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in Entre deux voyages › Réflexions de voyageurs

Grand départ et boulot!

Discussion started by Ben25 on 2005-02-14

14 replies

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Grand départ et boulot!

Ben25 · 2005-02-14

Bonjour à tous,

Je viens de découvrir ce forum il y a quelques jours, et me voilà déjà accro (en lecture en tout cas) ! Comme vous je partage la passion ou plutôt l'obsession des voyages. Après avoir effectué plusieurs long voyages quand j'étais encore aux études (Cameroun, Pérou, Maroc, etc), j'ai comme beaucoup d'entre vous commencé à travailler...Et bon, dans mon cas (consultant en informatique), inutile de penser pouvoir prendre plus de 3 semaines de congés d'affilée...idée que j'avais bien du mal à accepter avant que je ne trouve LA solution : une pause carrière :-) (Ca ne fait que 14 mois que je bosse, mais bon, je me dis que c'est maintenant ou jamais).

Donc voila, je pars pour un peu plus de trois mois en Asie en septembre. Bien que je ne sois pas encore rentré, ni même parti, je me pose déjà la question de savoir comment faire au retour pour repartir, ou du moins avoir une vie adaptée à cette envie grandissante de découverte. Je voulais donc savoir comment vous vous meniez votre barque ? Travail à l'international, boulot de saisonnier, job avec bcp de congés, rentiers ;-) ?

Si certains d'entre-vous on une expérience d'expatrié, ça pourrait aussi être intéressant. En effet, après avoir passé 4 mois au Cameroun pour mon stage de fin d'étude, et en ayant cotoyé qqs expats, je me suis dit que la vie d'expat n'est pas comme je l'imaginais. J'ai l'impression en effet que ceux-ci n'ont pas des masses de contacts avec les populations locales, et que finalement ils vivent en quelque sorte reclus dans leur ghettos (j'emploie des mots forts là...). Des avis ?

Merci !

Grand départ et boulot!

Vt · 2005-02-14

Je mène très mal ma barque, entre boulot mal payés et manque flagrant de radinerie. Cela peut peut-être être différent pour un consultant en informatique: meilleur salaire et primes, etc. Boulots de saisonniers et congés sans solde, cela peut être des solutions, au moins pour la question temps...

Grand départ et boulot!

Lepiaf · 2005-02-15

Si certains d'entre-vous on une expérience d'expatrié, ça pourrait aussi être intéressant. En effet, après avoir passé 4 mois au Cameroun pour mon stage de fin d'étude, et en ayant cotoyé qqs expats, je me suis dit que la vie d'expat n'est pas comme je l'imaginais. J'ai l'impression en effet que ceux-ci n'ont pas des masses de contacts avec les populations locales, et que finalement ils vivent en quelque sorte reclus dans leur ghettos (j'emploie des mots forts là...). Des avis ?

Pour avoir rencontré pas mal d'expats lors de mes voyages et m'être fait quelques amis, je me suis rendu compte qu'il n'y a pas de profil type d'expat (quelle surprise !). Certains vivent dans une sorte de bulle en ayant le moins de contacts possibles avec les autochtones et d'autres s'immergent dans la population et la culture locale. J'en ai même rencontré qui fuyaient le contact avec les autres expats. Conclusion, c'est l'expat qui choisit son mode de vie.

Pour les moyens d'existence, je rencontre de plus en plus d'expats qui travaillent par internet, ce qui offre de nouvelles possibilités d'expatriation. Par exemple, j'ai rencontré un suisse sur l'île de Pha Ngan dans le golfe de Siam. Il était designer pour une grande marque de montres suisses et n'allait qu'une fois par en en Suisse. Il vivait heureux dans une belle maison isolée à la lisière de la jungle avec sa femme thaï et ses enfants. Toi qui est consultant en informatique, cela peut te donner des pistes.

Autre exemple, un suisse (encore !), développeur web qui avait réussi à se faire une clientèle en Thaïlande, pas facile quand on est un farang.

Grand départ et boulot!

Ben25 · 2005-02-15

C'est vrai que j'ai sans doute été un peu vite en disant que les expats vivaient en ghettos...et en effet, c'est à l'expat de choisir son mode de vie ! C'est juste que lorsque j'étais en Afrique, la distance que les expats instauraient avec la population locale m'avait assez bien dérangé...

Mais j'ai une autre question : est-ce qu'en s'installant comme cela dans un pays pour quelques mois ou années, on ne perd justement pas cette notion du voyage ? Je veux dire par là, cette envie constante de découvrir ? On se creuse en effet son trou ailleurs, et on commence à s'y enraciner, à trouver petit à petit des habitudes, etc...Alors que pour moi en tout cas, le voyage rime avec découvertes constantes, rencontres de nouvelles personnes, de nouveaux lieux, etc ?

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Nakata · 2005-02-15

Certains vivent dans une sorte de bulle en ayant le moins de contacts possibles avec les autochtones et d'autres s'immergent dans la population et la culture locale. J'en ai même rencontré qui fuyaient le contact avec les autres expats.

Mes parents ayant ete expats en Afrique noire quand j'etais ado, je connais un peu le probleme pour cette partie du monde. Le probleme, c'est que 80 ou 90% des expats des anciennes colonies africaines se comportent encore comme des colons, vivent entre eux, sont limite facho lorsqu'ils parlent aux autochtones. Alors, oui, nous faisions partie de ces expats qui cherchaient a eviter tout contact avec la plupart des autres expats ; pas tous, mais ceux qui avaient ce comportement honteux. Sinon, nous n'avions aucun probleme pour frequenter les blancs qui ne refusaient pa les contacts avec les Africains.

Grand départ et boulot!

Ren · 2005-02-15

Allo Ben !

Si mon avis peut te donner une idée bien que je ne vive pas au fin fond du Groenland, ma première année en Irlande a été assez chaotique en effet pour pouvoir me mêler à la population irlandaise. Premièrement, parce que c était la première fois que je partais seule et que j étais plôt sérieuse dans mon emploi ( de serveuse !!! ) et deuxièmement, je ne buvais pas... Lorsque l on sait que les pubs en Irlande constituent quasi l essence même du pays pour les rencontres et la vie sociale en général, j étais mal partie...

Depuis, mon premier réflexe ( quand je suis en congé ) est d appeler tous mes amis irlandais ( car les deux prenières années, je n étais entourée que d étrangers ) et d aller au pub ou de faire un tour en voiture dans le Connemara !! Le hic quand tu vis à l étranger, c est que tu ne visites pas forcément le pays ( si tu n as pas de voiture et encore moins le permis ) d un point de vue personnel. En effet, les vacances je les passe à retourner en France pour revoir ma famille et mes amis sauf si je décide de quitter mon boulot pour partir plus longtemps. Dans ces cas là, je préfère partir loin car l Irlande est un pays très cher à présent et je me dis que je préfère visiter l Asie ou l Amérique du Sud et y consacrer plus de temps. Ce n est que mon avis mais vivre à Galway m incite à toujours aller plus loin bien que je devrais plutôt visiter l Irlande en profondeur... Beuh... Je vais me faire un voyage au Cambodge pour un mois et retourner au Vietnam pour un autre mois, une amie irlandaise m y accompagne 🙂

Certes, à force de vivre où tu te trouves tu te confrontes à des habitudes et à la longue, tu te lasses. Eh bien, il reste la solution de partir à nouveau vivre ailleurs ou bien de se réconforter en se disant que ce sont uniquement des habitudes d expatriés qui ne sont pas énormes dans le monde 😉

Grand départ et boulot!

Lepiaf · 2005-02-15

ce sont uniquement des habitudes d expatriés qui ne sont pas énormes dans le monde

Ah bon ? Et les immigrés, comment les qualifies-tu ? Ne sont-ce pas eux aussi des expatriés ?

Il serait intéressant que chaque participant à cette discussion donne sa définition de l'expatrié. Serait-ce un immigré un peu privilégié qui sait qu'il peut revenir facilement dans son pays ?

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Ren · 2005-02-15

C est ce que je fais, je donne mon avis. Je n ai pas besoin d être rappelée que je fais partie des privilégiés et je n ai peut être pas tout lu mais si je ne m abuse, on n a pas précisé de quel genre d expatrié on parlait donc je me suis exprimée.

Grand départ et boulot!

Lepiaf · 2005-02-15

Ne prends pas la mouche, j'ai seulement voulu mettre en évidence qu'il serait intéressant de préciser le sens qu'on donnait à "expatrié".

Grand départ et boulot!

Ren · 2005-02-15

Rassure toi, il m en faut plus pour prendre la mouche, je ne fais que répondre à ta question et au ton que tu y donnais 😉

Grand départ et boulot!

Lepiaf · 2005-02-15

Bon, encore mon style sec, pffff, je ne sais pas écrire autrement.

Grand départ et boulot!

Ren · 2005-02-15

Ah ben non sans rancune !!! Tu peux écrire autrement, prends juste le temps d etre moins impétueux peut être ? Ce n est qu une suggestion hein...

Grand départ et boulot!

Douya · 2005-02-16

Pour avoir rencontré pas mal d'expats lors de mes voyages et m'être fait quelques amis, je me suis rendu compte qu'il n'y a pas de profil type d'expat (quelle surprise !). Certains vivent dans une sorte de bulle en ayant le moins de contacts possibles avec les autochtones et d'autres s'immergent dans la population et la culture locale. J'en ai même rencontré qui fuyaient le contact avec les autres expats. Conclusion, c'est l'expat qui choisit son mode de vie.

Parfois, je trouve qu'on decouvre moins le pays, les gens, la culture en etant expat pendant un an dans une ville entre metro-boulot-dodo que en voyagant un mois dans ce meme pays a la decouverte des campagnes et des populations.

A Bangalore (Inde) ou je suis restee 3 mois l'annee derniere, j'ai ete confrontee a la difference de "mode de vie", de culture sociale et financiere avec mes collegues indiens. J'aurais tellement aime faire des activites avec eux le soir ou le week-end, pour voir leur vie de tous les jours, apprendre grace a eux les coutumes, aspects religieux, etc..., mais le soir, ils doivent rentrer pour s'occuper de leur famille (femme, parents et beaux-parents), le week-end ils restent aussi en famille...

Meme le fait d'organiser un social event (repas d'equipe le soir paye par la boite) est un gros casse tete, car il faut prevenir la femme, trouver un transport pour retourner chez soi, ne pas rentrer trop tard car la famille attend... Bien sur je ne critique pas, je constate juste les differences avec mon environement habituel ou un repas d'equipe qui est l'occasion d'echanger beaucoup sur tout et rien (plutot tout que rien, du boulot, des habitudes, des traditions...) est tout de suite accepte avec grand entousiasme.

Je ne generalise pas, loin de la, je constate juste les impossibilites que j'ai eu a mieux connaitre mes collegues indiens. Pourtant, quand ceux ci sont venus en France, je leur ai servi de chauffeur et de guide le week-end, excursions bien sympatiques ou on apprend les uns et les autres.

Apres, je pense que ca depend du metier effectue en expatriation. Moi derriere mon ordinateur, je n'avais pas trop de contacts avec la population locale dans la journee. J'imagine qu'un professeur de francais aura plus d'opportunites.

Heureusement qu'il y a les week-ends, pour s'echapper de la ville, et retrouver l'esprit du voyage et de la decouverte.

Dans tous les cas, toute experience a l'etranger est une chance formidable. A vouloir apprendre la culture du pays d'accueil, on reflechi aussi sur sa propre culture (exemple : analogie caste/classes sociales au debut du siecle; la notion de famille en Inde et en France; les differences du droit au travail; etc...)

Donc, pour un mois, un an, si chacun a une opportunite, qu'il n'hesite pas !

Mais encore une fois (je sais, je joue la rabat-joie !), une expat ne s'assimile pas a un voyage (dans le sens d'itinerance, improvisation du jour au lendemain..). Je sais, je vais en faire reagir plein !

Grand départ et boulot!

Ben25 · 2005-02-17

Merci à tous pour vos réponses !

Douya, ton avis rejoint assez bien la vision que j'avais de la vie d'expat ! Bien que ça dépende effectivement du boulot que tu exerces là-bas, tu reprends vite en effet le train train quotidien, et pour peu que tu aies un logement loin des autochtones (loin dans le sens "peu de contact"), l'intérêt retombe selon moi assez vite, et le goût de la (re)découvert resurgit d'autant plus (vive le syndrôme du voyageur perpétuel).

Tu dis dans ton message que tu travailles derrière un ordinateur toute la journée, quel est ton job exactement ? Etant consultant en informatique, j'ai en effet une vision assez limitée de ce qui peut être fait dans ce domaine ! Peux-tu m'éclairer la-desssus ? En sachant que bosser dans une boîte en Inde comme consultant ne m'intéresse pas...j'aurai en effet plus tendance à m'orienter vers le social...mais bon, va mettre de l'informatique la dedans...

Merci pour ta réponse !

Grand départ et boulot!

Detchen · 2005-02-17

Bonjour,

Et les immigrés, comment les qualifies-tu ? Ne sont-ce pas eux aussi des expatriés ? Il serait intéressant que chaque participant à cette discussion donne sa définition de l'expatrié. Serait-ce un immigré un peu privilégié qui sait qu'il peut revenir facilement dans son pays ?

Oui, je suis d'accord avec cette définition en gras, mais pas un peu et pas seulement "qui sait mais" qui peut (si non on risque de revenir rapatrié indigent).

J'aimerai bien devenir expatriée (question d'avoir la doublenat au bout de 5 ans et de me payer plus de soleil). Mais 5 ans, ce n'est pas compatible avec mon boulot : pas plus de 3 ans possibles en dispo, même si je trouve un boulot sur place, ce qui voudrait dire on donne ou vend tout à chaque fois plutôt que de déménager nos meubles et équipement (pas de yak pour porter la yourte vers le soleil à altitude zéro).

Mais il y a un truc pas mal qui est possible quand on a le pied marin et dequoi investir dans un volier : vivre à bord en soignant le choix des escales (mais ça c'est pas pour les montagnards) en bossant en télétravail mais ce n'est pas très developpé encore il faut avoir une profession et trouver une boîte qui le permet. J'ai connu une personne qui vit ainsi, il faut savoir larguer toutes les amarres pour cela, c'est plus que d'être "voyageur, c'est du nomadisme. Un rêve innaccessible pour moi à ce jour (sauf aller suivre un temps une caravane, mais pas à vie).

Oui, le nomadisme c'est autre chose. Il faut en avoir la condition quasiment historique, c'est une culture.

Mais, voyager est une culture aussi, s'expatrier est aussi une culture, migrer et immigrer en en sont d'autre.

Etre mobile à tous les niveaux, plurydisciplinaire mais aussi spécialisé dans un domaine ou un métier incontournable de nos jours est toujours un atout.

faut pas rêver... mais je rêve.

Detchen

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