ont pas l`air contents de me voir rebrousser chemin
Moenjodaro
Moenjodaro
rues de Larkana
Foire aux bestiaux en prévision de la fête de l'Aïd
Rues de Lahore
Musiciens soufis au Regal inn
Les frères Sain Mithu et Gonga au Regal Inn
Bus à Lahore
Rickshaws à Lahore
Rues de lahore la vieille ville
Jeu de cricket. au fond la mosquée Badshahi
Compagnons de route : Emmanuele, Vlad, Kathia et Carla
Gonga et Mithu au Regal Inn
Gonga avec un autre joueur de dhôl
Musiciens soufis au Regal Inn le jour de Noël
La fille de Gonga


Souvenirs du Temple d'Or
Frontière à Wagah Emmanele et Carla
En chemin, rencontre avec un Anglais qui se joint à notre petit groupe. India !!! Nous y sommes. La langue est l`Hindi. Monnaie : la roupie. nous croisons des centaines d`Indiens qui se pressent pour assister au show quotidien de rivalités entres les soldats indiens et pakistanais. La frontière ferme ses portes. Place au spectacle.
Attari.. On négocie avec un taxi pour nous amener jusqu'au Temple d`Or à Amritsar. Sept personnes avec bagages mais surtout un bon prix. Un peu serré mais ça passe. Bienvenue en Inde. Dans la voiture, tout le monde est silencieux. Concentrés sur le paysage qui défile. D`autres sont plongés dans leurs pensées comme moi. Déroulement du film de mon séjour pakistanais . Je me sens bien au milieu de mes compagnons. Sous mes yeux, un nouveau pays. Pincement au coeur. Des anonymes rencontrés dans le Sindh et le Penjab qui m`ont aidé, les Baloutchs de Taftan et Quetta, la petite Afghane de Sibi, Khalid et les passagers du Bolan Mail, Ali du Ptdc de Larkana ville des Bhutto, Malik et son staff du Regal Inn, les musiciens soufis, Gonga et Mithu les percussionnistes et tous ces sourires...je les revois tous...émotions...
L'entrée du Temple d'Or

Quelques fidèles prennent un bain. Le sanctuaire est accessible par un chemin orné de lampes en or. Ici se trouve le livre sacré du Sikhisme : le Granth Sahib. A l`intérieur et durant toute la journée, des prètres chantent inlassablement des hymnes associés à des mélodies sous forme poètique qui font partie du Granth Sahib. Sur fond de tabla, les chansons sont véritablement envoutantes.

En 1984 Indira Ghandi envoya l`armée au Temple d`Or sous prétexte que des nationalistes sikhs s`y étaient réfugiés, outrepassant le caractère sacré du lieu. Bilan : des centaines de morts dont des femmes et des enfants. Les liens déjà tendus entres les communautés hindous et sikhs se rompirent et des émeutes s`ensuivirent....Le livre sacré contient des textes et des poèmes faits pour être chantés. Il contient aussi des enseignements non sikhs. Des textes du poète indien Kebir et du Soufi Chaykh Farid faisant référence aux deux autres grandes religions. Un exemple qui témoigne d'un esprit d'ouverture......En représailles du massacre et de la violation du sanctuaire, Indira Ghandi fut assassinée par l`un de ses gardes du corps sikhs.... Avant de venir à Amritsar, je connaissais les Sikhs qu`à travers le meurtre d`Indira Ghandi, les cinq k le kesh, le khanga, le kachcha, le kara, le kirpan. Ce que je découvre ici me séduit et me questionne. La philosophie dont est imprégnée l'endroit me séduit. Quelle chance de pouvoir voyager et un enrichissement constant qui permet de gommer les clichés dans lesquels nous sommes enfermés.
A l'intérieur d'un temple
Jaisalmer la ville basse
Sardar Market près de clock tower
Meherangarh
Danse toute en sensualité où les danseuses tournent sur elles mêmes en accèlerant le mouvement en même temps que la musique🙂. Cinq musiciens donnent le ton plus un jeune danseur vêtu de blanc et coiffé d`un turban rouge orange. La musique a une forte ressemblance avec la musique soufie pakistanaise.
La jeune danseuse rajasthanie virevolte, tournoie avec grâce et aisance. Son sourire juvenile illumine la soirée....Elle est extraordinaire la gamine !





L`an dernier, à la même époque, je pensais fortement à fêter une nouvelle année à l`autre bout de la planète...Une rasade de vodka s`impose pour inaugurer 2008..glouglou😛 ! Entre le Noël au Regal Inn et le nouvel an de Jodhpur, je suis comblé😎😎😎.
Ensuite, la soirée continue avec Damien, Quentin et Caroline jusqu'à leur guesthouse, munis de quelques bieres et d`un fond de vodka😛. Fin du chapitre 2007. Bonne année à tous les Vforumistes en vous souhaitant à vous aussi plein de voyages et d`émotions😎😄.


Ranakpur
On repart au bout d'une heure. A partir de là, la route s`élève, en petits lacets à travers des paysages boisés. Au détour d`un virage, encore un groupe de singes peinards qui nous regardent passer😄...Il y a un peu de fraicheur...ça fait du bien.Tiens encore des singes qui lézardent sur un pont😄...Le voyage est agréable. Nouvelle embardée pour éviter un autre singe bondissant qui traverse à toute allure😮. Notre chauffeur a de bons réflexes. Puis la route s`aplanit. Petits villages et paysages de rizières. On s`arrête au bord de la route. Les rizières sont irriguées à l`aide de petits canaux creusés dans la terre. L`eau est amenée par une noria que fait tourner des boeufs guidés par un paysan🙂.
Ca nous change du vacarme des villes. Un enfant garde un troupeau de chèvres. J`aperçois un héron ou tout du moins ça y ressemble avec son long bec. Tableau idyllique : au milieu du gué d`une rivière, entourée d`arbres et de verdure, des villageoises vêtues de saris roses et mauves, lavent des vêtements🙂.
L`Inde rurale. Ce pays marche beaucoup avec la paysannerie. Mais c'est une époque difficile. En effet, il y a de plus en plus de suicides chez des petits paysans ruinés. Je connaissais le problème avant de venir mais ici en ouvrant les journaux, on tombe souvent sur un encart signalant qu'un type a passé l'arme à gauche. Ces petits paysans trompés, floués par des banques et des multinationales obsédés par l'appât du gain qui les ont poussé à s'endetter pour investir dans la monoculture au détriment des cultures vivrières, et la grande imposture des Ogm qui met en péril le fantastique patrimoine alimentaire de ce pays, je pense à toutes les variétés de riz sur lesquelles lorgne Mosanto. Quant aux autres paysans, dépossédés de leurs terres, ils vont grossir les bidonvilles des grandes métropoles en quête de travail pour leur survie. Le tableau n'est pas si noir. Il y a un syndicat très actif, une confédération paysanne puissance 10 qui leur a permis de remporter quelques batailles. Mais les charognards des multinationales rôdent et il faut beaucoup de détermination face à ce rouleau compresseur.
Voilà pour la parenthèse politique.
Elle est spacieuse et douillette avec une vue époustouflante. Ma chambre est lumineuse et coquette avec ses décorations au plafond et sur les murs. Je viens à peine d`arriver et je m`y sens vraiment très à l`aise. Le personnel est accueillant et serviable🙂. Quant à la cuisine qu`ils mitonnent, c'est délicieux😎. Toute une gamme de plats végétariens jusqu`au poulet biryani et la salade de thon maison. Durant 4 jours, je mange comme un ogre et mes deux acolytes ne sont pas en reste😛. Coté bouffe, nous nous entendons bien en disposant chacun d`un bon coup de fourchette😉😛. Toute la carte des plats végétariens y passe. Clients assidus, nous ne manquons pas un seul des trois repas😉. Des explorations culinaires qui sont de purs moments de plaisir. Le matin, qu`il fait bon prendre son petit déjeuner au soleil, profiter de la vue qui s`offre à nous et écouter le son des battoirs des femmes lavant le linge sur les ghats d`en face😎.
Udaipur depuis le palais blanc
Intérieurs du palais
Ovale Maidan Churchgate en face l'université de Mumbaï match de cricket
Marine Drive
Chowpatty Beach sud de Mumbaï
Un mot pour finir sur Tata et sa fameuse voiture qui fait la une, à grand fracas publicitaire. Nano, baptisée voiture la moins chère du monde. Beaucoup d`Indiens n`en ont cure. Surtout les 6000 familles de paysans de Singur (Bengale Occidental) qui ont été chassées de leurs terres pour l`implantation des usines l`an dernier. Hier, une manifestation s`est déroulée dans cette ville avec à leur tête Becharam Manna organisateur du Comité de protection des terres agricoles de Singur pour dénoncer cet état de fait. Une autre manif a eu lieu à Delhi en même temps. Le problème est récurrent partout en Inde, on exproprie des paysans de leurs terres pour créer des zones industrielles et des pôles chimiques moyennant pots de vins aux notables locaux. L`Inde est un colosse aux pieds d`argile. Le pays a beau afficher une croissance régulière mais pour la plupart des Indiens du monde rural, c`est le miroir aux alouettes. Dans certaines provinces, le torchon brûle et une rebellion "les Naxalites" couve et gagne du terrain, remettant en cause le système de castes et invitant les intouchables à se joindre à leur combat.
Ibrahim Rouza. Aux abords de la ville. Peu d`agitation et pas de harcèlement. Juste que les gens sont curieux et c'est bien normal. Ibrahim Rouza est un château entouré d`une enceinte, bordé à l`intérieur comme à l`extérieur d`espaces verts. Construit pour l`amour d`une femme, il sert désormais de mausolée pour le roi et sa reine. A l`intérieur, on gravit un escalier pour déboucher sur une cour. Deux bâtiments rectangulaires se font face, composés de cinq larges entrées en forme d`arches, surmontés de quatre minarets et d`une coupole en forme de champignon. Au centre de la cour, se tient un bassin. L`architecture relève d`une grande finesse. C`est somptueux. Je dois dire que je ne m'attendais pas à pareil chef d'oeuvre. En ressortant je bois un jus de canne à sucre. J'ai découvert ce breuvage à Mumbaï et j'en redemande.

Ibrahim Rouza
Au bout d`un chemin rectiligne, parsemé d`arbres et de jardins, se dresse la masse imposante de Golgumbaz. Je me gratte la tête de surprise et je reste bouche bée. P.. que c'est beau. L`architecture est différente d`Ibrahim Rouza mais tout aussi magnifique. Un bloc surmonté d`une énorme coupole, une immense porte en fer. En ses extrêmités, quatre tours dont l`architecture me rappelle l'Italie et qui sont surmontées par de petites coupoles. Golgumbaz est le mausolée de Mohamed Adil Shah. Des centaines de touristes indiens. Soleil et c'est dimanche. Le garde qui prend mon ticket, me souhaite la bienvenue.
Golgumbaz
Golgumbaz ................................................................ La mosquée blanche à coté de Golgumbaz


Mais qu`est ce qui me pousse à marcher encore et encore...trouver un petit coin d`ombre sous un arbre, m`asseoir et contempler le paysage...patience.
Je parviens à l'entrée. Plusieurs marches d`escaliers à gravir. Quel calme ! en arrivant devant le temple, je tombe sur un groupe d`Indiens en train de déjeuner. Salutations et rigolades🙂. Ils se demandent bien ce que je fais à crapahuter sous cette chaleur. Une jeune femme me guide à l`intérieur du temple et des abords. D`ici, je dispose d`un joli point de vue sur Badami
Le panorama est somptueux.
D`un coté, des collines d'où furent bâties des fortifications dont on voit les ruines. Sur des pans de rochers se dressent fièrement des temples hindouistes. Le village fait la jonction avec l`autre flanc de la colline où se trouvent les quatre grottes décorées de sculptures, dédiées à Vishnu, Shiva et au Jainisme. Et pour finir, au milieu de ce décor idyllique, un plan d`eau entouré de ghats où les villageoises lavent le linge. L`inde regorge de richesses et je m`en rend compte à chaque étape pour peu que l'on sorte des sentiers battus. Il me faudrait du temps et plusieurs voyages pour les découvrir🙂.
Durant l`après midi, je me promène sur les collines en montant par la porte nord du fort puis descente par l'autre versant devant le temple dédié à Hanuman dieu des singes. Retour au bord du lac. Mon temple préféré est situé au bord de l'eau, le Bhutanatha. A l'intérieur une statue de Mandi, la grosse vache.
Temple Buthanatha
Elles sont ornées de colonnes et finement sculptées de statues représentant les divinités locales. C'est une roche de couleur ocre. Quelques écureuils profitent de l'accalmie matinale pour se montrer. En bas, le lac est emmitouflé sous une légère brume qui enveloppe le temple Bhutanatha. Le soleil commence à pointer son nez. Ses rayons illuminent le temple perché sur la colline d'en face ce qui lui donne une couleur dorée. Je fais photo sur photo en savourant ces instants délicieux avant que des dizaines de gamins fassent leur apparition en courant dans tous les sens. En repartant, je vois des dizaines de singes qui se sont rassemblés dans les arbres à coté de l'entrée, attirés par le bruit. Parmi eux, Il y a l' Iroquois, Spock et le timide.
Spock
L'Iroquois
Le Timide
La cavalerie approche