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Article paru dans le magazine Lire du mois de décembre

Discussion started by Titania on 2005-01-04

12 replies

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Article paru dans le magazine Lire du mois de décembre

Titania · 2005-01-04

La face cachée du Routard

Révélations sur les méthodes pas très orthodoxes d'un guide pas comme les autres.

Mélange des genres? Comment réagirait le public s'il apprenait que le Michelin avait décerné trois étoiles à un restaurant appartenant en sous-main à la famille... Michelin? C'est pourtant ce que fait le Routard depuis des années dans son guide Martinique. A la page 196 de l'édition 2004, on peut en effet lire un éloge enthousiaste de l'Hôtel Résidence Océane, situé sur la presqu'île de la Caravelle: «superbes bungalows en bois magnifiquement situés au bord de l'une des plus belles plages de la Martinique», «piscine à débordement», «meilleur spot de l'île pour les surfeurs»... Cette notice élogieuse n'omet qu'un détail: cet hôtel appartient à Philippe Gloaguen, le patron des Guides du routard!

Selon un acte du tribunal de commerce de Martinique daté du 29 septembre 1997, dont Lire a pu prendre connaissance, il est détenteur de 150 des 500 parts du capital, soit de 30% de l'établissement, les 70% restants appartenant à deux de ses amis. Un investissement qui bénéficie des généreuses défiscalisations de la loi Pons. Bon prince, l'hôtelier Philippe Gloaguen accorde 10% de réduction aux lecteurs du Routard...

Un hôtel voisin, le Manguier, bénéficiant lui aussi d'une critique dithyrambique, est géré par la même équipe, qui s'occupe également de la location d'une superbe villa, acquise trois millions de francs en 1998 par Philippe Gloaguen et son épouse. Du coup, le commentaire moralisateur du Routard sur ce petit coin de paradis prend une saveur particulière: «Bref, on adore ce village encore préservé et on croise les doigts pour que les requins (de la finance) ne s'intéressent pas à cette côte...»

A quelle fréquence le Routard est-il actualisé? Cette question est au cœur de la guerre sans merci que se livrent les éditeurs du secteur tourisme: envoyer un lecteur dans un musée en travaux ou dans un restaurant fermé depuis trois ans ne fait jamais très sérieux. La politique du Routard en la matière s'affiche en préambule de tous les guides: «D'une année sur l'autre, les modifications atteignent et dépassent souvent les 40%.» Ce chiffre impressionnant justifie la présence d'un «millésime» bien en vue sur la couverture de chaque Routard (Alpes 2004-2005, etc.), incitant le voyageur à renouveler régulièrement sa collection.

La réalité est un peu plus nuancée. «Il m'est arrivé, en Asie ou en Amérique du Sud, de réactualiser un guide qui ne l'avait plus été depuis quatre ans», révèle un enquêteur du Routard. Si les régions françaises sont en effet revisitées presque chaque année, les destinations lointaines le sont plus épisodiquement. Une comparaison des guides Autriche 2000/2001 et 2003/2004, par exemple, montre que les restaurants et les hôtels sont les mêmes à 95% et que les notices sont identiques mot pour mot. Seule la maquette et certains prix ont été modifiés. Il en va de même pour de très nombreux volumes. Que penser de ce guide Népal-Tibet 2005-2006 (!), sorti en août dernier, et dont les informations sur le terrain auront au mieux été collectées fin 2003? Devant les plaintes régulières de lecteurs, Philippe Gloaguen a d'ailleurs récemment modifié la formule qui orne la couverture de tous ses guides: «remis à jour chaque année» est devenu un plus prudent: «remis à jour chaque année, de notre mieux...»

«Le problème, au Routard, c'est que nous n'avons plus le temps de musarder et de découvrir de nouvelles adresses, déplore un collaborateur, qui affiche des dizaines de "missions" au compteur. Nous partons avec une liasse de lettres de lecteurs et nous vérifions leurs témoignages à la chaîne.» Ces voyages de réactualisation durent en général une quinzaine de jours à l'étranger et un peu moins pour une région française. Originalité appréciable du Routard, l'enquêteur a le droit d'être accompagné par un proche de son choix.

Le Routard passe-t-il de la publicité clandestine? Dans le jargon, on appelle cela du «publi-rédactionnel»: un annonceur paie non pas pour un encart publicitaire, mais pour que son produit soit vanté dans le corps même du guide. Le lecteur n'est évidemment pas au courant qu'il y a eu tractation commerciale. Depuis des années, le Routard dit ainsi le plus grand bien, dans tous ses guides, de la société Photo Service, spécialisée dans les tirages photographiques. Aucun concurrent n'est jamais évoqué. Il semble que Photo Service paie une redevance à la régie publicitaire d'Hachette en échange de cette critique favorable. «Pour nous, l'important, c'est que nos lecteurs bénéficient d'une réduction chez Photo Service», élude-t-on au Routard.

Comment sont rémunérés les collaborateurs? Contrairement au Lonely Planet, où ils ont droit à une petite biographie et à leur photo, les véritables auteurs des Guides du routard ne sont jamais mentionnés. Philippe Gloaguen est le seul et unique auteur officiel de toute la collection. Il perçoit donc 100% des droits. Par ailleurs, une «clause particulière» de l'accord qui le lie à Hachette stipule que, pour les créations de nouveaux guides, l'éditeur lui verse «une somme exceptionnelle pour frais». Enfin, le Routard bénéficie d' «échanges-marchandises» avec des compagnies aériennes ou des tour- opérateurs: contre une page de publicité dans un guide, ces derniers offrent une série de billets ou de séjours.

En théorie, la rémunération des collaborateurs est prélevée sur les royalties de Philippe Gloaguen, sous forme de forfaits - entre 80 et 100 euros la journée. En échange, ils renoncent par contrat à tous droits d'auteur. «Mais il m'est arrivé fréquemment d'être payé sous forme de billets d'avion ou de bons d'échange dans une agence de voyages», révèle un rédacteur. Certains pigistes-étudiants sont ainsi ravis de s'offrir un Paris-New York «à l'œil». «Nous avons longtemps utilisé cette pratique, nous avons arrêté», se défend-on à la direction.

Autre originalité du Routard: selon des contrats dont Lire a pu prendre connaissance, les permanents de l'équipe (sauf un) sont payés en droits d'auteur et non en salaires, même s'ils ne participent pas à la rédaction des guides proprement dite. Ce système réduit considérablement les charges patronales mais fragilise le personnel (absence de couverture sociale, impossibilité de percevoir le chômage en cas de licenciement...). «De la part d'un guide qui adopte toujours la posture de l'opprimé face au méchant capitaliste sauvage, cela fait un peu sourire», remarque un collaborateur...


Article paru dans le magazine Lire du mois de décembre

Zitoune · 2005-01-04

Et bien voilà qui fait plaisir à lire, enfin de nombreuses personnes vont pouvoir se rendre compte que ce guide est une arnaque totale en plus, semble-t-il, d'une exploitation malhonnête de ses employé(e)s.

Le moustachu bidochon et l'éternelle photo de dernière de couverture, le trio de l'amitié camembert-saucisson-pinard, auraient-ils du souci à se faire?

Article paru dans le magazine Lire du mois de décembre

Tanss · 2005-01-04

Et si vous saviez dans quelles conditions sont réalisées tous les pseudos reportages des magazines de voyages !!!

Article paru dans le magazine Lire du mois de décembre

Vilcanota · 2005-01-04

Dis le nous comme cela nous serons au courant🙂

Article paru dans le magazine Lire du mois de décembre

Gnome · 2005-01-04

Cela confirme tout le mal que je pense de ces guides (du moins pour l'Amérique du Sud) et de leurs petites leçons de morale à deux balles qui les rendent définitivement ridicules.

Article paru dans le magazine Lire du mois de décembre

Tanss · 2005-01-05

Tout simplement ces pseudos reportages réalisés par des "journalistes" qui restent 8 jours dans le pays sont financés par les agences de voyages dont on trouve généralement la liste au bas de l'article dans la rubrique "on vous recommande" !

Article paru dans le magazine Lire du mois de décembre

Mklambert · 2005-01-05

je suis novice dans le voyage, mais je parcours quelques sites sur internet depuis quelques temps (préparant un voyage en République Dominicaine).

Que pensez vous du forum du routard ? Plus je lis les messages réponses, plus je me demande s'il n'y a pas derrière tout ça des voyagistes.

Comme par hasard, les questions qui trouvent réponse de suite (et des réponses positives!) sont des hôtels ou des coins qui sont en pub sur le site du routard!

Bizarre?

Article paru dans le magazine Lire du mois de décembre

Titania · 2005-01-05

Je ne connais le site du Routard que de nom ...

Quant au Lonely Planet ce n'est pas forcément mieux, même s'il peut être plus "crédible". En voyageant sans guide j'ai pris conscience du conditionnement provoqué par le fait d'avoir un guide, et surtout de l'inutilité d'en avoir un.

Article paru dans le magazine Lire du mois de décembre

Tanss · 2005-01-05

Je ne suis, moi-aussi, pas un grand amateur de guide. Pour moi le seul aspect pratique qui m'intéresse quant à leur contenu ce sont les plans de villes. C'est pour cela que j'ai une préférence pour le Lonely qui est assez complet dans ce domaine.

Par contre je ne vois pas l'intérêt d'un guide pour trouver un hôtel ou un restaurant. Je préfère laisser faire le hasard et me fier à mon instinct, ou demander conseil aux locaux.

Article paru dans le magazine Lire du mois de décembre

Alan · 2005-01-05

Idem, bien utile pour se retrouver dans les villes et ne pas perdre trop de temps à chercher la guesthouse ou la rue désirée ..... et puis, j'ai toujours dit que le meilleur guide c'est le premier voyageur, et les suivants, rencontré sur place et qui vous filera les derniers bons tuyaux, et son instinct en fonction de ses envies ........

En 2003 sur l'île de Florés, et sur recommandation du routard, je me suis présenté dans un trou perdu pour aller dans une soi disante super guest house isolée sur une plage ........ elle avait changée de propriétaire depuis 99 et n'était plus que l'ombre de ce que pouvait être un logement ....... 😠😕

Article paru dans le magazine Lire du mois de décembre

Yann · 2005-01-05

..je suis du même avis que toi et Trans; les meilleures infos sont celles partagées par les voyageurs, voyage forum est sans doute l'un des meilleurs guides qui m'est été permis de "feuilleter". C'est ici les bons tuyaux !

yann

Article paru dans le magazine Lire du mois de décembre

MuchFER · 2005-01-05

Concernant la remuneration Lire fait pas vraiment dans le scoop vu que beaucoup (et meme de plus en plus) de guides, de journaux et de medias font de meme. On est remunere en tant qu'auteur et non salarie. Apres, tout depend du montant des remunerations; mieux vaut de bons droits d'auteurs qu'un faible salaire. Ce en quoi Lire aurait du preciser les remunerations au GDR. Et pour les pigistes occasionnels payes en billets d'avion c'est mieux que les accompagnateurs d'agences occasionnels qui eux ne sont souvent pas remuneres.

Article paru dans le magazine Lire du mois de décembre

Rêvéveillé · 2005-01-06

plutot d'accord avec les debrouillards : pas de guide et même pas de cartes (ni d'internet à l'époque). Tout au feeling, aux rencontres, au hasard... pas triste parfois. ça décoiffe et on prend vite l'habitude d'etre hyper attentif et clair soi-meme.

Ca oblige d'ailleurs a entrer en contact avc les gens ce que personnellement j'apprecie plus que la visite d'un musée ou d'un temple. Toujours un plaisir. J'ai remarqué que beaucoup beaucoup de gens sont littéralement bloqués à l'idée d'adresser la parole à quelqu'un qu'ils ne connaissent pas. Préfèrent suivre les flêches ou errer pendant des heures ...

Ca m'est arrivé pas plus tard que cet été où dans un bled paumé en allemagne j'ai erré en voiture pendant une heure avec un ami palestinien qui ne retrouvait plus l'hotel où il avait réservé, et qui avait oublié son nom. J'ai fini par entrer dans un hotel, le type m'a emmené dans son appart au fond de l'hotel, a ouvert internet, et m'a ecrit sur un papier tous les noms d'hotel de la ville avec adresses, telephone, et prix avec et sans sdb. Un sourire en prime et des "mais je vous en prie, vous etes la bienvenue" etc. Puis c'est le gérant d'une pizzeria qui s'est occupé de téléphoner à un autre hotel (on lui avait rien demandé on lui a juste posé une question), et toujours avec le sourire, mais je vous en prie...

pour ce qui est des restos un soir où avec une copine nous nous étions arretées au feeling dans une payote au bord du mékong à vientiane (laos), on a eu la surprise de voir le patron se mettre au "Lanat" (grand xylophone) puis un jeune homme très bôô a débarqué pour se mettre au gong qu'il tenait entre ses jambes. Il ne quittait pas du regard la jeune fille blonde à lunettes très jolie qui m'accompagnait tout en caressant la peau tendue de l'instrument, le tout pendant une heure, puis il a disparu. c'était show. Autour de nous : juste deux vieilles laos devant un échafaudage de fruits incroyablement décorés. Un soir le vieux m'a raconté l'histoire de sa famille en français, j'ai ainsi appris l'histoire récente du laos. Par contre on voyait passer des files indiennes de gens armés d'un gros pavé qui se dirigeaient tous vers la meme direction. Un jour on y est allées : il s'agissait du Sunset, la dernière payote conseillée par tous les guides qui disaient que c'etait le meilleur endroit pour voir le soleil se coucher sur le mékong (20 mètres avant sur le meme bord du mékong c'etait pas bon 😕). Là on a attendu deux heures pour avoir une salade, aucun sourire. Quelques années plus tard j'y retourne, forcée car toutes les autres payotes ont disparu à cause d'une exposition organisée au bord du mékong. Ils ont tout rasé sauf le sunset car elle attirait tous les touristes. Le poisson ils en avaient plus, ils m'en ont ramené un de l'extérieur après une demi-heure, à moitié cru, et sans musique. Merci les guides 😠

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