Nouvelles du Népal N°2 (la presse)
Vendredi 18 février 2005, mis à jour à 12:49
Népal
Triste célébration de la "Journée de la démocratie"
L'EXPRESS.fr avec AFP
Le Népal célébrait vendredi sa "Journée de la démocratie", fête nationale dans le royaume, en dépit d'un état d'urgence toujours en vigueur, de la concentration des pouvoirs entre les seules mains du roi, de centaines d'opposants en prison, d'une presse censurée...
Dans une déclaration prononcée en l'honneur de l'événement, célébré au Népal depuis 1951, le roi Gyanendra a appelé les Népalais à "rester dévoués à la promotion, la préservation et l'exercice prudent de la démocratie, la forme de gouvernement exemplaire pour la civilisation humaine".
Le gouvernement, essentiellement formé de fidèles et directement sous sa férule, a de son côté annoncé la libération de 150 prisonniers qui ont purgé les deux tiers de leur peine. Diverses festivités ont été organisées dans le petit royaume himalayen coincé entre Chine et Inde, réunissant des écoliers et des sportifs. Des milliers de personnes se sont rassemblées à Katmandou, faisant la queue pour saluer le roi et la reine Komal, qui célébrait en même temps son 55e anniversaire.
"Chacun sait que la politique privée de normes et de valeurs démocratiques a provoqué désespoir et confusion au sein de la population avec, pour conséquence, un désenchantement grandissant pour la démocratie elle-même", a ajouté le roi. "Les activités terroristes, associées à une politique nettement éloignée de l'homme de la rue, ont stimulé l'instabilité dans la nation, mettant en danger la démocratie", a estimé le monarque. Celui-ci a pris les pleins pouvoirs le 1er février en accusant le gouvernement d'alors d'avoir été incapable de mettre un terme à la guérilla maoïste qui sévit depuis 1996.
Les partis politiques d'opposition, eux, n'ont vu aucune raison de faire la fête, préférant se consacrer à la préparation de manifestations contre l'état d'urgence instauré également le 1er février en même temps que la privation des libertés fondamentales et l'arrestation d'un "millier" d'opposants, selon des partis pro-démocratie.
Six syndicats estudiantins de gauche et militant pour la démocratie étudiaient leur participation aux manifestations, qui devraient réunir une faction du Parti népalais du Congrès ainsi que le Parti communiste du Népal-Marxiste léniniste unifié, ont indiqué des opposants sans plus de précisions, de peur d'interventions policières.
Tout rassemblement reste interdit au Népal et, vendredi, une quinzaine de militants de l'opposition ont été interpellés en différents endroits de la capitale tandis qu'ils tentaient de manifester. Parallèlement, le blocus décrété dimanche par la rébellion maoïste continuait à paralyser le transport entre Katmandou et la campagne.
Jeudi, l'organisation Amnesty International a appelé les pays étrangers à suspendre leur aide militaire, ce qui sera "sérieusement envisagé" par Washington, Bruxelles et New Delhi, a indiqué dans la capitale américaine l'émissaire américain pour le Népal, James Moriarty. L'aide est essentielle pour le pays, un des plus pauvres au monde, et en particulier l'assistance militaire dont dépend beaucoup l'armée dans son combat contre la guérilla.
Au moins 43 maoïstes ont été tués mercredi et jeudi, a affirmé le quotidien Himalayan Times, citant des sources militaires : notamment 25 lors d'opérations des forces de sécurité dans l'ouest et douze par des habitants d'un village du sud-ouest qui exigeaient la libération de deux hommes que les maoïstes étaient accusés d'avoir enlevés.
L'EXPRESS.fr avec AFPLe Népal célébrait vendredi sa "Journée de la démocratie", fête nationale dans le royaume, en dépit d'un état d'urgence toujours en vigueur, de la concentration des pouvoirs entre les seules mains du roi, de centaines d'opposants en prison, d'une presse censurée...
Dans une déclaration prononcée en l'honneur de l'événement, célébré au Népal depuis 1951, le roi Gyanendra a appelé les Népalais à "rester dévoués à la promotion, la préservation et l'exercice prudent de la démocratie, la forme de gouvernement exemplaire pour la civilisation humaine".
Le gouvernement, essentiellement formé de fidèles et directement sous sa férule, a de son côté annoncé la libération de 150 prisonniers qui ont purgé les deux tiers de leur peine. Diverses festivités ont été organisées dans le petit royaume himalayen coincé entre Chine et Inde, réunissant des écoliers et des sportifs. Des milliers de personnes se sont rassemblées à Katmandou, faisant la queue pour saluer le roi et la reine Komal, qui célébrait en même temps son 55e anniversaire.
"Chacun sait que la politique privée de normes et de valeurs démocratiques a provoqué désespoir et confusion au sein de la population avec, pour conséquence, un désenchantement grandissant pour la démocratie elle-même", a ajouté le roi. "Les activités terroristes, associées à une politique nettement éloignée de l'homme de la rue, ont stimulé l'instabilité dans la nation, mettant en danger la démocratie", a estimé le monarque. Celui-ci a pris les pleins pouvoirs le 1er février en accusant le gouvernement d'alors d'avoir été incapable de mettre un terme à la guérilla maoïste qui sévit depuis 1996.
Les partis politiques d'opposition, eux, n'ont vu aucune raison de faire la fête, préférant se consacrer à la préparation de manifestations contre l'état d'urgence instauré également le 1er février en même temps que la privation des libertés fondamentales et l'arrestation d'un "millier" d'opposants, selon des partis pro-démocratie.
Six syndicats estudiantins de gauche et militant pour la démocratie étudiaient leur participation aux manifestations, qui devraient réunir une faction du Parti népalais du Congrès ainsi que le Parti communiste du Népal-Marxiste léniniste unifié, ont indiqué des opposants sans plus de précisions, de peur d'interventions policières.
Tout rassemblement reste interdit au Népal et, vendredi, une quinzaine de militants de l'opposition ont été interpellés en différents endroits de la capitale tandis qu'ils tentaient de manifester. Parallèlement, le blocus décrété dimanche par la rébellion maoïste continuait à paralyser le transport entre Katmandou et la campagne.
Jeudi, l'organisation Amnesty International a appelé les pays étrangers à suspendre leur aide militaire, ce qui sera "sérieusement envisagé" par Washington, Bruxelles et New Delhi, a indiqué dans la capitale américaine l'émissaire américain pour le Népal, James Moriarty. L'aide est essentielle pour le pays, un des plus pauvres au monde, et en particulier l'assistance militaire dont dépend beaucoup l'armée dans son combat contre la guérilla.
Au moins 43 maoïstes ont été tués mercredi et jeudi, a affirmé le quotidien Himalayan Times, citant des sources militaires : notamment 25 lors d'opérations des forces de sécurité dans l'ouest et douze par des habitants d'un village du sud-ouest qui exigeaient la libération de deux hommes que les maoïstes étaient accusés d'avoir enlevés.
Le roi du Népal, qui a pris les pleins pouvoirs, a subi ses premières sanctions internationales le 22 février après l'annonce par l'Inde et la Grande-Bretagne de la suspension de l'aide militaire à ce pays où le blocus des rebelles a entraîné de nouvelles pénuries.
La suspension de l'aide militaire destinée à aider l'armée népalaise à lutter contre la guérilla était considérée comme un moyen de pression pour que le roi rétablisse la démocratie et les libertés fondamentales. "Vu la situation inquiétante actuelle au Népal, c'est un fait qu'aucun équipement militaire n'a été livré depuis le 1er févier 2005", a annoncé le 22 février le porte-parole de l'ambassade d'Inde à Katmandou Sanjay Verma. New Delhi a fourni quelque 4, 8 milliards de roupies (68 millions de dollars) d'aide militaire au Népal ces cinq dernières années.
La Grande-Bretagne a annoncé avoir pris une décision similaire. "Le gouvernement britannique a décidé de suspendre un programme prévu d'assistance militaire au Népal, à la lumière de la situation inquiétante là-bas", a déclaré le secrétaire au Foreign Office, Jack Straw, à Londres. La Grande-Bretagne avait prévu avant le 1er février de fournir au Népal des équipements militaires d'une valeur de 1, 34 million de livres (2, 6 millions de dollars).
L'Inde comme la Grande-Bretagne ont demandé au roi de rétablir la démocratie et les libertés fondamentales, alors que des centaines d'opposants ont été arrêtés depuis trois semaines. Les États-Unis, qui apportent aussi une assistance militaire au Népal, ont déjà prévenu qu'ils pourraient cesser de le faire si le roi refuse de revenir sur sa décision. Gyanendra avait expliqué avoir limogé son gouvernement notamment parce qu'il avait échoué à entamer des négociations avec les rebelles en lutte contre le pouvoir depuis 1996. Il s'est donné trois ans pour ramener paix et démocratie.
L'armée a expliqué depuis vouloir affaiblir les rebelles de telle façon à ce qu'ils soient obligés de négocier. Des combats ont eu lieu depuis entre les forces de l'ordre et les rebelles. Ainsi, "au moins douze rebelles ont été tués lors d'un affrontement" le 21 février dans le district de Sindhuli (125 km à l'est de Katmandou), a indiqué le 22 février une source militaire.
Pendant ce temps, le blocus illimité général imposé par les rebelles pour protester contre le roi se poursuit, entraînant jour après jour de nouveaux problèmes. Les rebelles ont réussi à quasiment paralyser les routes de province, notamment celle en provenance d'Inde, principale source d'approvisionnement, et à isoler la capitale du reste du pays depuis le 13 février. À Katmandou, le prix de la plupart des produits frais a plus que doublé depuis le début du blocus, selon des commerçants.
AFP/VNA
( 24/02/05)
Any Bourrier
(Photo RFI) 
Arrestation le 18 février à Katmandou
© AFP/Archives Devendram SinghAlors que le Népal est soumis à un blocus général illimité décrété le 13 février par la guérilla maoïste, le roi Gyanendra, qui a pris les pleins pouvoirs le 1er février, a subi plusieurs sanctions de la communauté internationale cette semaine.