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Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Discussion started by Hery on 2008-07-22
79 replies
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Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Hery · 2008-07-22
« Allemand », c’est quoi ?!
Présentation du best-seller « Les Arpenteurs du monde » (titre original : « Die Vermessung der Welt », Mesurer le monde) de Daniel Kehlmann, voix jeune (33 ans) et prometteuse de la littérature allemande :
Le roman raconte les biographies de deux savants allemands du XIXe siècle, le aventurier-géologue-botaniste Alexander von Humboldt et l’astronome et génie des mathématiques, Carl Friedrich Gauß. Deux personnalités qui ne pourraient être plus différentes : l’une quitte la vie bourgeoise, se fraye un passage à travers la forêt vierge, trouve des monstres marins et des cannibales, navigue sur l'Orénoque, goûte des poisons, compte les poux sur la tête des indigènes, gravit des volcans, et il n'aime pas les femmes ; l’autre, Gauß, étudie la probabilité, calcule l’orbite de la planète Cérès, préfère la vie bourgeoise et goûte celle d’un scientifique obsédé des nombres et formules (même dans la nuit de noces, il descend de sa mariée pour noter une formule mathématique qui lui est venu tout à coup à l’esprit), fonde une famille (même s’il ne s’intéresse que peu pour elle), et il a horreur de voyager. En relatant les épisodes marquants de la vie de l’explorateur et du mathématicien, Kehlmann peint ainsi deux caractères avec toutes leurs forces et leurs faiblesses qui peuvent être interprétés comme des caractéristiques typiques de la Créature nationale allemande. Cette déconstruction pleine d’esprit du sublime, qui du classicisme à aujourd’hui parcourt l’histoire allemande comme un fil rouge, n’a cependant rien d’irrévérencieux, pas du tout. Cet œuvre de Kehlmann n’est pas un roman historique, plutôt une satire au Classicisme Allemand et notamment à la Nature Allemande, question qui m’intéresse moi-même depuis mon adolescence ...
En référence à ce forum de voyage, il m’importe de vous présenter une petite phrase issue de ce roman, et qui m’est restée gravée dans la mémoire : Wer weit reise, ..., erfahre viele Dinge. Ein paar davon über sich selbst (p.180). Qui voyage beaucoup, ..., apprend beaucoup de choses. Et quelques-unes d’entre elles sur soi-même.
Pour conclure, une petite scène (et évocatrice ?) : Humboldt demande à Bonpland, son assistant français s’il n’a jamais lu Kant. Bonpland lui répond : « Un Français ne lit pas d’étrangers » (p.48)*. Chers Français et Françaises, puis-je vous demander de réfuter votre compatriote B. (il était de La Rochelle) ?! Pleasure guaranteed !!!
hgb
* les indications de page font référence à l’édition de poche allemande (mars 2008).
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Anàssa · 2008-07-22
Hallo hery,
" Pour conclure, une petite scène (et évocatrice ?) : Humboldt demande à Bonpland, son assistant français s’il n’a jamais lu Kant. Bonpland lui répond : « Un Français ne lit pas d’étrangers » (p.48)*. Chers Français et Françaises, puis-je vous demander de réfuter votre compatriote B. (il était de La Rochelle) ?! Pleasure guaranteed !!! "
Je réfute, hery, je réfute...
J'aurais répondu oui à la question de Humboldt. J'aurais précisé que j'ai lu "Fondation de la métaphysique des moeurs". J'aurais ajouté que ce fut certes très intéressant, mais tellement difficile que je tourne depuis autour de la "Critique de la raison pure" en me disant "Oui...je vais peut-être attendre un peu..." 😏
Sinon, pour battre en brèche l'affirmation du Charentais, je dois lire à peu près 80 %, sinon davantage, d'auteurs non Français.
Catherine
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Hery · 2008-07-22
Bonjour Catherine,
oui, j'ai perçu avec joie ta réfutation ... Tu as raison, lire Kant (il apparaît au livre de Kehlmann), c'est du pain dur (hartes Brot) comme on dit chez nous. Mais la "Critique de la raison pure" est un must, ou presque ... !
Je crois que c'est très important de lire aussi des livres non-allemands (dans mon cas) ou non-français (dans ton cas) ... Quant à moi, c'est 50 : 50 ... Il y a des auteurs extra qui écrivent en allemand (Martin Suter, Elfriede Jelinek, Michael Roes dont le roman Rub’ al-Khali – Leeres Viertel est gigantesque) mais aussi des auteurs non-allemands (j'aime par exemple Fred Vargas) ...
Par exemple, pour le moment, je lis - entre autre - "La brèche" de Claude Lefort (essais sur le Mai '68 en France, sujet qui m'intéresse depuis longtemps) et "Le diable de Milan" de Martin Suter, policier psycho ...
Bonne journée, hgb
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Anàssa · 2008-07-22
...
" Je crois que c'est très important de lire aussi des livres non-allemands (dans mon cas) ou non-français (dans ton cas) ... "
Amos Oz a écrit un très beau texte sur l'intérêt de lire de la littérature étrangère, en voici une copie :
" Si vous vous payez un billet d’avion et vous rendez dans un autre pays, vous pourrez voir les montagnes, les palais et les places, les musées, les paysages et les sites historiques. Si la chance est de votre côté, vous aurez peut-être l’occasion de discuter avec quelques habitants de là-bas. Après quoi, vous rentrerez chez vous, avec une collection de photographies et cartes postales.
Mais si vous lisez un roman, vous vous payez en réalité un billet d’entrée dans les labyrinthes les plus secrets d’un autre pays et d’un autre peuple. Lire un roman, c’est s’inviter au domicile d’autres gens et visiter tous ses recoins.
Touriste, peut-être aurez-vous l’occasion de vous trouver dans une rue quelconque, de contempler une maison du vieux quartier de la ville et d’apercevoir une femme qui regarde par la fenêtre. Puis, vous tournerez les talons et poursuivrez votre chemin.
Lecteur, vous ne contemplerez pas seulement cette femme à sa fenêtre, vous serez avec elle, dans sa chambre, voire dans sa tête.
Quand on lit un roman d’un autre pays, on se trouve en réalité invité dans le salon d’autres gens, dans la chambre de leurs enfants, dans la pièce où ils travaillent, et même dans leur chambre à coucher. On visite leurs douleurs secrètes, leurs réjouissances familiales, leurs rêves.
C’est pourquoi je crois que la littérature peut jouer le rôle de pont entre les peuples. Je crois que la curiosité est une valeur morale. Je crois que la capacité de se représenter l’autre est un vaccin contre le fanatisme. La capacité de se représenter l’autre ne fait pas seulement de vous un meilleur homme d’affaires, un meilleur amant ; elle fait de vous un être humain encore plus humain. "
Catherine
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Hery · 2008-07-22
Lire un roman, c’est s’inviter au domicile d’autres gens et visiter tous ses recoins.
Quand on lit un roman d’un autre pays, on se trouve en réalité invité dans le salon d’autres gens, dans la chambre de leurs enfants, dans la pièce où ils travaillent, et même dans leur chambre à coucher. On visite leurs douleurs secrètes, leurs réjouissances familiales, leurs rêves.
Cette image me plaît beaucoup ... on se trouve en réalité invité dans le salon d’autres gens. Il y a quelques semaines, j'ai lu l'auto-biographie intitulée Am falschen Ort de Edward W. Said (devenu fameux par "Orientalisme" mais pour moi, c'est Culture and Imperialism, son chef-d'oeuvre !). Il était palestinien (mort il y a quelques années), et en lisant ce livre, je me sentais invité constamment dans son domicile ... J'ai appris beaucoup sur l"Etre palestinien" (et plus qu'un livre spécialisé sur l'islam ou sur le Proche Orient pourrait me livrer) ...
Bonne journée, hgb
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Anàssa · 2008-07-22
Ciao again,
Oui, Oz évoque le roman mais l'autobiographie aussi, bien sûr. (je ne savais pas que Saïd en avait écrit une, je ne le connais que pour certains de ses articles)
J'ai désespérément couru les librairies de Bordeaux la semaine dernière à la recherche de celle de Canetti, sans succès. Tant pis, je me réjouis à la perspective de lire les autres oeuvres que j'ai pu me procurer de cet auteur bulgare, turc, britannique, polyglotte d'expression allemande... D'ailleurs je retourne me plonger dans Masse und Macht (traduction française) !
Catherine
PS : t'es un peu gonflé pour ta signature : sur un forum francophone tu pourrais quand même laisser à Leiris sa langue originale 😉
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Hery · 2008-07-22
Chère Catherine,
je viens de visiter www.amazon.fr, et voilà ... L'autobiographie d'Edward W. Saïd est traduite en français. Son titre : A contre-voie : Mémoires (Broché) ...
http://www.amazon.fr/contre-voie-M%C3%A9moires-Edward-W-Said/dp/2842613023/ref=sr_1_2?ie=UTF8&s=books&qid=1216766535&sr=8-2Saïd est un homme très intéressant, controversable mais intéressant. Je connais ses articles politiques publiés au Monde Diplomatique ... et, bien sûr, Kultur und Imperialismus (Culture and Imperialism). Il y a quelques années, la faculté des ethnologues/africanistes à l'Université de Mayence a offert un séminaire " Culture and Imperialism " ... Je te dis, la participation des étudiant(e)s était fulminante !
L'autobiographie de Canetti (éditée en Allemagne) existe en quatre volumes :
Die gerettete Zunge ; Geschichte einer Jugend
Die Fackel im Ohr ; Lebensgeschichte 1921-1931
Das Augenspiel ; Lebensgeschichte 1931-1937
Party im Blitz ; Die englischen Jahre
Oui, Masse et Puissance, son oeuvre la plus fameuse. Je ne l'ai pas lue ...
Demande privée : j'avoue, c'est une honte de ne pas savoir où se trouve la Gascogne ... Je crois qu'elle est n'importe où au sud de la France. Bordeaux, Toulouse, Perpignan ?! Peut-il se faire qu'une aventure d'Astérix et Obélix joue en Gascogne ?! Je ne suis plus sûr ...
Buonanotte, hgb
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Anàssa · 2008-07-23
Guten Morgen hery,
Merci pour la référence, elle m'intéresse d'autant plus que j'ai lu beaucoup de littérature israélienne, et en lis encore à l'occasion de nouvelles parutions, mais très peu de livres écrits par des Palestiniens (la pile de livres "à lire" augmente beaucoup plus vite que la pile de livres lus, je ne réussis pas à maintenir l'équilibre 😏).
Je devrais trouver les 4 volumes de l'autobiographie de Canetti en italien (je souhaitais dans un premier temps me procurer l'édition française parce que je m'efforce de maintenir une proportion moitié français-moitié italien dans mes langues de lecture, mais là j'ai fait le plein de livres écrits en français, je peux revenir à l'italien).
Il est trop tôt pour que je puisse te parler (si cela t'intéresse) de Masse et Puissance, je n'en ai encore lu qu'un cinquième.
Quant à la Gascogne, c'est ce territoire délimité au Nord et à l'Est par la Garonne, au Sud par les Pyrénées et à l'Ouest par l'Océan Atlantique.
Buona giornata,
Catherine
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Glatch · 2008-07-23
Hery my Dear,
On en avait déjà parlé à Pâques, tu te souviens ?
Stell Dir vor ! Je n´ai pas changé d´avis depuis. En 2008, c´est un des plus beaux plaisirs de lecture allemande.
Je ne suis pas férue de biographies, ni même d´ouvrages scientifiques, mais j´ai été enchantée par « die Vermessung der Welt ».
D´une part parce que l´auteur est un beau gosse munichois (il n´y pas que des Souabes chez les surdoués !) ;
d´autre part, parce que contrairement à ce qu´on pourrait croire -a priori- l´histoire parallèle de ces deux scientifiques allemands n´a rien de rébarbatif ni d´aride. Au contraire, on plonge dans cette aventure de façon savoureuse et pétillante. Kehlmann porte un regard subtil et ironique sur la vie de ses deux grands esprits dont les destins viennent à se croiser, parfois de façon loufoque.
Il est vrai qu´après avoir lu le passage dans lequel le matheux Gauß se relève, au cours de sa nuit de noces... pour noter une formule savante (!), je me suis sentie confortée dans mon idée que briller en géométrie dans l´espace n´est pas forcément un Plus dans la vie.
Merci Hery, les auteurs allemands sont à découvrir et à lire !
Je rajouterais Hans Fallada (« seul dans Berlin » ; sinon, je ne suis pas certaine que « ein Mann will nach oben » soit traduit en français) et Dieter Wellershoff (Der Liebeswunsch, « le désir d´amour » en français).
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Hery · 2008-07-23
Bonsoir,
On en avait déjà parlé à Pâques, tu te souviens ?
Non, si l'on en a parlés, la conversation devrait avoir été assez unilatérale ... j'ai fini la lecture dernier dimanche. On a parlés de Suter, parce que j'étais si enthousiaste de "Lila, Lila", la plus belle histoire d'amour lue depuis longtemps ... Non ?! Et toi, tu m'as parlé de son nouveau roman, "Weynfeldt" ... et on s'est lancé des citations, moi de "Lila, Lila", toi de "Weynfeldt" ... Les tiennes m'ont fait rougir ! Ce sont mes! souvenirs ...
un beau gosse munichois qui vit à Vienne ! "Munichois", c'est tant une griffe que "souabe" ... ?! NON !!! Munichois, c'est, ... bon, Karl Valentin, Patrick Süskind (!!!) et ce Kehlmann mais côté souabe, c'est Hölderlin, Mörike, Uhland, SCHILLER, Wieland, Hauff, Walser (würg !), et même un peu Bertolt Brecht (né à Augsburg, capitale de la Souabe bavaroise), haaaa ... c'est une autre dimension !
"ce Kehlmann", mais non, il est super ...
(il n´y pas que des Souabes chez les surdoués !)
Désolé, ma chère, après mon fauxpas d'hier, je ne suis pas bien disposé pour ça !
ses deux grands esprits
Personnellement, Gauß me plaît beaucoup plus que Humboldt. Les épisodes avec Gauß sont par endroits hilarantes, pour se boyauter ... Gauß, il est si capricieux. Génie et folie ! Premier chapitre : Gauß ne veut pas quitter le lit pour voyager à Berlin mais sa femme reste tenace, et de ce fait, il la maudit. Magnifique ! ... Et les dialogues avec son fils, Eugen, qu'il traite comme un idiote ... Et en voyage, il lit dans un livre du Turnvater Jahn, et après quelques moments, il le jette tout de go de la fenêtre ... J'ai si ri !
hgb
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Hery · 2008-07-24
Pardon, encore une fois ...
Episode de sa scolarité (exercice de calcul = addition de tous les nombres de 1 à 100). Gauß l'a solutionné après quelques minutes, comme ça :
1 + 100 = 101
2 + 99 = 101
3 + 98 = 101
4 + 97 = 101
...
47 + 54 = 101
48 + 53 = 101
49 + 52 = 101
50 + 51 = 101
= 50 x 101 = 5.050
Génial !
hgb
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Hery · 2008-07-24
Chère Catherine,
mais très peu de livres écrits par des Palestiniens
J'ai lu il y a longtemps Emil Habibi, "Der Peptimist", édité chez Lenos, maison d'édition suisse ... Beaucoup d'auteurs palestiniens sont traduits en allemand ! Si en français ou en italien, désolé, je ne sais pas.
Quant à la littérature israélinne, je ne connais que peu. J'ai lu un policier de Batya Gur, et autant que je sache, j'ai lu il y a longtemps qqc de David Grossmann, mais je ne sais plus quoi, sorry ...
Lis-tu des Américains ?! DeLillo (Falling Man), Pynchon (!!!!!!!!!!!!!!!), Gaddis (Die Fälschung der Welt, Das mechanische Klavier), Boyle (Water music) ... Des géants de la littérature !
Buonanotte, hgb
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Anàssa · 2008-07-24
Buongiorno caro nottambulo,
Oui Habibi est traduit en français, et d'autres aussi, Azmi Bishara, Sahar Khalifa... Mais je n'ai lu que Mahmoud Darwich, sans vraiment accrocher, sa poésie me reste très hermétique, et Anton Shammas, qui n'est pas palestinien mais un de ceux que l'on désigne comme Arabe d'Israël. Son "autobiographie déguisée en roman", Arabesques, se déroulant entre Israël, Paris et l'Iowa, m'avait bien plu.
Batya Gour, jamais lu ; je dois dire que je ne suis pas du tout accessible au genre policier.
Mais Grossman... ah, Grossman. Je suis follement amoureuse de David Grossman... il m'émerveille... je ne sais pas comment un homme peut être aussi écorché et préserver toutefois autant de tendresse. J'ai tout lu (sauf Le sourire de l'agneau), romans et essais. C'est une passion houleuse ; il m'arrive parfois de fermer rageusement le livre, le souffle court, terriblement irritée parce qu'il est allé trop loin, trop profond dans les affections humaines-celles que l'on pressent mais sur lesquelles on s'empresse de couler une chape de plomb, qu'il confine à la folie, que personne n'a le droit d'infliger une tel choc à sa lectrice. Puis je me calme, accepte, et m'abandonne à l'extraordinaire sentiment de sérénité qui m'envahit alors. Je lui fais désormais une confiance aveugle, je sais que j'en sortirai, quelle que soit la douleur, plus vaste, plus humaine.
J'aime beaucoup Oz aussi (lu l'intégrale). Fima, personnage principal de "La troisième sphère", cet "homme bon qui ne peut rien faire de bon" m'a touchée et beaucoup fait rire ; "Seule la mer" est une merveille, un lumineux et serein poème en prose ; et son autobiographie, "Une histoire d'amour et de ténèbres" m'a amenée à changer beaucoup de choses, figées à l'adolescence, dans ma vision d'Israël.
Abraham Yehoshua me séduit moins.
La littérature américaine...
Hum... il me faut reconnaître que mon éducation gauloise m'a longtemps cantonnée dans une défiance primaire.
J'ai fini par me laisser tenter par le "Colosse de Maroussi", livre de Miller dédié à la Grèce (mais seulement grâce à l'intercession de Durrell, hein). Passé les premiers ricanements (faut quand même être un Américain mal dégrossi pour comparer le théâtre d'Epidaure à un bol !), je dois dire que sa perception de la Grèce m'a convaincue. Je le sens probablement plus proche de ce pays que certains de nos intellectuels confits dans une dévotion inhibitrice. J'ai poursuivi avec ses autres oeuvres, sans être déçue.
J. Irving, un livre et adieu, je me suis beaucoup ennuyée et ne l'ai fini que par principe.
P. Roth, oui, et j'en redemande. "La tache" et "Pastorale américaine" m'ont plu. "le salon, la chambre de leurs enfants, la pièce où ils travaillent, et même la chambre à coucher" des Américains qu'il décrit m'a beaucoup intéressée, je n'imaginais pas ainsi (je n'imaginais rien, pour être franche). Je me promets de lire progressivement, de temps à autre, ses autres ouvrages.
Je ne connais pas les auteurs que tu cites 😊, sauf DeLillo (de nom) et Boyle, dont le "Water Music" trône sur ma table de chevet dans ma pile de livre à lire. Cela sera fait dans les six mois qui viennent.
Have a nice day,
Catherine
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Hery · 2008-07-24
Hei cara dormiente,
vraiment, le nottambulo est encore revenu ... Et je vois, tu es une passionnée de Grossman et Oz. Lire Oz, ça vaut le coup ?!
Les Américains ...
Bon, Philip Roth, j'ai lu beacoup de lui (Portnoys Complaint, I married a Communist, The Counterlife, My Life as a Man, The Great American Novel, The Human Stain, American Pastoral*) mais entre-temps il me fatigue trop. Il m'énerve, toujours le même sujet. Fini !
Falling Man de Don DeLillo traite le 9/11, très intéressant. Mais il faut lire aussi Mao II et Cosmopolis. Superbe. Pynchon est mon no.1 !!! Hier, j'ai oublié un autre géant américain, Herman Melville (Mardi, Moby Dick, Billy Budd). Je suis branché sur lui aussi ...
Chère Catherine, amuse-toi bien à lire Water music de Boyle (c'est promis) ... Tu vas visiter le Mali et voyager au fleuve Niger (le roman raconte les deux voyages de découverte en Afrique de l'Ouest de l'Ecossais Mungo Park pour y explorer le cours du fleuve Niger). Un roman fulminant, rigolo, éloquent. Le pur plaisir !
Buonanotte & Sogna bene, hgb
* tous en allemand.
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Hery · 2008-07-25
Bonsoir cara dormiente (comme Anàssa aussi),
tu es déçue par mon statement anti-munichois ?! Ce n'est pas nécessaire (j'ai blagué un peu, c'est tout). Crois-moi, à dire vrai, j'aime Munich et aussi les Munichois (sauf la Schickeria de Schwabing); cela ne m'empêche pas de me moquer de loin en loin de l'exotisme bavarois. Et j'aime surtout la vieille culture des Münchner Volkssänger : intimité surnoise, anarchie, rage folle et passion illimitée de Munich. Magnifique ! Les quelques protagonistes : Karl Valentin, Liesl Karlstadt, Weiß Ferdl (tu as certainement écouté sa chanson « Linie 8 », très connu, très populaire, à Munich et ailleurs) et beaucoup d’autres. Du dernier, il existe de nombreuses chansons populaires d’exception, dont « I woaß net wia ma is ! »* : là, un Weiß Ferdl (à une voix plaintive) incarne un homme mélancolique qui se sent mal sans savoir pourquoi, ce qui a pour conséquence qu’il ne peut prendre la décision de faire l’un ou l’autre. Je la dédie à une charmante Franco-Munichoise (supposant qu’elle comprend bien l’idiome munichois ; mais c'est indubitable), voilà ...
I woaß net wia ma is ! (Weiß Ferdl, 1928 env.)
1er couplet :
I woaß net wia ma is !
I woaß net wia ma is !
I biin net grang, I biin net gsund.
I hob an Grang und woaß koan Grund.
I woaß net wia ma is !
I woaß net wia ma is !
2e couplet :
I woaß net wia ma is !
I woaß net wia ma is !
Soll e a Bia dringa oder an Wei
Oder a Limonaad, ’s werd ’s gleiche sei ?
I woaß net wia ma is !
I woaß net wia ma is !
3e couplet :
I woaß net wia ma is !
I woaß net wia ma is !
D’Rohkosd es gsund, des sell is gwiis.
Aber a Schweinsbrat’ hod an bessern Biss.
I woaß net wia ma is !
I woaß net wia ma is !
4e couplet :
I woaß net wia ma is !
I woaß net wia ma is !
Solle mr aaschaun heid an Baarsewal ?
Oder gehn e liaba zum Fuaßball ?
I woaß net wia ma is !
I woaß net wia ma is !
5e couplet :
I woaß net wia ma is !
I woaß net wia ma is !
Schoffa ma heid doch no a Madl oo ?
Oder hear e ma liaba an Raadio oo ?
I woaß net wia ma is !
I woaß gar net wia ma is !
6e couplet :
I woaß net wia ma is !
I woaß net wia ma is !
Solld e an Schwarzn wöehln oder an Kommunist ?
Oder foar e an dem Dog liaba Misd ?
Iiii woaß net wia ma is !
Iiii woaß gar net wia ma is !
7e couplet :
I woaß net wia ma is !
I woaß net wia ma is !
Drum hob e an Dogda Zeileis gfrogd
Där hod ma ’s jedsd ins Gsichd nei gsogd :
« A Däpp bisd, dees is gwiis ».
Jedsd woaß e wia ma is !
(du CD « München : Volkssänger. Rare Schellacks 1902 - 1948 ». Trikont Verlag)
Espérons que j'ai réussi à te persuader de mon sentiment affectueux pour Munich !
Bonne nuit, hgb
* par travail pénible, j'ai "transcrit" moi-même ce texte d'un CD copié ...
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Anàssa · 2008-07-25
Ciao ciao hery,
" Lire Oz, ça vaut le coup ?! "
Ah ! quelle question ! 😏
Alors...je ne sais pas si ça "vaut le coup", je peux juste essayer de formuler ce que j'aime beaucoup chez cet auteur.
Selon moi, c'est un observateur extrêmement précis du quotidien aussi bien dans sa dimension humaine que matérielle, qui pose sur ses congénères, sur leurs petits travers, un regard empli de bienveillance ; c'est en outre un homme qui aime les femmes, très sensuel. C'est très confortable de lire un livre d'Oz, la sympathie de l'auteur pour ses personnages est communicative, il n'y a pas de tension, il te procure une sensation de bien-être, il a l'art de te réconcilier avec tes défauts et ceux des autres.
Plus concrètement, parce que je sens bien que les lignes qui précèdent sont plus compréhensibles par quelqu'un qui a déjà lu Oz que par quelqu'un qui n'a aucune idée de ce qu'il écrit, quelques exemples sur les livres que j'ai cité dans mon précédent message, qui sont mes trois préférés.
"La troisième sphère" (dont j'ignore le titre allemand, il est possible qu'il soit assez différent, le titre italien de l'ouvrage étant "Fima") est centrée sur le personnage de Fima.
C'est un petit employé à l'accueil d'une clinique (les brillantes études qu'il avaient entreprise aurait du lui permettre de faire tout autre chose), quinquagénaire divorcé mais qui désire toujours son ex-femme, Yaël, remariée et est très attaché au fils, surdoué, qu'elle a eu de son second mariage auquel il sert de baby-sitter à l'occasion. Il vit dans un appartement désordonné et sale, dans lequel sa maîtresse Nina, avocate et amie de Yaël, vient faire le ménage à l'occasion, a des visées sur une cliente de la clinique blonde pulpeuse et dépressive (car délaissée par son mari) avec laquelle il ne sait comment se débrouiller (il s'est posé en tant que confident, mais passerait bien à des relations plus charnelles, sans savoir comment s'y prendre). Il note tous ses rêves dans un carnet, écrit régulièrement des lettres aux journaux pour expliquer au gouvernement comment doit être géré le pays (si je me souviens bien, il les envoie rarement), et discute le soir, sur son balcon, avec Yoé'zer, qui habitera son appartement dans 100 ans. Un sympathique impuissant...
Un extrait (j'ai ouvert le livre au hasard) pour te donner une idée du style :
" Cela fait (une douche), il s'en fut à la cuisine pour vider le cendrier. En ouvrant la porte du réduit, sous l'évier, il découvrit le cadavre de Trotski le cafard, les pattes en l'air, à côté de la poubelle débordante. Quelque chose l'avait tué. Mais quoi ? Il n'y avait pas eu de sévices. En outre, dans cette cuisine, on ne risquait pas de mourir de faim. Perplexe, Fima, se dit que la différence entre un papillon et un cafard était si mince qu'elle ne justifiait pas que l'un personnifia la liberté, la beauté, la pureté et l'autre le comble de l'abjection. De quoi était-il mort ? Fima se souvint que ce matin là, quand il avait failli l'écraser avec sa chaussure, l'insecte n'avait rien tenté pour échapper à son destin. Il devait déjà être malade. Et dire qu'il n'avait même pas essayé de l'aider !
Fima se baissa et le ramassa délicatement à l'aide d'un journal plié en entonnoir et, au lieu de le jeter aux ordures, il l'enterra dans le pot de fleur posé sur le rebord de la fenêtre, lequel ne contenait plus rien depuis des années. La cérémonie achevée il s'attaqua à la pile d'assiettes et de tasses sales qui encombrait l'évier. "..
"Seule la mer" est un ouvrage très différent, beaucoup plus polyphonique. Fait de très courts chapitres en vers libres où interviennent des citations bibliques. Inracontable...
Quelques extraits :
Résumé (c'est un chapitre -chant ?- placé au milieu du livre)
Pour récapituler, disons qu'il s'agit de l'histoire de cinq ou six personnages,
pour la plupart encore vivants, qui s'invitent à boire les uns les autres,
surtout glacé, parce que c'est l'été. Il leur arrive parfois de servir
sur un plateau du vin accompagné de fromage, d'olives et de pastèques,
voire de préparer une légère collation. On peut aussi envisager l'intrigue
à la manière de triangles qui se recoupent. Rico, son père et sa mère. Dita
et ses deux amoureux (Guigui Ben-Gal ne compte pas). Albert
déchiré entre Bettine Carmel et son enfant épouse qui se balade dans l'appartement
avec une simple chemise sur le dos. Et Bettine, entre Avram et Albert,
une poire pour la soif. Quant à Doubi, il est coincé entre son désir pour Nirit et les semonces de sa charitable incarnation terrestre,
à l'amour des femmes préférant les reproches pondérés
d'un père. Entre son père et sa croix, Rico, qui se fourvoie en cherchant
dans les montagnes sa mère voguant sur les flots, et aime Dita
dont il n'est pas assez amoureux. Dita, qui l'attend toujours. Et tous
naviguent entre les ombres. Y compris le narrateur, tiraillé
entre le mystère et la farce. Cette trame ressemble au motif du rideau
du nécromancien grec, mort en laissant derrière lui
une femme-corneille. Elle n'a pas âme qui vive et sa trame
a des relents de pourriture. Ainsi quelque part une ombre de profile aussi dans l'histoire.
Le processus de paix (chapitre suivant)
Hadramout. Sur sa carte figure une région de ce nom en Arabie
méridionale, à l'est de Bab el-Mandeb. Le processus de paix
nous permettra peut-être d'y aller. Mais qu'y a-t-il là-bas ? Des sables mouvants,
le désert un repaire de renards. Et ici, dans ce temple abandonné ? Un moine
bouddhiste solitaire, un vrai squelette qui sans un mot
vous passe un bol de riz froid à travers le guichet
et disparaît. Il n'ouvrira pas le portail : vous n'en êtes pas encore digne. En d'autres termes,
le processus de paix est lent et difficile. Vous devez faire
encore une ou deux concessions. Seule une question
de vie ou de mort n'est pas négociable.
A midi, par un jour d'août torride (chapitre suivant)
Chez Guigui Ben Gal, rue Melchett. Elle couche encore une fois avec lui
parce qu'elle s'apitoie sur elle-même. Pendant qu'il la tringle, elle pense à
ce bon vieil Albert qui s'est échiné à lui trouver
un studio rue Mazeh, du mauvais côté. D'une part,
c'est une bonne nouvelle, mais de l'autre elle n'a pas la moindre envie
de s'en aller : elle est bien chez lui, il est si attentionné, si
dévoué, et tellement attendrissant avec ses regards voraces. La douceur
de l'interdit. Ce Guigui est une vraie brute. Il baise comme s'il enfonçait un clou
ou marquait des points. De toute façon on est toujours seul
à la fin. Avec cette chaleur, mieux vaudrait être une nonne bouddhiste au Tibet
L'énigme du bon menuisier
qui avait une voix de basse profonde (chapitre suivant)
En fait, c'étaient des parents éloignés, tous deux originaires de Sarajevo, ....
Je ne vais pas non plus recopier le livre. 😏
J'espère que cela donne une idée. Je l'ai tellement aimé qu'après avoir lu la version française, je me suis offert la version italienne, pour renouveler le plaisir.
J'arrête là (il faut que j'aille cuisiner), je ne sais pas si ce que je viens d'écrire est vraiment utile, évocateur d'une oeuvre, d'une pensée, d'une façon d'être et d'écrire.
Catherine
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Anàssa · 2008-07-25
Suite...
Je me rends compte que j'écris des messages très longs.
C'est incroyablement difficile de tenter de faire saisir, ou même seulement approcher, une oeuvre...
"Une histoire d'amour et de ténèbres" est encore un livre différent, bien qu'il ait une certaine parenté avec les précédents, étant issu du même homme.
Une autobiographie, donc.
Cette fois, je ne me fatigue pas (très mauvais de se fatiguer sur la digestion 😇) et te propose un copié/collé de la quatrième de couverture :
" Tu veux jouer à inventer des histoires ? Un chapitre chacun ? Je commence ? Il était une fois un village que ses habitants avaient déserté. Même les chats et les chiens étaient partis. Et les oiseaux aussi... " Le petit garçon qui joue ainsi à inventer des histoires à la demande de sa mère est devenu un grand romancier. Sa mère n'est plus là, mais il tient malgré tout à poursuivre la relation de l'existence tumultueuse de sa famille et de ses aïeux. Son récit quitte donc le quartier modeste de Jérusalem où il est né, remonte le temps, retourne en Ukraine et en Lituanie, et fait revivre tous les acteurs de cette tragi-comédie familiale, qu'ils soient prophète tolstoïen, séducteur impénitent, mauvais poète, kibboutznik idéaliste ou vrai savant. Leurs vies sont parfois broyées par la grande Histoire - l'Europe les rejette, l'Orient se montre hostile - et toujours marquées par leurs propres drames intimes, illusions perdues et rêves avortés. Au cœur d'une narration riche, d'une ampleur et d'une puissance romanesques jusque-là inconnues dans l'œuvre d'Amos Oz, la disparition tragique de la mère demeure la question à laquelle ce roman cherche une réponse. Une histoire d'amour et de ténèbres est un livre bouleversant où la vie d'un peuple et la vérité d'un homme se confondent."
J'ajoute juste un mot sur le passage qui m'a le plus marquée.
C'est celui où il décrit le soir du vote à l'ONU qui décidera, ou non, de la création de l'Etat d'Israël : le silence absolu de cette multitude d'hommes, de femmes et d'enfants, suspendus aux postes de radio égrenant les votes un à un a quelque chose de saisissant.
Je me tais au sujet d'Amos Oz.
A toi de juger si ça "vaut le coup".
Retour aux Américains 🙂 :
Comment peux-tu prétendre que Roth écrit toujours la même chose ?
Je n'en ai lu que deux, certes, mais ils ne m'ont pas paru redondants. Le seul point commun que je leur ai trouvé est qu'il s'agit dans un cas comme dans l'autre, plus ou moins, de l'écroulement interne d'un homme. Les raisons en sont toutefois fort différentes, l'un (le Seymour Levov de Pastorale américaine) étant touché par sa fille, et l'autre (le Coleman Silk de La tache) ayant à gérer son secret.
Pour Boyle, bon, je me suis enfin décidée à investir (surtout du temps 😏) dans Water Music.
J'ai un peu de mal avec les auteurs non-africains qui parlent de l'Afrique. Quand tu as lu les ouvrages d' Hampaté Bâ et que tu te retrouves avec le Madame Bâ de jesaispluscommentils'appelle (un Français connu pourtant), pfffffff, c'est pâle, c'est à côté, ça ne fonctionne pas.
Bien, quand tu liras cette ligne, c'est que tu seras, héroïquement, arrivé au bout de mes messages fleuves, il ne me reste plus qu'à te souhaiter une gute Nacht und süsse Traüme.
Catherine
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Hery · 2008-07-25
Relancer :
Batya Gour, jamais lu ; je dois dire que je ne suis pas du tout accessible au genre policier.
Tu appartiens à ce monde qui croit que le genre de policier est une littérature de seconde qualité ?! Si oui, tu es victime d'une grave erreur ! O.k. il y a beaucoup du rebut dans ce genre (p.ex. souvent les policiers hard boiled sont bas de gamme) mais il y a aussi des policiers excellents, et je ne vois pas pourquoi un roman qui est compté parmi la littérature "sérieuse" est plus "précieux" qu'un policier bien écrit ... Désolé !
Henning Mankell, c'est de la littérature. Autre bon exemple : Robert van Gulik dont les policiers du juge Di contiennent beaucoup de connaissance de la culture et histoire chinoises. Ils jouent dans l'époque Ming. J'ai lu tous les policiers de van Gulik ... Ou Fred Vargas, Lawrence Block, Tony Hillerman, Jean-Claude Izzo, etc.
hgb
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Hery · 2008-07-26
Mia dormiente,
(tu rêves quoi à ce moment [02:16] ?)
il faut lire ton message en haut et on a lu les oeuvres complètes d'OZ, non ?!
J'ai déjà téléchargé (existe-il "downloader") ce message et vais le lire à la maison (je suis au centre de calcul de l'université qui est ouvert jour par jour jusqu'à 6h du matin) ... Je suis sûr que cela me donne une idée !
Quant à Roth, bon, peut-être que je me suis mal exprimé ... Portnoys Beschwerden m'a énervé beaucoup, aussi son langage souvent vulgaire. Ah, non ... Le livre qui m'a plu le plus, c'était Mein Mann der Kommunist (J'ai épousé un communiste). Je suis rassasié de Roth.
Si tu dis J'ai un peu de mal avec les auteurs non-africains qui parlent de l'Afrique, je te comprends bien mais dans ce cas, tes doutes sont sans fondement. Le roman est une double biographie, celle de Mungo Park et celle de Rise, un petit looser ... Water music joue en Ecosse et en Afrique de l'Ouest mais Boyle ne "parle pas de l'Afrique".
Quand tu as lu les ouvrages d' Hampaté Bâ et que tu te retrouves avec le Madame Bâ de jesaispluscommentils'appelle (un Français connu pourtant)
Je connais les quelques ouvrages d'Amadou Hampaté Bâ, grand Malien (L'étrange destin de Wangrin; Oui, mon commandant !; Petit Bodiel; Kaidara; Amkoullel, l'enfant Peul) mais ce Français connu ?! Tu parles d'Erik Orsenna ?! ...
Tu as lu quels Africains ?! (Si A.H. Bâ n'est pas dans ta liste, je suis vexé extrêmement et ne parle plus avec toi) (ha ha, je blague)
à te souhaiter une gute Nacht und süsse Traüme
Tu peux me donner une idée de qu(o)i rêver ?!
Bon week-end !
Buonanotte & Sogna bene, hgb
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Anàssa · 2008-07-26
Guten Tag mein lieber Freund der Literatur,
Bien, je mets les sonates pour piano et violoncelle de ce cher Ludwig et je te réponds...
Voilà... Adagio sostenuto...
Non, non, je n'ai jamais dit que les romans policiers étaient un genre mineur (tu penses bien que je n'aurais pas osé), j'ai dit que je n'y étais pas accessible, nuance...
Disons que je suis un peu réfractaire à ce genre que je connais très mal : les Agatha Christie de l'adolescence, les Ellis Peters du temps où j'habitais au Moyen-Age, puis quelques Camilleri lorsque mes pas m'ont menée en Italie, mais avec moult difficultés dans ce cas, l'auteur truffant son texte d'expressions siciliennes qui me sont obscures. Je crois bien que j'ai fait le tour (ah non, il me faut ajouter un Simenon, premier et je dirais dernier, lu la semaine dernière), et j'ai bien conscience que c'est très maigre.
Je crois que mon manque d'intérêt, basé sur les exemples qui précèdent, vient de l'absence de surprise escomptée dans ce genre. Il va y avoir un détective et un crime quelconque que, bien entendu, l'enquêteur va réussir à résoudre (c'est caricatural comme vision ? 😇😏). Tu peux me citer un roman policier où l'"énigme" n'est pas résolue ? Il en existe un où l'auteur du crime court toujours ? Mon attention de lectrice limitée se concentre sur l'intrigue et néglige le reste.
Tiens, les livres d'A. Camilleri, tu as la série des enquêtes de Montalbano, qui honnêtement ne sont pas mal, pleines d'humour, qui te donnent une bonne idée de la Sicile (ce sont des meurtres n'ayant rien à voir avec la mafia), bon, ok. Et du même auteur tu as "la Concession du téléphone", sorte de roman épistolaire où règne le quiproquo, délirant et loufoque. Là oui, tu te ...comment tu dis déjà ? boyautes ? (je suppose qu'il s'agit du degré suivant "se bidonner", le rire ne s'arrêtant plus au ventre mais secouant les entrailles 😉), tu souris de la première à la dernière page avec de véritables accès de rire sonore, ça finit par être douloureux pour les zygomatiques d'ailleurs.
Oui, si j'étais éternelle, je lirais aussi les romans policiers, mais dans ma triste condition d'éphémère je préfère me concentrer sur d'autres genres, en escomptant -peut-être à tord- plus de surprise, plus d'ouverture, un champ de possibilités plus ouvert.
Catherine
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Anàssa · 2008-07-26
....
Je ne sais, peut-être dans le prolongement de la soirée, de chandeliers d'argent, d'une tonnelle de glycine, de bulles de champagne, du son grave et doux d'un violoncelle, du jeune et blond Australien caressant l'instrument qui chantait Bach, ...
"il faut lire ton message en haut et on a lu les oeuvres complètes d'OZ, non ?!"
Pardon ?! Est-ce à dire que je me suis trop étendue ?!
Non, non, Oz est un auteur prolixe. Même si tu lis tout ce que j'ai recopié, tu n'en apercevras qu'une infime partie..
Oui, merci, c'est bien à Eric Orsenna que je pensais.
" Tu as lu quels Africains ?! (Si A.H. Bâ n'est pas dans ta liste, je suis vexé extrêmement et ne parle plus avec toi) (ha ha, je blague) "
Ouf ! L'incident diplomatique germano-français sera évité de justesse, où serait-il allé se loger tout de même...😛😏 J'ai lu Hampâté Bâ, les deux volumes de sa biographie, l'étrange destin de Wangrin (la scène où le chef de je ne sais plus quelle ethnie se fâche parce que les Français n'acceptent plus que l'impôt soit levé en galettes de mil (?) mais exigent désormais des galettes d'argent alors qu'ils en ont plein chez eux, mais que pour lui ça va être difficile d'en trouver, est une scène hilarante, et amère. C'est dans l'"étrange destin..." ou dans "Oui, mon commandant" ? J'ai un doute subitement), plus son recueil de contes "Il n'y a pas de petite querelle".
Sinon, dans l'ordre de mes préférences : E. Dongala, F. Couao-Zotti, P. Nganang, Y. Ouologuem, L Owondo. J'aurais bien détaillé un peu, mais après ta remarque sur la longueur de ma présentation d' Amos Oz, je n'ose plus.😇
Un rêve, une amorce de rêve de femme... (Es ist nicht zu spät ? Für einem ander(?) Mal vielleicht...)
Alors...allons frapper chez A. Rahimi... je te propose une pièce nue, éclairée d'une bougie, il n'y a rien d'autre qu'un épais tapis afghan blanc, rouge et noir. Epuisé, tu viens d'entrer chez cette femme. Vous n'avez pas échangé un mot. Elle pose devant toi une assiette de riz à la viande et, toujours en silence, se retire dans un angle. D'un geste lent, elle relève derrière son oreille une mèche de cheveux noirs...
Je vous laisse...
Schönes Wochenende,
Catherine
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Mékong · 2008-07-27
salut
je n'ai pas pu résister à l'envie de mettre mon grain de sel mais je ne serai pas long
Quelques pistes
des auteurs non africains qui écrivent sur l'Afrique et plutôt bien
Lieve Joris la plupart de ses oeuvres
Russel Banks "American Darling"
Shiva Naipaul "Le sortilège africain"
deux auteurs palestiniens et deux livres marquants
Elias Sanbar "le bien des absents"
Ghassan Kanafani "retour à Haifa et autres nouvelles"
j'ajouterai qq auteurs africains à ta collection
Jamal Mahjoub (Soudan)
Mia Couto (Mozambique)
Chinua Achebe (Nigéria)
Eric
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Anàssa · 2008-07-27
Bonjour Mékong,
(noctambule aussi à ce que je vois. Mais comment faites-vous pour avoir les yeux ouverts et le cerveau lucide et actif à ces heures profondes de la nuit ?)
Je trouve bien dommage que tu ne sois pas un peu plus long. Parce que ta liste ressemble un peu à celles qui peuplent le forum (les 5 plus belles villes, les plus belles îles...). Elle est muette. Et j'aimerais bien percevoir ne serait-ce qu'un léger murmure...
Tant pis si c'est long ; nous avons le temps non ? Et les lecteurs pressés pourront toujours survoler...ou passer leur chemin.
Le livre d'Elias Sanbar est un roman ? Je me souviens que je l'entendais assez souvent lorsque j'habitais encore en France mais il me semblait que c'était plutôt un historien.
Catherine
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Hery · 2008-07-27
Hi Catherine,
j'ai lu ton message quant à Oz ... Merci pour les idées !
Hier, j'ai été à ma librairie Gutenberg ici à Mayence et ai posé la suivante question à une libraire que je connais depuis longtemps : "Si qqn ayant jamais lu Oz, te demandais quel livre à lire de lui, tu lui conseillerais lequel ?!"
Elle a répondu très rapidement : "Eine Geschichte von Liebe und Finsternis" (Une histoire d'amour et de ténèbres) !
Trois livres d'Oz y étaient disponibles dont "Eine Geschichte ...", "Black Box" et "Der dritte Zustand". Et j'ai bouqiné longtemps dans les trois ... A la fin, je me suis décidé pour "Der dritte Zustand" (La troisième sphère). C'était lui qui m'a semblé le plus prometteur de tous les trois.
hgb
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Glatch · 2008-07-27
Bonsoir cara dormiente (comme Anàssa aussi),
tu es déçue par mon statement anti-munichois ?!
Déçue par le VFiste Hery tout court.
merci pour les 3 pages de MP que j´ai survolées...
comme d´hab, tu aurais pu copier-coller les anciennes, ça revenait au même.
je ne t´ai fait aucun reproche pour le "faux-pas" que tu sais et tu me balances toute ta frustration à la figure. Je te l´aurais bien dit en MP mais tout à coup... ça bloque. Bizarre.
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Anàssa · 2008-07-27
Ciao hery,
Bonne lecture ! J'espère que tu auras souvent le sourire aux lèvres en lisant...
Une petite requête : je ne me souviens pas pourquoi Fima a baptisé le cafard "Trotsky", j'ai feuilleté rapidement le livre hier sans trouver l'explication. Quand tu l'auras lue, tu pourras me rafraîchir la mémoire ?
Buona domenica (cioè...cio che ne resta),
Catherine
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Mékong · 2008-07-27
Bonjour Anassa
bon ok je vais essayer de synthetiser
(noctambule aussi à ce que je vois. Mais comment faites-vous pour avoir les yeux ouverts et le cerveau lucide et actif à ces heures profondes de la nuit ?)
question d'habitude et j'ai mille choses à faire, les journées sont trop courtes🙂
Elias Sanbar fait aussi un travail d'historien. Le bien des absents est autobiographique et couvre plusieurs decennies.
le livre est parsemé de passages marquants comme les rencontres avec JL Godard et Jean Genet. c'est teintée de mélancolie et de pudeur sans être dénué d'humour ce qui je trouve, caractérise bien ce peuple déraciné (mon ressenti à travers diverses rencontres)
Ghassan Kanafani est très populaire parmi son peuple. Retour à Haïfa est un recueil de nouvelles. C'est le dernier qu'il a écrit avant d'être assassiné.
Auteurs non africains qui écrivent sur l'Afrique
Lieve Joris en fait partie, cette Hollandaise en a écrit plusieurs dont Mali Blues sur la vie de Boubacar Traoré cet magnifique bluesman
Russel Banks
American Darling, j'ai adoré cette histoire entre deux continents Usa et Afrique à travers le destin d"une femme, activiste dans son pays et qui débarque au Libéria. Choc des cultures avec en toile de fond un conflit larvé entre les seigneurs de guerre qui vont plongé le pays dans le chaos
Shiva Naipaul
un natif de Trinidad et Tobago aux origines indiennes (le frère de V S Naipaul) raconte sa perception de l'Afrique durant un périple du Kenya jusqu'en Zambie à travers toute une galerie de personnages pittoresques (croqués tantôt avec tendresse tantôt avec férocité) rencontrés au détour de sa route.
Les auteurs africains que je t'ai cité
en premier lieu Mia Couto, un écrivain du Mozambique. Une écriture qui oscille entre imaginaire et réalité avec en toile de fond l'histoire de son pays meurtri par les guerres civiles fomentée par le voisin sud africain. Une écriture poétique. des romans : Terre Somnambule, les baleines de Quissicio la veranda du frangipanier
Chinua Achebe : le chef de file des écrivains nigérians. Un roman Le Monde s'effondre qui se lit comme une fable et qui décrit la métamorphose progressive d'un village africain avec l'arrivée des colonisateurs. Un classique
Jamal Mahjoub : un des plus grands écrivains soudanais. Une écriture qui me transporte au milieu des dunes balayées par le vent du désert...Son roman la navigation du faiseur de pluie est géniale
bonne soirée
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Hery · 2008-07-28
Glatch,
tu as mon adresse privée (mail, postale) ...
Aucun reproche, bien sûr, non, toujours aimable, toujours de bonne humeur.
Quelle frustration ?, à cause de toi ?, mon Dieu, je ris ...
Bizarre ...
hgb
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Hery · 2008-07-28
Buongiorno, mia amica appassionata della letteratura,
par « ce cher Ludwig », tu en parles de Ludwig van Da-Da-Da-Dam—Da-Da-Da-Dam ?! Si oui, oh, tu supportes sa lourde mélancolie ... ?! Moi, non.
Je te réponds en mettant ...
Allegro sostenuto (1986-88, pour basse-clarinette, violoncelle et piano) de Helmut Lachenmann, doyen de la Nouvelle Musique en Allemagne et disciple de Luigi Nono ...
... Du temps où tu habitais au Moyen-Age ?! Comment comprendre ?! Tu as quel âge (as-tu oublié un zéro final chez 38 ?! Très canonique, cet âge, chapeau. Lors d’une période tellement étendue, on peut lire beaucoup) ?! Ah, Camilleri, je n’ai pas lu beaucoup de lui, mais p.ex. L’excursion à Tindari (La Gita a Tindari). Parceque tu mentionnes l’italien sicilianisé de Camilleri, il faut dire que le livre Tindari contienne une préface dite « Andrea Camilleri, la saveur d’une langue » qui traite ce phénomène un peu. Intéressant !
Vraiment, Simenon, bien sûr, et deux autres classiques, Raymond Chandler et surtout Dashiell Hammett dont les romans (de 2) étaient souvent portés au cinéma (The Maltese Falcoon, The Thin Man, Big Sleep). J’ai lu tout de Hammett. A mentionner absolument de plus, c’est Cornell Woolrich, un de mes favoris absolus (très estimé par Hitchcock ; tu connais certainement le film Das Fenster zum Hof, je crois, avec James Stewart).
Je crois que mon manque d'intérêt, ..., vient de l'absence de surprise escomptée dans ce genre. Hmm, je ne sais pas. Je trouve qu’il y a beaucoup de policiers pleins de surprise, p.ex. Mankell ... En tout cas, je préfère un policier à suspense auprès de Handke (sauf Das Leben meiner Mutter, La vie de ma Mère qui est super) dont les livres sont une description sans cesse de son état d’âme depuis 30 ans. Autrement dit, Seelengewixe . Une âme pleine de nationalisme serbe qui admet même un exécuteur d’un génocide (Milosevic). Bon sang, ce fils de pute intellectuel ! Le même vaut pour Günter Grass aussi qui concède à l’âge de 80 d’avoir été membre de la Waffen-SS mais a joué pendant 50 ans la « propre conscience de la nation allemande » et a parlé même à Yad Vashem. Quel s...d !
Quant aux auteurs africain, quelle surprise positive ... Tu as lu beaucoup, je ne connais même pas tous les noms cités par toi (E. Dongala, F. Couao-Zotti, P. Nganang). Moi, je connais beaucoup de Wole Soyinka, de plus, je connais Mongo Beti, Francis Bebey, Ahmadou Kourouma (Les soleils des Indépendances), Cheikh Hamidou Kane (L’aventure ambiguë !!!), Ouologuem, Henri Lopes (Tribaliques), Ousmane Sembène, Massa Makan Diabaté (Le coiffeur de Kouta), U Thamsi, Moussa Konaté, etc. etc. Mon intérêt spécial, c’est la littérature malienne (voir la revue volumineuse Littérature Malienne, no. 75-76, réedition 1989, Paris/CLEF, à une préface d’Amadou Hampaté Bâ). Extrait de la préface :
On dit en Afrique que la « belle parole » est une bonne provision, car si quelqu’un parle bien, il suffit qu’il s’asseoie et raconte. Tout le monde viendra l’entourer et on lui donnera tout ce dont il a besoin.
C’est l’Afrique !
Soit dit en passant, un grand Merci à Mekong pour avoir mentionné la Belge Lieve Joris comme représentante non-africaine qui « parle de l’Afrique ». A conseiller absolument son livre « Mali Blues » (mais aussi les autres parlant du Zanzibar et de l'ex-Zaire). Superbe ! Autres auteurs non-africains qui... lisibles sont Le Clézio (L’Africain) ou aussi Gianni Gelati (Aventures en Afrique !!!), alors le roman du Viennois Thomas Stangl Der einzige Ort (Le seul lieu), un récit fictif sur le Tombouctou mystérieux. Grandios ! Et à la fin, bien sûr, les classiques de la littérature de voyage dont Voyage à Tombouctou de René Caillié et Die große Reise, 1849-55 (à Tombouctou aussi) de Heinrich Barth. Il y en a beaucoup d’autres ...
Quant à Oz et ta remarque « Pardon ?! Est-ce à dire que je me suis trop étendue ?! », non, non, non, pas du tout. Tu ne t’es pas trop étendue ... Merci pour le tout !
Bonne semaine !
hgb
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Hery · 2008-07-28
Lieve Joris en fait partie, cette Hollandaise en a écrit plusieurs dont Mali Blues sur la vie de Boubacar Traoré cet magnifique bluesman
Bonjour Mekong,
petite correction : Lieve Joris est belge pas hollandaise.
En fait, le livre contient 4 récits dont le plus large, de titre "Mali Blues", qui parle de la vie de Boubacar Traoré, doyen de la musique populaire au Mali.
hgb
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Anàssa · 2008-07-28
Buongiorno Hery,
Oui, non seulement je la supporte mais je l'apprécie. La mélancolie est un état d'âme auquel je ne renoncerais en aucun cas...
Aujourd'hui allegro vivace de Boccherini, les notes s'envolent...
Bon...je note...Hammett, Woolrich (mais pas "Fenêtre sur cour", je n'aime pas du tout lire un ouvrage si j'ai déjà vu l'adaptation cinématographique auparavant, cette dernière parasitant ma "vision" du livre), Mankell..., si jamais il me reprend la tentation de lire un peu de littérature policière. Au pire je me les procure en italien et les donne à PierAndrea, très amateur de ce genre. Oui, voilà un bon plan ! Il les lit, j'y jette les un coup d'oeil et si j'accroche, je poursuis...
Le "coming out" (si je peux le désigner ainsi) de G. Grass a eu lieu avant, ou du moins, c'était connu avant. Tu verras, Oz, enfin Fima, y fait allusion dans La troisième sphère. ("Fils de pute" est très vulgaire en français, toi qui te lamentais de la vulgarité de Roth, je trouve que tu te laisses un peu aller...😛😏)
E. Dongala est un auteur congolais, émigré au Etats-Unis.
J'en ai lu "Les petits garçons naissent aussi des étoiles", roman sur le fonctionnement de la politique africaine post-coloniale vue à travers les yeux d'un enfant.
(En voici le début :
J'ai failli ne pas être né.
J'ai failli ne jamais galoper derrière un rayon de lumière pour essayer de le rattraper, j'ai failli ne pas découvrir les contrées où les rêves s'amusent à s'inventer avant de filer vers le sommeil de leurs destinataires, j'ai failli ne jamais connaître le bonheur de tâter les seins d'Alédia derrière les buissons de lantana qui nous griffaient au passage. Je vous assure que vraiment je ne mens pas, j'ai failli ne pas être né. Maman avait quitté l'hôpital en m'oubliant dans son ventre.)
Le regard, faussement candide, que cet enfant porte sur le monde des adultes est très drôle.
Du même auteur, "Le feu des origines" est aussi très bien. L'histoire de la lutte de Mandala Mankunku contre le pouvoir colonial est ici prétexte à brosser un tableau de l'histoire du Congo, les techniques de colonisation, la construction de la ligne Congo Océan, la levée des troupes lors de la guerre de 40... A la fois très dur et très poétique, magnifiquement bien écrit.
Pour exemple, cette scène, un échange de regard...
Il (l'étranger blanc, enfin rouge écrevisse) tourne la tête et le (Mandala Mankunku) regarde vraiment pour la première fois ; il se demande aussitôt comment il a fait pour ne pas le remarquer plus tôt. Il sursaute en voyant la couleur de ses yeux et, comme pris de vertige devant leur profondeur, fasciné, il y plonge son regard : il s'enfonce dans l'épaisse profondeur du grand fleuve Nzadi, il y patauge, il s'y noie, il a peur, il émerge et se retrouve dans l'immense forêt équatoriale verte et inaccessible à son âme, il entend ses cris et ses rumeurs et, incapable de comprendre, il invente des horreurs et des fantasmes qui ne font qu'ajouter à son angoisse grandissante ; son esprit s'enfonce un peu plus dans ce coeur de ténèbres et s'affole, ne sachant comment échapper au piège de ce monde fantasmagorique et mystérieux. Son corps qui a aussi peur s'échauffe et des gouttes de sueur miroitent sur sa peau. Au prix d'un effort surhumain, son regard enfin jaillit vers la lumière du soleil brûlant de midi. Ouf ! Il est sauvé, il arrache ses yeux aux yeux verts de Mankunku ; il s'évente, prenant le temps de se ressaisir.
Mandala Mankunku a aussi plongé son regard au fond des yeux bleus de l'étranger, des yeux bleus outremer : y défilent d'innombrables forges fabriquant à une vitesse surprenante un nombre incalculable de fusils à cartouches et peut-être même des fusils à dix coups ; il ne comprends pas, il est terrifié, il cherche derrière ces usines et ces armes les tombeaux de leur ancêtres, le secret de leur puissance ; il ne trouve pas, son esprit ne saisit pas la logique de ce monde et l'homme devant lui devient plus redoutable encore ; il veut échapper, retirer son regard mais celui-ci traîne encore sur la mer bleue des yeux de l'étranger ; il y découvre de grands bateaux sillonnant les océans, des hommes enchaînés, traînés sur la face de la terre et de la mer, d'interminables équipes de laptots. Son angoisse se fait plus oppressante, il respire mal, il a peur. Brusquement son regard s'échappe, revient vers le soleil éclatant et rassurant de midi, vers l'immense étendue verte, calme et sécurisante, de la grande forêt équatoriale.
Plus brièvement, F. Couao Zotti est un jeune auteur du Bénin, qui situe ses livres (du moins ceux que j'ai lu, "Notre pain de chaque nuit" et le recueil de nouvelles "L'homme dit fou et la mauvaise foi des hommes") dans les quartiers populaires de Cotonou. C'est très violent, vraiment très dur.
De P. Nganang, j'ai lu "Temps de chien", la vie quotidienne des quartiers populaire de Yaoundé vu à travers les yeux d'un chien.
Merci pour les références (j'ai effectivement oublié A. Kourouma dans ma liste, "Allah n'est pas obligé..." un livre sans aucun doute intéressant mais qui te retourne l'estomac, et l'humour du regard de l'enfant est terrible).
Je crois bien qu'il me faudra un jour lire au moins Soyinka. Et revenir en Afrique...
Je note "Mali Blues" sur la liste des livres à acquérir à Noël, lors de mon prochain séjour en France. Lieve Joris n'est pas traduite en italien...
Vielen Danke und schöne Woche,
Catherine
PS : "habiter au Moyen-Age" est ma façon de désigner mes études. J'ai passé 7 ans de ma vie à courir les églises et lorsque je n'étais pas dans les églises, j'avais le nez fourré dans la patristique grecque ou latine. Je vivais davantage au Moyen-Age qu'à notre époque
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Hery · 2008-07-28
Hi, incroyable, tu me surprends de plus en plus : Anàssa un mélomane, c'est nouveau pour moi. Ai, je te dis, cela me plaît ...
Je t'offre : Al Gran Sole Carico D'Amore de Luigi Nono
Catherine, je vais lire le tout à la maison mais tout bref : tu es sûre que "Mali Blues" n'est pas traduit en italien. Je vais voir moi aussi ... Sinon, Gianni Celati est une bonne alternative !
"Fils de pute" est très vulgaire en français, toi ..., je trouve que tu te laisses un peu aller. D'accord, je m'excuse (en allemand, c'est Hurensohn, très péjoratif, et c'est vraiment ce que je voulais dire). S'il te plaît, comprends, je déteste Grass ... Mais bon, je m'excuse !
Oui, Soyinka, parmi les vivants, le plus grand peut-être, un must : je te conseille Aké, eine afrikanische Kindheit et Isarà. Eine Reise rund um den Vater, les deux autobiographiques. Superbe !
Gute Woche auch für Dich !
hgb
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Mékong · 2008-07-28
bonjour
oui évidemment que Lieve Joris est Belge.
Mali Blues ça fait un bail que je l'ai lu et c'est le chapitre sur Boubacar qui m'a marqué car j'aime sa musique
pour en revenir à Dongala
les trois romans qu'il a écrit se lisent comme une trilogie. superbe et drôle et fait penser à Candide
Le feu des origines
les petits naissent aussi des étoiles
un poème dans la poche un fusil dans la main
avec pour chacun des périodes distinctes de l'histoire du continent, pré post colonisation et luttes d'indépendance
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Anàssa · 2008-07-28
Bonjour Mékong,
Merci pour les quelques détails et orientations bibliographiques.
Je n'avais pas perçu l'aspect bilogie (pas lu le 3°) des romans de Dongala, mais oui...
Catherine
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Anàssa · 2008-07-28
Bonjour encore,
"Ah, Camilleri, je n’ai pas lu beaucoup de lui, mais p.ex. L’excursion à Tindari (La Gita a Tindari). Parceque tu mentionnes l’italien sicilianisé de Camilleri, il faut dire que le livre Tindari contienne une préface dite « Andrea Camilleri, la saveur d’une langue » qui traite ce phénomène un peu. Intéressant ! "
Je suis curieuse...
Tu l'as lu en allemand ? Je me demande comment le traducteur réussit à rendre le relief de la langue... il l'homogénéise ou y introduit des mots d'un dialecte allemand ? (question annexe : si cette seconde option qui est choisie quel est l'équivalent allemand du sicilien ? Le bavarois ?)
Nous avons parlé de beaucoup d'auteurs ici, mais pratiquement pas d' Allemands...
Catherine
PS : Non, j'ai fouillé les librairies virtuelles italiennes et aucune trace de L. Joris.
(G. Celati, oui... j'avais lu un de ses livres, dont j'ai oublié le titre, il y a une vingtaine d'années, il ne m'a pas laissé un souvenir impérissable, mais peut-être sur l'Afrique...)
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Hery · 2008-07-29
Bonjour Catherine !
Non, je l’ai lu en français. La préface a été écrite pas le traducteur, Serge Quadruppani. Un plaidoyer pour le sicilien, langue tout à fait moderne selon lui. Si tu veux, je peux la recopier et envoyer à toi ...
Sur la page 88, il y a une note en bas de pas pour vù cumprà (si c’est italien ou sicilien, je ne sais pas) : littéralement « vous achète », comme disent les vendeurs noirs à la sauvette (N.d.T.)
S’il te plaît, laisse-moi revenir encore pour un instant à AHB (par ailleurs, Wangrin était mon premier roman africain lu, et il est resté jusqu’à aujourd’hui un de mes romans préférés). Si tu cherches un jour un beau bouquin pour faire plaisir à quelqu'un (qui a déjà entendu parler d’AHB ou qui connaît un peu le Mali), je te recommande franchement ...
« Amadou Hampâté Bâ. Sur les traces d’Amkoullel l’enfant peul ». Photographies de Philippe Dupuich. 1998. Actes Sud.
Un bijou ! Très bien fait, à des textes (extraits) de lui ainsi qu’à des photos superbes : de vieilles photos noire-blanches d’AHB, et beaucoup de photos colorées sur le Mali (greniers, pirogues, le fleuve, la mosquée de Djenné, la tombe de Tierno Bokar , tisserandes, potières, bergers peuls, talibés, baobabs, enfants, femmes peules, etc.). Les photos sont extra, je te dis ...
Je suis curieux moi aussi un peu (sans aucune arrière-pensée) : as-tu déjà été en Afrique et surtout au Mali. Si oui, j'aimerais apprendre tes impressions maliennes. Merci d’avance !
Quant à Lieve Joris/Gianni Celati, il faut dire que Joris soit beaucoup plus poétique et profond, bref plus littéraire. Le livre de Celati (titre original : Avventure di Africa) décrit son voyage au Mali, par élan et de manière vivante. Joris rattrape le moment des atmosphères et des humeurs du Mali et ailleurs (les autres récits jouent au Sénégal, au Mali/Mauritanie etc.), décrit la poésie, l'espoir, la dignité des hommes & femmes au Mali et ailleurs ... Lieve Joris conçoit un portrait magnifique sur le Mali, un panorama de ce pays si riche en culture et histoire en se fondant sur la vie du Mister Malitwist, Boubacar Traoré. Fantastique ! Quant à Boubacar, je te conseille le disque et le film Je chanterai pour toi, un hommage touchant à sa femme morte, Pierrette. Un homme qui pleure sa femme et mère de ses enfants. Très très émouvant !!! Dans le film, Boubacar rencontre le grand Ali Farka Touré, donc, les deux éléphants de la musique malienne sont ensembles ! En tout cas, le livre de Joris est à préférer auprès de celui de Celati, à mon avis.
Je vais lire ton message « Grass » à la maison. Merci !
Tu aimes connaître les auteurs allemands que j’aime ?! Difficile. Tu sais que la Littérature Allemande est très très riche : je laisse les classiques Goethe, Schiller, Heine (Deutschland. Ein Wintermärchen), Kleist (Michael Kohlhaas !!!) mais me concentre (un peu seulement) sur les lettres modernes, surtout après 1945 (allemandes, suisses, autrichiennes) ; c’est d’abord, bien sûr, Bertolt Brecht (au lycée, on a lus BB comme les fous ; ses poèmes et Die Dreigroschenoper, je les aime même aujourd’hui) et Franz Kafka (bon, de Prague mais il appartient à la littérature allemande parce qu’il a écrit en allemand), Thomas Bernhard (Auslöschung, Alte Meister. Gigantesque !!!), Friedrich Dürrenmatt, Friedrich Glauser, Martin Suter (super !), Arnold Stadler (Mein Hund, meine Sau, mein Leben), Elfriede Jelinek, Josef Roth (Das falsche Gewicht), Georg Büchner, bien sûr (Lenz, Der Hessische Landbote), HM Enzensberger, Peter Weiss, Ernst Jandl, Urs Widmer, Ulrich Peltzer, puuh ..., je pourrais mentionner encore beaucoup beaucoup
hgb
P.S. : L’expression « voir ou faire voir à la Suédoise ? » veut dire quoi ?! Suédoise, ça casse quoi ?! Je ne comprends pas ...
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Anàssa · 2008-07-29
Ciao Herbert,
Camilleri :
vù cumprà est du sicilien, ("voi comprate", en italien).
Camilleri écrit non seulement en sicilien pour certains des dialogues mais insère également des mots de sicilien dans les propos du narrateur qui s'exprime par ailleurs en italien standard. C'est très curieux. Combien de fois ai-je cherché dans un dictionnaire italien des mots sans les trouver... Je m'interroge donc sur la façon dont un traducteur peut rendre cet aspect de l'écriture (bon, en même temps, il est assez simple de trouver réponse à mon interrogation, il me suffit de me procurer un roman de Camilleri en français).
Le Mali
Merci pour la suggestion.
Oui, je suis allée au Mali, hiver 2002-2003 (c'est d'ailleurs de ces années là que datent toutes mes "lectures africaines"). J'ai donné un synthétique résumé de mes sensations là : http://voyageforum.com/v.f?post=1836728#1836728
Je suis convaincue, je lirai L. Joris.
J'ai un album (très beau) de Boubacar Traoré chez moi, Sa Golo, et une chanson s'intitule "Je chanterai pour toi". C'est de celui-ci dont tu me parles, ou il y a vraiment un album qui porte ce titre ?
Les auteurs allemands :
Titre : Hery, ou comment noyer une malheureuse Française sous une avalanche de noms...😄
Merci quand même...😛
Buon lavoro,
Catherine
PS du PS : Wass ? Expression inconnue. Tu as lu ça où ? (je viens de reparcourir cette discussion sans en trouver trace). Le contexte ?
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Mékong · 2008-07-29
Sur Boubacar Traoré
Oui sur cet album, "Je chanterai pour toi "est la chanson dédiée à sa défunte femme Pierrette.
Le film restera pour moi un grand souvenir en voyant ces deux grands bluesman côte à côte, Ali Farka Touré le plus jeune portant la guitare de Boubacar son ainé comme c'est de coutume.
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Hery · 2008-07-29
Bonsoir Catherine,
c'est 01:06, tu dors déjà ... ou es-tu en train de compter les moutons blancs pour s'endormir ?!
Cet après-midi, j’étais à la bibliothèque municipale Anna Seghers ici à Mayence ... A cette occasion, j’ai pris le livre de Camilleri « L’excursion à Tindari » dont le titre allemand est Das Spiel des Patriarchen (Le jeu du patriarche, traduit par moi). J’ai trouvé un assortiment de mots italiens/siciliens? en italique :
Délices culinaires :
Antipasta di mare
Brioscia
Calamaretti
Caponatina
Cassata
Cornetti
Pesce alla griglia (poissons grillés)
Purpitelli (petites seiches)
Risotto al nìvuro disìccia
Sfincione
Triglie all’agrodolce
Vongole (en all. Venusmuschel. Ça fait curieux. Ce coquillage, est-il un aphrodisiacum, ou quoi ?)
Ça m’a donné faim. Je crois que je vais « à l’Italien » ce soir pour goûter Vongole, avec beaucoup de Venus ...
Notes par la traductrice :
Arma (carabinieri)
Bùmmolo
Digos (police politique)
Fantozzi (incarnation d’une cruche)
Fava
Lattes e mieles
Il moro (mûrier ; maure = noir ; région solitaire)
Incaprettamento
Pisello
Salma (unité de mesure)
Sette e mezzo
Vù cumprà
Autres mots et expressions en italique :
Nonsi
Sissi
panino
canditi
Bih, che camurrìa
Signor mio
Nossiguori e nossiguori
Sissiguore
Pronti
Il nummàro su questo pizzino ci lo scrissi
Il Re galantuomo
Buongiorno
Beddra Matre santissima !
Taliasse ccà
Ulivo saraceno
Semu tutti nelli mani d’o siguiruzzu
Madonnuzza santa !
Né scu né passiddrà
Ho deciso di sposarmi (et toi, C. ?!)
Sposare
Mi voglio sparare
Miscusasse
Ca guali afori e afori
Talè
Littre di pilo sono
Principio sì giolivo ben conduce
Bon, c’est ça ... Il me semble que la majeure partie des mots est italien, non ?! Sauf Buongiorno, ce n’est pas de mot italien, j’en suis sûr. Je crois que c’est ketchua ... ou khmer. Qu’est-ce que tu en penses, Franco-Italienne ... ?!
hgb
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Hery · 2008-07-30
Re-bonsoir,
quant à Camilleri, extrait de la préface :
La difficulté principale se présente au niveau intermédiaire, le deuxième, celui de l'italien sicilianisé, qui est à la fois celui du narrateur, de Montalbano et de la plupart des personnages. Il est truffé de termes qui ne sont pas du pur dialecte, mais plutôt des régionalismes (pour citer deux exemples très fréquents, taliare pour guardare, regarder; spiare pour chiedere, demander). Ces mots, Camilleri n'en fournit pas la traduction, car il les a placés de telle manière qu'on en saisisse le sens grâce au contexte (et aussi, souvent, grâce à la sonorité proche d'un mot connu). Voilà pourquoi les Italiens de bonne volonté (l'immense majorité, amis on en trouve encore qui prétendent que l'idiome de Montalbano leur échappe) n'ont pas besoin de glossaire, et goûtent l'étrangeté de la langue en la comprenant pourtant.
Pour ne pas se donner le ridicule de remplacer purement et simplement l'italo-sicilien par un parler régional français (un Montalbano émaillant ses phrases de mots flamands, bretons ou lyonnais aurait-il encore quelque chose de sicilien ?), il a fallu renoncer à chercher terme à terme des équivalents à la totalité des régionalismes. Il ne suffit certes pas d'être excellent italianiste, même estampillé par l'université, pour faire une bonne traduction : dans cette activité, une part de création littéraire est indispensable. Mais d'un autre côté, le traducteur doit impérativement éviter de disputer son rôle à l'auteur : il était donc hors de question d'inventer une langue artificielle, même si celle de Camilleri l'est dans une certaine mesure (il ne s'agit pas d'une pure transcription, mais d'une recréation personnelle à partir du parler de la région d'Agrigente).
(Serge Quadruppani, p.8/9)
Ma chère Catherine, TOUS les albums de Boubacar Traoré sont très beaux !!!! Moi, j'aime surtout "Kongo Magni", mon album préféré de lui. Je possède tous ses albums. Bon, quant à "Je chanterai pour toi", Mekong l'a dit. C'est un "propre" album, un mix de pièces de son oeuvre complète, par exemple Soundiata, Sa Golo, Diarabi, Adieu Pierrette, Le Monde est fait pour qu'on s'aime, etc. J'aime son jeu de guitare, tendre et mélodieux, et aussi sont chant, d'une simplicité pleine d'âme ...
Petite retour à la littérature africaine : tu connais "Le ventre de l'Atlantique" de Fatou Diome, Sénégalaise (vit à Strassbourg) ?! A recommander !
Les auteurs allemands, pas de fausse modestie, tu connais tous ...
Buon lavoro, merci !
hgb
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Hery · 2008-07-30
Petit supplément :
Bonjour,
deux lexèmes siciliens (je crois) de plus :
1. (p.15/16)
Conversation téléphonique entre Montalbano (dottore) et Fazio, son collègue. Intéressant :
- Dis-moi, par curiosité. C'est toi qui as téléphoné il y a un quart d'heure ?
- Oh que non, dottore, Ce fut Catarella. mais il dit que vous lui avez répondu que vous étiez pas prêt à vous jeter à l'eau. Alors j'ai laissé passer un petit moment et j'ai rappelé moi. Maintenant vous vous sentez prêt, dottore ?
- Fazio, comment tu fais pour être aussi spirituel dès les aurores ? Tu es au bureau ?
- Oh que non, dottore. On a tué un type. Tchacatac !
- Qu'est-ce que ça veut dire, tchacatac ?
- Qu'on lui a tiré dessus.
- Non. Un coup de pistolet fait bang, un de lupara fait wang, une rafale de mitraillette fait ratatatatata, un coup de couteau fait swiss.
- Bang ce fut, dottore. Un seul coup. Au visage.
- Où tu es ?
- Sur le lieu du crime. [...]
Note en bas de page : Lupara, fusil de chasse à canon scié. Instrument traditionnel de règlement des conflits dans l'économie semi-clandestine sicilienne.
2. (p.37)
Texte :
Montalbano fit un pas et se retrouva dans un appartement d'un désordre absolu. Deux chaussettes dépareillées et sales traînent sur le tanger dès l'entrée. Il fut introduit dans une pièce qui devait avoir été un salon.
Note en bas de page : Mot sicilien d'origine française: étagère.
I ni baara* !
hgb
* litt. "toi et le travail", expression bamana du même sens que Buon lavoro.
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Anàssa · 2008-07-30
Bonjour Herbert,
J'aurais mieux fait de dormir ou de compter les moutons à 1.06, toh, mi avrebbe evitato una bella sbornia...
Je ne suis pas sûre d'avoir bien compris...
Tu veux dire que les mots que tu as retranscrits n'ont pas été traduits ? Qu'ils apparaissent dans le texte en langue originale et en italique ?
Certains de ces mots sont de l'italien, d'autres du sicilien, d'autres des noms de plats typiquement siciliens qui ont été adoptés par l'italien standard.
Antipasti di mare
Briosce *
Calamaretti
Caponatina
Cassata
Cornetti
Pesce alla griglia (poissons grillés)
Purpitelli (petites seiches) (seppioline, en italien)
Risotto al nìvuro disìccia (al nero di seppia, en italien)
Sfincione
Triglie all’agrodolce
Vongole etc (même chose pour les deux autres listes, c'est un mélange de ces trois aspects).
" Sauf Buongiorno, ce n’est pas de mot italien, j’en suis sûr. Je crois que c’est ketchua ... ou khmer"
😮 ? Comment ça buongiorno n'est pas un mot italien ?! C'est bonjour (Buon/giorno)...
Catherine
PS : "canditi" que tu as mis dans la dernière liste, fait partie des délices culinaires, ce sont les "fruits confits" et c'est de l'italien. Et "pisello" (petit pois) normalement aussi, à moins qu'il ne soit utilisé dans son sens figuré.
* briosce est le mot français "brioche" sauf qu'en italien il désigne l'ensemble des "viennoiseries"
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Hery · 2008-07-30
Bonjour Catherine,
s'il te plaît, pas de gémissements plaintifs, une personne qui pèche, il faut qu'elle supporte la pénalité (ma tante ne te regretterait pas, elle te demanderait plutôt de prier beaucoup au sens d'une purification) ...
Les délices culinaires et les notes de la traductrice sont traduites, mais pas les mots du 3e groupe sauf parfois la traduction succède les mots en italique. (c'est moi qui n'ai pas ajouter la traduction à tout mot) ...
Quant à buongiorno, tu as mal compris. J'ai blagué ... Peut-être pas de bonne manière mais ... Bien sûr, buongiorno est italien, rien d'autre !
hgb
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Anàssa · 2008-07-30
....,
Pfffffffff, je vois que la compassion ne fait pas partie des vertus qu'aime à pratiquer frère Herbert... (je plaisante !)
De toute façon, pour améliorer ma triste condition, je fais davantage confiance à l'Alka-Selzer qu'au Confiteor.
Vocabulaire de Camilleri (suite)
Bon alors, le troisième groupe...
Nonsi : sicilianisme, sens ? ("non", sans doute)
Sissi : sicilianisme, sens ? ("oui", sans doute)
panino : italien, sandwich
canditi : italien, fruits confits
Bih, che camurrìa : sicilien, sens ??
Signor mio : sicilien, sans doute "mon Dieu"
Nossiguori e nossiguori : sicilien, sans doute non monsieur
Sissiguore : sicilien, sans doute oui monsieur
Pronti : italien, prêts (ou éventuellement allô)
Il nummàro su questo pizzino ci lo scrissi : sicilien, sans doute "il nous a écrit le numéro sur ce billet"
Il Re galantuomo : italien, le roi galant'homme
Buongiorno 😛
Beddra Matre santissima ! : sicilien, Sainte Mère
Taliasse ccà : sicilien, ????????
Ulivo saraceno : italien, très vieil olivier (qui remonte aux temps de sarazins)
Semu tutti nelli mani d’o siguiruzzu : sicilien, ?????
Madonnuzza santa ! : sicilien, variante de Sainte Mère
Né scu né passiddrà : sicilien, ?????????
Ho deciso di sposarmi (et toi, C. ?!) : italien, dont apparemment tu connais le sens (réponse à la question : non)
Sposare : italien, épouser
Mi voglio sparare : italien, je veux me flinguer (aujourd'hui c'est un peu vrai)
Miscusasse : sicilien, excusez-moi
Ca guali afori e afori : sicilien, ??????
Talè : sicilien, ???????
Littre di pilo sono : sicilien, ??????
Principio sì giolivo ben conduce : sicilien, ??????
C'est donc très mélangé. Mais ce que dit le traducteur dans sa préface (Voilà pourquoi les Italiens de bonne volonté (l'immense majorité, amis on en trouve encore qui prétendent que l'idiome de Montalbano leur échappe) n'ont pas besoin de glossaire, et goûtent l'étrangeté de la langue en la comprenant pourtant.) est très juste. PierAndrea qui est un Lombard pur polenta (humour d'alcoolique ! 🤪) comprend très bien. Moi dont l'italien n'est pas la langue maternelle, j'ai un peu plus de mal, plus de doutes quand je lis.
Un mot sur "Fantozzi" que tu (la traductrice ?) traduis par "incarnation d'une cruche" : c'est une série de films extrêmement célèbres en Italie, qui narrent les aventures d'Ugo Fantozzi, un pauvre homme qui ne réussit jamais rien. Mon entourage italien rit beaucoup devant les différents gags d'un humour cruel et très dérangeant.
Enfin, merci, j'ai compris, surtout grâce à ton message de ce matin, comment les traducteurs s'y prennent...
Mali et Allemagne
Ok, je ne doute pas que tous les albums de B. Traoré soient très beaux, et tu décris très bien sa musique, c'est exactement cela.
Je ne connais F. Diome que de nom.
" Les auteurs allemands, pas de fausse modestie, tu connais tous ..."
Non, pas ces huit là : Friedrich Glauser, Martin Suter, Arnold Stadler, HM Enzensberger, Peter Weiss, Ernst Jandl, Urs Widmer, Ulrich Peltzer
Et j'ajoute que je suis très fâchée que tu en aies oublié un dans ta liste : R. M., qui est selon moi l'un des auteurs les plus géniaux, sinon le plus génial de toute la littérature, tous pays et époques confondues.
I ni baara, donc...
Catherine
PS : Désolée pour mon manque flagrant de perspicacité à déceler une blague, pourtant évidente. Bon, c'est pas mon jour...
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Hery · 2008-07-31
Salut !
Vraiment, une femme sublime de dévouement. Elle répond tout de suite malgré sa condition misérable. Je n'arrête plus de m'étonner ... (je regrette mon manque de compassion).
Quant au vocabulaire, je vais te livrer les sens manquants si tu le souhaites ...
En ce qui concerne les auteurs allemands, il faut que je m'explique. J'ai certes parlé de la littérature allemande mais en même temps des auteurs germanophones. Donc, ma liste contient aussi des auteurs suisses (Friedrich Glauser, Martin Suter, Urs Widmer) et autrichiens (Ernst Jandl). Stadler, Enzensberger, Weiss et Peltzer sont des auteurs allemands ... Désolé, c'était ma faute ...
R.M., mon Dieu, tu me discrédites terriblement sur le forum ... Au secours ! Un auteur classique ou moderne ?! Bon, c'est Robert Menasse, qui me vient à l'esprit ... mais il est un auteur autrichien, et est-il siiiiii génial ?! Les Manns, bon, Thomas Mann, Klaus Mann, Heinrich Mann, Golo Mann, mais pas R... Mann ?! Tu ne joues pas avec moi ?! R.M. ?! Bon, il y a Rainer Maria Rilke mais ... Tu plaisantes ?! Les lettres sont correctes ?! Je suis confronté à une énigme ...
J'attends avec impatience sa solution !!!
hgb
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Hery · 2008-07-31
ma triste condition
Bella,
tu es en bonne santé ?! Ou es-tu encore en train de te régénérer au lit ... ?! Tu sais
U lettu è ‘na gran cosa
si non si dormi, s’arriposa.
N’est-ce pas ?!
Je te présente les explications des sicilianismes etc. ce soir ou dans la nuit ... Ton mp d'hier m'a fortement impressionné ...
A ta santé & Bonne journée, hgb
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Anàssa · 2008-07-31
Bonjour Herbert,
Tu te mets au sicilien ? 😉
Non, non, je ne suis pas (encore ?) dans la gueule du Léviathan, flambée à la grappa par une armée de diables velus et ricanants. Anàssa est régénérée et à nouveau en pleine possession de ses moyens (ils sont ce qu'ils sont mais je peux à nouveau en disposer à ma guise).
😏 R. M. t'a donc posé tant de difficultés ? Bon, il n'est pas allemand mais vu que tu avais assimilé à l'Allemagne tous les germanophones, je me suis autorisée à faire de même, quand bien même cet impérialisme littéraire me cause quelques problèmes de conscience.
R.M. est Robert Musil.
Bien...probable que ce soit mon dernier message, au moins pour un certain temps, dans cette discussion que j'ai grandement monopolisée (😊), demain je m'envole.
Merci beaucoup pour cette plaisante discussion à bâtons rompus,
Bonne continuation,
Catherine
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Hery · 2008-07-31
Bonsoir !
Voici les explications ...
Sfincione (sorte d’épaisse pizza avec garniture de tomates et oignons)
Bùmmolo (cruche traditionnelle)
Incapprettato (mode d’exécution mafieux classique : lier bras et jambes repliés dans le dos, comme un cabri qu’on transporte, le lien revenant autour du coup, de sorte que l’on s’étrangle si on se débat)
Bih, che camurrìa ! (Ouh, quel tracassin !, ici : Tu es casse-pieds !)
Beddra Matre santissima ! (Bonne mère très sainte !)
Taliasse ccà ! : (Regardez là ! ; voir aussi la préface, le verbe taliare)
Semu tutti nelli mani d’o siguiruzzu (Nous sommes tous dans les mains du Seigneur !)
Né scu né passiddrà (rien dit « ni oui ni merde »)
Ho deciso di sposarmi (comm. : question rhétorique, pourtant : merci, moi aussi, jamais été une option, suis pas fou)
Talè, Talè, Talè ! (Regarde voir ! Regarde ! Regarde !)
Ca quali afori e afori ? (Des affaires ?)
Littre di pilo sono (des lettres de poil ce sont ...)
Texte : Et puis la copie de toutes les littres qu’il a écrites et qu’il areçues. Qu’elles sont beaucoup. Ca quali afori e afori ? Vous parlez d’affaires, dottori. Littre di pilo sono. Je n’ai pas compris.
Il rougit, Caterella. Ce sont des littres comme on peut dire d’amour, mais ...
Principio sì giolivo ben conduce ????
Ici, le proverbe U lettu è ... est une paraphrase (ratée) du dogme marxien « religion est opium du peuple » pris par Montalbano en présence des prêtres ...
- La foi est une grande chose ! exhala le père Crucillà. Si elle t’endort pas, elle te repose, compléta Montalbano.
Don Balduccio, Guttadauro et le curé le fixèrent, interdits. Excusez-moi, dit don Crucillà. Mais il me semble que vous vous trompez. Le proverbe parle du lit et en fait, il dit : « U lettu è ‘na gran cosa / si non si dormi, s’arriposa. » « Le lit est une grande chose, si on ne dort pas, on se repose. » N’est-ce pas ? Vous avez raison, je me suis trompé, admit le commissaire.
Il s’était vraiment trompé. Bon sang, qu’est-ce qui lui prenait de faire le malin [...]
Bonne soirée, hgb
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Hery · 2008-07-31
Bonsoir !
Ich fass' es nicht ... Der Mann ohne Eigenschaften (L'Homme sans Qualités). Pas lu ...
Hm, hm, hm, R.M. est autrichien, cela me sauve d'une honte ?!
hgb
Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande)
Anàssa · 2008-07-31
Guten Abend, (pardon... le point d'exclamation semble de rigueur ce soir, so :
Guten Abend !!!
Sicilien
Merci pour la traduction. ( En fait je suis plus habituée à entendre le sicilien qu'à le lire...)
La scène que tu as retranscrite en bas de message est très drôle.
Musil
" Pas lu ... "
Boh, pas très étonnant, dans ma vie j'ai rencontré un seul lecteur de Musil (je vis avec).
"L'homme sans qualité" est une livre d'une intelligence si incisive, d'une expression si précise, d'un humour si subtil, qu'il est d'une beauté parfaite.
Tshü-üss pour de bon (point d'exclamation ou pas ? bon, à cet' heure, non, trop brutal)
Catherine